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Last Train offre rock et larmes au Fil de St-Etienne

Mercredi 25 février, le Fil de St-Etienne accueillait une soirée électriquement rock. Au programme, les Britanniques de Demob Happy suivis des Alsaciens de Last Train. Un concert à une heure de route de notre fief lyonnais en semaine ? Aucun problème, l’affiche valait bien les quelques heures de sommeil en moins, et on vous raconte tout.

Demob Happy – Venus pour en découdre

Il est 20h30 quand les lumières du Fil s’éteignent. La salle est déjà bien remplie et les Anglais de Demob Happy rentrent sur scène. Pas de morceau d’introduction épique, pas d’artifice, les quatre membres se contentent de fouler les planches, et de brancher leurs instruments. Old school. On aime. Niveau formation on est aussi sur du grand classique : un batteur, deux guitaristes et un bassiste. La petite originalité peut-être, c’est ce dernier qui s’occupera du chant.

Le quatuor propose un rock british hyper efficace. On retrouve toutes sortes d’inspirations, que ce soit dans la musique ou dans la voix, et ça fonctionne à merveille. Les riffs endiablés s’enchaînent et la crash du batteur ne passe absolument pas une bonne soirée. Les Anglais ne sont pas là pour faire dans la demie mesure, ça envoie fort.

Demob Happy ouvre magnifiquement la soirée

Pendant quarante minutes, le set ne cessera de s’intensifier, mêlant des passages très 80’s, d’autres complètement grunge, ou encore beaucoup plus modernes. Franz Ferdinand sous stéroïdes, punk-Stranglers ou déjanté-Portishead, et j’en passe. En bref, on passe un excellent moment, très belle découverte et superbe ouverture de soirée !

Last Train – Le rock’n classe à la française

Le Fil n’affiche pas officiellement complet avant le début du concert mais pourtant la salle est blindée lorsque les lumières s’éteignent à nouveau. La scène s’éclaire, l’immense backdrop Last Train apparaît, la foule hurle avant même que les quatre membres de groupes n’arrivent.

Les rockstars qu’ils pensent être

Ce n’est pas mon premier concert de Last Train et le dernier remonte à mars 2025, sur la même tournée. Je sais donc à quoi m’attendre. Dès son entrée sur scène, le quatuor occupe tout l’espace par son charisme. Chacun des membres donne tout, et la connexion entre eux est visible. Le groupe attaque avec Disappointed, tiré de leur deuxième (et excellent) opus, The Big Picture. Changement de stratégie par rapport au concert de mars, et ça fonctionne merveilleusement bien. Il fait déjà très chaud dans la fosse.

Niveau scénographie, c’est beau. Une grande estrade permet à la batterie et son occupant de prendre de la hauteur, et des énormes projecteurs sur les côtés viennent forcer une DA verte pâle qui sied parfaitement au groupe.

Un show de vraies rockstars

Pendant un peu moins de deux heures, Last Train va proposer un show ultra dynamique. Les interactions avec le public sont nombreuses, sans qu’aucun des kilomètres parcourus par chacun des membres sur scène ne vienne perturber la qualité technique de la prestation. Jean-No, au chant, viendra même jouer de la guitare debout sur (oui, oui, j’ai bien dit debout sur) le public avant de se laisser tomber pour un slam d’anthologie jusqu’à la scène.

Vraiment, Last Train sont les rockstars qu’ils pensent être.

Le pouvoir du silence

Pourquoi on aime autant Last Train ? Pas si simple de répondre à cette question. Mais je vais quand même essayer de donner un de mes raisons principales.

Sur album comme en live, ce groupe est capable d’alterner entre des moments de pur rock agressif, des montées émotionnelles ravageuses et des instants suspendus où tout s’arrête. Et qui viennent en réalité donner tout le sens à tout le reste. C’est au travers de ces moments de silence que l’on perçoit réellement la puissance musicale de Last Train. On pourrait parfaitement illustrer cet effet avec des morceaux comme On Our Knees ou This Is Me Trying, tous les deux joués ce soir là. A chaque écoute, les frissons vous parcourent le corps tout entier, vos tripes brûlent et vos yeux semblent vouloir éteindre cet incendie.

Last Train ou le pouvoir du silence

Pourtant – et promis il s’agira du seul petit, mini, infime, regret de la soirée – ces moments sont souvent entachés par des cris dans l’audience, de rares personnes apparemment insatisfaites de ne pas avoir simplement un mur de rock de une heure trente et qui le font savoir. Au delà d’être un manque de respect pour les artistes et les autres personnes dans la salle, je me demande pourquoi ces gens semblent si surpris d’avoir des temps calmes à un concert de Last Train. Il s’agit de l’essence même du groupe.

Que l’on soit bien d’accord, si je parle de ce petit regret personnel c’est pour mettre en avant la raison principale pour laquelle mon coeur fond autant pour cette musique. Je trouve que Last Train brille dans l’exercice du « tiens regarde on va te faire pleurer avec du rock ». Parce que le rock c’est pas juste du bruit. Parce que le rock c’est pas juste des pogos. Parce que le rock c’est de la musique. Et que la musique c’est avant tout des émotions. Et ça, ces quatre gars l’ont bien compris.

La grande image

Je pourrais parler du fait que Last Train ait proposé une superbe setlist, avec des morceaux tirés des trois opus. Je pourrais parler des retours dans le passé avec Fire et Way Out, tirés de Weathering (le titre éponyme sera même interprété en piano-voix par Jean-No). Je pourrais parler de la très bonne idée de placer Home, ouverture du dernier album, III, en début de rappel. Je pourrais parler du solo de batterie exceptionnel d’Antoine. Mais à la place, je vais parler du dernier morceau de la soirée, The Big Picture.

Quoi ? Un paragraphe entier sur un seul morceau ? Oui, c’est mon article, j’ai le droit. 

Clairement dans mon top 3 des titres que je préfère du groupe, ce morceau prend encore plus de sens en live. On parlait plus tôt de puissance émotionnelle. Elle atteint son apogée à ce moment précis. Ereinté par l’heure et demie de show qui précède, le public est alors désarmé quand les originaires d’Altkirch lâchent cette dernière bombe. Un petit 360 degrés sur soi-même permet de constater les dégâts : les larmes coulent à flot, les mâchoires tombent.

Un show d’une puissance émotionnelle rare

She’s a woman, and so much more. 

La phrase est chantée, hurlée, pleurée par les mille personnes présentes ce soir lorsque Jean-No tourne le micro vers son public pour leur laisser sa place. On ne respire plus, on communie. Mes mains tremblent au simple souvenir de l’instant en écrivant ces mots. L’avantage de ce morceau ? Il dure 10 minutes. L’inconvénient de ce morceau ? Il ne dure que 10 minutes.

Lorsqu’il s’arrête, on n’a plus la force d’applaudir ou de hurler, et pourtant notre instinct nous pousse à remercier le groupe pour ce cadeau qu’il vient de nous faire.

C’est donc les yeux humides que l’on quitte la salle, le coeur battant, et l’envie de retourner au prochain concert de Last Train. Une soirée d’une rare intensité, qui aura fait vibrer le public stéphanois jusqu’au plus profond de son être.

Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)

Un immense merci à Marie pour les accréditations.

 

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