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THE LIMIÑANAS, Jeudi 7 décembre 2017, La Maroquinerie, Paris (75)

Quelques semaines avant la sortie de leur nouvel album (Shadow People, 19 janvier 2018), les Limañanas sont venus présenter quelques unes de leurs dernières chansons à un public parisien en grande forme. Retour sur quelques heures de fuzz, de feedback et de rock’n’roll.     

Quand on a la trentaine et qu’on n’a pas connu cette époque, écouter les Limiñanas en live pourrait donner un aperçu du son primitif du Velvet Underground ou des Stooges si le groupe n’avait pas su y ajouter ses propres ingrédients. Comme la bonne cuisine, la recette du groupe de Cabestany est celle du grand recommencement, fait d’un subtil alliage de yé-yé, de pyschédélisme et surtout de ce garage fuzzy qui anime une bonne partie de la scène rock indépendante de cette décennie.

Alors quand on décide de braver le froid et la pluie en cette soirée de décembre pour grimper sur les hauteurs de Belleville, la vue est saisissante malgré l’opacité dans laquelle est plongée l’agora de la Maroquinerie. On y voit 500 fidèles massés qui s’apprêtent – après avoir été réchauffés par le DJ set garage et cradingue de Philippe Manœuvre – à célébrer la distorsion tricolore proposée par les Limiñanas.

Le show démarre à 21 heures pieds au plancher avec Malamore, puis enchaîne rapidement sur Down Underground. Les 7 musiciens sont en grande forme, Marie et Lionel Limiñana tenant le devant de la scène. Les titres s’enchaînent dans une ambiance qui, à défaut d’être complètement déjantée, reste admirative devant la puissance dégagée par les pédales de disto qui tournent à plein régime. Prisunic, Tigre du Bengale, Dimanche,The Gift jusqu’à Funeral Baby, qui s’accélère dans un crescendo à faire angoisser un cardiologue. Heureusement pour les heureux mortels présents dans la salle, la puissance de la frappe de Marie Limiñana – dont le jeu tribal fait une fois de plus penser au VU et sa batteuse Moe Tucker – n’avait d’égale que le sourire apaisant de Nika Leeflang.

Le concert s’emballe sur l’enchaînement AF3458 et Istanbul, chantée par Anton Newcombe. On regrettera toutefois que le líder maximo du Brian Jonestown Massacre ne reste pas plus longtemps parmi nous. Puis viennent Zippo, Can et Betty and Johnny qui concluent le set dans un délire de feedback. Le rappel met à l’honneur Emmanuelle Seigner sur Shadow People et Russian Roulette, avant de retourner totalement le public sur « Gloria », éternel standard de Van Morrison. The Train creep a rollin, hommage au titre quasi éponyme de Tiny Bradshaw, vient clôturer un concert rapide (1h20) mais compact et énergique.

La suite n’est qu’ivresse et coolitude : on retrouve au bar de la Maroquinerie Anton Newcombe qui fait tourner ses vinyls devant un parterre où l’on retrouve les membres du groupe et leurs invités. Puis vient le temps de quitter la salle, d’attraper son métro et de rentrer chez soi, léger, heureux, vivant. On vient de vivre là une putain de soirée rock’n’roll.

 

Setlist

Malamore

Down Undergound

Prisunic

Tigre du Bengale

Dimanche

The Gift

Funeral Baby

Crank

Garden of love

AF3458

Istanbul

One of us

Stella Star

Zippo

Can

Betty and Johnny

Rappel

Shadow People

Russian Roulette

Gloria

The train creep a rollin

 

  • Alexandre Guillo

 

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