Yep Roc/La
Baleine/2013
Les Canadiens de Born Ruffians reviennent avec une troisième livraison, Birthmarks.
Needle commence accapella. Des guitares gorgées de reverb' arrivent. Le tout s'emballe avec des choeurs dans un enthousiasme communicatif. Born Ruffians est un groupe capable de
surprendre à chaque morceau, né pendant le boom autour de Vampire Weekend, Animal Collective et autres pourfendeurs de la pop moderne. Peut-être maintenant un peu oublié de cette mouvance, Born
Ruffians n'en est pas moins efficace. 6-5000 continue dans la lancée de Needle, les guitares s'amusent autant que les voix. C'est fun, ça ne se prend pas la tête. La bande à
Luke Lalonde n'est pas là pour se torturer l'esprit et ça se ressent dans la poignée de morceaux délivrés ici. Permanent Hesitation va piétiner les plates bandes de Foals. Cold
Pop et Golden Promises s'affairent sur celles de The Walkmen avec là encore des guitares bavardes et une voix proche de celle de Hamilton Leithauser.
L'un des morceaux de Birthmarks s'intitule Cold Pop. La musique de Born Ruffians n'est certainement pas de la pop froide tant ce disque est une invitation à la fiesta.
- Georges.
(c) 2013
Warner/2013
Un piano trône dans son salon. Une paire de guitares Gibson sont accrochées au mur. Les fans les plus observateurs de
la série Dr House se sont rendus compte depuis longtemps que l'acteur Hugh Laurie est un musicien aguerri qui révèle à l'écoute de ce second album un personnage bien plus généreux que la série ne
veut souvent le faire croire.
Hugh Laurie déroule une nouvelle fois ici une enfilade de blues plus ou moins connus interprétés en compagnie de la crème (Jay Bellerose, batteur de Ray LaMontagne, Joe Henry à la production...).
Occupant parfois uniquement la place de musicien, Laurie laisse de la place à des vocalistes de choix (Gaby Moreno et sa jolie version de The Weed Smoker's Dream, morceau écrit en 1936
par Kansas Joe McCoy et popularisé par Peggy Lee ou Ella Fitzgerald). Comme dans l'épisode précédent (Let Them Talk), Laurie chante les délires opiacés avec aisance (Junkers
Blues), flirte avec la musique du monde (Kiss Of Fire), joue les crooners - une fois n'est pas coutume - (Wild Honey), le tout en s'amusant énormément,
semble-t-il.
Didn't It Rain (un titre de
saison, n'est-ce pas ?) est un recueil de morceaux blues récréatifs, très agréables et sans prétention.
- Georges.
(c) 2013
Roy Music/Universal/2013
De jeunes français qui rêvent d'Amérique, il y en a plein. Alba Lua, avec son premier album plein de mélodies fraîches,
sort du lot.
Ces mélodies, ils les doivent à un incessant intérêt pour cette pop ensoleillée, un brin surannée, celle des Byrds, Beach Boys ou MGMT.
La cavalcade de When I'm Roaming Free, les riffs et couplets rêveurs de Hermanos de la Lluvia, les Bordelais savent écrire une chanson pop et la faire rester dans votre tête un
moment. En plus d'être de bons mélodistes, les membres d'Alba Lua jouent avec les rythmes, les ambiances (Permanent Vacation, My Roots Were Just Fading) avec une pointe de romantisme
(Nobody's Child) et de nonchalance (Alegria, She's Got A Crush On You).
Si le printemps était là et
avait des oreilles, il écouterait sûrement Inner Seasons d'Alba Lua.
- S.
(c) 2013
Matador/2013
Six ans. Six longues années. C'est le temps qui sépare ce nouvel album du groupe de Josh Homme de son prédécesseur Era
Vulgaris (Interscope/2007). Une éternité pour beaucoup, même si l'ami Homme n'a pas chômé, entre divers projets parallèles (Them Crooked Vultures, Desert Sessions), travaux de production
(Arctic Monkeys) et apparitions sur les disques des potes, le dernier en date étant la B.O. de Sound
City.
Malgré cette activité digne des meilleurs enfants hyperactifs, la parution de ...Like Clockwork met fin à une
attente interminable. D'autant plus que ce sixième album de QOTSA marque le retour des légendaires Nick Oliveri, Dave Grohl et Mark Lanegan au sein du projet, comme à la belle époque de Songs
For The Deaf (Interscope/2002). Un retour orchestré à coup de teaser et marqué par trois extraits qui tournent depuis un moment sur les plateformes vidéos, de quoi faire augmenter le
palpitant chez de nombreux fans, et qui se demandent ce qui peut bien se cacher derrière ce disque aux allures vampiriques. Réponse titre par titre. Sortie prévue le 3 juin 2013.
1. Keep Your Eyes Peeled : Même si il n'y a plus besoin de présenter Queens Of The Stone Age, ce titre d'ouverture porte l'identité du son du combo. Rythmique lourde, ambiance sombre, du pur stoner. L'heure du retour a sonné. Pas vraiment original, mais on sait dès les premières notes qui on a en face de nous.
2. I Sat By The Ocean : Un titre très pop, ultra-efficace et léger par rapport à tout ce qu'on connait de QOTSA. Quelque part échappé de Era Vulgaris, Josh Homme use d'un chant très aigü rappelant le refrain de Make It Wit Chu.
3. The Vampyre Of Time And Memory : Ca commence comme une simple ballade au piano, puis des nappes de synthé retrofuturiste comme dans une odyssée de l'espace font de ce slow un titre anachronique qui se termine sur un solo guitare qui sent l'influence de Bowie.
4. If I Had A Tail : Homme était derrière les manettes du fabuleux Humbug des Arctic Monkeys (il se dit même qu'il produira la prochaine mouture des Anglais). Normal donc de trouver Alex Turner à la guitare et conclure If I Had A Tail de quelques mots qui résonnent au loin. Une rythmique stoner ponctuée de solos de guitare pour un titre qui ne reste pas en queue de peloton et qui est appelé à devenir un classique.
5. My God Is The Sun : Avec ces guitares aiguisées pour les groupes de hard rock des années 80, My God Is The Sun est la piste la plus agressive de l'album. Sans le chant de Homme, on se demanderait même si on ne se serait pas trompé d'époque.
6. Kalopsia : Trent Reznor et Joshua Homme s'apprécie depuis lontemps et on avait déjà entendu le leader de Nine Inch Nails sur le titre éponyme Era Vulgaris. Un titre qui marque une accalmie après la décharge de décibels de My God Is The Sun. De nouveau un synthé rétro pour une fausse ballade au refrain à deux voix. Un titre majeur de ...Like Cockwork.
7. Fairweather Friends : Le titre au casting trois étoiles. Reznor est toujours là pour faire écho au chant de Homme et du rocailleux Lanegan. Peu surprenant... Trouver Elton John au piano - qui plus prend des allures honky tonk - ça l'est plus (encore que on l'a déjà vu du côté d'Alice In Chains). Cette étrange mayonnaise prend naturellement pour ce titre hybride qu'on relance immédiatement.
8. Smooth Sailing : Un titre étonnant, très funky où on pense même à Prince (sic) dont la tournure prise par la voix de Homme. C'est hyper-efficace, ultralancinant, un brin sexuel. Un contre-pied génial.
9. I Appear Missing : Un morceau ténébreux où on retrouve le Queens Of The Stone Age "classique". Emmené par un clip animé dans la même atmosphère, I Appear Missing fait penser à Alice In Chains, un goût pour les paroles sombres communes. S'il était encore de ce monde, Layne Staley aurait pu se joindre au groupe pour chanter ce titre.
10. ...Like Clockwork : Le titre éponyme clôt l'album avec accalmie par cette balade à l'intro au piano, au long solo au son très 70's et à des choeurs plânants. Il résume assez bien toute l'évolution du son du groupe durant les 6 dernières années.
Avec ...Like Clockwork, Queens Of The Stone Age signe un retour étonnant et détonnant, qui tout en gardant son
identité propre, montre une évolution du stoner vers d'autres sonorités à la fois explosives et mélodiques. Album le plus abordable de la discographie de QOTSA, ...Like Clockwork est
appelé à séduire un public large mais risquera d'en décontenancer plus d'un.
- F.
© - 2013
Columbia/Sony Music/2013
On ne pouvait décemment pas passer à côté de ce disque déjà tant aimé et tant détesté. L'un des albums les plus
attendus de l'année a déjà fait beaucoup parler de lui, entre info et intox, faux et vrais leaks.
D'après ce qu'on avait entendu (l'imparable single Get Lucky en compagnie de Pharrell "N*E*R*D" Williams et Nile "Chic" Rodgers), on se doutait bien que le nouvel album de Thomas
Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo serait d'obédience disco-funk. Dès le premier morceau, on est directement plongé dans un univers disco rétro-futuriste. La voix vocoderisée se laisse
porter par des guitares funky (Nile Rodgers et Paul Jackson Jr. y sont pour beaucoup) et d'autres instruments marquants de l'époque, qui, pour la première fois, ont été joués en live. Rien de
bien excitant, ce premier titre. On a l'impression de l'avoir déjà entendu.
Le vocoder ne quitte pas le disque puisqu'il revient sur le morceau d'après, The Game Of Love, une sorte de slow un brin suave dont la rythmique évoquerait presque une chanson de Sade.
C'est dire si le disque est ancré dans le passé.
Random Access Memories est également un disque de collaborations. Gonzales, Panda Bear (Animal Collective), Julian Casablancas (The Strokes) et Giorgio Moroder sont aussi de la partie.
Ce dernier y est interviewé pendant les neuf minutes de Giorgio By Moroder, sur fond de disco, bien entendu. Mis à part le témoignage de l'un des pionniers de la musique moderne, le
titre ne présente pas un grand intérêt. Le pianiste et touche-à-tout Gonzales, lui, plombe l'ambiance avec un Within sirupeux, où là encore le vocoder fait quelques dégâts. Passons
l'ennuyeux Instant Crush interprêté par Julian Casablancas, qui, malgré un solo de guitare robotique, ne parvient pas à convaincre. La voix de fausset funk de Pharrell Williams fait
ce qu'elle peut sur le répétitif Lose Yourself To Dance qui fait bailler alors qu'il aurait pu faire danser. Il faut attendre le protéiforme et kitsch Touch pour sentir qu'il se
passe quelques chose sur ce disque pourtant prometteur sur le papier. Doin' It Right fait se rencontrer un chant à la Beach Boys (celui de Panda Bear) et musique electro. Il y a aussi
Beyond, comme échappé d'une B.O. de film (on pense à celle du film Tron). Là aussi, les cocottes
de guitare sont de rigueur et la mélodie est douce même si le vocoder vient encore s'en mêler. L'instrumental
Motherboard convoque une guitare acoustique discrète, instrument plus que rare chez Daft Punk. On retrouve avec plaisir le single Get Lucky, dans sa version longue mais pas moins funky. Tube
imparable, s'il en est. C'est Contact, un titre qui monte en puissance, clôt Random Access Memories, sous un tonnerre de sons sâturés.
Contact est donc repris avec l'un des groupes les plus fascinants de ces dernières années qui, avec ce nouvel album nostalgique à la fois simple et expérimental, peut surprendre autant qu'il peut
ennuyer.
- Georges.
(c) 2013
4AD/Naive/2013
The National, groupe de pop "littéraire à costard" originaire de Brooklyn s'apprête à
sortir son sixième album studio Trouble Will Find Me. Comme à chaque sortie, on s'attend à un défilé de chroniques toutes plus élogieuses les unes que les autres. Celle-ci en fait
partie.
L'élégance sombre qui caractérise le groupe et qui en a fait sa carte de visite est toujours présente. The National, c'est
un peu comme ouvrir un vieux livre au coin du feu dans un château en Bavière au coucher du soleil. On se sent bien, on a le temps, on se laisse porter par des histoires, on relève quelques fois
la tête pour réfléchir à ce que l'on vient d'écouter. Ce nouvel album rentre peu à peu dans nos oreilles pour inonder notre cerveau de mélodies gracieuses. Qu'on ne s'y trompe pas, The National
n'est pas la pour faire la fête, les textes transpirent toujours autant la dépression et sont souvent portés sur la perte de l'autre ou une séparation, bref pas bien joyeux mais quel
romantique ce Matt !
Comparé au précèdent album High Violet, on trouve moins de singles dans
Trouble Will Find Me même si certains titres, à la fois nerveux (pour The National) et faciles d'accès avec une mélodie assez accrocheuse, impalpable et profonde, ne manqueront pas de
marquer les esprits.
On peut noter les excellents titres Don't Swallow The Cap, Heavenfaced,This Is The Last
Time, Graceless ou encore I Need My Girl qui à mon sens font de cet album un très bon disque. La voix empruntée de Matt Berninger s'installe toujours parfaitement dans les
mélodies des frères Dessner et sur les rythmiques des frères Devendorf.
Même si on peut regretter une certaine linéarité entre les titres,
ce dernier "ouvrage" s'inscrit pleinement dans la lignée des 5 précédents. Finalement est-ce grave ? Pas certain …
- Simon N.
© - 2013
Naïve/2013
Paru le jour du Record Store Day, cet EP confirme le talent d'un groupe belge qui s'apprête à sortir son troisième
album.
Misses est un disque plutôt mélancolique, probablement hanté par la perte d'un des membres du groupe (le batteur Denis Wielemans est mort dans un accident de voiture en 2010). On y
trouve le morceau éponyme, délivrant une ambiance à la Syd Matters, un peu sombre avec ses guitares en arpèges et ses nappes de mellotron. Si on voulait prouver notre sensibilité, on dirait que
ce morceau est beau à pleurer. Dirty Sands est, quant à lui, un titre qu'on croirait échappé de la discographie de Grandaddy (le chant nasillard filtré, les claviers évoquent le groupe
de Modesto). Words Are In The Wood, là aussi joué à la guitare, réveille le côté sombre du groupe avec des choeurs presque slaves qui le hantent.
Malgré un long remix sans grand intérêt, ce disque présage d'un long format à venir des plus enthousiasmants. On a hâte.
- Georges.
(c) 2013
Sunday Best/PIAS/2013
En plus d'être jolie et dotée d'un jeu de guitare personnel, Valerie June dévoile un premier album très
réussi.
Les mauvaises langues vont encore dire qu'il y en marre de voir la gu**** de Dan Auerbach à chaque fois qu'un disque sort et qu'il est crédité comme producteur. A ceux-là, on leur dira que le
leader des Black Keys apporte sa patte et quelques riffs de guitare bien sentis, sans pour autant éclipser la forte personnalité de Valerie June, jeune femme de 31 ans qui, avec cette voix
envoûtante nourrie au gospel et au vieux blues, a su rapidement s'imposer.
Si le disque est centré autour d'une musique roots (Workin' Woman Blues entre autres),
on y trouve également des sonorités 60's comme le démontre les entêtants The Hour et Wanna Be On Your Mind (Richard Swift en choriste et batteur de choix). Valerie
June propose aussi des folksongs épurées et hâbitées qu'une certaine Alela ne renierait pas (Twined & Twisted).
Pushin' Against A Stone est donc un disque qui dose savamment blues, folk, gospel et hits en puissance hérités des 60's. Un régal.
- Georges.
(c) 2013
Décidément, le guitariste compositeur Thomas Monica n'a pas fini de surprendre.
Le jeune et talentueux Bisontin s'est produit le 3 mai dernier au Zénith de Strasbourg au côté de Mathieu Chedid, rien que ça. Nous nous sommes donnés rendez-vous histoire de savoir comment
s'était passé l'événement.
Salut Thomas! Tout d'abord, comment vas-tu depuis
notre dernière rencontre ?
Hé bien écoute ça va super depuis
un an et la sortie de mon premier EP. J'enchaîne les collaborations que ce soit au niveau musical que d'autres plus inattendues comme la campagne de sensibilisation pour la SPA avec Cauet dont
j'ai composé la musique du projet. Sinon le titre Week End que j'ai enregistré en featuring avec le rappeur Mr Ice est diffusé dans certaines boîtes de nuit japonaises. On peut dire que
j'ai fait mon petit bonhomme de chemin... (rires)
Parle nous un peu de cette rencontre avec Mathieu
Chedid.
En fait, j'ai participé au concours organisé par Black XS Be A Rock Star en partenariat avec Universal et Mathieu Chedid en envoyant une vidéo
où je reprend un de ses morceaux. J'ai été sélectionné pour la région de l'est de la France sur 500 guitaristes. J'ai donc repris à ma sauce le titre Mojo issu de son dernier opus,
improvisé un solo et nous avons avec mes partenaires de la Petite Vidéo mis tout ça sur film comme à notre habitude. Une semaine plus tard, je reçois un appel de Mathieu Chedid qui a vraiment
accroché à ma vidéo et m'a donc convoqué pour venir jouer avec lui sur scène au Zénith de Strasbourg.
Comment s'est passée cette collaboration
?
Alors la journée marathon du 3 mai 2013 a débuté vers 14h30 dès mon arrivée à Strasbourg. J'ai d'abord enchainé 1H30 d' interview en partenariat avec
Universal dont le reportage vidéo sera visible le 1er Juin sur Dailymotion. A 16h30, je suis allé participer aux balances avec Mathieu et ses musiciens dans une entente à la fois très
professionnelle mais détendue. Il s'est énormément impliqué à ce que je sois bien entouré et me sente à l'aise. Malgré son statut, c'est une personne vraiment sincère et dotée d'une humanité
incroyable. C'est un de mes guitaristes français préférés aussi bien au niveau parolier que musicien. Il a cette façon d'être et de travailler qui me rappelle Prince sur le côté musical et David
Bowie sur le point de vue esthétique et mise en scène. Après un moment de repos, je suis monté sur scène vers 22H30 pour accompagner Mathieu et ses musiciens sur Ma Mélodie devant plus
de 10 000 personnes en furie totale.
Justement le fait de ne pas avoir refait de scène depuis la fin de Crossingate et monter sur la scène
d'un Zénith plein à craquer ne t'as pas fait l'effet d'un choc ?
Pour être honnête j'ai été plutôt serein car j'ai eu le temps de connaître Mathieu, les
musiciens et sa formidable équipe au moment des balances donc le niveau de stress a eu le temps de descendre à ce moment là. Je me suis donc senti à l'aise, presque à ma place à un moment bien
précis d'un endroit bien précis...
On voit bien sur des vidéos qui circulent sur le
net que le public a l'air enthousiaste.
En effet, lorsque tu fais la première partie d'un géant de la scène tel que -M-, c'est difficile car le public n'est
pas là pour toi. Ces groupes ont un mérite énorme et ont la pression de chauffer une foule qui ne te connait pas. A l'inverse j'ai eu la chance de jouer avec Mathieu. Je veux dire il m'a
présenté, accueilli comme si l'on se connaissait depuis plusieurs années. Je pense que le public a été touché par cette complicité et donc très réceptif à ma prestation.
Vas-tu garder contact avec Mathieu Chedid par la
suite ?
Je pense que oui. De toute manière, nous garderons contact jusqu'au résultat final du concours. Les gens vont devoir voter à partir du 1er juin pour
élire la prestation qu'ils ont préféré sur le site Black XS Be A Rock Star et si j'ai de la chance, je pourrais me reproduire avec lui au Zénith de Paris le 19 juin
prochain.
Revenons à ton projet solo: Thomas Monica And The
Tangent Universe. Vas-tu conserver le même fonctionnement de composition qui incorpore de la guitare acoustique mêlée à des sonorités plus électroniques ou vas-tu te laisser aller à quelque chose
de plus électrique ?
Disons que j'ai 2 modes de fonctionnement. Si je travaille pour un artiste ou un rappeur je privilégie moins la guitare qui est mixée tel
un titre radio alors que lorsque je travaille pour moi c'est quelque chose de plus instinctif, quelque chose qui tourne en continue dans ma tête. Prenons l'exemple de Jack White: tu vois ce mec
n'est pas forcément le meilleur guitariste au monde mais il a ce quelque chose qui arrive à fédérer les gens. Je pense justement que les personnes sont plus touchées par un univers qui englobe
l'instrument sans pour autant faire un album de guitare héro bourré de solos.
Le concept vidéo clip sera toujours présent
?
Absolument. En ce moment, on a dû ralentir un peu les choses car avec mes collaborateurs de La Petite Vidéo on travaille également pour la publicité. On a
tourné il y a 2 mois une vidéo qui devait sortir mais avec les événements actuels et ma préparation pour la scène avec Mathieu Chedid, on a du un peu repousser. Il s'agira d'une nouvelle
collaboration avec le rappeur Mr Ice et de son titre Toy Boy. C'était une fois de plus super intéressant de bosser avec lui sachant que ce mec est bourré de talent et sait bien
s'entourer. Tu vois, son collaborateur est Beat-maker aux Etats-Unis et a notamment participé au dernier Wiz Khalifa...Et le plus extra, ce que ces mecs ne se prennent pas la tête. L'idée du
partage musical et culturel est quelque chose de primordial.
Pourrais-tu nous faire partager ce que tu
écoutes en ce moment. Tes coups de coeurs du moment et découvertes.
Oulà! Question piège ! (rires) J'écoute à fond le dernier Tyler The Creator, un artiste
américain et leader de Odd Future, projet hip hop assez classe à l'instar de Pharrell Williams de NERD. Sinon côté français je reviens toujours à ce qu'a pu faire Serge Gainsbourg. Ce mec est une
référence universelle et me touche particulièrement. Autrement comme beaucoup de monde j'ai adoré le projet de Yoann Lemoine alias Woodkid ainsi que le dernier album de Phoenix et Biffy Clyro.
J'attends avec impatience le nouvel album de Daft Punk qui j’espère sera aussi bon que ce qu'on a pu déjà entendre. Sachant que les mecs se sont produits pour la première fois en studio et non
enfermés chez eux en s'entourant de pointures tel que Nile Rodgers de Chic ça à l'air assez prometteur. Sinon j'écoute beaucoup de jazz à la Miles Davis ou encore du piano classique de
Rachmaninov mon pianiste préféré. Surtout son concerto n°3 où je pense que je n'en démordrai jamais tellement l'oeuvre est belle techniquement et humainement. Cette référence vient de ma famille
où l'on écoute quasiment que de la musique classique mais sinon j'essaye d'être le plus éclectique au possible. je suis par exemple ultra fan de Booba.(rires)
As-tu quelque chose à ajouter à l'attention de nos
lecteurs ?
N'oubliez pas de voter du 1er au 16 juin sur Black XS Be A Rock Star via Dailymotion et j’espère que je pourrai vous faire honneur au
Zénith de Paris le 19 juin prochain. Merci à Sensation Rock et à tous ceux qui me soutiennent depuis le début.
- Johan.
© - 2013
Castle Face/2013
Thee Oh Sees - pour ceux qui ne connaissent pas encore - est un de ces groupes de la
bouillonnante scène indie rock de San Francisco. Des groupes qui ont la fâcheuse tendance à sortir deux albums par an, enchainant par la même occasion des tournées interminables.
Il est difficile de saisir la cohérence de ce quatuor dont le leader John Dwyer (guitare, voix) comme son ami Ty Segall s'amuse à jongler avec différents styles musicaux à chaque album, allant de
la folk psyché au bon vieux garage punk en passant par la pop 60's.
Avec Floating Coffin, les Californiens plongent dans ce qu'ils savent faire de mieux, à savoir un rock garage sauce psyché musclé par de solides rythmiques comme en témoigne le titre
d'ouverture I Come The Mountain.
Si on a l'impression que le tempo redescend d'un cran sur l'intro de Toe Cutter – Thumb Buster, c'est pour mieux se frapper la tête contre les murs à l'arrivée des riffs heavy salaces.
Quoi de mieux que le psychédélisme déglingué de Strawberries 1 + 2 pour illustrer l'effrayante pochette où sont représentées des fraises mutantes ou vampires prêtes à attaquer...
Outre les bizarreries hypnotiques (Sweet Helicopter) et les habituelles rythmiques effrénées sous acides (Tunnel time), la vraie surprise reste Minotaur et son
introduction au violoncelle où le quatuor offre ici une ballade pop planante sans pour autant entrer dans des saturations interminables.
Moins expérimental que le précédent Putrifiers II, Floating Coffin ravira autant les fans des Californiens déglingués que les amateurs puristes de rock alternatif.
- Johan.
© - 2013
A Records/2013
Underground rime avec couleur et grisâtre. Les murs gris d’un entrepôt désaffecté ou
d’un ciel pluvieux chargé de mélancolie et de souvenirs. La paranoïa, la névrose, la folie d’un homme, d’un gourou, d’un génie ! Oui, un génie trop souvent oublié car inimitable,
intemporel ! Tant de nouveaux albums, d’artistes placés au rang de génies pour ce début d’année 2013, foutaises ! Imaginez cet homme, ce génie (on insiste), en Allemagne, enregistrant
la musique où les Rolling Stones ont échoué : le psychédélique.
Anton Newcombe le mégalomane ou plutôt le Brian Jonestown Massacre. Pardonnerons-nous à Anton, le gourou, ce petit écart « pub » (Il le dit lui-même) ? A l’occasion du Record Store
Day, le groupe de L.A. produit un EP de trois titres, la jaquette illustrée par un "enfant-soleil". Les albums du Brian... BJM pour les intimes, sont souvent des réussites, même si,
paradoxalement, il y a toujours quelques titres bons à être jetés au compost.
Bien évidemment, le rock façon
Rolling Stones est présent, surtout la manière de chanter sur les deux premiers titres. Food For Clouds rappellera aux fans les premières heures de BJM, l’album Take It From The Man
orchestré d’une façon malheureusement plus pop. Pour les amoureux d’Aufheben (2012) : Fist Full Of
Bees aurait pu figurer sur l’album ou comme b-side. Le tout est très posé et languissant, tout en profondeur, un
vrai régal (Food For Clouds).
Et si nous allions rouler des hanches sur des heavy clavier & basse ?! Venez par ici, il y a de la fumée, des couleurs chaudes et des derviches tourneurs ! Sous un torrent de ce qui
semble être des chants maghrébins, nous retrouvons le mélodico-psyché du Who Killed SGT. Pepper ? ou encore une réminiscence de Panic In Babylon (Aufheben). Cela vous plait ? Evidemment ! C’est le Brian Jonestown Massacre ! Et ces génies, nous les retrouverons bientôt, peut-être, en compagnie de Asia
Argento (beaucoup de démos ont été postées sur le net par Anton lui-même). Sur ce, nous vous souhaitons un bon voyage sur les terres arides de ce très bon échantillon Fist Full Of Bees/Food For Clouds.
- Thomas.
© - 2013
Fanon Records/L'Autre Distribution/2013
Qui aurait cru un jour qu'on écrirait ici une chronique d'un disque de Georges Brassens ?
Que ceux qui ne
croient qu'au rock indé et considèrent la chanson française comme un fléau se jettent sur ce disque non pas pour le brûler mais pour savourer les relectures du célèbre moustachu par (entre
autres) Herman Dune ou Lianna La Havas.
Le label Fanon Records via Emile Omar (programmateur sur Radio Nova) a eu la bonne idée de proposer de revoir les morceaux de Brassens aux acteurs de la scène indépendante internationale. Après
Brassens, Echos Du Monde, Fanon réunit ainsi sur une même galette les Franco-Suédois Herman Dune, l'Israélienne Yaël Naïm, le Suédois Olle Nyman ou l'Iranienne Yasmine Hamdan. Il y a
aussi des Colombiens, des Américains...
En plus de se réapproprier des chansons aussi connues que Jeanne ou Les Amoureux des Bancs Publics, les artistes présents sur cette compilation les interprètent dans leur langue
maternelle. Excellent projet à découvrir.
- S.
(c) 2013
Le 21 mai, retrouvez les Américains de Menomena accompagnés des Bisontins d'Elvis Left The
Building à la Rodia (Besançon). Partenaire de la soirée, Sensation Rock vous propose de gagner votre place. Pour cela c'est simple: répondez à la question qui va suivre, connectez vous à
la page Facebook de sensationrock.net et donner votre réponse en message privé. Les cinq premières personnes à nous répondre gagneront leur place pour la soirée.
Voici donc la question: Menomena est originaire de Portland (OR). Un autre groupe provenant
de la même ville s'est déjà produit en novembre dernier sur la grande scène de la Rodia dans le cadre du festival GéNéRiQ. Quel est ce groupe? Un indice: la réponse est sur notre
site.
A très bientôt pour les futurs gagnants.
Merge Records/Sony/2013
La dernière fois qu'on avait eu des nouvelles du couple Zooey Deschanel/M.Ward, c'était pour nous souhaiter un joyeux Noël. Cette année, leur retour semble être une façon de célébrer les premiers jours ensoleillés
(oui, oui, normalement ils arrivent bientôt).
Pas vraiment de surprises dans ce Volume 3, suite logique des 2 précédents opus de la collection. Le couple le plus glam
de la musique indie actuelle développe comme à son habitude une pop vintage, un album totalement 60's qui nous téléporte direct vers la féérie dansante des sirènes. Les compositions (en dehors de
3 reprises) sont l'oeuvre de la New Girl et le duo assure en toute décontraction. On a parfois du mal à s'y retrouver puisque l'album est très homogène mais la joie communicative de She
& Him fait tout. En 14 pistes sucrées et pleines d'amour, Zooey et Matthew nous contaminent et sont le remède idéale contre la morosité printanière actuelle.
- F.
© - 2013
Ben Harper
Records/iTunes/2013
Lewis Marnell était un skater australien, élu plusieurs fois skateboarder de l'année par la presse spécialisée. Il est
mort en janvier des suites d'un diabète qu'il trainait depuis ses 10 ans, laissant sa famille avec une grosse dette financière. Grand fan et ami des rois de la glisse en tout genre, Ben Harper
vient donner son coup de slide pour aider la famille Marnell à s'en sortir.
Cette bonne oeuvre est l'occasion pour le Tatoué de retrouver ses Innocent Criminals, 6 ans après Lifeline. Et il n'y a
pas à dire, c'est avec eux que Ben Harper est le mieux accompagné. On sent vraiment une véritable symbiose entre le chanteur et les autres musiciens. Ici, ils réenregistrent un des titres phare
de The Will To Live. Jah Work est réinventée dans cette session live. Une intro à l'ambiance vaudou, un groove implacable de Juan Nelson, guitare rythmique reggae encore plus
accentuée que sur l'originale. Toutes les racines musicales de Ben Harper sont dans ce morceau.
Alors si vous voulez faire votre B.A. (à ne pas confondre avec le bijoutier de The A-Team), direction le service de téléchargement de la marque à la pomme. Et on espère qu'une chose, c'est que
le prochain Ben Harper soit très innocent...
- F.
© - 2013
► ACCUEIL ► CHRONIQUE DISQUES
► LIVE REPORT ► INTERVIEW ► SINGLE/45T
► VINYL ONLY ► DECOUVERTE
► TRACK BY TRACK► L'ALBUM OUBLIE
► LIVRE ► DVD ► REEDITION ► LABEL
- F. :
THE NATIONAL, Trouble Will Find
Me
DJANGO UNCHAINED, OST
ALELA DIANE, The Pirate's Gospel
LEONARD COHEN/JEFF BUCKLEY, Hallelujah
- S. :
SHE
& HIM, Vol. 3
THE NATIONAL, Trouble Will Find Me
ALELA DIANE, Colorado Blue
-Johan :
HANNI EL KHATIB, Head In The Dirt
BIRTH OF JOY, Live In Babalou
BLACK SABBATH, Paranoid
HEARTLESS BASTARDS, All This Time
SCANNERS, Submarine