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INTERVIEW: DAMIEN JURADO

Nous sommes accueillis à bras ouverts par Damien Jurado, qui en impose de sa grande silouhette, dans les cuisines du Fri-Son. Juste le temps pour lui de finir une petite séance polaroid et c’est à nous. La cuisinère locale affairée à faire sa soupe n’est pas perturbée par notre venue. La légende veut que l’Américain soit un homme peut loquace. Il n’en est rien…

Sensation Rock: Damien, tu es en tournée depuis quelques semaines maintenant. Comment ça se passe?

Damien Jurado: Très bien. On a visité de superbes pays, fait de bons concerts. A part en France. Le concert de Paris a été très réussi mais ceux de Rouen et surtout de Bordeaux fûrent horribles. Les gens n’aimaient pas nos chansons, ils s’attendaient à me voir seul avec ma guitare. Ce fût vraiment, vraiment horrible. Ils n’ont rien compris. Ca fait 15 ans que je fais de la musique et je n’ai jamais fait deux albums identiques. Et peu importe ce qu’on peut en penser. Je suis dans mon propre trip, je suis les directions que je veux prendre. Regarde Neil Young: ce mec a toujours fait ce qu’il voulait, a toujours pris des risques. Trans ou Everybody’s Rocking. S’il avait fait gaffe à ce que le public voulait entendre, jamais il n’aurait fait ses albums. Mais ce mec est dans son trip. Je suis aussi dans mon trip.

La France a donc été ton pire souvenir. Mais quelle est celui où vous avez ressenti le meilleur accueil?

En Hollande, sans hésitation. Un grand public.

Parlons un peu de Maraqopa. Ce nouvel album a été réalisé avec Richard Swift. Peux-tu nous parler de son enregistrement?

Richard Swift habite une maison isolée où il a installé un studio d’enregistrement. Tout a été enregistré là-bas en trois jours. On se levait le matin, on entrait dans le studio et les chansons ont été enregistrées très vite. Richard a la capacité de comprendre tout de suite quelle direction je veux donner aux morceaux. Un exemple, pour Working Titles. Je me suis levé un matin avec cette mélodie en tête, je lui ai joué et lui tout de suite a commencé à y induire un rythme. Moi, je suis très nul en tempo, je joue sans métronome. Lui derrière se débrouille. Parfois c’est plutôt difficile. C’est d’ailleurs pour ça que tu peux entendre sur disque quelques décalages.

Maraqopa est un album avec beaucoup d’arrangements. Quels ont été tes inspirations? Comme par exemple Life Away From The Garden ou Working Titles?

Tu veux parler des choeurs? C’est en fait 3 enfants. Après j’ai beaucoup écouté Santana, Grateful Dead…

Penses-tu refaire un album avec Jenna Conrad et Eric Fisher?

Non, jamais. (Sourire). Tu sais, ils sont très occupés chacun de leur côté. Jenna avec Avians Alight et Eric a un nouveau projet. Et puis ça se passe tellement bien avec Richard. Franchement, je me vois continuer à faire des albums avec lui pour toujours. C’est un peu comme une femme: quand tu en as trouvé une qui t’apporte tout ce dont tu as besoin, pourquoi aller voir ailleurs?

A propos de Other People’s Songs. Un Volume 2 est-il prévu?

Oh oui! Il y aura un numéro 2, c’est sûr. Mais je peux pas te dire quand. Richard est maintenant occupé avec The Shins. Et puis ça viendra, il nous faut pas beaucoup de temps. On se pose un jour et on enregistre.

C’est un peu une récréation?

Oui, complètement.

Quel est le dernier concert que tu aies vu?

Euh… (Il se tourne vers son guitariste): – Hey, c’est quoi le dernier concert que j’ai vu?

Ah oui, c’est un groupe suédois. Frances. Vraiment super.

Et que penses-tu de la nouvelle direction prise par ton ami Josh Tillman et son alter ego Father John Misty?

C’est génial. T’as déjà écouté? Je pense qu’il fait vraiment maintenant une musique qui le représente vraiment. Tu vois, ces premiers disques sont bons mais maintenant, c’est vraiment où il veut aller. Il est dans son trip. Il est maintenant libéré du poids des Fleet Foxes. Tu vois j’ai appris le départ de Josh des Fleets. J’ai un pote qui m’appelle ensuite pour me dire que Robin Pecknold faisait un album solo. Merde, ça veut dire quoi: c’est la fin des Fleet Foxes ? J’appelle Pecknold pour lui demander: hey ! c’est quoi là? C’est fini les Fleet Foxes? Josh qui s’en va, Pecknold et son album solo, Wargo et Wescott qui forment Poor Moon (excellent d’ailleurs). Ouais, je sais pas ce que tout ça veut dire…

Propos recueillis par F. & S.

Transcription : F.

Remerciements à Gil & David.

© – copyright – 2012

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