Quand la froide pluie hivernale inonde les pavés de la capitale, il est toujours bon de trouver un lieu chaleureux où se réfugier.
Mercredi dernier, c’était à L’Alhambra qu’il fallait s’attarder.
La réputée salle conviviale parisienne recevait en effet le talentueux sextet texan Midlake pour l’une de ses dernières dates de tournée européenne.
Le public, venu en nombre, prouvait une nouvelle fois sa fidélité au big folk band qui aura connu en son sein les oscillations de lourds changements de line-up, notamment depuis le départ en 2012 de son charismatique chanteur de proue : Tim Smith.
Pour bien démarrer les cordialités, c’est The Bretheren, projet folk traditionnel du guitariste de Midlake, Joey McClellan, qui fit le bonheur des non-retardataires.
Un joli déroulé de chansons rock plutôt feutrées, avec quelques fulgurances cristallines qui provoquèrent des applaudissements nourris, notamment pour McClellan et ses soli raffinés.
Lorsque Midlake arrive enfin, dans un monochrome de lumières bleues diffuses, l’ambiance est déjà enthousiaste.
L’atmosphère est posée par une magnifique introduction instrumentale, portée par la flûte de Jesse Chandler, également aux claviers. Le groupe enchaîne avec Bethel Woods ; la voix chaude d’Eric Pulido, devenu frontman depuis le départ de Smith, évoque parfois le timbre de Mark Knopfler.
Entre folk lumineuse et post-rock aérien, la setlist déploie le répertoire du groupe, alternant Children of the Ground, Young Bride et le plus récent Ghouls, dont la ritournelle électrique déclenche les premières danses dans la fosse.
La cohésion entre les musiciens est palpable ; les regards échangés traduisent une véritable synergie.
Pulido évoque leur Texas natal et remercie le public en français, non sans émotion, rappelant leur première scène à Paris en ouverture des Scissor Sisters.
Le spleen traverse le son de Midlake, notamment sur Antiphon, Roscoe ou We Gathered in Spring, baignés d’une mélancolie subtilement enveloppée par les claviers de Chandler.
A Bridge Too Far et The Calling rappellent combien l’âme des Beatles et l’influence brit-pop nourrissent cette folk singulière.
On retient surtout les deux morceaux de clôture : Head Home et le rappel Old and Young.
Un final marqué par un psychédélisme intense, une battle de guitares entre McClellan et Pulido, puis un impressionnant solo de McKenzie Smith, batteur aussi précis qu’inspiré.
On ressort de là le sourire aux lèvres, le cœur réchauffé, oubliant la pluie et la saison maussade.
