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MARK LANEGAN, Somebody’s Watching

Blues Funeral, Gargoyle : si ces deux titres vous font écho, alors précipitez-vous sur le nouvel opus de Mark Lanegan, Somebody’s Knocking, qui reprend les sonorités synthétiques que nous avions entraperçues en les démultipliant et en les patinant. Impétueux, un peu perturbateur, l’icône des années 90 frappe à la porte de la décennie précédente.

Dans cet album, Lanegan revisite synthés et lignes de basse typés 80’s. Un peu des Sisters of Mercy sur Dark Disco Jag, un peu des Pet Shop Boys sur Penthouse High (un substrat des sessions d’enregistrement de Gargoyle ici réutilisé), un peu des Smiths sur Gazing from the Shore et surtout une signature particulière qui l’écarte des poncifs et des mouvements de revival. Après son escapade lo-fi animalière avec Duke Garwood (With Animals, album enregistré chez lui, avec ses cinq animaux), Lanegan s’entoure cette fois-ci non plus de miaulements mais d’accords et d’arpèges insistants, prenant de l’espace, sans temps mort.

Quand un mercenaire des scènes grunge s’attaque à la synth-pop, ce sont des compositions décapées, décharnées mais dansantes qui en ressortent. Mais, attention, pas question de légèreté ici : ouverture sur un Disbelief Suspension qui figurerait parfaitement dans un western au cœur du bush australien de David Michôd, Penthouse High qui nous parle de “ghosts inside this house…I can’t stop dreaming, there’s no coming back”. Lanegan oscille toujours entre les guitares grinçantes et les refrains accrocheurs (Letter never sent et Night Flight to Kabul).

Composés en onze jours, ces quatorze morceaux ne se refusent rien : des chœurs sur Stitch It Up, un chant (presque) clair et des synthés cristallins sur Playing Nero. Rien à jeter, rien qui ne soit dépassé : les compositions sont équilibrées, très pop dans leur accroche. Sur l’ensemble de cette production, les neufs premiers morceaux sont up-tempo, chacun ciblé sur un élément (les guitares de Disbelief Suspension, les arpèges entêtants de Playing Nero, la boîte à rythme de Letter Never Sent, la batterie de Night Flight to Kabul). À partir de Name and Number, le rythme redescend, se faisant plus progressif, moins chargés, avant que Radio Silence ne remette les pendules à l’heure. Somebody’s Knocking… Somebody is hitting.

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