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LAST TRAIN + WALLACE VANBORN, vendredi 9 décembre 2016, La Laiterie – le Club, Strasbourg (67)

Épique, épique, trois fois épique ! Tout d’abord parce que ce fut le dernier concert de l’année des Last Train. 2016, année charnière pour le groupe. Ensuite, parce que Julien Peultier, le guitariste fut présent malgré une grosse infection chopée lors de leur récente escapade birmane. Chapeau l’artiste ! Et enfin, épique car ce report et l’interview qui suivit ont failli ne pas être à cause d’un bouchon monstrueux sur l’autoroute ce soir-là en direction de la capitale alsacienne…

C’est donc avec retard que j’entrai dans le Club de la Laiterie. Les premiers à officier ce vendredi furent les Belges de Wallace Vanborn. Servant un stoner classieux et remuant, le trio est connu ici à Strasbourg : ils avaient ouvert pour les Blood Red Shoes, il y a 6 années de cela. Pour avoir eu le luxe de les découvrir à l’époque, les revoir fut un réel bonheur. Grâce au jeu musclé de Sylvester Vanborm à la batterie, les assauts heurtés de Dries Hoof à la basse et à la rage délivrée par Ian Clement, tant avec sa gratte que par le truchement de sa voix haletante, j’assistai à une prestation enlevée.

Mêlant des titres de The orb we absorb, dernier opus en date (enregistré en 2014 au mythique studio du Rancho de la Luna), les Gantois piochèrent aussi dans un répertoire plus ancien, voire inconnu (Guru ???) afin de chauffer à blanc la salle. C’est l’excellent Atom Juggler qui mit d’accord tout le monde avant de conclure dans un déluge de sons. En somme, une débauche d’énergie largement appréciée au vu des applaudissements nourris.

 

Durant le soundcheck effectué par les têtes d’affiches elles-mêmes, je partageai quelques mots avec les Belges encore dans leur jus. Ils étaient ravis d’être à nouveau ici. L’échange fut bon enfant et plein d’humour. Voyant l’appareil photo, Ils m’invitèrent même à shooter le dernier concert de l’année qu’ils feront à domicile, c’est-à-dire à Gant, le 20 décembre. C’est un peu gêné que je déclinai sans trop argumenter. Wait and see…

 

« Heureux de partager ce dernier concert de l’année à la maison », c’est à travers cette phrase que le set des Last Train débuta. Avec Cold Fever, force est de noter qu’ils attaquèrent bille en tête, toutes fuzz dehors ; y compris sur la basse rutilante de Timothée Gerard. Le quatuor enchaîna les chansons parues sur ses deux EPs, The Holy Family (2015) et Fragile (2016). Le dernier titre mis en clip, Way out, fut interprété. Son énergie, ces sonorités stoner et ce solo délirant à la QOSTA firent mouche ! Derrière son micro Jean-Noël Scherrer hurle, tandis qu’Antoine Baschung se lève afin d’asséner des coups pesants sur ses cymbales. La salle jubila.

Les remerciements jalonnèrent la soirée, mais le premier à être fait par le chanteur affublé de son cuir – devenu le logo du groupe – revint… à Julien ! Oui le guitariste de la formation. En effet, très habillé lors de l’entracte, malgré la chaleur humaine de la salle, on finit par apprendre que ce dernier était encore hospitalisé le matin-même suite à des complications. Bref, un dur à cuir(e) salué par le public. Le jeune homme esquissa alors un sourire fiévreux. Le concert put reprendre.

 

A l’image de la précédente chanson, les temps apaisés, semblables à des jams  (« on peut faire ça pendant des heures » dixit le frontman) alternèrent avec une intense décharge d’énergie (Fragile). En musiciens chevronnés, les Alsaciens posèrent un set maîtrisé : sautant ici et là, déchaînant les guitares lors de soli (avec des sonorités aigues proches d’un Jack White), ils offrirent une prestation devenue dantesque sous le feu aléatoire des stroboscopes (One side road).

Le point d’orgue s’achemina. En effet, le chanteur descendit dans la fosse avec son pied de micro et sa gratte afin de pogoter au cœur de la foule. Un moment de communion et résolument rock lorsqu’il laissa choir sa 6-cordes à terre. De nombreux smartphones immortalisèrent l’instant.

Soufflant un brin, on profita de l’instant pour annoncer la sortie du premier album dans les semaines à venir. Cris de joie. « Le titre suivant sera sur le disque», normal il s’agit du prodigieux Fire. Ce morceau incandescent secoua à nouveau la Laiterie.

Le rappel qui suivit reprit de plus belle. Après une intro en demi-cercle autour de la batterie (un moment semblable à la pochette de The Holy Family), les 4 rockers brûlèrent leurs dernières cartouches. Julien empoigna sa gratte telle une arme à feu. Jean-Noël prit de la hauteur sur un retour dressé pour la circonstance. Les sons triturés des guitares contre les enceintes s’accouplaient alors au fracas d’une batterie qu’Antoine envoya valser gaiement. Fin du second round. On s’embrassa fiers du travail accompli avant de quitter la scène encore chaude.

Le public fut comblé ; Noël avant l’heure ! Mais déjà Antoine fondit dans la foule à la recherche d’amis présents. La soirée fut encore longue : s’adonnant dans le hall avec plaisir au jeu des photos et des dédicaces, aux côtés des sympathiques (doux euphémisme) Wallace Vanborn pendant plus d’une heure, le groupe se prêta ensuite à une interview en loge.

Entretien à lire prochainement dans un nouvel article !

 

  • Benoît GILBERT

Crédits photos : Benoît GILBERT

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