7 Février :
MARK LANEGAN, Blues Funeral
THERAPY?, A Brief Crack Of Light
AIR, Le Voyage Dans La Lune
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20 Février :
DAMIEN JURADO, Maraqopa
Western Vinyl/Differ-Ant/2012
Goldmund est l'un des projets de Keith Kennif et surtout l'un des disques les plus intéressants de cette nouvelle
année. Coup de coeur.
Un projet intéressant donc et original qui plus est. Ce All Will Prosper sorti il y a déjà quelques semaines ne fera probablement pas parler de lui dans
les pages de grands magazines tant il est un objet rare dans la production musicale contemporaine.
Cet album donne l'occasion à Keith Kennif de réinterprêter de vieilles ritournelles ou morceaux traditionnels entonnées ici et
là pendant la sanglante Guerre de Sécession, de 1861 à 1865. Pas de grosse production, ici le but est de retranscrire de manière simple ces mélodies.
Pour la plupart, ces compositions d'époque sont jouées au piano et à la guitare. Dans cette ambiance digne des B.O. signées Nick Cave et Warren Ellis (L'Assassinat De Jesse James Par Le Lâche
Robert Ford, La Route...), Kennif y égraine des accords mélancoliques, ceux d'un Dixie, d'un
Amazing Grace ou d'un Yellow Rose Of Texas que les Confédérés et les soldats de l'Union avaient l'habitude de chanter entre les charges de cavalerie et les tirs de canon.
Un très bel album. Ken Burns ne s'y est pas trompé puisqu'il a utilisé la musique de Goldmund pour agrémenter son documentaire très réussi, The Civil War (Arte Editions).
- S.
(c) 2011
Sub Pop/Bella Union/Cooperative/PIAS/2012
Plus connu comme (ex-) batteur des Fleet Foxes, Josh Tillman s'empare d'un pseudo chelou pour présenter le premier morceau
d'un nouvel album à paraître, Fear Fun.
Il faudra désormais l'appeler Father John Misty. Pourtant,
Josh Tillman est l'auteur sous son nom propre d'une belle collection de LP tout à fait réussis, du troublant et hanté Cancer & Delirium (2007) au très ramassé Singing Ax (2010), en passant par Minor Works (2006) sorti à l'époque chez Fargo, sans
oublier l'album J. Tillman Sings "Tonight's The Night", en hommage au Loner.
Fraichement parti des Fleet Foxes, on ne sait pas si le songwriter a souhaité changer de peau en prenant un nom de scène digne de celui d'un prédicateur, et tourner une certaine
page.En parlant de prédication, ce premier titre dévoilé est un monument de folk rock. La voix de Tillman n'a pas changé : elle est toujours là-haut. Une guitare électrique
dans un esprit "Neil Young & Crazy Horse" l'accompagne, avec une rythmique lourde derrière. Hollywood Forever Cemetery Sings, qui débute avec ces quelques mots : "Jesus Christ, girl,
what our people gonna think ?", a été enregistré comme le reste de l'album en compagnie de Jonathan Wilson, autre songwriter émérite auteur d'un excellent Gentle Spirit dans son studio de Laurel Canyon, sur les hauteurs de Los Angeles.
Le tout a été mixé par l'incoutournable Phil Ek (Modest Mouse, Fleet Foxes, Band Of Horses, Built To Spill).
Bref, J. Tillman, peu importe le flacon, continue dans sa lancée (il faut (re-)découvrir sa discographie) et délivre un morceau qui présage d'un fantastique nouvel album, dans lequel on devrait
également retrouver un duo avec Matthew Houck de Phosphorescent, I Would
Love You. Suite des événements le 30 avril, jour de la sortie de Fear Fun. En attendant, le clip hilarant avec la comédienne de
stand-up Aubrey Plaza.
- S.
(c) 2012
Third Man Records/2012
Comment raviver les flammes de la folie ? Comment s’arracher les cheveux et sabrer le champagne un lundi soir de janvier ?
Courez chez Third Man Records ! L’incroyable Jack White III est de retour, trois jours avant l'anniversaire de la séparation des White Stripes, avec l’annonce de la sortie en avril de son premier
album solo Blunderbuss.
L’hyperactif Jack White fait des siennes et rend ses fans fous furieux. Le musicien a annoncé ce matin l’une des meilleurs
nouvelles de ce début d’année. Et pour nous faire patienter, il nous livre un premier extrait : Love Interruption. En une seule écoute, le gars réussit à vous emballer, à vous flanquer
une grosse baffe, impossible de vous relever. Pourtant ce n’est qu’un titre acoustique. On reconnait le chant et le jeu de guitare caractéristique de White, presque country-blues, accompagné d’un
léger clavier et d’un back up très réussi, assuré par Ruby Amanfun.
La patte de l’artiste est là, impossible de donner les influences à la première écoute, on sent le chemin parcouru par le bonhomme et ce grain qui lui est propre. D’après Jack White, ce morceau
n’est pas représentatif de l’album à venir, album qu’il n’aurait « jamais pu sortir jusqu’ici » et qui lui a permis d’exprimer ses « propres impressions, couleurs et motifs ».
Dorénavant, il nous faudra être patient. En tout cas, qu’il est bon de retrouver Jack White III, en pleine forme et avec un premier jet plus que prometteur.
- Thomas
(c) 2012
Blast Records/Global Music/2012
Grand succès commercial des mi 90's (Troublegum (1994), Infernal Love (1995)), le trio irlandais, en dépit d'un certain désintérêt aussi soudain que leur succès le fût, n'a pourtant jamais arrêté de trimer. Pour preuve simple, A Brief Crack Of Light est leur seizième album studio. Et pour quiconque a continué de les suivre, c'est toujours un plaisir d'entendre une nouvelle production du groupe, d'autant plus que celui-ci se remet constamment en question pour offrir des albums aux styles variés. Passage en revue chanson par chanson de la galette 2012.
Living In The Shadow Of The Terrible Thing: Le premier extrait qui tourne depuis quelques semaines voit un Therapy? revenu à l'époque de Toublegum avec ce morceau où la section rythmique joue un grand rôle. Gros passage de basse, batterie claire, on croirait presque entendre du Helmet. Première piste et premier coup de poing.
Plague Bell: Une compo brut, rentre dedans, heavy, qui semble avoir été enregistrée en une seule prise afin de pouvoir capter toute l'énergie développée par le trio. Et on a toujours du mal à croire que ce sont seulement trois musiciens qui arrivent à ce niveau de décibels.
Marlow: Comme pour calmer un peu le jeu, la troisième piste de A Brief Crack Of Light est une power pop song instrumentale. Choix étonnant en début d'un album mais qui en regardant en arrière nous rappelle l'univers de Semi-Detached et de titres comme Lonely, Cryin' Only ou Safe.
Before You, With You, After You: Noire, inquiétante, toute en rupture.On ne peut s'empêcher de penser à certains groupe de métal des 70's, Black Sabbath plus particulièrement.
The Buzzing: Les fans de la première heure ne pourront éviter de faire le rapprochement avec les premières productions du groupe, Babyteeth ou Nurse. Andy Cairns crie dans son microphone. Musicalement, c'est plutot difficile dans une première approche, les guitares sont bruyantes et en roue libre parfois. Mieux vaut y revenir un peu plus tard.
Get Your Dead Hand Off My Shoulder: Un petit côté indus pour attaquer la face B du vinyle avec un titre une nouvelle fois assez sombre. Therapy? crée une atmosphère angoissante tiendra en haleine jusqu'à sa conclusion.
Ghost Trio: Dans la plus pure tradition des Irlandais. Une construction plutôt étrange puisqu'il
n'existe pas de refrain dans ce titre. Juste un couplet répété entrecoupé d'une grande plage instrumentale.
Why Turbulence: Retour d'une compo heavy et pop, finalement très représentative du groupe. Avec son refrain sur un rythme plus soutenu, Why Turbulence est hyper efficace et à coup sûr bénificiera d'un bel avenir en live.
Stark Raving Sane: On l'a déjà dit: Therapy? touche à tous les genres. Avec ce titre, l'adjectif éclectique sera encore idéal pour qualifier le combo qui délivre ici une punk song améliorée, ne dépassant pas les trois minutes.
Ecclesiastes: Conclusion en douceur sur une ballade synthétique, où la voix de Cairns passe au vocoder mais ne tombe jamais dans le kitsch, difficulté majeur de ce type d'exercice. Un apaisement nécessaire après le mur du son engendré par A Brief Crack Of Light. La compo rappelle par certains côtés la programmation des intermèdes de Infernal Love.
Therapy? délivre donc encore une fois un album varié, rentre dedans, très réussi, peut-être un poil en dessous de Crooked Timber. Mais notre plaisir n'est en aucun cas gâché et A Brief Crack Of Light plaira à coup sûr aux fans, surtout ceux de la première époque qui trouveront ici quelques titres qui deviendront incontournables.
- F.
© - copyright - 2012
Qui ? Dan San, soit un groupe belge qui, avec sous les bras une poignée de titres en apesanteur, risque de faire parler de lui.
Quoi ? Ca bat de l'aile chez les Fleet Foxes ? Ca tombe bien, Dan San pourrait bien leur chiper la place avec ce premier album savamment composé de morceaux folk, qui convoquent harmonies vocales et arrangements boisés. Domino est sorti chez Jaune Orange/PIAS.
Quand ? Après pas mal de dates dans leur pays, Dan San prépare une tournée pour présenter ce nouvel album. Au programme, le festival Les Nuits Botaniques et le Wolfrock à Dour, Le Point Ephémère à Paris...
Où ? On retrouve toutes les infos sur le site de Dan San http://dansan.be/ et leur page Facebook : http://fr-fr.facebook.com/dansanmusic
- S.
(c) 2012
EMI/2012
Après koRn, c'est au tour de Cypress Hill de lancer son album dubstep. Et c'est en compagnie du DJ Rusko que la bande à B Real produit un EP dont la parution est prévue en avril. En attendant, les "Phunky Feel Ones" nous proposent en écoute ce Roll It, Light It.
Chez Jonathan Davis et consors on sentait que sous la couche de dub et de beats il y avait encore un fond du son de koRn. En revanche dans le cas présent, hormis le titre du morceau et le flow du nouveau compagnon de Larusso, rien ne rappelle le hip-hop des Californiens. On n'est pas vraiment convaincu, on sort de ces 3 minutes d'écoute avec un début de mal au casque à se demander quelle nouvelle substance illicite Cypress a fumé. On attendra donc d'entendre le EP complet, mais on peut déjà penser qu'on préfèrera la collaboration des Latinos avec un orchestre symphonique dans un épisode des Simpson.
- F.
© - copyright - 2012
Two Gentlemen/Differ-Ant/2012
A voir la vidéo de Sea Monsters où des gens courent, se baignent et dansent nus, on pourrait avoir tendance à se dire que cette jeune femme d'origine suisse est un peu barzingue.
Cette proche du trompettiste Eric Truffaz - qui joue d'ailleurs sur un titre de Dogs In Spirit -, a su en un
mini-album (I'll Dry Your Tears Little Murderers, autoproduit et paru en 2009), et une ribambelle de concerts se faire remarquer par son univers riche que ce premier album met
en valeur.
A 26 ans, la jolie Helvète dévoile là une dizaine de morceaux parés de beaux arrangements, à l'instar de Sea Monsters, premier single qui devrait faire parler de son auteur. La mélodie y
est sublime, et le chant d'Anna est habité.
Dogs In Spirit a d'ailleurs tout du disque hanté. A l'écoute d'Elijah's Chant, morceau obscur aux voix entremêlées, on est rapidement transporté vers des ambiances
fantômatiques. Lykke Li, prend garde !
Sur le magnifique The Drainout, porté par un harmonium et quelques percussions, Eric Truffaz apporte son sens de la mélancolie. Sur Siren, c'est le piano et la voix d'Anna qui
mènent la danse. Il en va de même pour King Of The Dogs, autre single en puissance.
En somme, avec des titres rythmées et envoûtants à la fois, un univers très personnel et parfois sombre, Dogs In
Spirit risque d'être l'un des disques de l'hiver.
- S.
(c) 2012
Sony/2012
Après plusieurs années d'absence, retour d'un songwriter qui s'écoute et se lit toujours pas trop
mal.
Dès Going
Home et cette incroyable voix grave, à faire passer Mark Lanegan pour Jean-Baptiste Monnier des Choristes, le
poète, écrivain et chanteur canadien Leonard Cohen semble - malgré ses 77 ans et toutes ses vies - avoir repris du poil de la bête et délivre un disque assez varié.
Le Canadien y invite des voix féminines pour harmoniser le tout, comme en 1967 sur le magifique So Long, Marianne. Sur Amen, il endosse le costume de Tom Waits, tant sa voix,
vieillie bien sûr, prend les accents de celles de l'Américain (auteur lui aussi d'un récent album réussi). C'est aussi dû à l'apport du banjo et de cette ambiance bastringue. Idem pour le morceau
Banjo, qui lui, paradoxalement, prend des couleurs gospel. On retrouve des voix féminines sur un Different Sides assez rythmé. Et sur Come Healing, c'est également un
choeur féminin qui introduit le tout et mène la danse. Anyhow est jazzy, Darkness est bluesy. Bref, Old Ideas est varié.
Et si le disque est varié et plus ou moins arrangé, Leonard Cohen prend un temps pour chanter seul avec sa guitare, dans le plus simple appareil. Crazy To Love You. 3"05 de pur Leonard Cohen dans les oreilles, c'est toujours efficace.
Après Dear Heather paru en 2004, c'est donc un Leonard Cohen en forme et avec une voix encore plus grave que jamais qui revient à son public, qui a des chacnes d'être ravi.
- S.
(c) 2012
Futur Records/La Baleine/2011
Sur le label de College et Minitel Rose, ce jeune groupe délivre un EP immédiat, pop et frais. C'est cool
!
Des accords de guitare électrique, un chant et des choeurs pop, voilà la recette de Rhum For Pauline. Pas
de quoi affoler la population, vous allez me dire ! C'est vrai, RFP ne réinvente pas la pop mais la pare de simplicté et d'immédiateté. Il y a l'urgence des premiers disques de The Cure dans le
premier titre I Can Reach The Top. Les voix et les rythmes prennent également une place importante sur ce premier EP inaugural, comme sur Japan And China. Plus loin, c'est
une pointe d'easy-listening à l'anglaise qui agrémente l'entrainant Thee Unforgettable Me.
Dans le sillon
des groupes hexagonaux qui ont fait leurs preuves, Rhum For Pauline a tout pour plaire avec ce EP qui détend les esgourdes.
- Georges.
(c) 2012
Polydor/Universal/2012
Qui n'a pas entendu parler de Lana Del Rey ? Ses lèvres surgonflées, son nez trop droit pour être vrai, ses yeux de
biches... A force de s'étendre sur son physique, autant source de moquerie que d'admiration (ici, on est dans la deuxième proposition), on oublierait presque que Mlle Elizabeth Grant à l'état
civil est musicienne.
Depuis la fin de l'été 2011 et deux singles devenus des tubes (Video Games/Blue Jeans) et portés par des clips à l'esthétisme réussi, la belle et mystérieuse New-Yorkaise est devenue
l'une des artistes les plus en vue et les plus attendues au tournant. Car cette femme toute droit sortie d'un film de David Lynch fait preuve d'une capacité de composition parlante et a su
s'entourer de producteurs qui ont su mettre en forme ses exigences. Et ça marche.. ou pas. Après les premiers extraits très cinématographiques sus-cités, Lana Del Rey nous proposait le titre
éponyme Born To Die, qui même s'il ne touche pas la perfection car quelque peu grandiloquent, il porte toujours ce côté amer et désabusé présent dans les compos de cette Nancy Sinatra
moderne. D'aucuns diront qu'elle surfe sur une vague soul laissée libre depuis la disparition de Amy Winehouse et se trompent. Certes il y a Off To The Races, plus R'n'B que proche de la
soul de l'Anglaise. R'n'B encore présent sur le peu convaincant Diet Mountain View. Mais aucune comparaison n'est justifiée, même si les deux sont adeptes du plastique.
Même si on peut toujours douter des capacités de la belle à reproduire les qualités musicales de Born To Die sur scène
(on a encore mal pour elle lors de sa prestation au Saturday Night Live), il reste des chansons sympas. Sympas, c'est tout. Car il est difficile de vraiment se sentir hystériquement emballé par
un morceau ou un autre.
Alors certes, on aime la jolie performance vocale de Radio, la noirceur de Dark Paradise - peut-être l'une des meilleures compos de l'album même s'il reprend le même sample
vocal que Blue Jeans. National Anthem aurait mérité d'être meilleur sans ce refrain de choeurs énervants. Million Dollar Man en revanche sent bon le générique de James
Bond, à s'adonner à une danse lancinante avec sa partenaire.
Malheureusement, on a le sentiment en arrivant à la fin de Born To Die que Lana Del Rey ne réussit jamais à maintenir le niveau de Video Games ou Blue Jeans. C'est un bon album grand public, qui sera autant aimé par les moins connaisseurs que descendu pour le plaisir comme le veut un tel tapage médiatique. Et si finalement, tout avait déjà été dit ?
- F.
© - copyright - 2012
Epitath Records/2012
The Menzingers est la nouvelle signature de Epitath, célèbre label punk qui a renfermé dans ses rangs Rancid et autres Bad Religion et qui a connu la gloire avec le Smash de Offspring. Même si ce style musical est aujourd'hui moins médiatisé, il demeure des formations qui font perdurer la tradition des chansons courtes, sur un rythme soutenu et spontané. Malheureusement, ces mêmes groupes semblent avoir perdu toute la désinvolture de leurs aînés. Et The Menzingers ne pourra attirer l'attention de ceux qui appréciaient le punk rock pas encore mainstream du début des 90's. En effet, on a plus l'impression ici d'écouter un nouveau ressassé de Blink 182 (Burn After Writing), le second degré en moins. Certes cela plaira aux jeunes, avides de teenage movies sur fond de campus américains dont certains morceaux de On The Impossible Past ont le potentiel pour garnir la bande-son (Gates, Sculptors And Vandals) . Pour le reste, on ne retiendra pas grand chose du troisième album des Américains. Ah si: la pochette est sympa.
- F.
© - copyright - 2012
Yep Roc Records/2012
Découverte en France au printemps dernier en première partie de Vandaveer, Cheyenne Marie Mize revient avec un EP,
successeur de Before Lately. Et elle profite de ce nouveau projet pur rejoindre Yep Roc et devenir ainsi coloc' de label de Paul Weller, Liam Finn ou autres Heavy Trash. We
Don't Need est vu par l'intéressée elle-même plus comme une collection de singles qu'un album homogène, les titres se démarquent effectivement chacun l'un de l'autre, et changent
radicalement par rapport au LP précédent. La belle de Louisville se laisse aller à des expérimentations qui nous donnent des titres comme Wishing Well, avec pour uniques instruments des
percussions, pour produire un morceau qui tutoie aussi bien le R&B que la pop. Réussite complète pour une chanson qui avait déjà été expérimentée sur scène. Going Under est colorée,
un vrai swing qui donne envie de se déhancher. Keep It (qui ne sera pas inconnue des aficionados des Daytrotter Sessions) et It Lingers sont
des gros morceaux rock, où l'influence de PJ Harvey n'est sans aucun doute pas anodine
dans la construction de ces deux compos. En revanche, la base folk de Cheyenne revient mais dans son côté le plus sombre avec l'obscure Call Me Beautiful, véritable marche
funèbre.
Le EP se clotûre avec la formidable instrumentale aérienne et hantée Back Around. Moins intimiste, plus produit que Before Lately, We Don't Need est défini par la
chanteuse comme un avant-goût de ce qui va advenir.
- Florian
© - copyright - 2011
Lire aussi: CHEYENNE MARIE MIZE, Before Lately
City Slang/PIAS/2012
Nada Surf fait montre dans ses productions discographiques d’une
régularité étonnante.
Le trio américain est synonyme de qualité pour les amateurs de pop rock, et Matthew Caws et ses collègues n’ont que rarement modifié leur recette. Le traitement
des guitares est fidèle à lui-même. Pas de saturations excessives ici mais un son clair et cristallin, parfait écrin aux vocaux toujours léchés du groupe. Looking Through est construit
sur une rythmique à laquelle il est bien difficile de résister, et Nada Surf sait toujours ménager ces subtiles accélérations qui nous donnent encore plus envie de les suivre. Cette véritable
aisance pop, devenue une marque de fabrique qui fait qu’on reconnaît la formation dès les premières mesures, le groupe sait aussi en faire la démonstration en mode plus acoustique comme sur le
délicat When I Was Young. Nada Surf peut finalement se résumer assez bien par le titre Teenage Dreams, un état d’esprit positif qui transpire dans leur musique toujours
admirablement produite et dosée, qui leur a gagné un public d’une fidélité à toute épreuve. Matthew et ses collègues ont su conserver la fraîcheur de leurs débuts.
- Dom.
(c) 2012
Nucelar Blast/2012
Reborn In Defiance: titre pas du tout anodin puisque Means To An End (2005) et son nom lui aussi prémonitoir était annoncé comme le dernier effort de Biohazard. Donc on est plutôt heureux de voir arriver dans les bacs un nouvel opus, très attendu des fans. Alors verdict? Bien entendu, on arrivera jamais à la cheville d'un State Of The World Adress ou Urban Discipline, mais les compos hardcore des New-Yorkais remplissent leur rôle de débourrage du lit et de headbagging. Dans le genre, Vengeance Is Mine ou Reborn jouent parfaitement le jeu. Countdown Doom est un très bon morceau trash, double pédale en avant, pour un chant rappelant le hardcore de Downset. Come Alive est une compo punkcore efficace, certes sonnant un peu comme déjà entendu, mais franchement on s'en fout. Ces compos ne sentent pas le copiage comme beaucoup de combos actuels pourrait servir. Il ne faut pas oublier que Biohazard faisait partie des pionniers du genre. Ainsi on passera sur les peu convaincants et gentillets Vows Of Redemption (un P.O.D réchauffé) ou le très rock F.M You Were Wrong. Pistes vite oubliées quand on revient à du basique (Skullcrusher, Never Give In). Un retour somme tout réussi par Biohazard, qui même s'il ne nous fait pas le même effet qu'il y a plus de 15 ans, fera naitre un brin de nostalgie chez quiconque possède une planche de skate en remise dans son garage.
- F.
© - copyright - 2012
Qui ? Alors que le départ de J. Tillman des Fleet Foxes suscite déjà des interrogations sur l'avenir du groupe, l'annonce d'un nouveau combo présentant en son sein deux membres de la bande à Robin Pecknold ne va pas arranger les choses. Poor Moon c'est en effet Christian Wargo et Casey Wescott des renards de Seattle et des frères Ian et Peter Murray. Le groupe tire son nom de la chanson des Canned Heat préférée de Wargo.
Quoi ? Le premier single People In Her Mind est une chanson pop psychédélique, très 70's, assez proche finalement du premier EP autoproduit et distribué sous le manteau des Fleet Foxes, avant que leur style folk christique ne soit défini. Les morceaux ont pour la plupart été écrits sur la route, lors de la tournée du premier album des Foxes.
Quand ? Illusion, le premier EP de Poor Moon est annoncé pour le printemps chez Sub Pop / Bella Union, suivi dans l'année d'une longue production. Enregistré entre Seattle et Washington, dans divers endroits tels que des chambres ou des studios de répétitions ou encore chez les frères Murray, Illusion devrait offrir un son lo-fi, ouvert à la spontanéité.
Où? Poor Moon entamera une tournée aux Etats-Unis courant mars avant de venir en Angleterre cet été, avec pourquoi pas quelques dates dans des festivals européens.
- F.
© - copyright - 2012
Lire aussi: FLEET FOXES, The Shrine/An Argument (12'')
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