Après une soirée très agitée aussi bien sur scène que d’un point de vue météorologique, retour au calme pour ce 4ème jour de festival avec une programmation et un ciel plus apaisés.
Et pour entamer cette douce soirée, le retour des lyonnais de Jango Janice (déjà présents l’an passé) au quartier libre avec leur folk rock est un excellent choix. On retrouve avec plaisir la voix suave de la chanteuse Quitterie Im sur des textes en français qui nous transportent dans des saynètes de la vie quotidienne avant de se faire surprendre par la montée en puissance des instruments, comme si l’on passait du rêve éthéré à une réalité bien plus percutante. Un subtil mélange de paisibles ballades et de « trek sonore » bien plus exigeant donc, assez unique et convaincant, à découvrir sur scène.

Arrivent ensuite les « régionaux de l’étape » (clin d’œil au Tour de France qui passera juste à côté du festival ce dimanche) avec In fallow, groupe partagé entre les rives suisses du Léman et celles françaises du lac d’Annecy. Comme tout groupe jouant à domicile, leur fan club se manifeste dès leur entrée en scène qui se fait donc sourire aux lèvres. Le groupe est composé d’amis s’étant rencontrés sur les bancs de la Haute Ecole de Musique de Lausanne, et ils proposent un post-rock à la fois calme et tempétueux, comme peuvent l’être les eaux du Léman. Les chansons sont accrocheuses et les montées en puissance assez savoureuses, mais on pourrait toutefois leur reprocher un manque de diversité dans les compositions, qui commencent toutes assez tranquillement avant de finir en déluge de riffs. Gageons que ceci sera corriger lors du 2ème album dont la mise en œuvre sera aidée par la victoire de cette édition du tremplin GES. (d’un point de vue personnel, j’aurais préféré les Hommes Crabes pour leur présence scénique et des compositions beaucoup plus matures, mais bon les goûts…)

Après une pause restauration, place au met de choix de la soirée avec le retour de John Butler sur la grande de GES après son passage en 2019. Bien que l’emblématique guitariste australien entame son set avec le superbe « Going solo » issu de son non-moins excellent dernier album « Prism », on est heureux de le retrouver sur scène en trio, formule avec laquelle on l’a connu au début des années 2000 et qui convient si parfaitement à ce folk/rock très roots dont il a le secret. Toujours aussi engagé en faveur des droits humains et de l’environnement (il arbore fièrement un T-Shirt anti-ICE), il est cette fois accompagné de Jackie James Barnes aux fûts et de Ian Peres (Wolfmother) aux claviers et à la basse. Les 3 compères déroulent un set énergique (peut-être trop pour une partie de l’assistance plutôt âgée venue pour Kool & the gang) ponctué par les hits « Betterman », « Treat your mama » et bien sûr l’immanquable « Ocean » avant de finir sur un « Funky tonight » endiablé sur lequel John se sera bien amusé nous faire chanter pour notre plus grand plaisir… un seul regret, que le set soit aussi court!

Arrive donc le moment tant attendu de la soirée par une grande partie du public venu en nombre ce soir, l’entrée en scène de la formation légendaire Kool & The Gang. Pour être totalement franc, on ne savait pas trop à quoi s’attendre de la part d’un groupe existant depuis plus de 6 décennies et dont il ne reste qu’un membre originel, le bassiste Robert « Kool »Bell. Mais nos appréhensions sont assez rapidement levées par l’enchaînement des tubes éternels du jazz/funk que sont «Get down on it », « Fresh » , « Cherish » ou encore « Jungle boogie ». Le chapiteau n’est pas assez grand pour contenir la piste de danse et les festivaliers se déhanchent sur tout le site du festival jusque devant l’écran de la scène village! On a beau être vendredi, impossible de résister à cette « Saturday night fever » et au groove de ces titres entrés à jamais dans notre mémoire collective. Final en apothéose avec bien sûr « Celebration » repris en chœur par tout le public ravi d’avoir fait un saut temporel pour revenir au temps où le « kool », les pat d’eph’ et les tenues à paillettes étaient à la mode dans les discothèques et dans les esprits.

Fin de soirée avec Robben Ford, célèbre guitariste californien à la carrière tout aussi impressionnante débutée au début des années 70 avec le bluesman Charlie Musselwhite. Passant du blues au jazz avec aisance et ayant toujours alterné carrière solo avec des tournées d’artistes illustres, tel Miles Davis, il capte d’emblée l’attention de l’audience avec son jeu tout en finesse. Accompagné d’un clavier, d’un batteur et d’un percussionniste tout juste rencontré, la formation semble pourtant bien rôdée et on laisse porter avec plaisir par les solis inspirés qui nous accompagneront jusque dans les bras de Morphée pour une soirée décidément coooool !

Ne pouvant être présent pour la dernière soirée du samedi, c’est donc sur ces belles notes que se termine le festival pour moi cette année. Un grand merci à Thierry et Géraldine pour leur accueil et la gestion toujours au top de l’espace presse pendant ces 4j mais aussi tout au long de l’année, un bravo également à tous les bénévoles et à l’organisation qui font de ce festival un lieu de vie agréable et bienveillant à nul autre pareil, et enfin une dédicace spéciale à l’équipe du camping de la Colombière qui m’accueille toujours aussi bien depuis plusieurs années et avec qui j’ai plaisir à parler des concerts vus la veille ! Big up à tous et au plaisir de revenir l’année prochaine !
Texte et photos : Fabien Mathieux
