L'ALBUM DU MOIS :
En concert à la Flèche d'Or (Paris XX) le 8 juin 2012!
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BEACH HOUSE / GOSSIP / BIRDY / NORAH JONES / MARILYN MANSON
Wagram/2012
Après une année bien chargée, notamment avec l'album Don't Explain, en duo avec Beth Hart, chanteuse au
caractère bien trempé, le pape du blues rock Joe Bonamassa revient avec un nouvel album solo, Driving
Towards The Daylight.
On peut dire que cet homme-là est assez prolifique voire très prolifique. L'Américain a sorti plusieurs CD et DVD live, duo (on en parlait, avec Beth Hart) ou en groupe avec Black Country
Communion et ce, en moins de deux années.
Enregistré à Los Angeles, ce nouvel album comporte, comme à l'accoutumée chez Bonamassa, des compos et des reprises. On retrouve du Robert Johnson, du Willie Dixon, du Bill Withers et du Tom
Waits pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Retour aux sources donc, et puis la patte de Bonamassa ne change pas, délivrant ça et là de bons riffs et de bons solos de six cordes. Bon,
parfois, ça sonne comme du Bon Jovi de mauvais goût (pléonasme ?) tel qu'on l'entend sur le morceau-titre. Ou comme un bon vieux Gary Moore un peu kitsch...A Place In My Heart. Mais
Bonamassa se rattrape avec un Dislocated Boy efficace et un Stones In My Passway pas en reste du tout. Rien à voir avec Robert Johnson mais le titre passe
bien, grâce à la slide guitar et un soupçon de banjo.
Entre blues roots et blues un brin plus conventionnel, Joe
Bonamassa réussit quand même à faire passer un bon moment à l'auditeur.
- Jean Flou.
(c) 2012
Ol Kentuck Recordings/2012
Un mois à peine après la sortie de Ginko, Joan Shelley est encore mise en lumière. Mais cette fois, elle n'est plus seule, car son nom est apposé sur la pochette de Farthest Field à côté de celui du talentueux Daniel Martin Moore. Peu connu chez nous, ce dernier est déjà l'auteur de remarquables productions en solo (Stray Age en 2008, In The Cool Of The Day en 2011) ou déjà en collaboration (Dear Companion avec Ben Sollee en 2010). Retrouver DMM et Joan Shelley ensemble n'est pas vraiment une surprise, Moore ayant déjà pris part à la réalisation de Ginko en tant que producteur et en y jouant quelques instruments.
Ce disque est d'abord inspiré d'une chanson intitulée Trawlerman's Song, que DMM et Joan Shelley reprenaient ensemble en tournée. L'osmose a été telle que l'envie de réaliser un album à deux est née. Mais un album qui serait recentré sur les voix et les paroles. Ainsi, à l'écoute de Farthest Field on découvre une production minimaliste, un mariage parfait entre la voix suave de Joan et la douceur de Daniel. L'instrumentation est sobre et ne déborde jamais sur les parties vocales, mais leur dessine un formidable écrin. Le banjo de First Of August, la sobriété de la guitare de To Be Lost Again. Le duo se partage le lead vocal, et on est tour à tour envoûté par Joan Shelley (Hollow Heart, Sweetly By) ou bercé par Daniel Martin Moore (We Two). Les voix s'efface le temps d'un interlude au piano (Bright Water) avant de laisser place au morceau-titre, qui est une invitation à se laisser transporter dans les grandes plaines.
D'une simplicité déconcertante, Farthest Field est le mariage parfait entre deux artistes, deux voix remarquables, qui
unissent sobriété et élégance.
- F.
© - copyright - 2012
Sony/2012
Dark Shadows n'est certainement pas le meilleur Tim Burton, c'est une évidence. Mais pour ce qui est de la bande-originale, le réalisateur hirsute nous surprend. Si comme toujours la musique originale a été composée par Danny Elfman, les titres choisis pour habiller les images ont de la gueule. Burton avait déjà pris à contrepied son monde en demandant à Pearl Jam de composer un morceau pour le générique de fin de Big Fish (la formidable Man Of The Hour). Et ici, il se place en grand connaisseur des 70's, à rendre jaloux Quentin Tarantino. Du classique slow Nights In White Satin de The Moody Blues qui lance le film au doublé d'Alice Cooper (guest du film), Tim Burton offre un véritable best of des années 70. La soul de Barry White (You're The First, The Last, My Everything) y cotoie le hard de Black Sabbath (Paranoid), en passant par le punk d'Iggy Pop (I'm Sick Of You) et les chants cathos de la fraterie Carpenters (Top Of The World). Et la conclusion est laissée à nos contemporains de The Killers (pour qui le réalisateur de Sleepy Hollow avait réalisé le clip de Bones) mais ceux-ci parraissent bien pâles par rapport au reste du casting. Alors certes, on ne fait pas vraiment de découverte avec ces morceaux. Mais il faut avouer que les voir réunis sur une même galette, c'est plutôt sympa.
- F.
© - copyright - 2012
Talitres/Differ-Ant/2012
De Brooklyn, des chansons folk aériennes, entre épure et arrangements soyeux.
Will Stratton, 25 ans, sort aujourd'hui sont quatrième album, autant dire qu'il n'a pas chômé et qu'il a tout au long de son parcours affiné sa plume et son jeu de guitare.
Post-Empire est un beau disque de saison, on est fin octobre, ça tombe bien. L'Américain ne fait pas que pencher du
côté de l'épure comme on pourrait le penser à priori. Il orne ses chansons d'arrangements de cordes assez majestueux, il faut le signaler. Post-Empire, la chanson-titre en est la
preuve.
Et puis, il y a le jeu de guitare. When You Let Your Hair Down To Your Shoulder et Colt New Marine sont de jolies réussites où le jeune homme fait montre d'un indéniable talent
de guitariste. Vocalement, il prend le parti de chanter avec un écho très vintage. Plus loin, sur Tell Me, Where Do I Begin, The Relatively Fair...on pense bien évidemment à
Nick Drake, figure tutélaire du chanteur. Savamment arrangé et varié, car lorgnant aussi vers la country (If You Wait Long Enough) ou le blues (Mercury Id Blues), le disque de
Will Stratton continue de dévoiler le talent de ce jeune Américain doué.
- S.
(c) 2012
PIAS/2012
Le trio anglais au triangle pour amateurs d'ordi à la pomme sort son premier album, An Awesome Wave, un mélange curieux de pop et d'électro.
Certains avaient flairé chez Alt-J le "groupe à buzz", avec le single Matilda. Il faut le dire qu'il est efficace ce single. La voix caoutchouteuse de Gwil et Joe, la rythmique chaloupée de Thom, quelques guitares ici et là et l'ordi de Gus. Difficile de classer ce genre de musique. On peut penser dans le désordre à Tunng, Vampire Weekend, Radiohead, que sais-je.
Prenons Something Good, le morceau convoque un piano, des guitares discrètes et toujours cette rythmique
quasi-africaine. Plus tard, Tessellate est une ritournelle électronisante dans l'esprit d'un Four Tet ou d'un Caribou. Le disque comporte également des interludes, morceaux courts et
accapella (Interlude 1 qui est excellent), sortes de respiration sur ce disque aux chansons variées. Et puis, il y a Taro et ses sonorités orientales, tel que l'on croirait la
B.O. de Slumdog Millionaire joué par Radiohead.
Bref, ces jeunes gens savent jouer de la musique et s'imprégner de celles des autres et réinjectent tout ça dans un disque foufou. Adulés depuis peu par leurs compatriotes, les trois Alt-J vont
pouvoir s'atteler à acquérir encore plus de fans lors des festivals cet été.
- Georges.
(c) 2012
Spiritual Pajamas/2012
C'est vrai, on en a conscience: on parle beaucoup de Bonnie "Prince" Billy dans nos pages. Mais pour notre défense, l'homme est tellement prolifique qu'il est difficile de passer à côté. Et vous remarquerez tout de même que nous avons omis de parler de sa collaboration avec Trembling Bells, mea culpa ou pas. Bref, Will Oldham a comme il se doit célébré le Record Store Day. Et de plutôt belle manière puisque le morceau titre a été en partie enregistré chez Jonathan Wilson, après le remarqué Bonnie & Mariee en compagnie de Mariee Sioux. Ici, pas de compo originale de BPB, on fait uniquement dans la reprise, exercice dans lequel notre homme est plutôt doué. Tout commence avec Hummingbird Pt.1, reprise de Leon Russell. Une basse groovy sert de base à ce morceau, qui prend son envole avec un ensemble de choeurs qui donnera un côté soul à la compo. En fin de EP, on trouve Hummingbird Pt. 2, qui est cette fois tout en retenue, plânant, le colibri est dans les cieux. Le Cairo Gang est aussi de la partie pour une reprise de la traditionnelle Tribulations, une véritable définition du folk nord-américain. Bonnie "Prince" Billy assure seul l'ensemble de Because Of Your Eyes, un slow où résonne le lapsteel, et qui complète sobrement le recueil.
Will Oldham offre une livraison mensuelle de grande facture, qui malheureusement ne pourra être possédée par tous, c'est ça les joies et frustrations du RSD.
- F.
© - copyright - 2012
Qui ? Daniel Rossen est un chanteur multi-instrumentiste originaire de Los Angeles mais installé à Brooklyn. Il est plus connu étant leader du groupe Grizzly Bear et membre du duo Department Of Eagles.
Quoi ? Si le fan de George Harrison et d'Elliott Smith n'a pas encore découvert Daniel Rossen, et bien, c'est le moment. Doté d'une voix capable de filer des frissons, Daniel Rossen est l'auteur d'un savoureux premier EP, Silent Hour/Golden Mile, enregistré à la maison, mixé par Nicolas Vernhes (Deerhunter, Bowerbirds, Animal Collective...) et masterisé par Greg Calbi (Father John Misty, Yo La Tengo, Bob Dylan...).
Quand ? Ce premier EP est paru en mars chez Warp/Differ-Ant. Il est disponible en vinyle, CD et mp3.
Où ? http://warp.net/records/daniel-rossen pour toutes les infos, vidéos et extraits.
- S.
(c) 2012
Full Time Hobby/PIAS/2012
Une nuit, Erland Cooper a fait un rêve. Ce rêve est devenu un très beau disque. Coup de ♥.
On a l'impression que ça n'arrive que dans les films ou les livres, mais non, l'histoire est bien réelle. Le musicien anglais Erland Cooper (à qui l'on doit deux disques sous le nom Erland & The Carnival) a imaginé l'écriture de ce petit chef-d'oeuvre après un rêve, celui où Betty Corrigal lui apparait et lui demande de raconter son histoire et celle des Orcades. Par la suite, il en parle à son acolyte Simon Tong (ex-guitariste de The Verve, membre des éphémères The Good, The Bad & The Queen) qui trouve l'idée géniale. Enfin, le duo embauche la chanteuse Hannah Peel (auteure d'un premier album folk, Broken Wave, paru en 2009). L'aventure peut commencer.
Le trio se met à enregistrer sur place, un archipel atypique et hanté, ce disque de pop symphonique magnifié par des morceaux tels que Bay Of Skaill. Ce titre est sublimé par les voix d'Erland et Hannah qui se marient merveilleusement, puis par les choeurs divins du final. C'est d'ailleurs une chorale locale qu'Erland et ses amis ont embauché pour l'occasion.
Sur Bay Of Skaill, comme sur Nethertons Teeth, les arrangements de cuivres, de cordes y sont très beaux.
Puis, contre toute attente, une reprise. Pas n'importe quelle reprise : Hi Life de Syd Matters. Jonathan Morali et sa bande doivent être honorés d'être revisité sur ce disque. The
Magnetic North délivre une interprétation troublante, tout bonnement belle et habitée.
La production du disque n'est pas avare en arrangements, c'est d'ailleurs Hannah Peel qui les signe. Parfois, on se rapproche de sonorités folkloriques.
Il y a une jolie ballade, Betty Corrigal, qui raconte l'histoire de la jeune femme apparue dans le rêve d'Erland, que l'orchestre accompagne là aussi. Le petit harmonium de
Warbeth et son accompagnement electronica, les cuivres sur Rackwick accompagnant les voix d'Hannah et Erland, Orkney, Symphony Of The Magnetic North regorge de perles
de pop mélancolique.
Erland Cooper, Simon Tong et Hannah Peel délivrent avec Orkney, Symphony Of The Magnetic North un somptueux
concept-album, qui réunit ballades ou berceuses inquiétantes et grandes chansons orchestrées.
- S.
(c) 2012
Warner/2012
Sans ses deux compères, John Butler Trio devient John Butler. C'est normal, Tin Shed Tales est un album live en solo.
Pour sa dernière tournée et un an après un autre album live mais avec son groupe (Live At The Rocks, 2011), John
Butler, étonnant multi-instrumentiste et cousin de Ben Harper est parti seul sur la route, sur ses terres d'Australie.
As de l'auto-sampling et de la slide guitar, il n'avait finalement pas besoin de grand monde autour de lui pour jouer son répertoire. Butler fait un très beau travail d'interprète en reprenant
des titres piochés dans tous ses albums et sa palette est très large tout comme son utilisation des instruments. Ukulele sur Revolution. Banjo sur Better Than. Et un jeu de
guitare toujours très personnel. Et puis aussi une nouvelle chanson, Kimberley.
Et pas moins de 22 titres pour agrémenter le disque. Bref, les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment avec ce généreux musicien.
- Jean Flou.
(c) 2012
Au cours des dernières semaines, l'agenda de Joan Shelley a été bien rempli. Un second album solo (Ginko) et une collaboration avec Daniel Martin Moore (Farthest Field) ont successivement rempli les bacs des disquaires. Malgré un emploi du temps chargé, la demoiselle nous a accordé un moment afin de répondre aux questions de Sensation Rock.
Ginko est sorti il y a un mois maintenant. Comment a-t-il été reçu?
Ginko a reçu un accueil très positif. Bien sûr, il reste confidentiel à un petit groupe de personnes, ceux qui ont pu me voir en concert ou qui en ont entendu parler à travers les musiciens avec qui j'ai collaboré (Cheyenne Mize, Ben Sollee, Daniel Martin Moore, Joe Manning, Nathan Salsburg ou encore Maiden Radio). Les quelques chroniques que j'ai pu lire ont été positives. Je suis simplement heureuse que les gens puissent avoir une chance d'écouter Ginko.
On sent que ce nouvel album est plus mature que son prédécesseur By Dawnlight. L'écriture et l'enregistrement ont-ils été différents?
Les chansons écrites après By Dawnlight sont une progression naturelle qui je crois démontre mon évolution en tant que compositrice. Mais le changement le plus spectaculaire vient de la production et encore plus de Kevin Ratterman, qui a enregistré et mixé Ginko. L'esthétique de Kevin est très organique, il laisse la place pour que tout sonne naturel mais avec juste l'imagination requise pour capturer des moments étranges, presque d'un autre monde. La structure de l'album a été réalisée par Dan Dorff (batterie), Ben Sollee (basse) et moi-même. On s'est retrouvé avant les sessions d'enregistrement pour travailler sur les arrangements et ils ont écrit leurs parties. Nous avons essayé d'être les plus spontanés possible. Une grande vie respire à travers les chansons, qui aurait pu être perdue en multipliant les prises.
La musique et les paroles sont parfois sombres et on ressent une sorte de tristesse et de nostalgie à l'écoute de Ginko. Où puises-tu ton inspiration?
J'aimerais te dire exactement comment ça vient (alors je pourrais vraiment en tirer profit!), mais mes chansons
viennent sporadiquement et de façon imprévisible.
Je peux dire que je m'inspire du temps et des saisons ici au Kentucky: la saison sauvage des tornades, le long hiver gris, la renaissance et la frénésie du printemps, les étés humides. Je
vois beaucoup de relations qui séparent les gens puis les réconcilient. Ces chansons viennent de tous les extrèmes. C'est rare pour moi de composer lors d'une journée tranquille, qui ne provoque
aucune émotion.
Parle nous de Farthest Field, ton album avec Daniel Martin Moore. Comment le projet est-il né?
Farthest Field a été inspiré par une chanson écrite par Vashti Bunyan et Robert Lewis appelée Trawlerman's Song. On l'a reprise pendant la tournée de Daniel l'année dernière. Daniel chantait la mélodie et j'y ajoutait une harmonie. On a trouvé que nos voix se mêlaient bien et on a voulu faire un disque dans cette veine: minimaliste, recentrée sur les voix et les paroles.
Deux disques en un mois, tu es plutôt pas mal occupée. Et ton amie Cheyenne Marie Mize - qui joue aussi sur Ginko - est en tournée pour la promotion de We Don't Need. Maiden Radio est-il entre parenthèses?
Oui, on a du mettre Maiden Radio de côté pour privilégier chacune nos tournées. On fait quelques petits concerts ensemble de temps en temps, et on va essayer d'en faire plus cet été. De plus, on vient juste d'écouler nos derniers albums de Maiden Radio et on ne peut plus rien proposer à la fin des shows en ce moment. Une réédition pour Lullabies est prévue dans quelques semaines, ce qui changera un peu les choses.

Quels sont tes coups de coeur ciné et livre du moment?
J'ai vu récemment et adoré un film documentaire sur Fleetwood Mac intitulé Classic Albums: Fleetwood Mac -Rumours. Je le recommande fortement. Et aussi je suis en train de lire Ring Of Bright Water de Gavin Maxwell, que Daniel m'a prêté. C'est très beau.
Peut-on espérer te voir bientôt en France pour quelques dates?
Daniel et moi planifions de faire une tournée en Europe à l'automne, en espérant faire quelques dates en France. On donnera des nouvelles très bientôt...
Interview réalisée par F.
Traduction : F.
© - copyright - 2012
Photos utilisées avec l'amicale autorisation de Joan Shelley.
On entend parler d'eux depuis plusieurs mois sur les radios FM ou les plateaux TV notamment avec les titres Ghost ou encore Give Me Your Life. Pour les lillois de Skip The Use, l'année 2012 est celle du succès et de la reconnaissance. Ce groupe de punk-rock aux sonorités electro a publié il y a peu son 2ème album Can Be Late, et défend ce dernier à travers la France entière mené par son excentrique chanteur Mat Bastard. Après plusieurs dates dans la capitale dont une au bataclan (tout de même) c'est à notre grande surprise que la bande faisait escale à Gray à l'occasion du festival Rolling Saône.
22h, la foule qui se fait de plus en plus dense est aux aguets, attendant impatiemment la fin de la prestation de Gérald De Palmas sur l'autre scène. Le quinquet débarque enfin sur le fond sonore electro Harry Poppers qui servira d'intro au désormais incontournable People In The Shadow. Et c'est parti pour un moment de pure folie. Dès les premières notes, la foule devient incontrôlable et part dans tous les sens, en adéquation totale de l'hystérie du prophète Mat Bastard, qui laisse déjà tomber le cuir après ce premier morceau intense. Arrive le très disco-punk Antislavery, qui maintient le rythme et donne le ton du spectacle qui promet d'être haut en couleur. La foule perd de nouveau le contrôle lorsque retentit Give Me Your Life,un des tubes du quinquet quiencore une fois, mixe punk-rock et ambiances disco.
Mené à la baguette par l'humour de Mat et son énergie hors du commun ( torse nu après 2 chansons), le public est vraiment réceptif aux nouvelles compositions du dernier album en date telles que Pil : véritable tornade punk ravageant tout ce qui traine (plus besoin de faire du sport) ou encore le très médiatisé Ghost , morceau plus pop qui viendra calmer le jeu et nous laissera un peu de répit pour souffler. Comme à son habitude, Mat ne ménage pas ses efforts et a plus d'un tour dans son sac pour maintenir la foule sous haute tension. Dansant, courant, sautant dans tous les sens ou en nous faisant participer de façon humoristique au refrain de She's My Lady repris en choeur. « Bon la chanson pour les meufs c'est fait, maintenant c'est le moment de la chanson de mec, on va faire un truc de gros connard ! » s'exprimera celui ci avant d'entamer le très punk Don't Want To Be A Star, titre qui tout droit influencé par The Clash ou encore The Ramones, menace de faire rompre nos cervicales face à la folie bestiale dont se trouve la fosse. Nouveau jeu sur Bullet In My Head ou Mat demande au milieu du morceau de tous nous asseoir et d'attendre son signal pour « foutre le bordel ». Après 1h plus qu'intense le groupe se retire avec Bastard Song, nous faisant perdre les dernières gouttes d'eau de notre corps en livrant cet ultime titre punk servi par une déferlante instrumentale bluffante.
Ce soir les Lillois on fait honneur à leur réputation live en délivrant un set énergique et sulfureux sans aucune relâche, maintenu par un Mat Bastard véritablement impressionnant nous laissant
sur les rotules. Il est maintenant temps pour nous d'aller nous réhydrater à la buvette en attendant de revoir ces fous furieux. A voir au moins une fois dans sa vie en guise de défouloir ou tout
simplement par pur plaisir.
- Johan.
(c) 2012
EN CONCERT A LA FLECHE D'OR (PARIS XXe) LE 8 JUIN 2012!
Sub Pop/2012
Pour accompagner la sortie de Fear Fun, le très respectable label Sub Pop offre aux premiers acquéreurs de la nouvelle production de Joshua Tillman un EP de démos. Cinq morceaux dans leurs versions brutes, avant que ceux-ci ne passent entre les mains du magicien Jonathan Wilson. On ne va pas le cacher, ce disque est réservé aux fans de FJM. En effet, la qualité sonore n'est pas ce qu'on pourrait qualifier d'excellente. On doit être ici en présence des premiers enregistrements de l'album, des prises faites sur un 4 pistes à la maison. Mais il y a tout de même un certain charme à l'écoute de ces quelques pistes lo-fi, qui ont vraiment été paufinées et grandies une fois passées par les studios de Laurel Canyon. Ainsi, on découvre Sally Hatchet sans son riff de guitare à la Beatles. Every Man Needs A Companion est déjà une complainte pleine de mélancolie, mais présente des paroles différentes de la version finale. Fun Times In Babylon a plus un côté 50's que méditerranéen sans les arrangements de mandoline et de cuivres. Le plus de ce EP est sans doute aucun Nothing Hurt Worse, un titre qui n'apparait pas sur Fear Fun. Le morceau est plus une compo de J. Tillman que de Father John Misty, nous rappelant les ambiances de Singing Ax ou de A Year In The Kingdom, ce qui explique finalement son absence de la tracklist finale. Une folk song acoustique épurée, voix/guitare, qui délivre son petit frisson.
Ce recueil de démos est donc plutôt dispensable du fait d'un son relativement mauvais, mais les heureux possesseurs de cette édition limitée ne bouderont pas leur plaisir de pouvoir quelque part élargir l'univers du décomplexé Father John Misty.
- F.
© - copyright - 2012
DU 29 AU 1ER JUILLET, L'UN DES FESTIVALS MAJEURS DE L'ETE PROPOSE UNE PROGRAMMATION ALLECHANTE, SENSATIONROCK.NET REVIENT SUR QUELQUES-UNS DES ARTISTES/GROUPES MARQUANTS DES
EUROCKEENNES DE BELFORT 2012...
SALLIE FORD & THE SOUND OUTSIDE
...
Warner/2012
Si Jacques Martin était encore présentateur de l'Ecole des Fans, il aurait pu inviter Jasmine Van Den Bogaerde alias Birdy et lui demander "qu'est-ce que tu vas nous chanter ?" de sa voix fleurie. Elle aurait ainsi répondu : "Skinny Love de Bon Iver". Jacques Martin n'est plus. Mais un radio crochet a permis à Birdy de se faire connaître en 2008 avec une version très personnelle du "tube" de Justin Vernon, artiste reconnu et adulé de vos serviteurs.
C'est indéniable, Birdy a une très jolie voix, qui trahit à peine son âge, 16 ans. Elle interprète très joliment ce Skinny
Love, déchirante complainte sur une relation qui s'étiole. Pas sûr que la jeune anglaise ait déjà vécu la souffrance qui a poussé Justin Vernon à s'isoler dans une cabane dans la forêt du
Wisconsin, mais toujours est-il que son interprétation est réellement touchante. Il va de même pour le titre de Phoenix qu'elle emprunte pour démarrer son disque. 1901 devient ainsi une
ballade touchante dans la lignée de ce que peut donner la grande Adele. Car, il faut le signaler : le disque éponyme de Birdy est un disque de reprises (à une chanson près). Exercice parfois
casse-gueule que de reprendre plusieurs titres de plusieurs artistes ou groupes.
Passés Phoenix et Bon Iver, la jeune Anglaise s'attaque au piano et tout aussi doucement voire gentiment à Shelter de The XX. Une fois le charme de la jeune demoiselle seule avec son
piano à peine dissipé, reste un excellent titre de ce très bon groupe anglais. Puis, Jasmine se fend d'une relecture du White Winter Hymnal de Fleet Foxes, tout en voix. Plutôt bien
fait.
Cependant, comme la formule piano-voix peut avoir parfois ses limites, les producteurs Rich Costey (Muse, Foster The People, Franz Ferdinand et j'en passe), James Ford (Arctic Monkeys, Beth
Ditto, Klaxons et j'en passe), ou Jim Abbiss (Kasabian, Arctic Monkeys, Adele et Jean passent) enrobent les chansons de Birdy avec de beaux arrangements mélancoliques. C'est bien fait, produit,
parfois même un peu lisse, malgré un très beau People Help The People signé Cherry Ghost, une incursion
électro chez The Postal Service (The District Sleeps Alone) et le toujours superbe Terrible Love de The National.
Bref, après avoir quand même charmé avec un disque de jolies reprises surtout très bien choisies, Birdy a toutes les cartes en main pour délivrer bientôt son propre répertoire.
- Georges.
(c) 2012
Qui ? A Seattle, Etat de Washington, Hannah et Jace se rencontrent dans un cours de théorie musicale à la fac. "Il aime sa voix, elle aime ses chansons" nous dit la bio. Il ne leur en faut pas plus pour créer Friday Mile.
Quoi ? Une indie-pop de bonne facture avec une pointe
d'americana. Portées par un piano et des voix mixtes, les chansons de Friday Mile s'inscrivent dans la
lignée de leurs compatriotes Spoon, Neko Case, Cowboy Junkies.
Quand ? Un deuxième album, Good Luck Studio, est paru en 2009 et fait suite à un LP (Using Up Our Trust, 2005) et un EP (Love And Gasoline, 2007), le tout chez Timber Carnival Records, label de Portland, Oregon. Il a été mixé par Dennis McKay (David Bowie, George Harrison, Lou Reed) et Stuart Hallerman (Death Cab For Cutie, Soundgarden), rien que ça.
Mais malgré cet alléchant casting, la sauce n'a pas vraiment pris, et ce groupe reste dans un quasi-anonymat malgré de bons titres et un sens de la mélodie bien affûté.
Où ? Quelques titres et quelques vidéos sur le site du groupe : http://www.fridaymile.com/
- S.
(c) 2012
- THOMAS :
JACK WHITE, Blunderbuss
BRENDAN BENSON, What Kind Of World
IAM, L'Ecole du Micro d'Argent
DIRTY THREE, Towards The Sun
NATURAL CHILD, For The Love Of The Game
- S. :
BECK, Sea Change
THE MAGNETIC NORTH, Orkney : Symphony Of The Magnetic North
FATHER JOHN MISTY, Fear Fun (The Demos)
BONNIE PRINCE BILLY, Hummingbird Pt I
DANIEL ROSSEN, Silent Hour/Golden Mile
- JOHAN :
BAND OF SKULLS, Sweet Sour
SKIP THE USE, Bastard Song
BLACK BOX REVELATION, Skins
BLACK BELLES, Wishing Well
V/A, DEATH PROOF OST
- F. :
FATHER JOHN MISTY, Fear Fun
LEE FIELDS, Faithful Man
BLUR, Parklife
FAMILY OF THE YEAR, Our Songbook
PULP FICTION, OST
- GEORGES :
KAVINSKY, Nightcall
BEACH HOUSE, Bloom
HERE WE GO MAGIC, A Different Ship
SENSATION ROCK - 7h00 - 9h30 - Radio Sud Besançon 101.8 FM
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