PORTRAIT: H-BURNS

En mars, nous consacrions album du mois Off The Map, nouvel opus de H-Burns fraichement paru dans les bacs. C’est l’occasion pour nous de revenir sur la carrière du Drômois, une trajectoire discrète mais qui petit à petit commence à emmerger, jusqu’à arriver on l’espère, à toute la reconnaissance qu’elle mérite.
Derrière H-Burns, se cache Renaud Brustlein, guitariste originaire de la Drôme. Le jeune homme fait d’abord ses premières armes dans un groupe post-rock Don’t Look Back, lui qui a baigné pendant son adolescence dans la musique indie des nineties. En marge de sa formation, Brustlein compose quelques titres acoustiques qu’il va présenter à une de ses connaissances, manager d’un petit label. Ce dernier convaincu par ces morceaux sans le moindre arrangement lui propose de les enregistrer tels quels. C’est ainsi que débute le projet H-Burns avec Songs From The Electric Sky, recueil de titres folk lo-fi, un peu dans l’esprit des premiers albums d’Elliott Smith. Brustlein part donc seul sur la route présenter son premier effort solo, et celà lui permettera notamment d’assurer les premières parties de Syd Matters. Une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière. Voulant développer encore plus cette univers folk, le guitariste s’entoure alors de plusieurs musiciens, dont Jonathan Morali de Syd Matters, une formation que Renaud Brustlein considère maintenant comme de la famille. How Strange It Is To Be Anything At All est donc le nom du successeur de Songs From The Electric Sky. Avec des arrangements d’harmonica ou de lapsteel, H-Burns offre un pur album entre folk des grandes plaines et americana, où les influences de Johnny Cash, Dylan ou Neil Young se font véritablement sentir. Le songwriting de Brustlein est désormais mis en valeur et on trouve avec des titres comme Big City Blues ou Horses With No Medals de véritables premiers singles (enfin, pour les initiés). L’album est plutôt bien reçu et on commence à parler de H-Burns dans la presse spécialisée.

La tournée pour la promotion de ce second album n’empêche pas la composition de nouveaux morceaux qui débarqueront seulement un an plus tard avec We Go Way Back. Toujours avec la complicité de Morali, on sent venir un changement dans la musique du Drômois. N’oubliant pas ses influences nineties, son folk s’électrise et on a avec des compos comme Half A Man/Half A Freak ou Melting Point entre autres, de véritables titres indie. Brustlein se paye même le luxe d’inviter Tony Dekker des Great Lake Swimmers sur So Long Dying Cities pour un duo magique (mais un duo virtuel comme nous le confiera Brustlein, remerciant la magie de la technologie, les deux hommes n’ayant pas trouvé le bon timing dans leurs emplois du temps respectifs).
Entre deux albums de son projet, Brustlein se retrouve avec son vieil ami Chris Bailey, leader de The Saints, pour enregistrer quelques morceaux purement acoustiques. Mais les deux hommes changent rapidement de perspective et accompagnés d’un batteur et d’un guitariste, se retrouvent à produire un album de classic rock, ayant Creedence en tête. Le tout se retrouvera sur Stranger, un disque très rock et direct, pas si loin finalement de ce qui va suivre.
Brustlein est fan de foot. Quoi de plus normal finalement que de voir So Foot, média de la presse footbalistique qui vient de créer son label Vietnam, lui proposer d’être leur première signature. Et grâce à son nouveau label, le mec de Valence va pouvoir réaliser un rêve: enregistrer chez Steve Albini. H-Burns veut encore plus explorer son côté rock et veut faire un disque purement nineties. Albini (Pixies, PJ Harvey, Sonic Youth, Nirvana…) est la personne idéale pour pouvoir capter tout le potentiel de Brustlein et de ses musiciens comme nous le confiera le Drômois en interview. On découvre alors le single Six Years qui reflète idéalement cette période historique. Le EP sera vite suivi par Off The Map, une réussite de bout en bout, un folk éléctrique qui explose sur scène. Avec ce nouvel album moins confidentiel et l’apport du nom d’Albini, on parie fort que H-Burns va enfin pouvoir se faire connaitre en dehors de l’Hexagone et démontrer que contrairement à ce que pensent les Américains, en France aussi on sait faire du rock.

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