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LIVE-REPORT : THEE OH SEES, Mercredi 27 mai 2015, à La Rodia, Besançon (25)

« Une tornade scénique » hashtag La Rodia en parlant de John Dwyer, chanteur/guitariste et frontman de Thee Oh Sees – avec son punk /rock/ garage /psychédélique made in USA qui est venu secouer le club de La Rodia comme rarement en ce 27 mai 2015. C’est peut-être parce qu’il y a comme un goût de California dream (ou de Californication) dans sa musique ;  un peu surf-rockée à la faille qui fait trembler San Fransisco : leur QG ; et bien agitée par l’hyperactif, ex-dealer et surtout prodigieux mélodiste de leader – Dwyer-.

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Au fil du temps Thee Oh Sees a imposé respect et style avec des Lives électriques – ayant ainsi la réputation d’être l’un des meilleurs groupes live d’Amérique –  et en donnant naissance à une dizaine d’albums, une poignée d’EPs et à une flopée de splits.  Ce soir c’est sans le groupe ( la claviériste chanteuse Brigid Dawson, le guitariste  Petey Dammit et le batteur Mike Shoun) mais avec d’autres musiciens que les siens :  deux batteurs, et un bassiste que sur la base garage-punk classique  de Thee Oh Sees–  Dwyer confie amener des influences allant bien au-delà des limites du genre, piochant tour à tour dans le jazz, les musiques du monde, le surf rock, le prog des 60′s et même AC/DC— que cette formation spéciale live à entonner la chansonnette.

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Ce qui choque de prime abord : la dégaine de Dwyer – qui enchaîne avec une fluidité toute surfée des riffs à la fois rapides, furtifs et inventifs  sur des guitares de luthier ( tantôt 12 cordes bois, tantôt six  cordes  avec corps polymère transparent et manche en métal s’il vous plait) remontées au maximum –  immanquablement venue d’une plage californienne : Marcel rayé blanc et rouge laissant découvrir une ribambelle de tatouages so Old School, ainsi qu’un short en jean noir destroy ; mais aussi la présence de ces deux batteries, qui réveilleraient les morts ou les plus endormis d’entre nous ; et encore l’incroyable jeu de basse— une splendide Rickenbacker – dont les notes et accords sont aussi nombreux et presque aussi vifs que ceux de la guitare du Frontman. Ça joue vite, bien et fort. Performance.

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C’est à grand renfort de disto’ et de reverb’ – sur la guitare et une voix aiguë très significative –  que Dwyer et sa formation Live distillent des titres savamment piochés çà et là dans une discographie ahurissante, car toujours énergique et longue comme l’avant-bras (allant de morceau des albums Help,  Floating Goffin, Drop, Carrion Crawler/The Dream… mais aussi du dernier en date :  Mutilator Defeated at Last)  pour chacun, on sent une maitrise parfaite des instruments, concentrée et transpirante, sans tomber pourtant la transe qui gagne clairement le public. Ils sont là, donne le meilleur, fins énervés : on les croirait toujours ensemble pour jouer, comme à la maison, à l’ancienne pour offrir ce mixe d’aiguë psyché et de notes plus graves, garage à tendance noise saturée.

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La salle du club se déchaîne comme une mer agitée par les vagues, les mêmes que sur les tatous du frontman, qui, lorsqu’il ne joue pas en sautant partout, fait de l’humour, des grimaces, mâchouille nerveusement du médiator avec un rictus concentré, touche sans arrêt à tous les boutons de ses amplis et machines en arrière plan, répare sa pédale à coup de poing et scotch en direct, pète une corde et la change aussi vite. On comprend aisément en le voyant s’agiter sur scène tout en gardant une parfaite maîtrise de son instrument que le leader de groupe de rock californien barré ait une telle renommée pour ses performances scéniques : un set bien rodé, au tempo taillé pour le live, pas de temps mort ou presque, toujours à fond – même les machines semblent poussées à bout avec la reverb’-. L’envie de danser se transmet au premier rang comme un virus et ce à vitesse grand V. Ils dansent d’ailleurs tous sur scène, dodelinent de la tête, tapent du pied à qui mieux mieux. Ça groove ! Ça swingue ! Son saturé ultra-vivace qui tel un raz de marée psyché punk à tendance surf rock bien garage, emporte la totalité du club valser au grand large. Et de terminer avant un rappel tonitruant sur le sensationnel et cultisme titre The Dream, qui finit assurément de nous envoyer du rêve.

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Crédit photo : Justine L’habitant ( Jude)

Remerciements : à toute l’équipe de la Rodia pour leur travail dans l’ombre, aux copains pour le transport, au groupe pour le show, et au public pour l’ambiance et la danse. 

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