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The Metallica Blacklist

Paru en 1991, l’album éponyme de Metallica a rapidement été rebaptisé Black Album, du fait de sa pochette noire.

Mais si, souvenez-vous, les pochettes…

En comptant sur vos mains et vos pieds, et en incluant ceux de l’un de vos amis, cela fait donc 30 ans que cet album majeur a popularisé le metal. Pour les puristes, et il y en a, ce n’était pas réellement un album de metal. Trop consensuel, trop commercial. Pourtant, il faut bien reconnaître à cet opus le fait d’avoir démocratisé ce genre musical à part entière. Douze pistes, tels les 12 apôtres, avec comme fers de lance Enter Sandman, Sad But True, The Unforgiven, Don’t Tread On Me et le classique parmi les classiques Nothing Else Matters.

Pour cet anniversaire, de nombreux artistes ont revisité l’intégralité des chansons. Et là, pour un chroniqueur débutant, arrive LA question : comment aborder un quadruple album, dans des genres extrêmement variés ? La bonne surprise à la découverte de ce projet Black List, c’est que le groupe a résolu de lui-même la question ; l’ordre des reprises suit très exactement celui de l’album originel. Ouf ! Rien que pour cela, on peut rendre grâce à Metallica !

Le principe est donc simple : vous dire quelles versions ont retenu notre attention.

Enter Sandman : 6 versions proposées

  • Marc DeMaco : version un peu baltringue, un peu fluette pendant 50 secondes…et ensuite, l’orage se déchaîne, fendant les cieux courroucés d’éclairs guitaristiques. Un vrai kif !
  • Weeezer : on ne peut pas passer à côté de cette version, tant Weezer reste un groupe avec lequel il faut compter. C’est sans doute la version la moins éloignée de l’originale en terme de sonorités. Mais qu’il est bon d’entendre Rivers Cuomo et sa clique s’acharner sur ces riffs ravageurs. Mention spéciale à la fin du morceau, à la cool.

Sad But True : 7 versions proposées

  • Sam Fender : une baffe. Une revisite totale, emprunte de soul, qui vous démontre pourquoi Enter Sandman est une bonne chanson. Version à écouter absolument.
  • Jason Isbell : Jason est un revenant. Un survivant. De la drogue, de l’alcool. Et le savoir modifie légèrement la perception que l’on a quand on entend sa voix (écoutez Stockholm ou l’incroyable Elephant par exemple).Chantre de la folk, de l’americana, il se mue ici en vieux bluesman pour mieux faire entendre les racines de la musique de Metallica.
  • Royal Blood : le duo anglais comme on aimerait l’entendre plus souvent. Incisif et rock jusqu’à l’os.

Holier Than Thou : 5 versions proposées

  • Biffy Clyro : pour le coup, c’est un échec. Certes, la syncope qui fait le charme des Écossais fait merveille sur cette chanson, mais on a surtout l’impression d’un disque rayé par moments. Décevant !
  • PUP : une énergie communicative, saccadée à souhait.
  • Corey Taylor : peut-être la version la plus fidèle à l’originale, mais la voix du garçon vaut celle de James, ou presque.

The Unforgiven : 7 versions proposées

  • Vishal Dadlani, Divine & Shor Police feat. Metallica : très étrange version, qui réussit cependant la performance d’attirer l’oreille et de nous emmener dans un monde assez différent de la version originale. Même la partie rappée ne jure pas, alors même qu’on pouvait craindre le pire.
  • Moses Sumney : la réussite totale ! Le bassiste nous offre une relecture totale de ce classique, armé de son seul instrument et d’une voix proche de celle de Prince. Richard Bona ou Jaco Pastorius planent sur cette interprétation magistrale.

Wherever I May Roam : 4 versions proposées

  • on oublie directement les 2 premières versions pour passer à celle de The Neptunes. Bien que la rythmique soit très synthétique, c’est la seule version écoutable parmi les 4. Dommage pour une si belle chanson…Sur la version de Jon Pardi, le mixage est tellement mauvais qu’il force à interrompre l’écoute.

Don’t Tread On Me : 3 versions proposées

  • celles de Sebastian et Portugal The Man sont tout simplement horribles. Ou comment passer à côté d’une reprise.
  • Volbeat : seuls les Danois réussissent l’examen de passage. Alors oui, on reste collé aux basques de la compo originelle, mais que voulez-vous, c’est la seule bonne interprétation proposée. Mention spéciale au solo bien bourru, très fidèle à ce que l’on peut attendre quand on connaît le titre par cœur.

Through The Never : 2 versions proposées

  • The Hu : imaginez les descendants de Gengis Khan chevauchant leurs Przewalskis, et dont le crin utilisé pour les archets de violon ferait raisonner Metallica à travers la steppe mongole. Sans aucun doute l’une des meilleures revisites de cette chanson cultissime !

Nothing Else Matters : 12 versions proposées. Forcément, c’est LA chanson la plus connue et reconnue de cet album de légende.

  • Phoebe Bridgers : la jeune et belle américaine réussi le tour de force d’emmener ce tube ailleurs. Piano en sourdine, cordes élégantes, et une orchestration légèrement revue. Qui plus est, la voix de Phoebe est enveloppante à souhait. Laissez vous sombrer…
  • Dave Gahan : sobre, éthéré, minimaliste. Une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine, avec comme seule issue la narcose des abysses. Tout simplement merveilleux.
  • Dermot Kennedy : sa version est un peu caricaturale au chant, mais empreinte d’une sincérité totale. La mer d’Irlande n’est pas loin.
  • Igor Levit : le pianite germano-russe impressionne. Sati ou Debussy n’auraient pas renié cette variation, presque atonale par instant, suspendue dans le vide et retenue par la seule mélodie du morceau original. Une excellente surprise, tout comme celle de Moses Sumney.
  • Chris Stapleton : ou comment s’affranchir de la version archi ressassée d’un classique. Chris emmène ce tube là où tout a commencé, aux racines blues du metal. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’univers créé par le quadragénaire, bien que radical, colle à merveille à ce qu’on peut attendre d’un tel hit. Une épiphanie blues à souhait.

Of Wolf And Man : 1 seule version proposée

  • un morceau de Metallica peut-il se transforme en un morceau de Led Zep (The Battle of Evermore / No Quarter) . La réponse est oui, chef. Et c’est ce que réalise le groupe folk Goodnight, Texas. Là encore, une belle découverte.

The God That Failed : 2 versions proposées

  • Idles : comme à son habitude, Idles fait ce qu’il sait faire, du post punk. Écoutable, mais pas révolutionnaire.
  • Imelda May : on aime la sonorité blues donnée à cette version. Cependant, les guitares sont un peu en retrait, et la voix pas assez mise en avant. Dommage.

My Friend Of Misery : 3 versions proposées

  • Big up pour Izia, qui reprend l’une des chansons les plus introspectives de l’album. Mais il y a là un côté pop légère trop en contradiction avec la noirceur initiale.

The Struggle Within : 1 seule version proposée

  • Rodrigo y Gabriela : ces 2 là transforment le plomb en or. Ils font encore une fois montre de leur talent en clôture de cet album hommage.

Que dire alors après quelques heures passées à étudier toutes ces propositions ? Et bien qu’il y a à boire et à manger, du bon et même du mauvais, mais que surtout, Metallica a inspiré des générations entières de musiciens et brisé bien des barrières entre le metal et tous les autres genres musicaux. Et rien que pour ça, joyeux anniversaire au Black Album !

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