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INTERVIEW : CARBON AIRWAYS

On ne les présente plus, Enguérand et Éléonore Fernese, Carbon Airways, ce sont eux : un frère et une sœur partageant un amour fou de la scène et de la création musicale, que rien n’arrête surtout pas leur jeune âge (respectivement 17 et 18 ans aujourd’hui). Ils étaient au Festival de La Paille de Métabief ( Live report ici)  cette année et ont une fois de plus déchaîné la foule avec une aisance qui force le respect.

Pourquoi avoir choisi Carbon Airways comme nom ?
C’est le chewing-gum tiens (rires) ! Non, en fait c’est que le carbone lorsqu’il se cristallise, forme du diamant. Et le diamant c’est ce qu’il y a dans la tête de lecture pour écouter les vinyles . Et puis on se retrouve aussi dans l’ essence même du carbone, qui est une source de vie. Sans oublier que sans carbone, il y a vraiment que dalle.

Vous parlez des chaînes carbonées ?
Voilà. Et puis les « Airways », ben tu vois c’est quand tu écoutes de la musique et que ça t’emporte et cetera… Donc c’est un peu pour évoquer le voyage.
Eléonore : L’évasion…

Parmi vos influences musicales, laquelle fut la plus percutante pour vous, celle où vous-vous êtes dit : “là, il faut vraiment qu’on fasse quelque chose” ?
Alors justement, ça a été tellement marquant qu’on a fait Carbon Airways. Prodigy, forcément. Et d’ailleurs, on a pu les rencontrer au Paléo Festival.

Et Atari Teenage Riot, vous connaissez ?
Le groupe, oui on le connaît. Bien sûr que ça nous parle ! Avec Alec Empire, toute cette mouvance, ça nous a beaucoup inspirés.

Revenons un peu sur vos textes : espoir, prise de conscience, vengeance et dans les clips, l’ADN. Vos textes attestent d’une vraie maturité. Où puisez-vous l’inspiration pour écrire ?
C’est souvent dans des films ou encore des reportages qui nous touchent, nous marquent, nous donnent envie de réagir.

Tenez justement, en parlant de film, vos clips laissent entrevoir un univers assez riche, entre SF, post-apo, cyberpunk ou encore thriller pour Razor Edge. Comment définiriez-vous votre esthétique ? Avez-vous été influencés par un cinéaste ou un film en particulier ?
On adore par exemple le film No Country For Old Men des frères Coen, tu vois l’ambiance très froide et en même temps un peu la déconnade, parce que ça reste comique quand même. Et il y a Cloud Atlas des frère et soeur Wachowski, je ne sais pas si tu l’as vu ? Il y a aussi Jupiter Ascending, qui va bientôt sortir en salles, qui est très bien, toujours par les réalisateurs de Matrix.

Parlez-nous un peu de vos rencontres (Skrillex, Izia, EXGF) et des collaborations artistiques qui en découlent. En quoi cela a-t-il enrichi votre style ?
Ce qui est bien dans les collabs c’est qu’il y a différents points de vue qui se croisent, des idées. On dit oui ou non mais on reste vachement ouvert en règle générale. Depuis Coachella, on a fait des collabs. Nous sommes même en train d’en réaliser quelques-unes. Pour l’instant, les noms restent secrets, c’est une petite surprise en vue de la sortie de l’album, début 2015.

Vous terminez le 10 août au Chien à Plumes la tournée des festivals. Que retenez-vous de cette tournée ? Vos impressions, vos remarques ?
Ca a été une tournée très riche, déjà en émotions et aussi par rapport aux festivals dans lesquels on a joué : Paléo, Vieilles Charrues, Arènes de Nîmes, Festival de La Paille, Solidays aussi. Le public a été super réceptif à chaque fois.

Le Festival de la Paille, vous sentez ça comment ?
On ne sait pas. On ne préfère pas trop se projeter sur ce que sera un concert. Il ne faut pas trop y penser. On te le dira après. Mais pour nous c’est pas rien parce qu’on vient quand même jouer à la maison, et c’est ça qui est cool (rires) !

Vous sortez bientôt Outrenoir chez Polydor. Qu’est ce que ça fait de signer sur une major à votre âge ?
En fait, ça s’était déjà fait en 2012 lorsqu’on a joué à l’Utra Music Festival. On a signé en octobre et puis … Mais c’est une sensation bizarre parce d’un côté, on est un peu fasciné quand on signe notre premier contrat et qu’on fait «  tchin ! Champagne » (rires). Et puis d’un autre côté, on n’y réfléchit pas trop et il y a aussi le fait qu’on ne sait pas trop comment le prendre. C’est étrange comme sensation.

Oui, c’est normal, cette émotion forte doit être difficile à appréhender. Peut-être que quand votre album sortira et que vous aurez des retours ce sera plus évident.
Oui, là on verra ce qu’il en ressort et on s’en rendra mieux compte.

Sinon, si vous aviez envie de dire quelque chose aux gens de votre âge, aux gens qui écoutent votre musique, vous leurs diriez quoi ?
Faites des collaborations ! Euh… Fais ce que tu aimes. Ne te laisse pas faire. Défend ton style, il faut le revendiquer, l’assumer. Et puis fais ce qui sort de ta tête parce que sinon (soupir), tu en viens à faire ce que les autres font…

Pour finir, est-ce que vous avez une devise, un mot d’ordre ou un rituel avant vos concerts ?
Ha ha ! Attends, attends, parce que notre phrase justement avant les concerts c’est une sorte de prescription bienveillante à l’égard de notre public, c’est : «  Prenez rendez-vous chez le kiné parce que ça va déboîter ! » On fait notre taf faites le votre s’il-vous-plaît. (rires)

Propos recueillis par Justine L – www.graph-fém.fr – pour le site www.sensationrock.net.
Photographies réalisées par Duff ©TriDiM.

Merci à toute l’équipe du Festival de la Paille et merci aux Carbon Airways de faire preuve d’autant d’enthousiasme et d’humanité, encore et toujours.

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