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PORTRAIT/FOCUS

Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 08:52

EN CONCERT

 

AU FRI-SON

le 15 avril 2013

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http://www.indierockmag.com/IMG/png/eels.png

Tour à tour rock, folk, blues, electro, le répertoire de l'Américain Mark Oliver Everett alias Eels s'agrandit chaque année. Après la trilogie Hombre Lobo-Endtimes-Tomorrow Morning, c'est Wonderful, Glorious qui est sorti il y a quelques mois, soit le dixième album de Eels. Everett et son groupe sont en tournée et passent par l'incontournable salle suisse le Fri-Son le 15 avril prochain. En attendant d'être de la partie, Sensation Rock revient sur les dernières actus et la discographie du groupe. 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/2/25/Eels_-_Wonderful%2C_Glorious.jpg/220px-Eels_-_Wonderful%2C_Glorious.jpgVagrant Records/PIAS/2013

Entre 2009 et 2010, Eels nous avait gâtés à raison d'un album par an, le tout constituant une jolie trilogie (Hombre Lobo en 2009, End Times et Tomorrow Morning en 2010). Après trois années silencieuses, Mark Oliver Everett revient très en forme et très inspiré
Les percussions, les sons bricolés et le riff de guitare qui ouvrent le disque (Bombs Away) dévoilent assez rapidement ce que va être le disque : un mélange de rock sévèrement trempé dans le blues et d'electro savamment orchestré par E, qui comme à son habitude s'est entouré de The Chet, Koool G. Murder, Knuckles. Eels ne cherche pas à plaire aux dictats des FM, il compose sa musique dans son coin sans se soucier du reste. Ca donne dans le désordre une espèce de garage blues electro cheapos à l'effet boeuf (Kinda Fuzzy, Opem My Present), un petit slow rigolo qui laisse la part belle aux synthés en tous genres (You're My Friend), des ballades crève-coeur (True Original, The Turnaround) et tout de même deux ou trois singles en puissance dont l'Américain a le secret (l'étourdissant Peach Blossom, l'épatant Wonderful, Glorious, l'étrange New Alphabet).
Après avoir sorti trois disques en moins de deux ans, Eels a pris son temps et Wonderful, Glorious est la preuve que cette période a été très bénéfique à son auteur et qu'on a bien fait d'attendre.

- Georges.

(c) 2013 

http://www.13enote.com/images/livre_27.jpg13e Note Editions/2011

St. Martin's Press/2008 pour l'édition originale

Mark Oliver Everett, plus connu sous le pseudo E, est le leader de Eels. Avec Eels, il peut se targuer d'avoir écrit quelques-uns des plus grands hymnes du rock indé américain (Novocaïne For The SoulRags To RagsSouljacker Part 1) mais sans jamais se répéter.
Ne vous fiez pas au titre de ce livre. Si Tais-Toi Ou Meurs sonne "polar", dans le genre "ne-le-dis-à-personne-mais-pars-vite-et-reviens-tard", il n'en est rien puisqu'il s'agit ici d'une autobiographie. En version originale, il s'intitule d'ailleurs Things The Grandchildren Should Know, ce qui est plus évocateur et qui nous interroge une nouvelle fois sur comment fonctionnent les traducteurs. On se doutait bien en écoutant les chansons de Eels que leur auteur était un homme tourmenté. On comprend donc ici d'où viennent toutes ces histoires. Everett évoque les évènements marquant de sa vie, un père distant qui meurt alors que E sort à peine de l'adolescence, une soeur addict, une mère atteinte d'un cancer. Mais devant la gravité certaine de ces histoires, jamais le leader de Eels ne tombe dans le pathos. Il conte tout ça avec humour, frôlant parfois le cynisme, et n'oublie jamais de souligner l'ironie accompagnant les faits (on pense à la disparition de la cousine hôtesse de l'air). On découvre que derrière la genèse de  Beautiful Freak ou d'Electro-Shock Blues se cachent ces drames ou ces moments douloureux. On en apprend plus sur le processus de création d'Everett et celui-ci entrecoupe ses propos par les paroles de ses chansons, ce qui ne peut nous empêcher de mettre ensuite les morceaux sur notre lecteur.
Everett est sur la corde raide quand viennent les premiers accords de Novocaine For The Soul et au moment où le ciel semble se dégager pour lui, sa soeur se suicide la veille de la sortie du premier Eels. Quant au second disque du projet, il est entièrement inspiré par la mort de cette soeur aînée et par la maladie de sa mère. Mais pour ne pas en faire un livre totalement déprimant, certaines anecdotes sont là pour alléger les choses, même si elles portent toujours en elles un peu d'amertume (la rencontre avec Neil Young). On croise le fantôme d'Elliott Smith. On apprend que l'équipe de George W. Bush n'apprécie guère la musique de Eels...
Mark Oliver Everett n'a pas été gâté par la vie. Mais il sait toujours comment s'en sortir. Pour un livre dur, amer, drôle, on ne comprend pas toujours le titre de la version française alors qu'une autre chanson de Eels, le titre original étant une piste de Daisies of the Galaxies, résume à elle seule ce livre : Mr E's Beautiful Blues.

- F.

© - copyright - 2012

DISCOGRAPHIE :

* En tant que "E" :

- A Man Called E, 1992

- Broken Toy Shop, 1993

* Eels :

- Beautiful Freak, 1996

- Electro-Shock Blues, 1998

- Daisies Of The Galaxy, 2000

- Souljacker, 2001

- Shootenanny !, 2003

- Blinking Lights & Other Revelations, 2005 

- Hombre Lobo, 2009

- Endtimes, 2010

- Tomorrow Morning, 2010

- Wonderful, Glorious, 2013

LIENS :

http://www.eelstheband.com/

http://www.fri-son.ch/program/next/2013/04/15/index.html

https://www.facebook.com/events/266184223504691/

 

Par Sensation Rock - Publié dans : PORTRAIT/FOCUS
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 12:56

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En mars, nous consacrions album du mois Off The Map, nouvel opus de H-Burns fraichement paru dans les bacs. C'est l'occasion pour nous de revenir sur la carrière du Drômois, une trajectoire discrète mais qui petit à petit commence à emmerger, jusqu'à arriver on l'espère, à toute la reconnaissance qu'elle mérite.
Derrière H-Burns, se cache Renaud Brustlein, guitariste originaire de la Drôme. Le jeune homme fait d'abord ses premières armes dans un groupe post-rock Don't Look Back, lui qui a baigné pendant son adolescence dans la musique indie des nineties. En marge de sa formation, Brustlein compose quelques titres acoustiques qu'il va présenter à une de ses connaissances, manager d'un petit label. Ce dernier convaincu par ces morceaux sans le moindre arrangement lui propose de les enregistrer tels quels. C'est ainsi que débute le projet H-Burns http://imagesarticles.krinein.com/small/7748-h-burns-how-strange-it-is-to-be-anything-at-all-1.jpgavec Songs From The Electric Sky, recueil de titres folk lo-fi, un peu dans l'esprit des premiers albums d'Elliott Smith. Brustlein part donc seul sur la route présenter son premier effort solo, et celà lui permettera notamment d'assurer les premières parties de Syd Matters. Une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière. Voulant développer encore plus cette univers folk, le guitariste s'entoure alors de plusieurs musiciens, dont Jonathan Morali de Syd Matters, une formation que Renaud Brustlein considère maintenant comme de la famille. How Strange It Is To Be Anything At All est donc le nom du successeur de Songs From The Electric Sky. Avec des arrangements d'harmonica ou de lapsteel, H-Burns offre un pur album entre folk des grandes plaines et americana, où les influences de Johnny Cash, Dylan ou Neil Young se font véritablement sentir. Le songwriting de Brustlein est désormais mis en valeur et on trouve avec des titres comme Big City Blues ou Horses With No Medals de véritables premiers singles (enfin, pour les initiés). L'album est plutôt bien reçu et on commence à parler de H-Burns dans la presse spécialisée.

 

La tournée pour la promotion de ce second album n'empêche pas la composition de nouveaux morceaux qui débarqueront seulement un an plus tard avec We Go Way Back. Toujours avec la complicité de Morali, on sent venir un changement dans la musique du Drômois. N'oubliant pas ses influences nineties, son folk s'électrise et on a avec des compos comme Half A Man/Half A Freak ou Melting Point entre autres, de véritables titres indie. Brustlein se paye même le luxe d'inviter Tony Dekker des Great Lake Swimmers sur So Long Dying Cities pour un duo magique (mais un duo virtuel comme nous le confiera Brustlein, remerciant la magie de la technologie, les deux hommes n'ayant pas trouvé le bon timing dans leurs emplois du temps respectifs).
Entre deux albums de son projet, Brustlein se retrouve avec son vieil ami Chris Bailey, leader de The Saints, pour enregistrer quelques morceaux purement acoustiques. Mais les deux hommes changent rapidement de perspective et accompagnés d'un batteur et d'un guitariste, se retrouvent à produire un album de classic rock, ayant Creedence en tête. Le tout se retrouvera sur Stranger, un disque très rock et direct, pas si loin finalement de ce qui va suivre.
http://www.cadependdesjours.com/wp-content/uploads/2012/10/H-Burns-Six-Years.jpgBrustlein est fan de foot. Quoi de plus normal finalement que de  voir So Foot, média de la presse footbalistique qui vient de créer son label Vietnam, lui proposer d'être leur première signature. Et grâce à son nouveau label, le mec de Valence va pouvoir réaliser un rêve: enregistrer chez Steve Albini. H-Burns veut encore plus explorer son côté rock et veut faire un disque purement nineties. Albini (Pixies, PJ Harvey, Sonic Youth, Nirvana...) est la personne idéale pour pouvoir capter tout le potentiel de Brustlein et de ses musiciens comme nous le confiera le Drômois en interview. On découvre alors le single Six Years qui reflète idéalement cette période historique. Le EP sera vite suivi par  Off The Map, une réussite de bout en bout, un folk éléctrique qui explose sur scène. Avec ce nouvel album moins confidentiel et l'apport du nom d'Albini, on parie fort que H-Burns va enfin pouvoir se faire connaitre en dehors de l'Hexagone et démontrer que contrairement à ce que pensent les Américains, en France aussi on sait faire du rock.

- F.

© - 2013 

Discographie:

Songs From The Electric Sky (Boxson/2006, 2007 pour la réédition)

How Strange it Is To Be Anything At All (Boxson/2008)

We Go Way Back (Discograph/2009)

Stranger (avec Chris Bailey, Vicious Circle/2011)

Six Years EP (Vietnam/Because/2012)

Off The Map (Vietnam/Beacause/2013)

Opposite Way EP (Vietnam/Because/2013)

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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 09:41

L'année 2012 se termine, avec dans le rétro son lot de beaux disques. Faithful Man de Lee Fields fait partie de ceux-là. Rencontre avec l'un des chanteurs de l'année, à Paris.

 

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J’ai eu la chance de passer deux jours en compagnie du grand Lee Fields. Une chance que je ne pouvais garder pour moi égoïstement. On ne sait jamais quoi s’attendre avec les artistes, nous dirons que certains sont beaucoup plus aimables que d’autres. J’ai découvert un homme sincère et simple, qui n’avait qu’un mot à la bouche : Love.

 

Tout commence le Samedi 27 Octobre. Ce soir, Lee Fields joue au Trabendo avec les Ladie en première partie (Nicole Wray et Terri Walker, ses choristes sur l’album). Je suis particulièrement impatient de le voir en concert, cela va faire des mois que j’écoute son album en boucle. Je n’ai pas été déçu. Les Ladie entrent en scène vers 21h30 et instantanément un groove s’installe dans la salle. Tout le monde arbore un grand sourire et commence à remuer sur la voix des deux femmes. Les musiciens sont les mêmes qui accompagneront Lee Fields pendant le concert, et rien à redire. Le public et moi-même passons un très bon moment. Entre finalement l’homme que nous attendions tous. La foule est en délire. Il me confiera plus tard qu’il ne s’attendait pas à un tel accueil et que c’est une des raisons pour lesquelles le public français à une place toute particulière dans son cœur. Il porte un costume blanc qui lui donne une classe intemporelle. C’est probablement le même qu’il portait lors de l’enregistrement pour Canal + pour l’album de la semaine (http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3299-c-album-de-la-semaine.html?vid=621823).

 

Lee Fields et ses musiciens (The Expression) ont joué principalement des chansons de son nouvel album, comme tout groupe en tournée promotionnelle me direz-vous. Les musiciens restent impassibles, rendant le contraste encore plus flagrant avec Lee Fields qui chante avec ses tripes. Au moment de jouer Wish You Were Here, Lee explique l’importance toute particulière qu’a cette chanson. Il s’agit tout d’abord d’un morceau sur les relations longue distance mais elle prit une tournure bien différente à la mort du père de Lee. Une chanson chargée d’émotion donc, et c’est bien évidemment le moment choisi par un ivre énergumène pour se faire remarquer, probablement un perdu qui a tenté de lancer un pogo à un concert soul. Lee tente une approche amicale « Why so much violence? It’s all about love, brother ». Le public hurle son accord avec le chanteur mais cela ne semble pas avoir d’effet sur le fouteur de trouble. Dave Guy criera un colossal « Stop » et l’individu se fera enfin sortir par la sécurité. Le concert reprendra de plus belle et terminera sur le désormais classique Faithful Man, puis Could Have Been. Le plus marquant restera l’émotion qu’il transmet à chaque performance. On peut sentir la douleur derrière certaines chansons, l’amour derrière d’autres. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TXyNUqzkHYc#!

Le public entre en communion avec Lee et le concert ne devient plus qu’un échange d’énergie. Plus il se donne, plus le public devient fou, plus Lee a d’énergie à revendre. On aurait aimé que ce concert ne finisse jamais.

 

Lundi matin suivant, à peine remis de mes émotions, je négocie avec mes collègues pour pouvoir assister aux deux journées promos de Lee Fields. Je DOIS le rencontrer. J’arrive à son hôtel et une équipe de tournage est déjà en train de s’installer. Il descend 20 minutes plus tard, en s’excusant de son retard. Il était au téléphone avec sa famille résidant dans le New Jersey, très inquiété du passage de l’ouragan Sandy au-dessus la demeure familiale. Même s’il est physiquement présent pendant ces 2 jours, une partie de son esprit est toujours préoccupé par les siens. L’interview se passe bien, comme toujours. Lee est toujours prêt à partager une partie du savoir qu’il a emmagasiné toutes ces années et lorsqu’il est parti, rien ne peut l’arrêter. Une autre interview, pour la radio cette fois-ci démarre et encore la même question qui ressort à chacune de ses interviews : Cela vous gêne-t-il que les gens vous appellent « Little JB » (pour petit James Brown) ? Et la même réponse « Seuls les journalistes mentionnent ce surnom, je ne l’entends que pendant les interviews. »

 

Nous sommes obligés de faire des signes à Lee car le taxi nous attend pour aller aux studios de France 24. C’est ma première expérience dans un vrai studio TV, je suis donc plus que ravi. Rapide passage au maquillage et Lee enregistre directement l’interview. En une heure, le tout est bouclé. Efficaces chez France 24 ! Sur le chemin du retour, je décide de faire MA petite interview.

 

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Comment s’est passé votre concert de samedi soir ?

C’était comme un rêve, irréel. J’ai été surpris de recevoir un tel accueil, mais le public avait une telle énergie, c’était incroyable. J’aime beaucoup le public parisien. On a toujours été bien accueilli à Paris mais rarement à ce point-là. J’ai fait des tournées pendant 6 ans avec Martin Solveig. C’était génial, mais je suis un homme de soul. C’est pour ça qu’en 2008, on a enregistré My World. Depuis, je suis en tournée la plupart du temps partout dans le monde. Le public me donne l’énergie de continuer. C’est incroyable cette sensation en concert quand tu te dis que ces gens auraient pu faire n’importe quoi de leur soirée, mais ils sont tous venus pour toi.

 

Que pensez-vous de Paris ?

J’adore cet endroit. J’aime les gens, j’aime la nourriture. J’aime beaucoup venir ici. En fait, Paris fait partie des 4 villes que j’aime le plus au monde, les autres étant New York, Londres et la Nouvelle Orléans. J’aime faire des concerts ici. La vue est magnifique. Paris est une ville où tu es soit à la recherche de l’amour soit amoureux. It’s THE place to be ! J’aimerais avoir plus de temps pour visiter et voir des amis mais mes passages ici sont toujours très chargés. J’espère pouvoir revenir ici un jour pour une semaine ou deux et profiter enfin de cet endroit. Je pourrais définitivement vivre à Paris.

 

Êtes-vous le « Faithful Man » que vous chantez ?

Tout à fait. Je suis fidèle à la musique et même en général. Je suis marié depuis 40 ans, 43 exactement et nous sommes toujours ensembles. J’ai été tenté pendant ma carrière, c’est sûr, mais jusqu’ici, ma vertu n’a pas été compromise. L’album a pour thème la tentation d’un homme. Mais la personne essaye de faire la bonne décision : il chante « Don’t make me do wrong » dans la chanson Faithful Man. La suite est libre d’interprétation par l’auditeur. A-t-il succombé ? Personnellement, je ne pense pas. Je n’ai pas écrit cette chanson moi-même, ce sont Leon Michels, Vincent D’Annunzio, Jeff Silverman et Nicole Wray qui l’ont écrite. Mais dès que je l’ai entendue, j’ai tout de suite pensé que c’était une très bonne idée. Toutes les chansons sur l’album Faithful Man ont été écrites pour parler des différents aspects des relations humaines. Je ne veux pas chanter à propos de la voiture que je conduis ou de l’argent que je fais. Je veux parler de vrais sujets.

 

Quand avez-vous décidé que vous vouliez dédier votre vie à la musique ?

J’ai été très inspiré en allant à un concert des Beatles. Quand je les ai vu sur scène, j’ai dit « C’est ça que je veux faire de ma vie ». J’avais 14 ans à l’époque et quand j’ai vu toute ces jeunes filles hystériques, la décision était prise. (Rires) Et je m’y suis tenu depuis ce jour.

 

Vous avez énormément voyagé pendant vos tournées, auriez-vous une anecdote à nous raconter ?

Je me souviens d’une histoire un peu drôle. Je donnais un concert en Belgique je crois, un soir, et j’ai sauté du haut de la scène. J’ai repensé plus tard à ce que j’avais fait, je me suis dit que j’aurais dû réfléchir un peu plus. La scène était vraiment haute ! Je ne sais pas ce qui m’a poussé à le faire ni pourquoi je l’ai fait, j’ai juste sauté. Il y avait des danseurs sur la scène avec moi et ils faisaient toute sorte d’acrobaties, et je me suis dit « hey, moi aussi je veux faire des trucs cools comme ça ! » J’ai juste sauté. Et même si le public a adoré au final, j’aurais pu me faire vraiment mal. Du coup, je ne sauterais plus jamais d’une scène.

Nous arrivons enfin à l’hôtel. A peine le temps d’emmener l’homme chercher un kebab que nous sommes déjà attendus pour une session photo. Peu farouche, il se laisse photographier sous tous les angles et dans toutes les positions : Superman, Rambo tout y passe. Encore une preuve que l’homme ne se prend pas vraiment au sérieux.

On enchaine avec une interview du Nouvel Obs qui se fera dans sa chambre, à moitié sur son lit, faute de place ailleurs. Je sers alors de traducteur de fortune pour être sûr que les propos retranscris seront fidèles à ceux tenus par l’artiste. Encore cette foutue question sur « Little JB »… Mais à part ça, l’interview « Obsessions de Lee Fields » se déroule très bien et arrive enfin la dernière interview de la journée.

 Misc-2288.JPGMa collègue prend le large et je reste seul avec Lee et le journaliste. N’ayant plus d’horaires à respecter, l’homme n’a plus de limites. Cette dernière interview durera plus d’une heure. De nombreux sujets seront abordés. Lee Fields déteste tenir des propos incorrects et durant toute l’interview, il vérifiera ses dires sur internet. Il nous parla du R&B, qui a fortement dévié de ce qu’il était à l’époque. Le Rythm and Blues d’alors n’a plus rien en commun avec celui d’aujourd’hui. Il déviera ensuite sur les rappeurs qui se font passés pour des gangsters. « Pensez-vous vraiment qu’un vrai gangster l’annoncerait comme ça ? (il regarde la définition de gangster sur son téléphone) Tu crois qu’un vrai mafieux dirait qu’il est un criminel ou associé dans un gang ? Non, si tu es un vrai gangster tu te fais discret et tu essayes de pas te faire chopper. » C’est ce qu’il dît ensuite qui me marqua. « Je ne veux pas critiquer leur musique, loin de là, mais je pense que ces artistes qui ne chantent qu’à propos de filles, de sexe, de drogue ou d’argent devraient réfléchir à l’impact qu’ils ont sur les jeunes. Les chanteurs sont les nouveaux héros de la jeunesse et sans le vouloir ces chanteurs ont une influence sur eux. Aujourd’hui, tous les enfants en Amérique veulent devenir des gangsters, c’est ridicule ! Quand je chante et fait des disques, je pense à ces choses-là. Je veux que mes enfants et même les enfants de mes enfants puissent écouter mes disques plus tard, sans que j’en aie honte. » Où sont les John Lennon et les Bob Marley qui chantaient l’amour, la paix, l’espoir… ? Le concept ne devait plus vendre suffisamment, j’imagine. Mais je digresse. Lee nous parla également de sa vie, qui fut plus que mouvementée. Pendant un moment, il pensait même quitter la musique pour ouvrir un restaurant de poissons. Mais sa femme lui demanda justement « Qu’y connais-tu en poisson ? » et il réalisa qu’à part comment les manger, il ne connaissait pas grand-chose. Son histoire est touchante. C’est celle d’un homme qui n’abandonnera jamais son rêve. La seule fois où il l’a mis entre parenthèse, c’était pour subvenir à sa famille, le succès se faisant désiré à l’époque. Mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas pour l’argent ou la gloire qu’il chante. La seule fois où il a mentionné l’argent qu’il gagnait, c’était pour dire qu’il était heureux de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, même si son « job » l’emmenait loin d’eux trop souvent. Je rentre enfin chez moi sans même écouter de musique dans les transports (habituellement indispensable), ressassant les paroles du grand homme.


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Je rejoins Vincent (guitariste) et Lee le lendemain. Une session acoustique et une interview sont au programme. Le journaliste a repéré un petit magasin vintage non-loin de l’hôtel et les propriétaires acceptent avec plaisir, trop heureux d’accueillir une célébrité dans leur échoppe. On installe un micro sur sa chemise pendant l’interview qui évidemment ne se déroulera pas sans la fameuse question… Nous enchaînons avec la session acoustique et la voix de Lee Fields prend toute son ampleur dans un espace aussi réduit. Trop d’ampleur pour le pauvre micro de l’Express qui sature complètement. 2e essai, micro par terre sous une table. Le résultat est meilleur semble-t-il, j’ai hâte de voir ce que la vidéo va rendre. Vincent et Lee était un peu impressionnés car la caméraman prenait des plans d’un peu trop près à leur goût. Nous remercions chaleureusement les propriétaires du magasin et Lee en profite pour leur signer un CD promo en signe de gratitude. 

 

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Ultime étape du voyage promo, une session live pour Radio France culture. Nous arrivons dans les studios et après quelques échauffements vocaux, Lee, Vince et les Ladie enregistrent une version acoustique de Faithful Man qui sera diffusée pendant l’émission (http://www.franceculture.fr/emission-le-rendez-vous-le-rdv-301012-avec-marie-agnes-gillot-laurence-equilbey-olivier-mosset-walte). Ils enregistreront quelques versions mais la 3e sera la bonne, à l’unanimité. On nous annonce qu’une deuxième chanson sera jouée, mais cette fois-ci live, à la fin de l’émission. Coup d’œil à l’horloge, nous avons 1h30 à attendre… Nous sortons dans le couloir et tout le monde discute pour passer le temps.

 

IMG_2284.JPGJe pense que les musiciens de Lee Fields sont habitués à ce qu’il parle beaucoup et quand il se lance dans un de ses longs discours, ils écoutent au début mais laissent rapidement tombé. Je reste donc seul à l’écouter et nous engageons une discussion. Je lui demande alors pourquoi il a choisi la Soul, et pas un autre style. Je sais qu’il a déjà fait de la house music avec Martin Solveig, mais son projet personnel reste définitivement soul. Je n’ai pas d’enregistrements de sa réponse, mais je vais essayer d’être le plus fidèle possible : « J’ai commencé en tant que chanteur de gospel. Mais le gospel chante à propos de la religion, de l’au-delà. La soul parle de la vie de tous les jours, des sentiments ressentis par l’être humain, bons comme mauvais : l’amour, la passion, la colère, l’envie, la jalousie… toutes ces émotions qui composent la vie de chacun d’entre nous. Je ne me considère pas comme un grand chanteur, mais là où je fais la différence, c’est comment je chante. Je vis chaque chanson et essaye de transmettre ces émotions au public. C’est pour cela que je chanterais toujours de la soul. Soul is Life. J’ai fait des tournées pendant 6 ans avec Martin Solveig. C’était génial, mais je suis un homme de soul. Le gospel parle du paradis alors que dans la soul, on chante ce que l’on a vécu. Je suis très croyant et je pense qu’il y a un paradis mais je n’y suis jamais allé et je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui y soit allé. J’ai vécu chacune des chansons du nouvel album. Je peux m’identifier à chacune de ces chansons et c’est pour ça que je peux transmettre ce que j’ai senti à ce moment-là sur scène. Je n’essaye pas de sauver le monde avec ma musique. J’essaye seulement de survivre et de dire/chanter ce que je pense sincèrement du monde. C’est aux politiques de changer le monde. » Le live approche, je pose donc une dernière question : « Avez-vous des regrets ? Tu sais, tout n’a pas toujours été facile pour moi mais si ma vie était à refaire, je ne changerais rien. »

Après ces deux jours passés avec lui, je comprends pourquoi.

 

Texte, interview & photos : Yannick.

 

(c) 2012

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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 12:30

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EN CONCERT AU FRI-SON (FRIBOURG, CH)

LE 25 MARS 2012


 http://secretlycanadian.com/press/juradodamien/damienmaraqopa2.jpg

 

Damien Jurado mène l’une des carrières les plus discrètes qui soient, mais est l’un des songwriters américains les plus prolifiques de notre époque, avec pas loin d’une dizaine d’albums publiés en quinze ans. C’est sûr, il a sa place réservée au Panthéon des musiciens made in USA : avec cette discographie complète et riche (du sobre Rehearsals For Departure au plus produit Maraqopa) éditée via Sub Pop puis Secretly Canadian, Damien Jurado a prouvé son talent de conteur et, malgré une étiquette de folkeux dépressif, il continue d’écrire sur l’Amérique, celle des paumés de l’Ohio, des tragédies du quotidien, histoires fictives ou parfois presonnelles.

C’est certain, le songwriting de Damien Jurado mérite qu’on s’y penche à plus d’un titre : il navigue entre rock indé rêche et ballades épurées hérités de Neil Young ou Nick Drake, mais ne se limite plus à cela, puisqu'avec l'aide de Richard Swift, il élabore désormais des chansons savamment orchestrées, et le duo, tel Lennon et Spector, est parvenu à coucher sur bande deux très beaux disques, Saint Bartlett (2010) et Maraqopa, dont la sortie est prévue pour le 20 février.

C’est grâce à son ami Jeremy Enigk (Sunny Day Real Estate) que Damien Jurado, de Seattle, issu d’un groupe de rock chrétien (Coolidge, qui comptait parmi ses membres David Bazan, fondateur de Pedro The Lion et producteur de I Break Chairs), se fait connaître via l’éminent label Sub Pop en sortant un premier album, Water Ave S. La reconnaissance vient plus tard, avec le très réussi Rehearsals For Departure, produit par l’ex-Posies Ken Stringfellow.

Il sort quatre disques via le label de Nirvana puis rejoint l’écurie Secretly Canadian. Il sort en 2006 Now That I’m In Your Shadow, album qui marque une implication plus importante de Jenna Conrad (violoncelle, chant) et d’Eric Fisher (batterie, claviers, artwork). Parallèlement à tout ça, Damien Jurado a sorti quelques EP et albums à la disponibilité limitée sur des labels confidentiels.

Pour la sortie de Caught In The Trees, votre serviteur s'était entretenu avec l’intéressé. Retour sur cette interview.

 

Tu as sorti presque dix albums, que dirais-tu à propos de ta carrière jusqu’à maintenant ?

C’est plutôt pas mal. Jusqu’ici, je n’ai pas à me plaindre.

 

Peux-tu nous parler de ce nouveau disque que tu viens de sortir ?

Je crois que ça s’est bien passé. Il est très différent, principalement parce que je collabore plus avec Jenna et Eric. Ils ont tous les deux joué un rôle vital sur ce disque.

 

And Now That I'm In Your Shadow, ton dernier disque était plutôt calme, down-tempo...

Sur Caught…les tempos sont plus rapides. Je pense que chaque disque devrait sonner différemment du précédent. La plupart des paroles ont été écrites d’un point de vue personnel, ce que je n’avais jamais fait avant.

 

http://wearethemascotte.fr/wp-content/uploads/2012/01/damien-jurado-at-urban-lounge-new-photo-by-sarah-jurado.jpeg

 

Comment écris-tu tes chansons ?

Il n’y a pas une manière en particulier. C’est à chaque fois différent pour chaque morceau.


Où trouves-tu ton inspiration ?

Pas mal de choses diverses. Ce disque a été inspiré par des situations de la vie courante.


J’ai souvent lu que ta musique était Raymond Carveresque…Que penses-tu de ça ? Est-il une référence ?

Pas vraiment. Tu vois, je préfère l’histoire des auteurs plutôt que les histoires qu’ils écrivent. Je ne suis pas un grand fan de romans, pour ainsi dire.


Récemment tu as repris des chansons de Nick Drake, telles que Pink Moon ou Which Will. Que représente-il pour toi ?

Je ne vais pas dire qu’il ne représente quelque chose pour moi. Il a écrit de bonnes chansons. J’aime bien celles dont tu parles, alors je les ai reprises.


Et cette collaboration avec Casey Foubert (Rocky Votolato, Pedro The Lion...) et Kory Kruckenberg (J.Tillman, Rosie Thomas) ?

J’adore collaborer avec les amis. Un jour, j’aimerais bien faire un disque entier avec juste mes amis et moi. J’ai de vraiment de la chance de connaître autant de gens talentueux.

 

Est-ce que tu peux nous parler de Postcards & Audio Letters...? Ce projet est sensiblement différent du reste de tes disques...

C’est une longue histoire…Je dirais simplement que c’est un disque fait avec des sons que j’avais gardé depuis des années. Il semble que tout ce truc autour de la ’’récup’‘’est à la mode aujourd’hui. Il y a ce magazine et certains sites web ou émissions de radio dédiés à ce mouvement ‘’récup’’’. Pour moi, c’était juste une idée piquée à Duchamp et à Warhol.

 

Tu tourne souvent en Europe. Comment y es-tu accueilli ?
Ils ont tous compris en Europe. C’est cet amour constant pour la musique américaine. C’était comme ça dans les années 60. Les bluesmen jouaient dans des salles combles en Europe, alors qu’aux Etats-Unis, tout le monde s’en foutait. C’est la même chose aujourd’hui.
 
Beaucoup de musiciens se sont installés en Europe, parce que c’est plus facile de vivre de la musique et d’être écouté.


Peux-tu dire quelques mots sur Hoquiam, le groupe que tu formes avec ton frère Drake ?

C’est juste un exutoire pour tous les morceaux un peu moins accomplis que je ne présenterai jamais à mon public habituel. C’est beaucoup plus aliénant et calme…expérimental.

Travailles-tu toujours comme instituteur ?

Non, mais je fais des remplacements de temps en temps, quand je ne fais pas de musique.


http://media.bonnint.net/seattle/7/722/72259.jpg

Discographie :

Maraqopa (Secretly Canadian/2012)

Saint Bartlett (Secretly Canadian/2010)

Caught In The Trees (Secretly Canadian/2008)

And Now That I’m In Your Shadow (Secretly Canadian/2006)

Traded For Fire b/w Ghost of David Split 7” avec Dolorean (Secretly Canadian/2006)

On My Way To Absence (Secrely Canadian/2005)

Just In Time For Something EP (Secretly Canadian/2004)

This Fabulous Century (Burnt Toast/2004)

Where Shall You Take Me ? (Secretly Canadian/2003)

Holding His Breath EP (Acuarela/2003)

Big Let Down b/w Make Up Your Mind 7" avecDavid Bazan (Secretly Canadian/2002)

I Break Chairs (Sub Pop/2002)

Four Songs EP (2002)

Postcards And Audio Letters EP (Sub Pop/2000)

Ghost Of David (Sub Pop/2000)

Rehearsals For Departure (Sub Pop/1999)

Gathered In Song EP (Made In Mexico Records/1998)

Waters Ave S. (Sub Pop/1997)

 

Les artistes ayant côtoyé Damien Jurado sont nombreux, de J. Tillman à The Microphones, en passant par Low ou Julie Doiron. Entretien avec quelques-uns de ses amis musiciens et producteurs.

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/2702689/Julie+Doiron+Julie.jpgJulie Doiron, chanteuse et guitariste :

J’ai beaucoup tourné avec lui. Il n’y a pas assez de gens qui le connaissent. Il compose des super chansons, avec de bons textes, et en live, il a une voix très douce, un peu grave, mais c’est vraiment une voix qu’on écoute. Il a une bonne présence sur scène. C’est quelqu’un de très doué mais il n’est pas très connu. Mais il n’aime pas prendre l’avion, alors il ne voyage pas trop pour jouer à l’étranger.

 

http://farm7.staticflickr.com/6155/6185400161_0fcfde74b8_z.jpgKory Kruckenberg, ingénieur du son (Caught In The Trees) :

Damien est un grand songwriter. J’étais déjà fan longtemps avant de faire sa connaissance il y a quelques années. C’est un honneur pour moi d’avoir pu travailler avec lui sur son nouvel album, tout comme avec Eric et Jenna, qui sont mes amis depuis un moment aussi. Ce sont des gens très talentueux.

 

Parle-nous des sessions d’enregistrement dans les bois...Est-ce que ça a inspiré l’atmosphère du disque ?
Packwood Sessions est un projet de compilation pour lequel Damien a enregistré une chanson l’été dernier. Le projet n’est pas terminé, mais l’idée est de faire jouer deux musiciens-amis ensemble, en binôme, et de jouer les morceaux de l’autre. Damien, Jenna et Eric ont démarré le projet avec J. Tillman. J’ai emporté du matériel pour enregistrer, j’ai installé le tout dans une pièce et on a enregistré des chansons…avec des ressources assez limitées. Je pense que l’atmosphère de ces premières sessions, qui se sont très bien déroulées, a définitivement influencé le son des enregistrements et l’ambiance des chansons.

 

Comment travailles-tu ? Comment procèdes-tu pour enregistrer des chansons ?

Pour moi, le procédé est différent pour chaque projet. Parfois, je travaille dans un studio, ou alors chez moi, dans mon propre studio. Tout dépend du groupe. J’essaie d’adapter ma façon de travailler à chaque groupe ou musiciens, pour qu’ils se sentent à l’aise autant que possible et de leur permettre de rester créatifs et de

Quelle est ta chanson préférée de Damien Jurado ?
C’est vraiment une question difficile…Comme je l’ai dit plus tôt, Damien est un grand songwriter et il y a tellement de chansons. Il y a évidemment des classiques telles que Ohio et What Were The Chances. Mais j’aime aussi certains titres issus de I Break Chairs, comme Paper Wings, Lose My Head et Never Ending Tide. Il y en encore d’autres de Hoquiam, I Can’t Get Over You, et sur Rehearsals For Departure, aussi…Je pourrais continuer comme ça, mais je crois que tu as compris l’idée.

Tu as travaillé avec Rosie Thomas, Troubletown (le projet solo de Jenna Conrad, chanteuse et violoncelliste de Damien Jurado), Rocky Votolato...Tout le monde se connaît...Fonctionnez-vous comme une famille ?
Seattle n’est pas une ville extrêmement grande, donc Rosie, Rocky, Josh (Tillman), Dave Bazan (le chanteur de Pedro The Lion), Troubletown et beaucoup d’autres se connaissent tous. Ils se soutiennent tous et sont devenus de très bons amis ou le sont depuis des années.

Damien me rappelait, le weekend dernier, comment il avait récupéré sa première guitare lorsqu’il vivait avec Jeremy Enigk (Sunny Day Real Estate, The Fire Theft) et que ce dernier l’avait encouragé à faire de la musique.

 


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/87/Jenna_Conrad_2006.jpgJenna Conrad, chanteuse (Avians Alight) et violoncelliste sur Caught In The Trees et sur plusieurs albums de J. Tillman, dont Year In The Kingdom et Singing Ax :

 

Peux-tu nous dire quelques mots à propose de l’enregistrement de Caught In The Trees ?

Caught In The Trees a été amusant à faire, plutôt détendu, expérimental par moments, parfois je deviens un peu émotive simplement parce que son contenu est si chargé et que nous y avons passé du temps. J’aime enregistrer, je passe à chaque fois de très bons moments.

 

Que dirais-tu à propos de Damien ?

Je pense que Damien et moi, on a été frères et soeurs dans une autre vie. On a une relation très familiale. Il est comme le grand frère que je n’ai pas eu. Parfois, il lit dans mes pensées. Mais en dépit d’une allure d’ours, c’est une crème. Comme musicien, je pense qu’il est ridiculeusement talentueux ! Ce mec est juste incroyable dans ce qu’il fait. Et il le fait parce qu’il sent que c’est son but, comme quelque chose qu’il doit faire. Je l’admire sincèrement.

 

Tu sembles avoir joué un rôle plus important dans la réalisation de ce disque…

L’idée globale du disque, c’était d’envisager une approche différente. On a plus collaboré que sur les disques précédents, mais ça n’était pas aussi visible. Eric a toujours été très impliqué autant dans le processus créatif que pour l’enregistrement depuis qu’il joue avec Damien. Il est toujours là, en coulisses. Ce mec est un putain de génie. Damien a tellement de chance d’avoir ce gars-là avec lui.


De quoi parlent tes chansons ? Comment les travailles-tu ?

Mes chansons parlent des émotions humaines, pas toujours les miennes, parfois celles de tout le monde, parfois juste quelques idées. La condition humaine me fascine, particulièrement quand il s’agit d’amour et que nous voulons ou non faire pour lui. Pas juste l’amour, mais la passion et notre capacité à être passionnés. Je suis plutôt acharnée quand il s’agit d’amour. C’est-à-dire que si j’aime quelqu’un, ça va être quelque chose ! Ca m’a d’ailleurs fait faire des choses assez stupides, mais je n’ai pas beaucoup de regrets…juste un ou deux.

Comment je travaille mes chansons...question difficile pour moi...parce que parfois je m’y met à fond et parfois je ne le sens pas du tout. Je suis assez indisciplinée, ce qui n’aide pas. La plupart de mes chansons arrivent comme ça, ensuite je les enregistre jusqu’à ce qu’elles me paraissent ni embarrassantes ni stupides...J’ai tendance à trop réfléchir à tout ça…J’ai toutes sortes de pensées saugrenues qui envahissent mon esprit. Il vaut mieux pour moi que je les ignore, je pense.

 

Kory (Kruckenberg) m’a dit que tu avais enregistré des chansons dans son studio...Tu projettes de sortir un disque ?

J’essaie déjà de finir de l’enregistrer, mais j’imagine qu’une sortie est prévue sinon ça ne vaut pas le coup de le faire…bien que ça se soit déjà produit avant. Mais oui, j’ai vraiment envie de sortir quelque chose d’une façon ou d’une autre.

 

Portrait et propos recueillis par S.

 

(c) 2012

 

 

 

 

Par Sensation Rock - Publié dans : PORTRAIT/FOCUS
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