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Laura Mary Carter / Town Called Nothing (EP)

Qu’il est bon, de temps en temps, de pouvoir prendre son envol et de faire une escapade en solo. C’est ce qu’a fait Laura Mary Carter, chanteuse de 
Blood Red Shoes. Sur tous les fronts en ce moment, la britannique a tout de même trouvé le temps de s’émanciper, musicalement parlant s’entend. 
Pendant que Blood Red Shoes empile les singles (More By Fascination tout récemment), Laura a fait une « infidélité » à son acolyte Steven Ansell 
pour nous gratifier d’un EP bien à elle où, sans détours ni tabous, la diva so british se dévoile. Cet opus de 6 morceaux est baptisé Town Called Nothing, 
paru sous le label Velveteen Records.

Bien évidemment, on est loin des Blood Red Shoes et de leur mélange électro/rock plein de bonnes guitares, Laura se mettant dans la peau des grandes 
songwriteuses américaines que sont Lucy Dacus ou encore Julien Baker. La chanteuse de Blood Red Shoes, d’ailleurs, ne nie pas sa passion pour les 
États-Unis, un penchant qu’elle assume bien volontiers dans cet EP.

Blue Is Not My Colour, pour débuter, s’écoute tout gentillettement mais bon, pas de quoi se taper la tête contre les murs! On a le sentiment que Laura 
éprouve une difficulté à se lâcher, à se dire « je suis en solo le temps d’un EP, il faut que j’en profite et que je donne tout ». Sur Blue Is Not My Colour, 
la voix de Laura n’est pas très assurée, comme anesthésiée, faisant penser au sportif paralysé par l’enjeu et qui a du mal à rentrer dans son match.
La britannique prend pourtant la mesure de l’évènement et très vite. Signs marque le véritable début du récital de la britannique qui s’affirme, montrant 
tout son potentiel vocal, une voix qui a peu l’occasion de se manifester dans le cadre de Blood Red Shoes (sauf sur les derniers morceaux du groupe, 
tel que More By Fascination, où Laura fait mieux que se défendre).
Signs est une ballade tout en claviers, électronique de bout en bout. Quant à Laura Mary Carter, sa voix s’avère aérienne et franche. On pense alors que 
ça y est, la petite gazelle est lancée!
Town Called Nothing, titre éponyme, se révèle très différent de Signs. De l’électro, on amorce un virage pop à 180 degrés avec du rythme et de la guitare. 
Town Called Nothing est le premier single extrait de cet EP, un morceau entêtant et qui donne la pêche sans être trop trépidant. Qui n’aurait pas envie de 
chanter « Town Called Nothing » sous sa douche avant de partir au boulot? Une compo pleine de vivacité et de lumière, qui fait du bien par où elle passe, 
c’est ça Town Called Nothing!
Ensuite, direction Better On My Own et là, séquence émotion garantie! Déjà, Laura Mary Carter nous ramène vers les ballades. Sur Better On My Own, 
même si le rythme est plus planant, la guitare est toujours là pour nous caresser les oreilles. Laura, elle, lâche les chevaux et comprend que personne, 
pas même Steven Ansell, ne viendra lui voler la vedette. La britannique laisse éclater toute l’émotion dont elle est capable, laquelle était peut-être retenue 
jusqu’à présent. Avec Better On My Own, Laura Mary Carter nous signifie qu’elle est la patronne, bel et bien la maîtresse du jeu dont elle redistribue les 
cartes en toute dextérité.
The City We Live se profile, autre magnifique ballade qui, cette fois-ci, nous transporte sur le versant folk, loin de la pop de Better On My Own et Town 
Called Nothing. Guitare sèche en veux-tu en voilà, somptueuses touches de violon, voix sensuelle et langoureuse de Laura Mary Carter : un délicieux 
cocktail d’ambiances américaines. La britannique dit tout le bien qu’elle pense de la patrie de l’oncle Sam, trahissant pour un temps sa Grande-Bretagne 
bien aimée. « La ville où nous vivons offre énormément d’attraits » semble marteler Laura dans les paroles de The City We Live.
Ceremony ferme la boutique, dans un style plus électro comme Signs. Laura Mary Carter se démarque de Blood Red Shoes, néanmoins Ceremony 
aurait très bien pu être interprété par le groupe. Pourquoi? Tout d’abord par le côté électrique/électro qui sied si bien à ce combo dont on ne désespère 
pas de voir débarquer un album et, chose la plus importante, par le décor sombre que dégage autant la musique que les paroles: « love, regrets » 
martèle à l’envi Laura, tant et si bien que l’on se serait pris à penser que le titre était Love, regrets. Pourtant, il s’appelle Ceremony car ce morceau revêt 
toutes les caractéristiques d’une cérémonie mais pas joyeuse, plutôt funéraire. Une obscurité qui, cependant, n’enlève rien à la beauté de ce Ceremony 
paru en second single, succédant donc à Town Called Nothing. D’un single à l’autre, le contraste fut pour le moins saisissant!

Pour une première expérience en solo, Laura Mary Carter s’en est plutôt bien sortie. On ne reviendra pas sur Blue Is Not My Colour puisque les 5 autres 
morceaux sont à la hauteur et de grande qualité. C’est là où l’on se dit que l’on en voudrait toujours plus, tant d’albums étant plus longs mais de moins 
bonne facture.
Si la question est de se demander si Laura doit remettre le couvert pour un autre album solo, la réponse est un oui sans appel! Et avec 3 ou 4 compos 
supplémentaires, ça ferait largement l’affaire et tout notre bonheur. Pourquoi pas après l’éventuel album de Blood Red Shoes! Mais notre Laura est un tel 
bourreau de travail, jonglant entre son groupe et sa carrière solo, qu’elle a sans doute besoin de se reposer un peu, un stand by qui serait vraiment mérité.
Avec Town Called Nothing, Laura Mary Carter frappe un grand coup sur la table, prouvant que l’on peut faire carrière indépendamment d’un groupe.
Town Called Nothing : un petit oiseau prénommé Laura Mary a quitté son nid, même pour bien vite le réintégrer!

 
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