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THE PACK A.D, Dollhouse

Un an seulement après la sortie de leur sixième album studio Positive Thinking publié par Cadence Music Group, Becky Black et Maya Miller sont de retour avec Dollhouse, une merveille rock garage aux textes aussi lucides qu’engagés. Chronique d’un album en clair obscur…

Depuis une dizaine d’années, The Pack A.D, duo canadien composé de la chanteuse et guitariste Becky Black et de la batteuse Maya Miller, impose un style brut qui s’épanouit en live. Après plusieurs concerts sous le capot de la DS des Passagers du Zinc (Besançon, 25), elles ont eu l’occasion de convaincre le public Franc-Comtois avec des prestations turbulentes. Cette formation en duo guitare/batterie a fait les grandes heures du rock and roll contemporain au travers de groupe comme The Black Keys, The White Stripes ou encore The Kills. Au milieu de ces grands noms, The Pack A.D reste un groupe injustement mal connu qui mériterait son heure de gloire.

Si les douze titres de Positive Thinking tournaient autour du thème de la dépression et du mal être, The Pack AD a repris du poil de la bête pour Dollhouse, un album brûlot qui s’oppose au monde et à ses aberrations et qui secoue son audience. Des catastrophes écologiques à la politique nord américaine, Becky et Maya distillent leur vision d’un monde chaotique en neuf tracks et 29 minutes en laissant tout de même une place a des morceaux plus intimes.

Dès le premier titre Woke Up Weird, on sait qu’il faut s’attendre à un album des plus toniques avec des riffs lourds et une batterie déterminée, le tout canalisé par la voix moelleuse de Becky.

Après cette introduction qui fait office de retrouvailles, on passe aux hostilités avec $, un réquisitoire contre l’avidité aux sonorités rugissantes, proche d’un rock plus dur comme c’est le cas sur Not Allright.

Avec Does It Feel Good on prend l’ampleur de la puissance de frappe de Maya qui, avec une régularité quasi militaire, porte un morceau qui compte parmi les mieux aboutis de cet album. Les gross riffs de Becky et les différents registres vocaux qu’elle expérimente, entre des refrains puissants et froids et une mélodie qui se brise dans les aigus: l’ensemble est tout simplement réussi.

Dans un album à l’énergie garage rock indéniable, on relève deux titres qui offrent un repos à l’auditeur, Because of you et I tried, le dernier titre, on retrouve ici les sonorités bluesy du Pack et des textes plus intimes qui laissent une place à la fragilité, notamment à travers la voix plus tendre d’une Becky généralement survoltée.

Le titre éponyme, Dollhouse évoque notre façon de vivre chacun dans notre bulle en évitant de nous confronter à une réalité glaçante, de nier des évidences, comme le changement climatique et de persister à dire que tout va bien. C’est un peu l’état d’esprit global de l’album qui propose un réveil des consciences par le moyen de la musique et de l’expression artistique en général. C’est un hymne en faveur du décloisonnement qui, à défaut de faire bouger les lignes, risque bien de vous faire bouger la tête.

 

 

 

 

Artiste : The Pack A.D

Album : Dollhouse

Date de sortie : 15/10/2017

Label / Distribution : Cadence Music Group

Genre : Rock / Garage / blues

Catégorie : Album rock

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