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LIVE REPORT: PEARL JAM, Main Square Festival, Arras, Samedi 30 Juin 2012

Des briques rouges (la couleur du sang, la couleur de la violence, la couleur des indiens..), une odeur de friture, des maillots d’Eden Hazard: pas de doute, on est bien dans le Nord. Le Main Square Festival d’Arras ouvre ses portes pour sa deuxième journée de concerts du week-end avec aujourd’hui en tête d’affiche les vétérans de Seattle, plus de vingt ans de carrière mais une envie toujours intacte: Pearl Jam.

Le groupe mené par le charismatique Eddie Vedder s’était déjà produit à la Citadelle il y a deux ans pour un concert mémorable, une véritable claque pleine de rage, où Ben Harper était venu en guest prêter sa slide sur Red Mosquito. Mais un show à peine trop court (une demi-heure de moi que l’insupportable M, on ne comprend toujours pas). Et quand j’ai appris que le quintet repassait par Arras, et bien qu’ayant déjà acheté ma place pour le concert des Red Hot le même soir au stade de France, aucune hésitation possible: Pearl Jam avant tout. Et je ne suis pas le seul à avoir fait le voyage, en témoigne le nombre de T-Shirts à l’effigie de P.J. et dont un sympathique jeune homme s’est lancé le pari de prendre chaque fan de la journée en photo. Beau défi, on attend les images.

La pluie s’est arrêtée peu de temps avant le début du show. Effet changeant de la météo ou véritable pouvoir de Florence + The Machine, on ne sait pas, mais Eddie Vedder opte pour la seconde proposition et remercie l’Anglaise pour ce bienfait. Après un petit retard immédiatemment pardonné, le groupe prend possession de la grande scène. Et les premières notes de Release sont lancées. Parmi les chansons d’ouverture qu’a l’habitude de choisir le combo, Release est sans aucun doute la meilleure. Une compo posée, qui met en place une communion entre le groupe et le public. Car il faut bien parler d’une communion qui aura lieu pendant deux heures, où l’audience est plus réceptive qu’il y a deux ans, plus vieilles aussi, les 30-40 sont à la fête. L’onirisme du morceau de clôture de Ten est vite enterré quand Go est lancé. Du grunge rageur à l’état pur, où Vedder balance son “Don’t go on me” sous les coups de butoir de la section rythmique Ament-Cameron. Severed Hand, titre presque surprise du trop sous-estimé Pearl Jam, fait suite avant que Stone Gossard ne lance le riff malsain de Do The Evolution. Un énorme classique, où on attend encore résonné le “hallelujah” des enfants de choeur Ament-Gossard.

Un début de concert définitivement rentre dedans, nécessite une accalmie. Better Man commence et là la communion citée plus haut prend tout son sens quand le public reprend le refrain de cette magnifique compo de Vedder. Une osmose entre un groupe et ses fans encore plus présente plus tard sur Black ou Alive. 50 000 personnes qui chantent “Oh, I, Oh I’m still alive”, putain ça donne le frisson.

Pearl Jam ne fait jamais le même concert, et même si des morceaux sont communs avec la setlist d’il y a deux ans, on sent bien que pour le reste, ce soir tout est différent. Le groupe de Seattle nous offre ses plus beaux titres folk (Low Light, un Nothingman poignant, Just Breathe ou comment l’univers d’Into The Wild coule toujours dans les veines de EV), puis plus punk (l’ultra efficace Lukin, la reprise de Joe Strummer Arms Aloft) ou des morceaux complétement rêveurs (Wishlist, Amongst The Waves).

Et ce qui est également magique à voir, c’est l’union et l’amitié qui reigne au sein du groupe, où il n’existe aucune bataille d’égo. Ca plaisante, ça chambre (Vedder a même loupé les premières paroles de Alive à déconner avec Ament). Chaque membre, même le discret Boom Gaspard à l’orgue, donne de lui dans chaque titre. Les solos de Mike McReady (surtout avec la guitare derrière la tête sur Even Flow), les martelements de Cameron (la montée de Given To Fly). Et même si il se sera exprimé très peu en français, Vedder ne cesse de communiquer avec son public, et en voyant tous les drapeaux des différents pays levés au vent ce soir, se dit que cette image devrait être vu par les banquiers et les politiciens de la planète. A bons entendeurs…

Si le premier passage de Pearl Jam au Main Square est encore dans toutes les mémoires, celui-ci arrive à le surclasser. Eddie Vedder confie qu’il avait garder un très bon souvenir de son première venue à Arras et qu’il espère encore être invité. On ne peut que partager son envie. En attendant, on se repassera dans la tête les images de ce concert difficile à décrire avec des mots. Et on attend avec impatience la sortie du bootleg pour pouvoir le revivre dans notre salon, des étoiles plein les yeux…

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