Certaines formations ne manquent visiblement pas d’inspiration, ce qui est notamment le cas de Mumford & Sons. Il faut croire que les Britanniques en ont encore sous la pédale autant que sous le capot. Un peu moins d’un an après Rushmere, Marcus Mumford et les siens sont en effet déjà de retour avec Prizefighter (Island Records).
Un album ne comportant pas moins de 14 morceaux pour une durée totale de 50 minutes : de quoi se faire plaisir pour les aficionados du groupe. Prizefighter a été enregistré en une dizaine de jours au Long Pond Studio de New York avec l’aide, à la production, d’un certain Aaron Dessner, membre de The National.
Entre besoin de mouvement et moments d’apaisement
Si Rushmere accordait une large place aux ballades folk, son successeur se veut plus rythmé et énergique, comme si Marcus Mumford et sa clique ressentaient un soudain besoin de mouvement. Un aperçu en est donné avec Run Together, Stay ou encore Begin Again.
Ce dynamisme arrive à point nommé pour combler le manque de caractère que d’aucuns reprochaient à l’album précédent, exceptions faites du single éponyme et de Caroline.
Malgré cette envie de tout bousculer, les Britanniques éprouvent néanmoins un besoin d’apaisement et d’introspection. En témoignent les somptueuses ballades Shadow Of A Man, Rubber Band Man (en featuring avec Hozier), Conversation With My Son (Gangsters And Angels) et The Banjo Song.
Des invités au festin
Sur Prizefighter, les Mumford n’ont pas été les seuls maîtres à bord. Quatre artistes invités ont apporté leur contribution :
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Hozier sur l’émouvant Rubber Band Man
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Gigi Perez sur Icarus
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Chris Stapleton sur Here aux sonorités country
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Gracie Abrams pour la ballade au piano Badlands
Un morceau qui se démarque du reste de l’album, contrastant avec les titres portés par la guitare et le banjo. À l’écoute de Badlands, certains pourront penser à Angus & Julia Stone voire à Of Monsters And Men, dans une veine proche de certaines productions estampillées Netflix.
Heureusement, cela reste un incident de parcours. Avec prestige et panache, Here et surtout Rubber Band Man réaffirment l’identité musicale du groupe et regorgent d’émotion.
Sacré banjo, on aime ton numéro !
Ces dernières années, il avait parfois manqué : ce banjo, considéré depuis les débuts comme l’ADN et la marque de fabrique de Mumford & Sons. L’instrument avait été mis en retrait au profit d’arrangements électroniques, notamment sur Guiding Light en 2018.
Fort heureusement, Rushmere avait amorcé son retour en grâce, confirmé aujourd’hui par Prizefighter. Des titres comme Run Together, Begin Again et bien sûr The Banjo Song en sont les symboles.
Sur ce nouvel opus, l’homme au banjo n’est autre que Marcus Mumford lui-même, pilier du groupe depuis ses débuts.
Prizefighter marque ainsi un retour aux fondamentaux pour Mumford & Sons, avec un son plus punchy et une énergie retrouvée.
Notre sélection : Stay, Rubber Band Man, Shadow Of A Man, The Banjo Song, Run Together.
