Nugs/Ten
Club/2013
Plus que jamais, Pearl Jam prend soin de ses fans avec un live tout droit sorti de la boîte à
archives.
On connait tous la politique du groupe de Seattle qui, voyant le nombre de pirates de mauvaise qualité de leurs concerts,
décidèrent d'éditer officiellement des bootlegs de toutes leurs prestations scèniques à destination de leurs fans. La série des bootlegs officiels débuta donc en 2000 avec la tournée de
Binaural. Le Vault #3 est donc l'opportunité pour Vedder et consors de faire un petit bon en arrière avec une captation de 1998, un petit bonheur, le seul témoignage de l'époque
n'étant jusqu'ici que le discutable Live On Two Legs.
Bien entendu, qui n'est pas amateur de Pearl Jam ne verra pas l'intérêt d'un énième live. C'est donc aux autres que s'adressent
ces quelques lignes. Alors en plus de savoir que l'album sera dispo sur galettes noires en septembre pour qui l'aura commandé dans les temps, la setlist du soir vaut pour son lot de titres
rarement joués. Ca commence avec les pistes de Yield, alors fraichement dans les bacs. Si on n'est pas étonné de retrouver les classiques que sont devenus Given To Fly ou la
rageuse Do The Evolution, Push Me, Pull Me et All Those Yesterdays sont les perles rares de ce concert à Washington. Et encore plus Act Of Love, seconde piste
de Mirror Ball, album enregistré avec Neil Young que Vedder supplée ici à la perfection. Un Loner qui apparait encore dans l'impro de Daughter avec un Keep On Rockin'
In The Free World revisité (version qu'on trouve sur Live On Two Legs). Et la petite friandise reste la très 60's Soldier Of Love, en fin de show, véritable déclaration
d'amour (et titre idéal pour faire fondre la demoiselle). La qualité des bandes de l'époque ont fait que deux titres ont du être retirés de la setlist pour cause d'un son mauvais. Mais y
voir là une forme de censure serait complétement se tromper, en témoigne le trou de mémoire d' Eddie au début de la toujours poignante Immortality.
Sans vouloir citer la setlist complète, ce Constitution Hall va encore ravir les fidèles de Pearl Jam, et c'était bien là
le but. Et pour ceux qui sont moins au fait de l'histoire des vétérans de Seattle, il n'en constitue pas moins un excellent extrait de la longue carrière du groupe (la suggestion du rédacteur
allant ici à Dissident, Present Tense et I Got ID).
- F.
© - 2013
City
Slang/2013
L'été dernier, Algiers nous a envoûté. Et Calexico prolonge le plaisir et s'en donne à coeur joie avec un EP qui
fait la part belle aux reprises.
Maybe On Monday ouvrait la face B de la dernière production des Américains. On la retrouve ici dans une version très
légèrement différente de l'album ainsi que dans sa première mise sur bande pour une démo acoustique en retenue à la réverb' envoûtante.
Côté reprises, Calexico offre une relecture de hits des années 80, joués respectivement par The Call et The Replacements. Les
versions originales de The Walls Came Down et de Unsatisified ont certes bien mal vieillies, mais le groupe de l'Arizona se les réapproprie et leur injecte une dose de country
teintée de cuivres mariachi pour une remise au goût du jour. La "cover" d'Elvis Costello Shabby Doll casse un peu le rythme avec son ambiance sombre contrecarrrée par un refrain léger.
Le point commun de ces trois reprises réussies est qu'elles intégrent chacune l'univers de Calexico.
Disponible bientôt en téléchargement et en format physique sur la tournée estivale du groupe, Maybe On Monday prolonge
encore un peu plus l'aventure Algiers.
- F.
© - 2013
Pour écouter Maybe On Monday EP, c'est ici.
Samedi 8 mai 13h, premier jour du festival Sonisphere et ouverture des portes. Nous sommes encore dans la voiture, merde on va rater Headcharger… C'est aussi ça l'esprit festival, même avec la meilleure volonté du monde, on n'est jamais à l'abri de quelques bouchons sur le parking, et on se dit que la prochaine fois ça n'arrivera pas. Ah ah ah mais bien sûr… Arrivés sur le parking, le temps de récupérer nos passes et nous filons vers la scène Saturn pour assister aux derniers morceaux de Dagoba qui nous envoit du feu, tout comme le soleil qu'on avait un peu oublié ces derniers mois. On attaque enfin le festival avec notre premier concert, également première découverte, avec les furieuses de Crucified Barbara. Nos quatre Suédoises envoient un heavy enjoué, et s'éclatent sur la grande scène devant un public déjà très accueillant en ce début d'après-midi. Il va falloir que j'écoute ça de plus près. On enchaîne avec Karnivool, groupe de Rock / Metal progressif australien qui commence à percer en Europe. J'attendais vraiment de voir ce groupe en live, étant fan de leur deuxième album "Sound awake". La musique est propre, le chant cristallin, c'est un vrai plaisir de les voir d'autant plus que le groupe nous gratifie d'un nouveau morceau The Refusal du prochain album qui sortira dans quelques semaines.
La chaleur continue de monter sur le Sonisphere,
le soleil commence à faire cuire le dos et les épaules des festivaliers, et ce sont les flammes de l'enfer qui s'abattent sur nous avec l'entrée de Behemoth qui nous
plongent dès le début de leur set par un monstrueux Ov Fire And The Voidenchaîné directement par l'excellent Demigod. Nergal est en pleine forme, son combat contre la leucémie
n'étant plus qu'un lointain souvenir, et sous les war paints on peut voir nos Polonais esquisser quelques sourires, tout en nous offrant un excellent show. Juste le temps de boire une petite
bière et c'est direction Sabaton et son Heavy Metal "Revival". The Final Countdown résonne dans les enceintes, tandis qu'apparaissent les membres du groupes.
J'ai l'impression d'être revenu dans les années 80 dès que les premières notes de Ghost Division. Le groupe joue le jeu et dégage une énergie incroyable qu'il n'a aucune peine à partager
avec le public. J’ai pourtant du mal à accrocher au style, ou du moins je n'accroche plus, c'est donc l'occasion d'aller manger un morceau.
D'ailleurs de ce côté du festival, la bière coule à flots et les stands de
hot-dogs, lasagnes, pizzas, frites et glaces… sont bien séparés, évitant de faire la queue, pratique pour ne pas perdre une miette des concerts. De l'autre côté on retrouve un nombre important de
stands de merchandising, dont les tarifs sont un peu abusés, en période de crise, le fan a intérêt à bien choisir son trophée. En tout cas, les écrans géants placés de chaque côté des scènes
permettent de suivre les groupes même lorsqu'on se déplace, ce qui est relativement pratique. Retour dans la fosse aux lions avec Bring Me The Horizon et son Metalcore
énergique. Autant je trouve ce groupe lassant sur cd, autant le live est entraînant, et donne envie de rejoindre le circle pit qui s'est créé dans la foule. Puis c'est au tour des vikings
d' Amon Amarth qui nous invitent à embarquer sur l'énorme drakkar qui leur sert de décor. J'avais un peu oublié ce groupe dans ma discographie, et c'était une vilaine
erreur. Le décor, la puissance, l'énergie et la joie du groupe me mettent une énorme claque dès le premier titre War Of The Gods. Le set est entraînant, le publique chante avec Johan
Hegg, et le groupe nous offre même Deicever Of The Gods issu de leur neuvième album qui sort à la fin du mois.
Il est 19h, et une grosse partie du publique est déjà en place devant la scène Apollo pour voir une légende
vivante du Hard Rock : Motörhead ! Depuis 1975 le groupe est toujours dans la place, et la voix rauque de Lemmy semble rassembler les générations, et malgré les 67 ans
du bougre, le groupe assure un show toujours aussi efficace. Avec plus de vingt années de route C'est In Flames qui prend le relais pour nous montrer que le Swedish
Metal a encore de beaux jours devant lui. Compos rapides, tubes sur tubes, le groupe que j'avais abandonné en 2000 à cause de son orientation moins agressive a réussi à me réconcilier, et c'est
avec une bière à la main que je profite un peu de ce live.
Sur la scène en face il se prépare un truc, un gros truc, puisque Slayer commence à se mettre en place. Lorsque la lumière s'éteint et que les
premières notes commencent à raisonner, je redeviens un gosse avec mon cd de Show No Mercy dans les mains. Un gros set est envoyé avec des titres inévitables comme War Ensemble,
State Of Mind, Season In The Abyss et j'en passe, dont les guitares sont assurées par Kerry King et Gary Holt d'Exodus, remplaçant de Jeff Hanneman qui nous a
quitté récemment. Le groupe arborera d'ailleurs lors des dernières chansons un énorme fond de scène avec le nom de leur ancien guitariste, et ses dates de naissance et de mort, un hommage que le
groupe lui aura fièrement rendu en assurant le show pour ses fans.
Et pour terminer la soirée en apothéose, deux grands noms du Neo Metal :
koRn et Limp Bizkit. Je ne voulais pas voir ces groupes, j'étais fâché de leur changement de styles, de leurs choix musicaux, et puis lorsque les premières
notes de Blind ont sonné, je n'ai pas pu m’empêcher de courir vers la scène, comme si je courrais après mon adolescence. Malgré tout le venin que j'ai pu cracher sur ce groupe après
leur album Issues, ils ont réussi, je ne sais pas comment, à me faire fondre. Twist, Chi, Falling Away From Me, le groupe enchaine les anciens tubes les uns
après les autres, et le retour de Brian Welch dans le groupe doit certainement y être pour quelque chose. Un petit rappel est même offert, débutant par le morceau Get Up moitié Dubstep
moitié Metal qui a été composé avec le célèbre Skrillex, et finit avec les énormes Got The Life et Freak On A Leash. Le groupe assure ses
morceaux, et il se murmure même dans le public que c'est un de leurs meilleurs live depuis des années, alors au nom des festivaliers, je leur dit merci.
La soirée s'achève finalement avec Limp Bizkit et son Rapcore dont le succès a explosé dans le milieu des années 90 et début 2000. Le show, les
lights, tout est mis en avant, avec un West Borland en forme dont on ne parle même plus des tenues extravagantes, et un Fred Durst toujours aussi Hip hop. Il fait monter un fan chanceux sur scène
dès le deuxième morceau pour faire quelques photos et danser avec lui tout au long de Full Nelson avant de la congédier. Une véritable plongée dans le show à l'américaine.
Le Sonisphere aura eu raison de nous pour cette première journée, et nous quittons Limp Bizkit et sa basse vrombissante à la troisième chanson. Il
est temps pour nous de rentrer à l'hôtel se reposer avant la deuxième journée qui s'annonce tout aussi captivante.
- Ju & Duff
Photos: Duff
© - 2013
2013 marque la 3ème année pour le festival métal Sonisphère France qui s'est installé à Amnéville. Un festival, qui après une
édition controversée en 2012, redore son blason et revient en pleine forme avec des pointures tels que Limp Bizkit, Mötorhead, koRn et les prestigieux Iron Maiden. On s'est invité à la fête et on
a ressorti le vieux T-shirt hard-rock des années 80 pour se fondre dans la masse des fidèles en pèlerinage en ce dimanche pour une messe de toute autre envergure...
On débute la journée avec les Américains de Mastodon qui nous envoient son stoner métal puissant en pleine face. Le quatuor mené par Troy Sanders (chant/ basse) se révèle
excellent en live et nous balance quelques pépites dont le très stoner et nerveux Black Tongue ou le plus progressif Stargasm, tous deux issus de The Hunter dernier
opus en date de la formation.
Place ensuite à Stone Sour qui met tout le monde d'accord d'entrée avec le puissant Gone Sovereign orchestré par le frontman Corey
Taylor, qui malgré sa voix fatiguée selon lui, ne se ménage pas pour rendre le public hystérique. Celui-ci excelle dans l'art de dompter la foule et étonne à chaque instant. Que ce soit en
envoyant des hymnes rock métal ultra puissants tels que Mission Statement et Made Of Scars, la vraie surprise demeure lorsque Corey entonne seul guitare en main de manière
acoustique la ballade Through Glass démontrant qu'il est également un véritable songwritter n'hésitant pas à se mettre à nu devant un public bluffé par la prestation vocale du bonhomme.
Grand moment.
Après le show très heavy de Megadeth mené
par un Dave Mustaine visiblement content d'être là, on nous offre la pièce montée servie sur un plateau d'argent. Les pionniers du heavy metal britannique Iron Maiden entrent sur
la superbe scène décorée aux couleurs de la banquise mais où la mascotte Eddie n'est jamais bien loin et veille sur nous. Bruce Dickinson et ses 5 acolytes dont le terrible bassiste Steve Harris,
débarquent devant une foule en folie avec Moonchild ainsi que Can I Play With Madness, des classiques issus de Seventh Son Of A Seventh Son. La machine est en marche et
créé à chaque morceau une nouvelle surprise. Dickinson animé par la bête court dans tous les sens, change de costume, enfile le veston britannique et agite le drapeau sur The Trooper où
le refrain est repris par la foule entière. Tous les tubes du groupe y passent. De The Number Of The Beast à Fear Of The Dark en passant par Run To the Hills où un
pantin mécanique géant représentant Eddie en version soldat napoléonien débarque sur la scène et se met à la poursuite du pauvre Dave Murray qui s'échappe pour poursuivre son solo de guitare
d’anthologie. Après un court instant de répit les 6 guerriers reviennent pour le rappel de 3 titres dont The Evil That Men Do et Running Free nous mettant encore un peu plus sur
les rotules. Avec un final de déflagrations, feux d'artifices et solos légendaires concluant un show parfait de 2h, on sort ébahit par l'énergie de ces bêtes de scènes qui n'ont pas volé leur
réputation de meilleur groupe live.
Histoire de nous achever on se dirige vers l'autre scène
où les australiens de Airbourne nous attendent pour clore la soirée en beauté. On a d'ailleurs pu apercevoir le chanteur Joel O'Keeffe dans un slam pendant le concert de Maiden
(sur Run To The Hills me semble t'il)... Les dignes descendants d' AC/DC ne passent pas par 4 chemins pour créer les premiers pogos en envoyant directement Ready To Rock. Et
c'est reparti pour 1 h de rab de hard rock histoire d'épuiser ce qu'il nous reste de force après cette journée éprouvante. Allez un petit effort. Airbourne met tout en oeuvre pour nous motiver en
nous proposant les morceaux du nouvel opus Black Dog Barking sorti il y a quelques semaines. L'animalité du quatuor porte ses fruits et les slams reprennent de plus belle sur Back In
The Game ou le très nerveux Runnin' Wild donnant une ambiance baston de bar de bikers. Après 1 h intense les australiens nous achèvent avec Stand Up For Rock N Roll (une
dernière fois allez) qui clôt parfaitement la soirée dans une ambiance explosive chargée en émotions.
On repart du festival littéralement sur les rotules mais heureux et on attend la prog' de l'année prochaine avec impatience.
- Johan
© - 2013
Remerciements à l'équipe du Sonisphère.
Wichita/PIAS/2013
Secondé par la moitié de Girls Chet "JR" White, Spectrals sort un second album catchy à l'effet
immédiat.
Si on voulait vulgairement coller une étiquette au style musical du groupe de Louis Jones, on dirait évidemment pop. Seulement
cela réduirait considérablement le lexique musical de Sob Story, un album que Jones a voulu volontairement varié, les ambiances changeant d'une piste à l'autre. Ainsi, avec en arrière
fond les voyages familiaux en voiture et les Stones, Nick Lowe ou Tom Petty sortant de l'autoradio, Jones a emmagasiné toutes ces influences au fond de lui pour écrire une douzaine de morceaux
indéniablement efficaces. Ainsi, on passe de l'ouverture très vintage de Let Me Cave In à un rock californien avec A Heartbeat Behind, en passant par une ballade americana
(Sob Story au doux son de la pedal-steel) et à la britpop (souvenir de Cast) de Limousine. Blue Whatever constitue le petit coup de coeur, avec ce son résolument
60's.
S'appuyant sur des singles en puissance (Milky Way, Something To Cry About), Sob Story voit un Louis Jones moins
timide qui offre un véritable coup de pop rafraichissante.
- F.
© - 2013
Columbia/Sony/2013
Pour se lancer dans l'écoute de ce nouvel album de Beady Eye, il faut d'abord faire omission de quatre choses. Ne pas
vouloir faire de comparaison avec Oasis, oublier un premier album loupé, oublier la réussite du Noel Gallagher's High Flying Birds et oublier que Liam Gallagher a manqué de s'étouffer
avec un M&M's bleu. On sait pertinemment que c'est quasiment impossible et voilà peut-être pourquoi Beady Eye essaie de faire diversion avec une pochette alléchante.
La production de l'album a été confiée à Dave Sitek (TV On The Radio) et on apprend que diverses applications pour smartphone et
samples ont été utilisés. Voici donc des choses qui nous laisseraient penser que Liam Gallagher et consorts ont enfin décidé de ne plus vouloir singer un tel ou un tel et de trouver leur propre
identité.
Si le titre introductif Flick Of The Finger ou la dispensable I'm Just Saying sentent encore bon l'Oasis, le déroulement de BE est autre. Alors non, Liam Gallagher ne
révolutionne pas son chant qui est toujours aussi nonchalant et sans se fouler (en même temps, c'est ce qu'on aime chez lui) mais les compositions offrent de belles surprises. On a sans vraiment
être étonné des titres rock à l'ancienne, comme Face The Crowd situé quelque part entre les Stones et les Kinks et la très vintage Iz Rite. Mais à côté de ça, on sent que Sitek
a su instiller juste ce qu'il fallait pour que Beady Eye ne fasse pas un énième album de pop estampillé Made In Britain. Second Bite Of The Apple a une âme soul (pléonasme) avec ces
grands renforts de cuivres. Soul Love est une ballade aérienne au final cristallin, une ambiance onirique également présent sur Soon Come Tomorrow.
L'enchainement Don't Brother Me/Shine A Light offre un intermède psyché avant que le groupe de Liam Gallagher ne conclue BE en douceur sur Start Anew au final plutôt
classieux.
Certes loin de rééditer le succès d'antan, Beady Eye avec cette nouvelle production fait oublier son qualificatif de "Oasis sans les chansons" et délivre un second album surprenant et
convaincant.
- F.
© - 2013
Columbia/Sony/2013
Quel meilleur titre pour célébrer le retour inattendu du premier projet de Trent Reznor. Lui qu'on croyait désormais
affilié aux musiques de film ou au projet How To Destroy Angels a surpris son monde en
annonçant la sortie d'un nouvel album de nine inch nails en septembre.
Enregistré dans l'ombre avec l'inséparable Atticus Ross et l'ancien Alan Moulder, les premiers traits de Hesitation Marks
se matérialisent avec Came Back Haunted. Un titre annoncé comme un retour au NIN des débuts. C'est vrai et faux à la fois. On découvre en fait un morceau qui à travers son intro très
vintage nous rappelle Pretty Hate Machine mais qui dans son dévelopement est plus proche de ce qu'avait proposé Reznor avec The Slip (ce petit solo de guitare). Ajoutez à cela
un refrain accrocheur (comme un Hand That Feeds ou un Only), Came Back Haunted, c'est le passé et le présent, mais c'est surtout l'annonce d'un retour tonitruant du
leader du métal indus. La spirale n'a pas fini de tourner.
- F.
© - 2013
Sony/2013
Le rascal anglais revient avec un deuxième album plus rentre-dedans, résultat d'une année passée à écumer salles et
festivals pour défendre son rock redoutable.
Dès les premiers titres de ce Don't Forget Who You Are, l'on sait que Miles Kane n'est pas un fainéant, qu'il en a sous la semelle de ses souliers vernis. La preuve en est, cette
chanson-titre complètement taillée pour les stades. On se demande même si le morceau n'a pas été composé par Sergio de Kasabian !
Kane sait donc distiller avec précision un rock certes référencé (Weller, Bolan, Who, Kinks, Oasis...) mais tellement anglais qu'il est en attachant.
Il y a Out Of Control, Fire In My Heart : des cordes, des guitares acoustiques...plus britpop, il n'y a pas. Le maigrichon jadis membre des Rascals n'hésite pas à envoyer le bois, comme
en témoigne Bombshells, Tonight ou le single Give Up. Le chant énergique et braillard rencontre d'efficaces riffs tranchants. Ce successeur du plus sage Colour Of The
Trap va tout droit et confirme le savoir-faire de ce jeune homme prometteur.
- Georges.
(c) 2013
Secretly Canadian/2013
Dans la sphère indépendante, un nouvel album de Damien Jurado est toujours un événement. En ce qui concerne cette
nouvelle fournée, il s'agit de la réédition du premier album de l'Américain paru il y a 10 ans chez Secretly Canadian et cinquième de sa discographie.
A l'instar de feu-Jason Molina ou de Bruce Springsteen époque Nebraska, Damien Jurado est le genre de songwriter qui perpétue ce style d'écriture, une description de l'Amérique des
laissés pour compte, une cartographie des villes et des Etats américains (Omaha, Texas To Ohio, Abilene...).
Ce cinquième album, qui voit le début d'une fructueuse collaboration entre le chanteur de Seattle et le label de Bloomington, Indiana, est composé de chansons plutôt mélancoliques dans la directe
lignée de Ghost Of David, album marqué par la disparition d'un proche. Parmi elles, quelques folksongs délivrées dans l'épure (I Can't Get Over You) où Jurado s'entoure d'une
choriste de choix, Rosie Thomas. Ensemble, ils déroulent une cascade de choeurs pour un morceau aux accents gospel (Window) ou une ballade pour le coup plus enjouée qui donne
instantanément envie d'aller se faire une séance de ciné en pleine journée (Matinee). Rare moment de retour à l'électricité de I Break Chairs (dernier album chez Sub Pop paru en
2002), Texas To Ohio.
Pour les fans ou les curieux qui voudraient découvrir les chansons dans leur plus simple appareil, la réédition comprend de nombreux bonus, les versions démo du disque ainsi qu'un EP, Just In
Time For Something, enregistré sur un magnéto à cassettes et jamais édité en vinyl.
- S.
(c) 2013
Le 25 juin prochain paraitra About Farewell, quatrième album de la folkeuse américaine. C'est l'occasion pour
nous de revenir sur la carrière de cette chanteuse discrète et talentueuse, un brin néo-hippie et grande fan de chaussures et de chats.
Jeune trentenaire, Alela Diane Menig nait dans
le nord de la Californie en avril 1983. Fille de parents musiciens, elle est élevée dans un mode de vie un peu "à l'ancienne" et apprend la guitare, seule, sur le tard. Les thèmes de ses chansons
sont principalement la nature et la famille. Un goût partagé par sa plus ancienne amie Mariee Sioux
et qui se ressent dans la musique des deux musiciennes (pour l'anecdote, les deux jeunes filles posent ensemble dans le livret de The Pirate's Gospel).
Alela Diane
enregistre et autoproduit son premier album Forest Parade alors âgée d'à peine vingt ans. Un voyage en Europe est pour elle l'occasion d'écrire les chansons qui composeront The
Pirate's Gospel, l'album qui la mettra en lumière. Un premier temps enregistré à la maison par son père Tom Menig, The Pirate's Gospel bénéficiera d'une seconde édition trois ans
plus tard et révèlera la chanteuse au public européen grâce au coup de pouce du label parisien Fargo. On découvre une artiste au charme et au talent indéniable, qui avec son simple duo
guitare/voix à la Nick Drake fait transparaitre des émotions qui touchent immédiatement l'auditeur. La voix d'Alela Diane est d'ailleurs reconnaissable dès les premières paroles et constitue son
trait principal et porte à merveille toutes ces histoires dans la plus pure tradition americana.
Fargo joue un rôle très important dans le début de carrière de la belle. En plus d'apparaitre sur une compilation du label, elle
participe au projet Headless Heroes. Produit et enregistré par Hugo Nicolson (Primal Scream, Radiohead, Father John Misty), The Silence Of Love est un album de reprises où Alela Diane
tient le chant au sein d'un groupe dont fait partie Josh Klinghoffer (PJ Harvey, John Frusciante, Red Hot Chili Peppers). Parenthèse dans l'univers folk de la native de Nevada City, elle s'essaie
à l'indie en reprenant Daniel Johnston, Nick Cave, I Am Kloot ou encore The Jesus & Mary Chain.
Après avoir enregistré The Pirate's Gospel, Alela décide de quitter Nevada City. Désireuse de ne pas laisser sa musique
disparaitre dans le décor dans la ville comme beaucoup de musiciens locaux, elle décide de partir à Portland, véritable vivier musical à l'image de Seattle. En compagnie de sa fidèle chatte
Bramble Rose dont on peut suivre la vie trépidante sur Instagram, elle s'attelle à la composition de son nouvel opus. To Be Still, le second album d'Alela Diane voit le jour en 2009, des
titres qu'on a déjà pu entendre lors d'une Daytrotter Session. Le folk intimiste des premières heures devient plus orchestral (banjo, cordes, piano) pour cet album une nouvelle fois produit par
son père et qui voit tous les fidèles de la tribu participer. Mariee Sioux au chant, Matt Bauer à la basse et le futur époux d'Alela, Tom Bevitori. To Be Still marque donc une évolution
dans la musique de l'Américaine qui peut alors s'appuyer sur de véritables singles comme White As Diamonds ou Take Us Back (qui sera repris quelques années plus tard pour la
B.O. du jeu vidéo The Walking Dead).
2012. Une nouvelle année qui voit la vie d'Alela Diane changer. En parallèle d'une vie d'étudiante en
français, elle prend la route
seule quelques mois à peine après l'aventure Wild Divine pour interpréter de la façon la plus intimiste possible ses anciens titres ainsi que quelques nouvelles compositions dans la même
veine. Des titres mélancoliques dont l'origine vient, on l'apprendra plus tard, de la séparation d'avec son mari. Un passage
chez la très respectable radio de Seattle KEXP ne fait que confirmer ce retour aux racines du folk, ainsi qu'au travers de The Way We Fall, nouveau titre et premier extrait de
About Farewell. Un album annoncé pour le 25 juin 2013
et que nous ne manquerons pas de vous faire partager.
- F & S.
© - 2013
Discographie:
Forest Parade (Autoproduction/2003)
The Pirate's Gospel (Autoproduction/2004) puis (Fargo/2007)
Songs Whistled Through White Teeth EP (Names Records/2006)
To Be Still (Fargo/2009)
Alela & Alina EP (Fargo/2009)
Alela Diane & Wild Divine (Rough Trade/2011)
Home Recordings & B-Sides From The Wild Divine Sessions (Rough Trade/2011)
About Farewell (Believe/2013)
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Collaborations et compilations:
Even Cowgirls Get The Blues (Fargo/2007) : The Pirate's Gospel
Fargo Sampler (Fargo/2008) : Pink Roses
Headless Heroes, The Silence Of Love (Fargo/2008)
V/A, Leaves Of Life (Borne! Records/2009) : The Cuckoo (with Mariee Sioux)
V/A, Be Yourself: A Tribute To Graham Nash's Songs For Beginners (V2/2010) : There's Only One
Blitzen Trapper, Destroyer Of The Void (Sub Pop/2010) : The Tree
Eldorado Sampler (Fargo/2010) : Torn & Frayed
More Townes Van Zandt By The Great Unknown (Forthesakeofthesong/2010) : Like A Summer Thursday
V/A, Reason To Believe: The Songs Of Tim Hardin (Full Time Hobby/PIAS/2013) : How Can We Hang Onto A
Dream



Atlantic/Warner/2013
On avait laissé Portugal. The Man avec In The Mountain In The Cloud, album de rock psyché envoutant, au final
éblouissant (Sleep Forever). Un album qui aura permis au groupe de Portland de se mettre enfin en valeur après avoir déjà pourtant publié 6 albums.
In The Mountain In
The Cloud ayant remporté un succès certain, il n'est pas étonnant de voir un des producteurs en vogue du moment s'intéresser au groupe. Et si ce n'est Dan Auerbach, c'est donc l'autre.
Danger Mouse se trouve donc aux manettes de Evil Friends, 8ème production des Américains. Et pour qui connait déjà la carrière de producteur de Burton, il reconnaitra d'entrée les
touches (ou tics) de production de la Souris. Il faut oublier l'ambiance psychédélique de la précédente réalisation de Portugal. The Man. Le groupe se lance dans une pop expérimentale mais qui
paradoxalement est très directe. Evil Friends n'est pas un mauvais album mais il risque à la longue de lasser un peu, avec une impression de déjà entendu évidente. Si on retrouve un peu
en écho à In The Mountain In The Cloud des titres qui sentent l'influence de Bowie (la magique ouverture Plastic Soldiers), on a quand même beaucoup l'impression que Danger
Mouse impose ses choix aux compositions (entre apport omniprésent de synthés, de bidouillages à la Beck ou encore dans les handclaps du titre éponyme qu'on a déjà entendu sur l'album au Chrysler
Voyager). On croit entendre les voisins de The Shins sur Creep In A T-Shirt, Broken Bells sur Modern Jesus et Holy Roller (Hallellujah) ou encore les Black Keys El
Caminesque qui pourraient chanter Atomic Man.
Album à tubes (Hip Hop Kids, Purple Yellow Red And Blue), Evil Friends va certainement faire mouche, habiller la
musique de publicités (ou d'émissions sur la sixième chaîne) mais il risque de retourner vite dans notre discothèque et de ressortir pour une écoute annuelle.
- F.
© - 2013
Capitol Records/Universal/2013
De dinosaures, Alice In Chains en font office, après ce quart de siècle d'existence qui ont vu de nombreux drames émailler
la vie du groupe.
Le drame principal, s'il est encore besoin de préciser, fût la disparition de Layne Staley il y a 11 ans, une disparition qui a
mis un moment la formation en suspens avant la publication de Black Gives Way To Blue. La dernière publication en date était synonyme du deuil accepté, où on découvrait William Duvall en
lieu et place de Staley, nouveau venu qui ne s'en tirait pas trop mal, sa principale qualité étant de ne pas vouloir singé le chanteur disparu. Black Gives Way To Blue était alors un
album correcte, avec son lot de bonnes idées. The Devils Put Dinosaurs Here suit la même voie (mais avec une pochette bien dégueulasse en plus, avis perso). Le son d'Alice In Chains est
tout de suite reconnaissable, par cette ambiance sombre, ce chant hybride et ces riffs de guitare heavy. Cependant, cet opus reste un peu trop consensuel, sans trop de risque et accuse parfois
quelques longueurs (une bonne moyenne de 5 minutes par piste tout de même). Malgré tout, le groupe peut toujours s'appuyer sur des compositions solides de Jerry Cantrell, comme Hollow,
un titre comme une carte de visite d'Alice In Chains. On trouve également des morceaux qui ont un peu la nostalgie du passé, comme le titre éponyme qui pourrait être un cousin de Love, Hate,
Love ou l'excellent Stone qui semble sortir de la tracklist de Dirt. On apprécie l'accalmie relative de Voices ou à son opposé le très Metallica Phantom
Limb.
Sans être l'album du siècle, The Devil Put Dinosaurs Here demeure une réalisation pas trop mal réussie, même en regard du
passé et démontre que finalement, les anciens leaders du métal des nineties vieillissent bien mieux que ceux qu'on avait désignés comme leurs successeurs.
- F.
© - 2013
Qui? Derrière ce nom typiquement britannique se
cache quatre jeunes Catalans pour qui la trentaine est encore bien loin. Jan, Marc, Miquel et Xavier forment donc The Free Fall Band. Originaires de Mataro, une ville proche de
Barcelone, le quatuor a été repéré et pris sous l'aile de Miqui Puig animateur/musicien/DJ et célébrité locale.
Quoi? Le groupe a pris le parti de chanter en anglais pour partager leur pop qui sent bon la jeunesse et l'insouciance. Avec un sens de la mélodie facile et des refrains entêtants,
The Free Fall Band délivre de savoureuses chansons qui sentent l'influence des groupes de britpop passés et contemporains, mais aussi la légèreté de titres au ukulélé parfait
pour les soirées estivales. Le tout se trouve sur Elephants Never Forget, production qui fait suite à un EP de démos (Zombies) et qui est sorti en octobre dernier sur le
label LAVRecords/Buenritmo.
Quand? Le quatuor vient de se produire sur la scène Pitchfork du Primavera Sound 2013 à Barcelone. Malheureusement, comme beaucoup de groupes de la province, il faudra se déplacer pour les voir de nouveau, en espèrant qu'on puisse un jour les voir éclore au rang international.
Où? Un site www.thefreefallband.com, une page facebook et un bandcamp où on trouve des liens pour télécharger Elephants Never Forget ou se le procurer physiquement pour une modique somme.
- F.
© - 2013
On ne lassera jamais de vanter les louanges de King Tuff, l'un des nouveaux pionniers de la scène rock lo-fi californienne. Profitant de la nouvelle tournée européenne du groupe qui marque un court arrêt à Lyon, Sensation Rock a eu la chance de rencontrer le chanteur guitariste et leader Kyle Thomas afin qu'il nous en dise un peu plus sur son alter-égo. Rendez-vous donc avec le singulier personnage dans la cabine du capitaine de la péniche Le Sonic ou le groupe se produit le soir même.
Salut Kyle, Tout d'abord comment vas-tu ? Peux-tu te présenter en quelques mots
?
Yeah ça va merci. Je suis King Tuff et me voilà en France, ha ha ha !!
Comment se déroule la tournée européenne ? Est-ce la première
fois que tu joues ici ?
Cela se passe plutôt pas mal. C'est la seconde fois que je viens en France la
première fois étant à l'automne dernier à Paris ou nous avons fait le Point Éphémère. Mais à Lyon en tout cas c'est une première.
Comment qualifierais-tu ta musique ? Un mélange de pop garage bercé au son
des 60's ? Quelles ont été tes influences?
Je la décrirais plutôt d'habitude comme un vieux rock 'n' roll.
J'aime beaucoup les chansons de T Rex qui m'a grandement influencé et il faut dire que j'ai un peu la même voix nasillarde quand je chante (rires) mais à part ça je ne me situe pas dans une case
particulière. J'écris des chansons de tout genre tantôt rock, tantôt pop cela dépend de mon humeur. (sourire)
Ton album éponyme sorti chez Sub Pop il y a de cela un an a été plutôt bien
accueilli par la critique. T'attendais-tu à être connu Outre-Atlantique ?
Et bien, je savais qu'avec ce
label, le disque allait être distribué en Europe bien évidemment. Le truc que je n'imaginais pas c'est d'aller par exemple à Athènes en Grèce comme la semaine dernière et que les gens se mettent
à chanter mes chansons. Ca, c'est vraiment dingue pour un gars comme moi qui vient d'une petite ville du Vermont et me retrouver là à parcourir l' Europe. C'est vraiment extra.
Tu as pas mal tourné aux Etats Unis et notamment joué à Nashville à Third Man
Records le label de Jack White. L'as tu rencontré ?
Oui on a eu l'occasion de le rencontrer il a été
très sympa d'ailleurs. C'était un concert intéressant car ce jour là beaucoup de groupes se produisaient et on a joué vraiment tôt dans la matinée donc on avait un peu de mal à cause des restes
de beuveries de la veille (rires) mais sinon ça a été une super expérience dans un super endroit.
Kyle on a pu te croiser dans le projet folk Feathers, aux cotés de J Mascis
de Dinosaur Jr pour Witch, tu réédite ton premier opus solo Was Dead. Où trouves-tu cette énergie ? Tu es un boulimique de travail ?
Euh, je ne dirais pas ça. Je pense que quelques mois dans l'année, je suis un véritable « workaholic » et le reste du temps je passe mon
temps à flanner ! Ha ha ha !
Es-tu amateur de la nouvelle scène californienne émergente tels que Hanni El
Khatib, Nick Waterhouse, Ty Segall, Thee Oh Sees... ?
Je vis à Los Angeles depuis
maintenant deux ans et tu sais dans ce milieu on se connais quasiment tous. C'est comme une grande famille. On joue
d'ailleurs souvent ensemble. C'est une super scène qui est en effet en pleine émergence.
Peux-tu nous partager tes coups de coeurs musicaux, découvertes récentes ou
artistes favoris ?
Je reçois pas mal de démos de mon ancien label Burger Records avec lequel je réédite
Was Dead (NDR). J'écoute donc pas mal de mes contemporains car à chaque fois que j'y fais un saut on me donne des cassettes, des vinyles de nouveaux groupes. Il y a aussi dans les plus
connus les Black Lips ou les Natural Child qui est qui plus est un super groupe à voir en live. Sinon, j'aime également les vieux classiques rock 'n' roll ou blues plus traditionnels. C'est
vraiment très large, j'aime tellement de trucs. (sourire)
Voilà je crois qu'on s'est tout dit. As tu quelque chose à ajouter pour tes
fans en France ?
Euh... (large sourire) vous devriez avoir une meilleure météo. (rires) Sans déconner la
première fois que je suis venu c'était l'automne, bon ok, ça passe. Mais là avant de partir je me suis dit yeah le printemps en France ça va être cool il va faire beau mais là il fait gris tout
semble triste. C'est quand ce putain de printemps chez vous ? Ma Californie me manque. (rires)
Propos recueillis par Johan.
Spécial thanks to : L'équipe du Sonic pour leur accueil et pour m'avoir prêté la cabine du Capitaine, Marie pour son aide à la traduction, Paulo pour les bières et bien sur King Tuff pour sa bonne humeur.
Après quelques verres et la prestation très shoegazing des lyonnais de Israel, Kyle Thomas (guitare, chant), Magic Jake (basse) et Kenny (batterie) entrent sur la petite scène au fond de la cale du Sonic ou seulement quelques curieux (moins d'une centaine) se hâtent, lâchant un instant le bar. Le riff crasseux de Anthem ouvre le bal et la voix nasillarde de Kyle résonne dans la petite salle bercée ce soir au rythme du rock garage. S'en suit la pop ensoleillée de Alone & Stoned (pas besoin de traduire) réchauffant quelque peu l'ambiance de cet hivernal mois de mai tout comme Keep On Movin' qui sent bon le sable chaud de Californie et nous donne envie de sautiller dans tous les sens. Plus punk Bad Thing donne le feu vert au mec bourré devant moi pour se lancer dans un pogo imaginaire avec lui même au plus grand étonnement de Kyle et ses acolytes amusés par l'énergumène qui ne cesse de hurler I Love You !!! Et ce n'est pas Stranger armé d'une basse ultra groovy tout droit sortie de la nervosité des Cramps qui va calmer le jeu. Le public semble effectivement apprécier l’énergie du trio qui étonne à chaque morceau notamment l’étonnante ballade Swamp Of Love qui nous rappelle au passage les Beatles voir même Dylan. Sun Medallion très rock 60's lui aussi viens clore la (trop) courte mais néanmoins bonne prestation de King Tuff qui pendant environ 45 minutes a su capter l'attention du public qui visiblement n'est pas prêt d'oublier le passage éclair du talentueux Kyle Thomas.
- Johan.
© 2013
Freaksville Records/La Baleine/2013
On avait laissé la charmante Américaine chanter l'adaptation de Laisse Tomber Les Filles de France Gall
(Chick Habbit) pour la B.O. de Deathproof (Boulevard De La Mort en VF) de Tarantino. April March revient accompagnée d'Aquaserge, orfèvres pop
hexagonaux.
Tour à tour planant ou incroyablement estival, le répertoire de cette association franco-américaine s'inscrit dans un registre légèrement suranné qui évoque par moments Stereolab ou Broadcast
(Sparklers, Black Bars), les harmonies vocales "à la Californienne" (Sybarite), un certain Serge (Des Tics Et Des Tocs) ou encore le swinging London (J'Entends Des
Voix).
Pour donner corps à ces morceaux où chaque instrument a quelque chose à dire, c'est John McEntire de Tortoise qui a mixé le disque, les musiciens de Tame Impala et Melody's Echo Chamber amenant,
eux, leur savoir-faire.
A la fois oniriques, rafraichissantes, expérimentales et pop à souhaits, les chansons de cette francophile jusqu'au bout des mèches et de sa bande font souvent mouche.
- S.
(c) 2013
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- F. :
PEARL JAM, Yield
NINE INCH NAILS, The Fragile
HOW TO DESTROY ANGELS, Welcome Oblivion
NINE INCH NAILS, Beside You In Time
- S. :
SHE
& HIM, Vol. 3
THE NATIONAL, Trouble Will Find Me
ALELA DIANE, Colorado Blue
- Johan :
HANNI EL KHATIB, Head In The
Dirt
BIRTH OF JOY, Live In Babalou
BLACK SABBATH, Paranoid
HEARTLESS BASTARDS, All This Time
SCANNERS, Submarine