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LIVE REPORT: VANDAVEER, Le Lux, Le Locle (CH), Jeudi 11 Septembre 2014

C’est toujours avec un égoïsme certain qu’on aime voir Vandaveer. C’est la troisième fois ce soir que je les vois et comme à chaque fois il y a peu d’affluence. A peine trente personnes ont fait le déplacement pour venir voir le duo américain. Mais c’est aussi cela qui rend les prestations de Mark Charles Heidinger et Rose Guerin si irréelles et inoubliables.
Le cadre est minimal. Sur la scène de l’excellente salle du Lux, trônent deux tabourets et un étui de guitare qui n’attendent plus que les deux invités de la soirée. Avec la simplicité qui les caractérise, Rose et Mark arrivent enfin pour ouvrir la setlist avec Dig Down Deep. Deux voix, une guitare, un peu de réverb’ ; il n’en faut pas plus pour que la magie opère d’emblée. Comme d’habitude, le barbu introduit ses morceaux avec une petite anecdote et il avoue d’ailleurs que par deux fois il a failli foutre en l’air le concert. Le première en voyant sa guitare tomber par terre le jour même, l’autre en loupant presque son train pour rejoindre le Locle. Mais quoiqu’il en soit, tout cela n’a finalement eu aucune conséquence et le groupe se produit bien ce soir et est encore une fois magique. Les deux voix se marient comme jamais entre la puissance de Rose (Fistful Of Swoon) ou le chant dylanien de Mark (However Many Takes It Takes, un vintage de Vandaveer comme il la qualifie lui-même).
Le petit comité fait comme si on était à la maison, ce qui permet au guitariste de se renseigner sur l’altitude de la cité horlogère, qui expliquerait pourquoi il trouve qu’il a du mal à respirer…
Le folk du duo envoute et emporte, comme la chevauchée de Spite. Parfois très colorée et limite pop (The Nature Of A Kind, Roman Candle), il prend aussi des tournants noirs, notamment par la présence de “murder ballads” , lointains souvenirs d’enfance du duo (The Banks Of Ohio, Down In The Willow Garden) et thème de leur dernière production Oh Willie Please, non distribuée en Europe mais dont Mark se fait une joie de vendre ensuite au marché noir.

Déjà conquis, la musique continue de faire transparaitre plusieurs sentiments en nous, aussi divers que l’amertume de Turpentine ou l’envie de tomber amoureux du refrain de Beverly Clearly’s 115th Dream. Et que dire de la reprise d’Harvest Moon de Neil Young qui me fait dire que le concert pourrait s’arrêter là tellement on pense avoir atteint là le sommet. Mais Vandaveer ne peut pas partir sans offrir leur classique A Mighty Leviathan Of Old qui démontre encore une fois le mariage parfait des deux voix.
Après une courte ovation, le groupe revient pour un rappel pour lequel Mark demande à ce que le prochain morceau voit la boule à facettes (en français dans le texte) tourner. Son souhait est exaucé et il peut entamer The Golden Age de Beck, reprise autant inattendue que géniale. Heidinger demande ensuite à chacun de mettre son portable pour dévoiler une nouvelle composition qu’il voit comme un cadeau qui doit rester entre nous avant de la voir graver sur vinyle. Et elle le restera, on peut juste vous dire qu’elle a des airs de Woolgathering et que c’est du très bon Vandaveer.
Le duo reviendra pour un second rappel en forme de détente, quittant la scène pour s’installer au milieu du public qui est inviter à reprendre en chœur le refrain de Come On Up To The House de Tom Waits, histoire de conclure cette parenthèse enchantée en chantant.
Après avoir discuter un instant avec le groupe toujours aussi abordable du côté du merchandising, on reprend la route heureux et léger, de la musique et des images plein la tête, résultat d’une soirée passée sous les titres géniaux d’un duo trop peu connu.

Setlist :

. Dig Down Deep
. The Waking Hour (A Minor Spell)
. The Nature Of A Kind
. Fistful Of Swoon
. However Many Takes It Takes
. Down In The Willow Garden (Everly Brothers cover)
. Spite
. Everything Spinning
. The Banks Of The Ohio
. Turpentine
. Harvest Moon (Neil Young cover)
. Beverly Clearly’s 115th Dream
. A Mighty Leviathan Of Old

.The Golden Age (Beck cover)
. Love Is All We Got (inédite, titre probable)
. Roman Candle

. Come On Up To The House (Tom Waits cover)

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