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LIVRE: MARK OLIVER EVERETT, Tais-Toi Ou Meurs

13e Note Editions/2011

St. Martin’s Press/2008 pour l’édition originale

Mark Oliver Everett, plus connu sous le pseudo de E, est le leader de Eels. Avec Eels, il peut se targuer d’avoir écrit quelques-uns des plus grands hymnes du rock indé américain (Novocaïne For The Soul, Rags To Rags, Souljacker Part 1) mais sans jamais se répéter.
Ne vous fiez pas au titre de ce livre. SiTais-Toi Ou Meurssonne “polar”, dans le genre “ne-le-dis-à-personne-mais-pars-vite-et-reviens-tard”, il n’en est rien puisqu’il s’agit ici d’une autobiographie. En version originale, il s’intitule d’ailleursThings The Grandchildren Should Know, ce qui est plus évocateur et qui nous interroge une nouvelle fois sur comment fonctionnent les traducteurs. On se doutait bien en écoutant les chansons de Eels que leur auteur était un homme tourmenté. On comprend donc ici d’où viennent toutes ces histoires. Everett évoque les évènements marquant de sa vie, un père distant qui meurt alors que E sort à peine de l’adolescence, une soeur addicte, une mère atteinte d’un cancer. Mais devant la gravité certaine de ces histoires, jamais le leader de Eels ne tombe dans le pathos. Il conte tout ça avec humour, frôlant parfois le cynisme, et n’oublie jamais de souligner l’ironie accompagnant les faits (on pense à la disparition de la cousine hôtesse de l’air). On découvre que derrière la genèse de Beautiful Freakou d’Electro-Shock Bluesse cachent ces drames ou ces moments douloureux. On en apprend plus sur le processus de création d’Everett et celui-ci entrecoupe ses propos par les paroles de ses chansons, ce qui ne peut nous empêcher de mettre ensuite les morceaux sur notre lecteur.
Everett est sur la corde raide quand viennent les premiers accords deNovocaine For The Soulet au moment où le ciel semble se dégager pour lui, sa soeur se suicide la veille de la sortie du premier Eels. Quant au second disque du projet, il est entièrement inspiré par la mort de cette soeur aînée et par la maladie de sa mère. Mais pour ne pas en faire un livre totalement déprimant, certaines anecdotes sont là pour alléger les choses, même si elles portes toujours au fond d’elles un peu d’amertume (la rencontre avec Neil Young). On croise le fantôme d’Elliott Smith. On apprend que l’équipe de George W. Vush n’apprécit guère la musique de Eels…
Mark Oliver Everett n’a pas été gâté par la vie. Mais il sait toujours comment s’en sortir. Dur, amer, drôle, on ne comprend pas le titre de la version française alors qu’une autre chanson de Eels, le titre original étant une piste deBlinking Lights And Other Revelations, résume à elle seule ce livre :Mr E’s Beautiful Blues.

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