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THE ORWELLS, Disgraceland

Atlantic/2014

Ce n’est pas une énergie brute qui se déploie dans cet album contrairement à ce que la jeunesse des membres de The Orwells pourait suggérer.
Le son est maîtrisé, parfois retenu. Les longs après-midi d’ennui passés dans le garage de ce pavillon solaire présenté en couverture d’album n’ont pas explosé les murs, ils les ont fissurés, insidieusement, doucement, l’air de rien. Infiltrer la matière sonore pour mieux se l’approprier plutôt que la violenter à mains nues. Voici du rock garage façonné entre frère et cousins. On se souviendra de leur premier album, le bien-nommé 
Remember me, samplant des interviews d’Elvis Presley et de vieux discours conservateurs dénonçant l’influence néfaste du rock sur la jeunesse. Disgraceland sonne comme une réponse assumée lorsque Mario Cuomo, le chanteur, énumère en vociférant l’inondation de sang qui exfiltre sur Norman : « Blood in my hair, blood on my sneackers, blood in the shot glass ». Celui-ci même qui disait au magazine Rolling Stone que « modern rock and roll bands that I hear on the radio are too safe and soft » lance des appels au meurtre dans Booble bubble. Du danger et un rock râpeux, d’où le titre de cet album, ironiquement voulu sans grâce.
Esprit de contradiction, envie de mouvementer un rock endormi et prudent. La grâce se trouvera ailleurs, au-delà de la prudence, dans la témérité de ces rebondissements orwelliens. The Orwells n’ont maintenant plus besoin de faire parler le King, ils ont compris qu’ils avaient leur place sur la scène rock 2014 dont la généalogie remonte aux 60’s entre psyché et garage.

-Clémence Mesnier

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