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INTERVIEW : CLARA YUCATAN

A l’occasion de la sortie de leur nouvel EP, Furie, et leur passage dans nos studios, le trio bisontin se prête au jeu des questions-réponses avec l’enthousiasme et la bonne humeur qu’on leur connait.

Quand on écoute vos chansons, on ressent une certaine poésie  qui se dégage, d’où provient cet amour des mots ?
Claire :
C’est moi qui écris et ça m’est venu lorsque j’étais au lycée. J’ai eu une sorte de déclic avec un poème qui m’a donné envie d’écrire alors je me suis lancée, pas très sûre au début. Mais c’est clair que j’adore les mots, j’adore lire et c’est cool de s’amuser avec les mots, on peut tout faire. J’essaie de faire quelque chose qui me correspond et qui parle à des gens, mais certaines fois ce n’est pas facile de faire comprendre ce que l’on veut communiquer (rires).

Antoine : Elle joue très bien au scrabble aussi (rires).

Après Pois Plume vous revenez avec un nouvel EP, Furie. On garde la douceur de votre précédent EP avec toutefois un caractère plus affirmé, plus agressif. Que représente ce nouvel EP pour vous ?
Antoine :
Je pense que l’on avait besoin d’un truc plus trempé, plus caractérisé. Je trouve que ça se sent. On a voulu infliger une espèce de patte plus furieuse, plus excitée, plus électrique, plus nous. On avait plus envie de crier dans le micro que de raconter quelque chose.

Claire : Oui on avait envie de crier dans le micro on se voyait courir, on se voyait avancer, on se voyait descendre une pente d’une montagne. Il y a pleins d’images comme ça qui nous venait, du coup on avait envie de le faire tout de suite. On s’est dit, ok un EP, on se donne un thème et on écrit et compose là-dessus. C’était un nouvel exercice pour nous, et voilà le résultat de cet exercice. 

Comment avez-vous travaillé dessus ?
Claire :
On s’est donné un thème, il y avait deux-trois chansons en cours. Pour avancer plus vite, que ça aille dans le même sens et que tout le monde y voit plus clair on s’est fixé un peu les choses. Du coup, pour moi « furie » c’est un mot qui m’avait marqué, qui claquait dans ma tête donc j’ai fait une chanson là-dessus. Furie, il y a d’abord le caractère furieux, le tempérament, mais il y a aussi tout le côté mythologique avec les furies, je me suis renseignée là-dessus, j’ai été absorbée par des mythes, comme Médusa par exemple. C’est le double-sens de ce mot qui m’a fait avancer par rapport au texte. Et puis c’est avec les garçons que la musique est venue.

Antoine : Par rapport au travail à proprement parler sur le disque, on est rentré dans cet espèce de laboratoire, on s’est donné ces limites, ces contraintes pour sortir un truc assez évasé. Ça s’est super bien organisé, on a tous bossé ensemble sur la musique et Claire a posé son texte.

Claire et Antoine, vous êtes frère et sœur, comment c’est de travailler en famille ?
Claire :
C’est incroyable parce que même si quelque chose ne va pas, on arrive à lire l’un dans l’autre beaucoup plus vite, on se comprend en un clin d’œil. On sait ce que l’autre pense et parfois ça nous joue des tours.

Antoine : C’est vrai mais en même temps c’est assez fluide finalement car on gagne beaucoup de temps parce qu’il y a ce ressenti, ce feeling naturel qu’on ne peut pas forcément avoir avec d’autres personnes. Et puis c’est vrai que depuis toujours à la maison on écoute de la musique ensemble, on fait des trucs ensemble donc c’est sûr qu’il y a cette spontanéité.

Quelles sont vos influences musicales ?
Claire :
On a un peu les mêmes forcément.

Antoine : On écoutait les mêmes disques en voiture en partant en vacances.

Claire : C’est sûr qu’Olivier (claviers) n’écoutait pas les mêmes (rires). Mais pour en revenir aux influences, il y a eu beaucoup de personnes qui écrivent de belles chansons, comme Matthieu Chedid, surtout à une période. Brigitte Fontaine et Camille, des nanas qui sont très importantes pour moi, qui ont marqué des moments dans ma vie et qui m’ont donné envie de faire des choses à tels moments.

Antoine : Des ambiances à la Bashung, à la Rita Mitsouko aussi, beaucoup de choses en français.

Claire : Maintenant il y a des groupes que l’on commence à bien suivre aussi. General Elektriks par exemple, des trucs plus électriques, plus synthé. Olivier fait du synthé donc il nous ramène des goûts différents.

Antoine : C’est vrai qu’Olivier est né en 196… je ne le dirai pas (rires). Il a baigné dans pleins de trucs, il a mangé du Pink Floyd jusqu’à en vomir. Et puis il a vraiment une culture qui n’est pas la nôtre donc c’est assez cool de pouvoir ramener tout ça, tout ce côté expérience dans ce que nous faisons. Ça fait une bonne grosse mixture et c’est ça aussi qui fait la couleur de notre son.

Justement vous parlez d’Olivier, sur votre page Facebook et sur chaque article qui parle de vous on l’appelle le « chauve » du groupe, il le vit comment ? Comment ferez-vous s’il décide de se laisser pousser les cheveux ?
Antoine :
Il ne peut pas, il est né chauve en fait. Je crois qu’il ne capte pas la radio donc on peut dire ce qu’on veut (rires). Il a été chauve assez tôt Olivier donc je pense qu’il est à l’aise avec ça. Il n’a pas le choix.

Claire : Il a une belle tête ronde c’est pour ça qu’on l’appelle le chauve qui sourit, il a le smile.

Pensez-vous qu’internet et les réseaux sociaux vous ont vraiment aidé dans votre parcours ?
Claire :
Grave. Je pense que c’est très important de se sentir suivis, ça stimule quand il y a une attente en face. Ça stimule à faire les choses bien pour les autres, pour nous déjà mais c’est encore mieux quand il y a du répondant, une attente, on a envie de se défoncer. Facebook c’est tellement rapide que tu peux vite être étonné de l’importance que prend un petit rien. Ça booste.

Antoine : C’est vrai que ça fait partie du quotidien. Quand on part en live, en concert, on pense directement à communiquer, c’est la base. C’est aussi amusant, de poster une photo de ci ou de ça, ça réagit toujours bien. On a beaucoup de likes, de followers, like we say in California (rires). Donc, oui, c’est très important.

Votre clip pour Furie sort la semaine prochaine, comment s’est passé le tournage ?
Antoine :
On ne va pas tout dire… On a tourné avec Vincent Vernier avec qui on avait déjà fait le clip Bath Song. On a vraiment pris notre pied en faisant ce clip, vous le verrez. C’est de nuit, ça fait peur et en même temps ça fait rigoler, bref je n’en dis pas plus !

Claire : On vient de sortir un teaser d’ailleurs.

Vous avez participé aux Talents acoustic de TV5 Monde, comment avez-vous vécu cette expérience?
Claire :
C’était génial.

Antoine : C’est surtout que c’était un peu incongru. Je me rappelle, j’étais dans ma cuisine et Claire me dit « Eh Antoine jusqu’à ce soir on peut s’inscrire sur ce truc sur internet, vas-y on met une vidéo ! ». On a pris une vidéo live qu’on avait tournée à la Rodia on s’est inscrits et à la stupeur générale on a été retenus dans les 5 derniers, il y avait 200 groupes au début. Donc ça a commencé d’une surprise.

Claire : Oui c’était vraiment du bonus pour nous. On a fait un petit voyage à Paris de 2 jours, tous frais payés dans un studio délirant, incroyable. Tous les groupes étaient trop cools, on a fait des supers rencontres là-bas dont un super groupe belge qui s’appelle Dalton Télégramme. Là ils sortent un nouvel EP, La Cavale. Du coup on s’est retrouvés avec ces mecs-là, avec pleins de gens différents, dans un studio minuscule contrairement à ce qu’on pourrait croire dans la vidéo. Il y avait Thomas Dutronc qu’on a rencontré, on a gagné une guitare électrique, c’était vraiment génial.

Antoine : Et puis ça a été diffusé ensuite sur TV5 Monde à maintes reprises, c’était assez marrant. Je me souviens avoir fait une soirée à la maison avec des potes le soir de la diffusion, j’avais mis TV5 Monde sans vraiment le dire, on a posé nos bières et on fait « Wow ! »

Vous avez repris L’amour à la plage de Niagara, avez-vous envie de faire d’autres reprises ?
Claire :
C’est toujours génial de reprendre des chansons à notre sauce. On a vraiment tripé sur cette chanson, elle marche super bien en live et du coup on se l’est vraiment appropriée et on l’a fait souvent. Ça fédère un peu les gens, quand tu mets ça au début d’un concert y’a un déclic et les gens sont plus avec toi, tu le sens. C’est vraiment bien pour ça les reprises.

Antoine : Mais pour ce qui est d’en refaire, pour l’instant on est plus sur de la compo mais qui sait.

Vous avez joué au Casino de paris le 15 février dernier, comment c’était ?
Antoine :
En fait c’est la deuxième fois que l’on y jouait. On avait déjà eu la chance de jouer le 31 mars 2012, la veille de la sortie de notre LP Pois-Plume, en première partie d’Aldebert. Et puis là on a été rappelés par Yves Jamait qu’on a rencontré à un festival cet été. Il avait vraiment aimé notre concert et était resté à côté de la scène tout le long en nous promettant de nous rappeler la semaine prochaine. La semaine suivante on a reçu un mail nous proposant de jouer au Casino de Paris.

Claire : C’est une salle magnifique et c’était vraiment une super soirée. Mais moi Yves, j’écoute jamais (rires).

Quelles sont vos envies désormais ?
Claire :
Un petit-déjeuner dans pas longtemps (rires). On avance, on a envie de se remettre vite dans de la compo et on a envie de faire pleins de choses très vite. On aimerait faire un « vrai » album d’ici un an donc on bosse là-dessus.

Antoine : On est super motivés. Là on revient du Printemps de Bourges, on a joué là-bas la semaine dernière. C’était super stimulant parce que tu vois partout du monde qui, comme toi, a la niaque et tu te dis que si tu ne fais pas comme eux tu ne sortiras pas. On est ressortis à bloc de cette expérience, on a rencontré des gens super intéressants, des gens qui commencent à connaitre aussi un peu notre projet, donc c’est vraiment cool.

Clara Yucatan sera en concert à Gray le samedi 10 mai, le 17 mai au Cultura de Besançon à l’occasion d’un showcase et le 31 mai Place de la Révolution à Besançon pour la Fête du Vélo.

L’EP Furie est sorti le 10 avril 2014.

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