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BONNIE PRINCE BILLY, Singer’s Grave – A Sea Of Tongues

Domino/Sony/2014

Quasiment sorti sans promo (hormis une auto-interview et un petit texte loufoques), le nouvel album de Will Oldham sous le pseudo Bonnie ‘Prince’ Billy continue d’imprimer la marque d’un songwriter raffiné, jamais vraiment en panne d’inspiration.
Le barbu de Louisville, KY en fait sans doute trop, instillant tel un Ty Segall de la country alternative son lot d’albums par an, ici un hommage aux frangins Phil et Don Everly chanté avec Dawn McCarthy (Faun Fables), là un ou deux EP en compagnie de Mariee Sioux ou Mick Turner alias Marquis De Tren. Que nous as cette fois réservé ce bon Will ? Un disque de country-folk de très bonne facture. Une bonne cuvée. Bon, si on y regarde de plus près, on se rend compte que la moité des titres de ce nouvel album sont issus du précédent LP de Bonnie, à savoir Wolfroy Goes To Town, paru en 2011 mais n’ayant pas vraiment rencontré le succès. Délivrés ici dans des versions différentes ou plus abouties, ces chansons vont donc avoir une deuxième vie.
Le disque démarre en beauté avec une ritournelle country dont Oldham a le secret. Evoquant Easy Does It (Lie Down In Darkness, 2008), Night Noises déroule ainsi une série d’accords typiques, Emmett Kelly soutenant le tout de sa guitare bienveillante. Une pedal steel n’est pas loin bien sûr…Bonnie Prince Billy résumé en une seule chanson, celle qui ouvre le disque, celle qui vous fait l’aimer d’emblée.
Plus loin, c’est une version plus orchestrée de We Are Unhappy portée par une boucle de banjo aux petits oignons. Il y a la courte mais flamboyante There Will Be Spring, l’émancipée et orientalisante Mindlessness. Tout en douceur et finesse, Time To Be Clear. La version de Quail & Dumplings est quant à elle plus réussie sur Wolfroy… que sur Singer’s Grave…le chant d’Angel Olsen étant plus touchant et habité que celui de Caroline Peyton, au timbre pourtant très gospel.
Accompagné de très bons musiciens et choristes, Will Oldham convainc une fois de plus avec un recueil de morceaux, pour certains revisités, qui on ne cesse de le répéter, démontrent la qualité d’écriture du bonhomme.

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