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EELS, MONTREUX JAZZ FESTIVAL, Montreux (CH), Dimanche 6 Juillet 2014

D’un univers à un autre. Et dire que deux jours auparavant je galérais pour arriver sur le site des Eurockéennes alors que sur les bords du lac Léman, tout semble plus facile. Circulation avec du monde mais sans bouchon, place de parking à 5 minutes de la Rivieira, pas de boue. Bon je sais, les conditions ne sont pas les mêmes. Encore que le Paléo, c’est la campagne comme à Belfort, et pourtant c’est aussi simple qu’à Montreux. Bref, les festivals helvétiques sont vraiment dans un monde à part.
Donc me revoilà au Montreux Jazz Festival, où entre deux orages le soleil permet de flâner sur la promenade du bord du lac pour écouter tous les styles musicaux possibles : blues, rock, musique du monde… Et de croiser Knuckles – le batteur de Eels – entre deux stands de panini, qui lui aussi prend l’air et se fond dans la masse.
Après le traditionnel tour au stand du festival où un sublime T-Shirt à l’effigie de Charles Bradley me fait de l’oeil, je prends la direction du Jazz Lab (et je recroise Knuckles qui cette fois fume sa clope vers une porte dérobée), une salle qui m’avait déjà laissé forte impression l’an passé pour Cat Power et Girls In Hawaii.
Les portes s’ouvrent une heure avant le show, on patiente tranquillement et c’est l’occasion de répondre aux questions de la sympathique équipe de la TV du festival. Les lumières s’éteignent ensuite et le compte à rebours est lancé sur les écrans de la salle. Et à 0, Temples entre sur scène. Je les avais vus vite fait en passant aux Eurock deux jours plus tôt, mais ce soir je peux vraiment mesurer toute l’ampleur que prend le son du groupe sur scène. Un rock psychédélique puissant pour ces 4 mecs à peine sortis de l’adolescence et qui font presque figure d’anachronisme. Ils ne sont pas nés à la bonne époque c’est une certitude mais ils sont vraiment la grande découverte de l’année et on comprend mieux pourquoi ils ont les faveurs du pourtant avare en compliments Noel Gallagher.
Petite interlude traditionnelle pour le changement de scène. Une pause où certains profitent pour se faufiler aux avant-postes et là encore cette éternelle question : pourquoi, quand on est une personne de taille moyenne, il y a toujours un mec qui te prend 20 cm pour se planter devant toi ? Si quelqu’un a la réponse…
Bref, le décor est en place, lustre au dessus de la scène, guirlande d’ampoules en fond. On sent que l’ambiance va être intimiste ce soir. Et l’écoute de The Cautionary Tales en était déjà un petit indice. Fini le blues garage de Wonderful Glorious, place à la crise de la cinquantaine. Mark Oliver Everett et son groupe rentrent sur scène. Les survêtements à trois bandes ont été troqués contre des costards, les grosses guitares contre un piano, un glockenspiel, une contrebasse, une trompette et un lapsteel.
Comme sur disque, l’ouverture  se fait avec l’intrumentale Where I’m At et tout de suite déjà, une reprise, When You Wish Upon A Star de Leigh Harline. La setlist puise dans les albums les plus calmes du Beautiful Freak, et n’en déplaise à Everett qui plaisante en disant que la musique de Eels n’est pas trop jazzy pour ce festival, l’ambiance feutrée de la soirée sied très bien à la création de Claude Nobs. Et d’ailleurs, le groupe s’essaie plutôt avec réussite en jouant A Daisy Through Concrete de façon très jazzy pour le coup. L’orchestration ce soir est d’ailleurs magistrale et habille à merveille les nouvelles compos, comme avec la grandiloquence contenue de Lockdown Hurricane et la ritournelle pop de Mistakes Of My Youth qui  se termine en mini medley en reprenant la conclusion de Wonderful Glorious. La classique My Beloved Monster prend des couleurs de pop californienne aux choeurs sixties et la géniale Fresh Feeling est tout en swing. Pas à une surprise prêt, I Like Birds devient un boogie génial. Le tout est toujours entrecoupé de ballades à la fois graves et pleines d’humour (A Line In The Dirt, It’s A Motherfucker). Les compères s’éclatent sur scène et la présentation du groupe et comme à chaque fois un moment voué à la déconne: P-Boo et “sa” note de trompette, Knuckles qui transforme le glockenspiel en rockenspiel ou encore The Chet qui fait marrer Everett avec les changements d’humeur de son lapsteel. Terminant la soirée sur deux reprises dont le Can’t Help Falling In Love du King avec E seul au piano, The Eels aura encore démontré ce soir qu’il est un personnage à part de la scène rock indé depuis 20 ans, et que même si il est en pleine midlife crisis, il ne va pas s’arrêter tout de suite.
La pluie est de retour en cette fin de soirée, je reprends la route, impatient de revenir dans quelques jours pour revivre d’autres moments magiques au bord du Léman.

Setlist:

Where I’m At
When You Wish Upon A Star
The Morning
Parallels
Mansions Of Los Feliz
My Timing Is Off
A Line In The Dirt
Where I’m From
It’s A Motherfucker
Lockdown Hurricane
A Daisy Through Concrete
Grace Kelly Blues
Fresh Feeling
I Like Birds
My Beloved Monster
Mistakes Of My Youth / Wonderful Glorious (Outro)
Where I’m Going
I Like The Way This Is Going
Last Stop: This Town
Can’t Help Falling In Love
Turn On Your Radio

 

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