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LIVE REPORT : MEMBRANE, THE BLACK ZOMBIE PROCESSION, SUPURATION, LA RODIA (25), VENDREDI 6 FEVRIER 2015

Une fois n’est pas coutume, Le club de la Rodia a été envahi de sang, de râles et de cris proférés par un métal sanglant. A la vue de l’ambiance folle, on peut espérer que les soirées métal deviennent une coutume un peu plus récurrente. D’autant plus lorsque celles-ci mêlent série B, gore et épouvante.

Pour ouvrir le bal des morts vivants Membrane s’est chargé de poser une ambiance anxiogène à souhait grâce à l’écran en arrière fond qui diffusait en noir et blanc les plus grands films malades de l’histoire du cinéma. La gestuelle ample du batteur se détache sur le visage de Maximilian Cohen, le mathématicien migraineux du Pi d’Aronofsky. Des tests psychologiques défilent sous nos yeux, comme une mise en abime ironique : le vrai test psychologique est sur scène, devant nous. “It’s your turn !” nous hurle-t-on alors que Psychose et Vol au-dessus d’un nid de coucou ne défilent. A chaque fois ce sont les séquences les plus intenses qui achèvent les morceaux joués. Flo entre en scène avec un chant profond tandis que des masques s’enchainent avec Drive et Eyes Wide Shut.

Après le monochrome noir et blanc la gamme chromatique prend de toutes autres nuances pour l’arrivée de The Black Zombie Procession. Eclairage vert et rouge : on se croirait dans un giallo sanguinaire. Elibats annonce les titres, enchainement sans répit. S’il n’y a pas de tronçonneuse sur scène on pourra par contre affirmer que basse et guitare ont subi des coups de poignard tant les riffs fusent avec une violence digne des meilleurs slashers. Les crânes pullulent : sur les T-shirt, sur les toiles tendues, sur les peaux tatouées. Les boites crâniennes prennent elles aussi cher, se tapent au micro. La lumière devient bleue, les cordes sont élimées et lorsqu’à la fin le fil du micro sert à s’étouffer. On n’est pas passé loin de la pendaison au câble électrique de Suspiria. L’avant-dernier titre We Own The Night du dernier album des Black Zombie Procession – The Joy Of Being Black at Heart – s’est décidément révélé véridique. La nuit leur appartient.

Changement de ton pour l’arrivée des très attendus Supuration. Projecteurs flexibles, ricanements et râlements d’agonie pour patienter avant qu’une lumière mi-rougeatre mi-orangée nous fasse entrer dans un show infernal qui débute sur Incubation. Tout est culte, paroles et accords sont entonnés d’avance par un public fanatique et transporté. Et il y a de quoi. Chacun des quatre membres apporte sa touche personnelle, sa présence. La batterie, en fond de scène, rehaussée, est mise en valeur par des reflets bleus/violets qui traversent les cymbales ; sur le devant les chants sont expertement hululés ; à l’arrière les circular swing sont impressionnants. Tout est synchro, réglé, cohérent. Remerciements des techniciens, reconnaissance réciproque de la part des artistes et du public, l’ambiance est à la bienveillance. Mais une bienveillance putride. Les maitres de ce death/gothic finiront sur deux morceaux d’un album à venir au mois de mai, deux réenregistrement qui datent des années 90. Le retentissement est foudroyant. Nous avons bien suppuré.

 

Crédits photos : affiche de Paskal Millet redimensionnée ; photos par Magali Genet.

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