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LIVE-REPORT : LAETITIA SHERIFF , FESTIVAL GENERIQ, JEUDI 12 FÉVRIER 2015, FJT LES OISEAUX, BESANCON (25)

Le FJT Les Oiseaux de Besançon a érigé une petite scène en grandes pompes pour accueillir LÆTITIA SHÉRIFF, ce jeudi 12 février. Le concert, durant un peu plus d’une heure, était programmé par La Rodia dans le cadre du Génériq festival 2015. Quatre mois jour pour jour après la sortie de son troisième album solo, (Pandemonium, Solace And Stars), la chanteuse était pleine d’entrain. Elle n’est pas regardante sur la capacité de fréquentation d’une salle. Sa présence consistait à purger le meilleur du son.

Découvrir une installation quelque peu inhabituelle dans ce lieu, c’était enthousiasmant. On aurait même pu s’imaginer une proximité physique lorsque “La” SHÉRIFF viendrait faire sa loi ! Une dizaine de minutes avant les hostilités, la salle s’est remplie rapidement, soufflant tout espoir de promiscuité avec la scène. Le son allait de toute façon créer sa propre barrière. Au départ, les premiers coups de basse de LÆTITIA ne donnaient qu’une idée de la puissance, mais pas encore du ton qu’aurait le concert. Le morceau d’ouverture arrivait en triptyque, tel un teaser de tout ce qui devait suivre. Ce fut le cas. Tantôt électrisant, tantôt sombre et lévitant. Les titres écumés se voulaient plus marqués que dans leurs versions studio, à l’image deThe Living Dead. La configuration de la salle ne permettait pas vraiment les effets de réverbérations. Si LÆTITIA SHÉRIFF en use quelquefois sur scène, elle aura su se contenter, ici, des sonorités brutes. L’amplitude portait l’auditeur vers des reliefs vertigineux. Celui qui ne connaît pas LÆTITIA SHÉRIFF a pu avoir l’impression d’écouter une Irlandaise chanter. Et pourtant, ses textes en anglais, sont bel et bien interprétés par une artiste française. Sa voix, frissonnante et captivante, surfait soit en vibrato, soit en aérien. Elle s’élevait au-dessus des frappes rythmiques, à l’image de Let’s Party. Souvent, les battements de basse et batterie étaient espacées et appuyaient intuitivement sur les tympans du spectateur. Chez LÆTITIA, la basse dont elle joue, semble être un socle. Dans le même temps, sa voix planait sur des mélodies brumeuses. Elle survolait les amas d’un rock grinçant. La chanteuse se laissait prendre au jeu de ses deux musiciens. Elle est dite en solo, mais aux Oiseaux, tout portait à croire qu’il s’agissait d’un projet. Un trio tonitruant qui sait doser son volume. Le chant n’était pas dominateur. Le tourbillon sonore l’entraînait avec lui, ou alors il se mettait au service d’une atmosphère, dans les instants plus calmes. THOMAS POLI a placé quelques jolis solos de guitare, surtout dans les premiers moments du concert. Il a ensuite basculé sur son clavier qui s’intégrait petit-à-petit. Une fois installé, l’instrument a déployé des nappes de plus en plus insistantes, de plus en plus longues au risque de devenir pesantes. Cela imposait à la basse de muter. Et pourtant, c’est le même clavier qui faisait pont entre certains rythmes saccadés. Aussi, il créait une ligne de flottaison, procurant une aisance à la batterie de NICOLAS COURRET. Le temps s’étirait. Des chansons comme Opposite se dandinaient. Une part expérimentale de sons électroniques, très fins, est venu saupoudrer la musique de quelques notes. Aussi, un vent des années 70s a surgi vers la fin du concert, avec des morceaux aux accents rock’n’roll. Alors, la voix de LÆTITIA SHÉRIFF rejoignait le clavier pour s’accorder à lui.

Frédéric DASSONVILLE

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