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CHARLIE WINSTON, Curio City

Cet album sonne comme un air de vacance – Fear And Love – un peu planant avec ses nappes électro cotonneuses, un peu ailleurs avec ses chinoiseries décomplexées, un peu groovy avec ses mélodies suaves et posées – Truth –.  Et c’est en même temps le disque du retour aux sources de cet artiste déchiré entre France – la terre promise qui l’adule  – et –  terre natale – L’Angleterre ; comme en quête de ce qu’il nomme dans Wilderness : « a Place, a Frame, a Space » : Un endroit, un cadre, un espace ».

C’est ainsi que Charlie Winston s’était accordé une pause bien méritée après la tournée qui avait suivi l’album Running Still. Depuis le triomphe de Hobo, en 2009, l’Anglais préféré des Français n’a jamais arrêté de courir. Le trentenaire essoufflé a enfin trouvé The Place To Be : Londres, et  en a profité pour renouer avec la capitale, après un séjour parisien, et construire un foyer. Seul, chez lui, dans son home studio, enfilant par la même la casquette de producteur, Charlie Winston se retrouve. Une façon, certainement, de s’enfermer dans sa bulle pour se réaliser pleinement en se libérant de tout. « I’m free again », comme il le chante sur A Light (Day).En retrouvant le quartier de son adolescence, le chanteur a décidé de consacrer ses nouvelles chansons au thème de la ville. D’où le titre de l’album Curio City. Charlie Winston redéfinit son style sur ce troisième album. Résultat d’un travail de composition et d’enregistrement de plus de deux ans, Curio City marque un nouveau départ musical tout en restant tout de même à l’image de son interprète : « J’aurai pu faire quelque chose d’encore plus différent, si j’avais voulu, mais je ne l’ai pas fait, car je ne voulais pas me perdre (…) J’étais très conscient d’être Charlie Winston en train de fabriquer un nouvel album de Charlie Winston.» Malgré tout, ce disque est marqué par les expérimentations, on sent une volonté de changement comme avec Another Trigger qui commence avec du beat box, ou encore le fait que le chanteur touche à tous les instruments – sauf la batterie – pour composer la musique de cet album.Le processus fut long et nourri de diverses influences. Parmi les plus étonnantes, l’artiste lui-même cite ALT-J, Lorde, Chet Faker, mais aussi les grands de la musique électronique comme Daft Punk, Aphex Twin ou Kavinski, qu’il admire notamment pour son travail sur la bande originale du film « Drive ». Un élément de réponse pour expliquer à quel point les sonorités de ce Curio City sont par moment très cinématographiques, comme sur le premier single Lately qui évoque avec ses basses synthétiques une course poursuite dans une ville futuriste.Si les deux premières chansons, Wilderness et Truth, peuvent apparaitre comme la parfaite transition entre Running Still et Curio City, le reste du tracklisting est effectivement beaucoup plus électronique que par le passé. Say Something marque sans sommation cette rupture, avec ses nappes de claviers. Plus sombre et mélancolique dans ses ambiances – Too Long, A Light (Night), ou le final Stories – Charlie Winston prend du galon en s’affichant comme un arrangeur et producteur de talent, qui est parvenu à rendre son œuvre plus imagée que jamais.

Artiste : Charlie Winston

Album : Curio City

Label/distribution : Atmosphériques/Sony Music

Date de sortie : 26/01/2015

Genre : électro, folk, rock

Catégorie : Album rock

 

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