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FOCUS : EELS

Tour à tour rock, folk, blues, electro, le répertoire de l’Américain Mark Oliver Everett alias Eels s’agrandit chaque année. Après la trilogie Hombre Lobo-Endtimes-Tomorrow Morning, c’est Wonderful, Glorious qui est sorti il y a quelques mois, soit le dixième album de Eels. Everett et son groupe sont en tournée et passent par l’incontournable salle suisse le Fri-Son le 15 avril prochain. En attendant d’être de la partie, Sensation Rock revient sur les dernières actus et la discographie du groupe.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/2/25/Eels_-_Wonderful%2C_Glorious.jpg/220px-Eels_-_Wonderful%2C_Glorious.jpgVagrant Records/PIAS/2013

Entre 2009 et 2010, Eels nous avait gâtés à raison d’un album par an, le tout constituant une jolie trilogie (Hombre Lobo en 2009, End Times et Tomorrow Morning en 2010). Après trois années silencieuses, Mark Oliver Everett revient très en forme et très inspiré.
Les percussions, les sons bricolés et le riff de guitare qui ouvrent le disque (Bombs Away) dévoilent assez rapidement ce que va être le disque : un mélange de rock sévèrement trempé dans le blues et d’electro savamment orchestré par E, qui comme à son habitude s’est entouré de The Chet, Koool G. Murder, Knuckles. Eels ne cherche pas à plaire aux dictats des FM, il compose sa musique dans son coin sans se soucier du reste. Ca donne dans le désordre une espèce de garage blues electro cheapos à l’effet boeuf (Kinda Fuzzy, Opem My Present), un petit slow rigolo qui laisse la part belle aux synthés en tous genres (You’re My Friend), des ballades crève-coeur (True Original, The Turnaround) et tout de même deux ou trois singles en puissance dont l’Américain a le secret (l’étourdissant Peach Blossom, l’épatant Wonderful, Glorious, l’étrange New Alphabet).
Après avoir sorti trois disques en moins de deux ans, Eels a pris son temps etWonderful, Gloriousest la preuve que cette période a été très bénéfique à son auteur et qu’on a bien fait d’attendre.

– Georges.

(c) 2013

http://www.13enote.com/images/livre_27.jpg13e Note Editions/2011

St. Martin’s Press/2008 pour l’édition originale

Mark Oliver Everett, plus connu sous le pseudo E, est le leader de Eels. Avec Eels, il peut se targuer d’avoir écrit quelques-uns des plus grands hymnes du rock indé américain (Novocaïne For The Soul, Rags To Rags, Souljacker Part 1) mais sans jamais se répéter.
Ne vous fiez pas au titre de ce livre. SiTais-Toi Ou Meurssonne “polar”, dans le genre “ne-le-dis-à-personne-mais-pars-vite-et-reviens-tard”, il n’en est rien puisqu’il s’agit ici d’une autobiographie. En version originale, il s’intitule d’ailleursThings The Grandchildren Should Know, ce qui est plus évocateur et qui nous interroge une nouvelle fois sur comment fonctionnent les traducteurs. On se doutait bien en écoutant les chansons de Eels que leur auteur était un homme tourmenté. On comprend donc ici d’où viennent toutes ces histoires. Everett évoque les évènements marquant de sa vie, un père distant qui meurt alors que E sort à peine de l’adolescence, une soeur addict, une mère atteinte d’un cancer. Mais devant la gravité certaine de ces histoires, jamais le leader de Eels ne tombe dans le pathos. Il conte tout ça avec humour, frôlant parfois le cynisme, et n’oublie jamais de souligner l’ironie accompagnant les faits (on pense à la disparition de la cousine hôtesse de l’air). On découvre que derrière la genèse de Beautiful Freakou d’Electro-Shock Bluesse cachent ces drames ou ces moments douloureux. On en apprend plus sur le processus de création d’Everett et celui-ci entrecoupe ses propos par les paroles de ses chansons, ce qui ne peut nous empêcher de mettre ensuite les morceaux sur notre lecteur.
Everett est sur la corde raide quand viennent les premiers accords deNovocaine For The Soulet au moment où le ciel semble se dégager pour lui, sa soeur se suicide la veille de la sortie du premier Eels. Quant au second disque du projet, il est entièrement inspiré par la mort de cette soeur aînée et par la maladie de sa mère. Mais pour ne pas en faire un livre totalement déprimant, certaines anecdotes sont là pour alléger les choses, même si elles portent toujours en elles un peu d’amertume (la rencontre avec Neil Young). On croise le fantôme d’Elliott Smith. On apprend que l’équipe de George W. Bush n’apprécie guère la musique de Eels…
Mark Oliver Everett n’a pas été gâté par la vie. Mais il sait toujours comment s’en sortir. Pour un livre dur, amer, drôle, on ne comprend pas toujours le titre de la version française alors qu’une autre chanson de Eels, le titre original étant une piste deDaisies of the Galaxies, résume à elle seule ce livre :Mr E’s Beautiful Blues.

– F.

© – copyright – 2012

DISCOGRAPHIE :

* En tant que “E” :

A Man Called E, 1992

Broken Toy Shop, 1993

* Eels :

Beautiful Freak, 1996

Electro-Shock Blues, 1998

Daisies Of The Galaxy, 2000

Souljacker, 2001

Shootenanny !, 2003

Blinking Lights & Other Revelations, 2005

Hombre Lobo, 2009

Endtimes, 2010

Tomorrow Morning, 2010

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