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LIVE-REPORT : BALTHAZAR, SAMEDI 18 AVRIL, A LA VAPEUR , DIJON (21)

Soirée 100% belge à la Vapeur avec Robbing Millions et Balthazar.

Depuis quelques années déjà, la Belgique semble être en passe de devenir la terre promise des groupes rock indé novateurs qui parviennent, plus ou moins facilement, à tirer leur épingle du jeu parmi l’offre musicale de plus en plus riche.

20h30, les quatre Bruxellois de Robbing Millions entrent sur scène et déballent leur set indie-pop un brin psychédélique et plutôt déjanté. Les structures sont quelques fois déconcertantes, mais toujours très bien construites et de belles trouvailles ressortent par moment. Robbin Millions ouvre donc la soirée avec beaucoup d’énergie, le bassiste chevelu, Raphaël Desmarets, se déhanche frénétiquement sur des parties instrumentales à la My Morning Jacket des débuts. On pourrait parfois faire un parallèle entre la voix du chanteur et celle de l’Australien Connan Mocassin, avec également une pointe de MGMT dans les plans guitares-synthés et des riffs de guitare à la Deerhof.

Leur univers rythmique est assez singulier, les breaks de batterie sont surprenants et rompent d’une belle façon les ambiances qui parviennent à s’installer. Robbing Millions, c’est des compositions intelligemment construites et une belle prestation live, inattendue, pour, au final, une belle surprise grâce à un groupe encore jeune mais prometteur qui jouera au Paléo Festival à Nyon le 20 juillet prochain. Quelques minutes plus tard, après le tumulte des régisseurs plateaux sur scène, les lettres de Balthazar, imposantes, surplombent la batterie et c’est dans un noir presque total que le batteur s’avance, sans un mot, pour démarrer son set en cognant fort et précis sur sa peau de caisse claire. Les premières notes de Decency, issues du génial dernier album de Balthazar, se font entendre dans la salle presque pleine, la démonstration de classe est lancée.Le batteur est accompagné de riffs de guitare désabusés, de cuivres magnifiquement distillés par la seule fille du groupe, Patricia Vanesse, de lignes de basse solides et nettes et des voix prenantes des deux chanteurs, très opposées, mais souvent complémentaires.

Marteen Devoldere, le leader blond, jouant d’une nonchalance rappelant par moment celle de Liam Gallagher, est charismatique et dispose d’une fabuleuse voix nasillarde qui hésite entre chant et râlement à l’anglaise (Kasabian). D’autre part, il y a celle de Gaspard Ryelandt, plus douce et harmonieuse. Le son est bon, chaque coup de grosse caisse résonne et le mixage en façade est propre pour notre plus grand plaisir.Sur scène, les morceaux des trois albums de Balthazar s’enchainent et sont terriblement efficaces. La présence du violon manifeste la véritable marque de fabrique de ce groupe. Les musiciens imposent avec brio leur expérience (la dernière tournée a compté plus de 200 dates), laissant les différentes atmosphères prendre place avec de longs moments instrumentaux. Le résultat est abracadabrant et très mélodieux. Les chœurs à 4 voix font aussi leur effet et nous transportent à chaque fois.

Mention spéciale pour The BoatmanListen Up et Fifteen Floors durant lesquels la fosse se réveillera et l’alchimie avec le public sera bien présente. Après plus d’une heure de set, le quintet nous fera le plaisir de revenir sur scène pour deux rappels. Avec leur délicieuse pop et des mélodies abouties et accrocheuses, Balthazar en concert, c’est un joli moment.

Un seul regret, on aurait aimé quelques pianos-voix, pour des ballades plus intimistes, mais le groupe a préféré opter pour du tout-électrique et se réapproprier certains morceaux de l’album pourtant calmes.

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