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Eurockéennes : jeudi 29 juin 2023

Nous sommes arrivés à 3, et après les formalités d’usage sous un soleil de plomb, direction le stand de Radio Campus pour revoir Martial et sa joyeuse bande de jeunes.

Bob avait amené 2 sacs de nourriture, de quoi amadouer les plus réfractaires du groupe. Et puis nous assistons à l’interview de trois des membres de The Haunted Youth par la radio, juste dix minutes avant d’entrer en scène. Cela n’est pas fréquent, généralement les artistes préfèrent rester dans leur bulle avant d’en découdre.

Le concert d’ouverture était donc assuré par The Haunted Youth, un combo belge d’une sorte de pop psychédélique. Le travail sur les voix et sur les guitares est tout simplement incroyable, les textures sont variées et ils parviennent à nous emmener dans leur univers pas toujours rassurant.

S’ensuit la pétillante Fatoumata Diawara du côté de la Plage. L’énergie est toute différente, les rythmes maliens et la voix protéiforme de la chanteuse et guitariste nous emportent vers nos racines communes. Il est frappant de retrouver dans la musique malienne la plupart des bases des musiques blues du continent américain.

Direction la Greenroom pour ce qui aurait dû être un concert de l’édition précédente, avec les Anglaises de Wet Leg. Le chapiteau est bondé, les demoiselles à la mode ont attiré un public nombreux et assez hétéroclite.

Mais pour être honnête, il ne s’est rien passé de notable avant les deux ou trois derniers titres du groupe. A la mode certes, mais peu dynamique, et pas vraiment au niveau d’un festival comme les Eurocks. Il a donc fallu attendre les 2 dernières chansons dont Chaise Longue pour que le son s’étoffe et que l’osmose soit enfin réussie.

La suite du festival a vu deux clans se former : ceux qui voulaient voire Phoenix à la Grande Scène, et ceux qui allaient prendre une baffe monumentale sur la Plage avec les Ukrainiens de Jinjer.

Je ne vous parlerai par conséquent que du metal distillé par Tatiana et ses trois acolytes…Tous les metalleux étaient réunis sous bannière jaune et bleue pour une prestation exceptionnelle.

À entendre Tatiana chanter puis repasser en voix de gorge avec une facilité folle, à voir la puissance de feu du quatuor, on ne peut s’empêcher de penser qu’on a là un exemple des plus frappants de l’âme slave, et que la Russie n’est pas prête de l’emporter dans cette guerre fratricide.

À mon humble avis, c’était le concert qu’il ne fallait pas manquer pour cette journée d’ouverture.

La journée se termine sur une nouvelle scission : les tenants et défenseurs de Shaka Ponk, et ceux qui ne veulent pas s’infliger tant de souffrance. Direction Biga’Ranx donc, qui n’est pas beaucoup plus intéressant que les Shaka, puis un détour vers les bisontins de Pogo, combo improbable d’un DJ très orienté trap et un chanteur de metal. Le concept est osé, clivant, ne laisse pas indifférent, mais ne nous séduit pas non plus. A contrecœur, direction la Grande Scène pour un bout des Shaka.

Frah déblatère un discours sans queue ni tête d’une voix sans charisme (la pelouse, rendre à mère Nature ce qu’elle nous donne), cela dure 10 minutes où il demande aux personnes qui auraient peur d’être blessées d’évacuer la zone centrale (contre toute attente, le public est présent en masse, comment pourrait-il se déplacer?!), puis les watts prennent le dessus. Certes, c’est puissant au sonomètre, mais totalement vide de sens et d’énergie.

On laisse Smells Like Teen Spirit achever de nous convaincre que n’est pas Nirvana ou J.S. Ondara qui veut, et on prend le large.

Au final, quelques belles découvertes (Haunted Youth, Fatoumata Diawara, Jinjer), mais une première journée qui surtout nous incite à revenir ce vendredi pour notamment Puscifer, Foals et Yard Act.

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