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INTERVIEW : CARL BARÄT AND THE JACKALS

SR : Vous aviez prévu de faire un retour en solo, finalement vous jouez avec les Jackals, pourquoi ce choix de jouer à plusieurs ? Carl Barât : Et bien je m’ennuyais et me sentais seul. J’avais besoin de compagnie. Et j’avais besoin d’un groupe, d’un gang pour hurler à la lune.

Pourquoi avoir recruté des musiciens via internet, d’ailleurs ? Vous êtes déjà bien connu dans le milieu, pourquoi passer par ce média ? Je voulais justement éviter de jouer avec des gens que je connaissais, car ils avaient déjà une histoire. Je voulais juste créer autre chose, que l’on se sente comme un groupe nouveau. Repartir de zéro.

Tu t’es lassé de Dirty Pretty Things ?
Oui, plus qu’assez.

La sélection a-t-elle été rude ? Qu’est-ce qui vous a finalement décidé ?
La sélection a vraiment été très dure, car il y a beaucoup de gens à qui j’ai dû dire non. Sachant que je déteste ça. J’étais en quête d’une certaine ardeur, de gens passionnés sur scène, passionnés par la musique. Qui auraient la rage, de l’énergie à revendre.

Glory Day vs la guerre, Into The Storm contre l’abrutissement et le travail à la chaîne. J’ai pu lire dans une interview qui vous aimeriez faire réfléchir les gens avec vos titres. Qu’en est-il ?
C’est une réflexion sur ce qu’il se passe aujourd’hui. Sur notre époque.

Tout le disque sera-t-il engagé ou ces deux titres sont à part ?
Ce n’est pas un disque radical. C’est une manière de poser des questions. A propos de la guerre ou… Dans Let It Reign, c’est à propos du pouvoir. Sur la pochette de l’album, nous avons choisi de mettre ce symbole très fort de la résistance à travers la statue de la reine Boadicée.

Cette volonté d’un monde meilleur, on la retrouve dans le mouvement punk, d’où viennent vos musiciens, les Jackals. Est-ce le fait de travailler ensemble qui vous a donné envie d’écrire sur de tels sujets ou ça vous tenait à cœur ?
Billy Tessio : On a grandi en écoutant les Clash qui étaient engagés politiquement. Et on aimait vraiment ce côté-là. Ce n’était pas juste des albums pour le fun. C’est intrinsèque au fait de faire partie d’un groupe punk.
Carl Barât : Nous avons grandi avec ça, c’est notre vocabulaire. C’est très naturel pour nous de faire quelque chose de ce registre-là.

 billy

Parlons un peu des Libertines. Il parait de vous avez l’intention de sortir un troisième album avec Pete Doherty. Après trois ans d’absence, comment cela se concrétise-t-il pour vous ?
Oui, nous sommes en train d’y travailler d’arrache-pied. Ça se passe très bien. C’est un petit peu compliqué parce que nous sommes tous les deux en tournée, et c’est un peu difficile d’être au même endroit en même temps. Mais je pense que l’album sera prêt pour cette année.

Pas trop déçu que Noel Gallagher ne puisse pas vous assister pour l’enregistrement ?
Ce n’était pas possible. Il n’aime pas la Thaïlande.

Pourquoi la Thaïlande ? N’y a-t-il pas de studios corrects en Europe ?
C’est pour certains groupes qui traversent des moments un peu sombres. Nous préférons aller vers le soleil. C’est un très bel endroit. Nous avons déjà enregistré des albums à Londres mais c’est une nouvelle expérience.

Vous avez collaboré avec Vanessa Paradis par le passé, et là on apprend que Glory Day a été coécrit avec Benjamin Biolay. Vous aimez collaborer avec des artistes français, d’où vous vient cet amour de la France ?
Je ne sais pas exactement d’où ça vient. Peut-être parce que mon nom a des sonorités un peu françaises. J’ai toujours été attiré par la France. Mais j’aime bien l’Angleterre aussi.

 Comment s’est passée cette coécriture avec Benjamin Biolay ?
On a beaucoup travaillé, ça s’est très bien passé. On a beaucoup joué, et on a beaucoup bu.

Il parait que vous allez incarner une star du rock dans le prochain film de Paule Muret ?
Oui, le film va faire un festival en mai et paraitra à la fin de l’année.

Vous personnage vous ressemble-t-il ? Vous permet-il de faire passer un message en tant que musicien vous-même ?
Non… [Rire] Pas vraiment, ce mec est paumé. Le film est vraiment basé sur des stéréotypes. C’est un peu l’histoire de ce qu’il se passe lorsqu’une groupie met une rock star sur un piédestal.

Vous avez composé la bande originale du film, celle-ci figurera-t-elle sur Let It Reign ?
Non, non absolument pas. Ce n’est pas mon expression personnelle. C’est véritablement pour le générique.

Est-ce que ce n’est pas trop dur de s’adonner un travail arbitraire comme celui-ci ?
Au contraire, je l’avais déjà fait pour Vanessa Paradis. C’est plutôt facile, ça enlève la pression. En fait, c’est assez libérateur.

Deux enfants, deux groupes, un rôle au cinéma dans Ceci est mon corps, cela n’est pas trop difficile de jongler entre tout ça ?
Je perds un peu ma voix parfois. Mais me garder occupé est une bonne chose.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Fat White Family, Slave, The Actions, Bubble Puppy.

Crédit photo : Clémence Mesnier.

 

 

 

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