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INTERVIEW

Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 09:52

math and tom 2Décidément, le guitariste compositeur Thomas Monica n'a pas fini de surprendre. Le jeune et talentueux Bisontin s'est produit le 3 mai dernier au Zénith de Strasbourg au côté de Mathieu Chedid, rien que ça. Nous nous sommes donnés rendez-vous histoire de savoir comment s'était passé l'événement. 

Salut Thomas! Tout d'abord, comment vas-tu depuis notre dernière rencontre ?
Hé bien écoute ça va super depuis un an et la sortie de mon premier EP. J'enchaîne les collaborations que ce soit au niveau musical que d'autres plus inattendues comme la campagne de sensibilisation pour la SPA avec Cauet dont j'ai composé la musique du projet. Sinon le titre Week End que j'ai enregistré en featuring avec le rappeur Mr Ice est diffusé dans certaines boîtes de nuit japonaises. On peut dire que j'ai fait mon petit bonhomme de chemin... (rires)

Parle nous un peu de cette rencontre avec Mathieu Chedid.
En fait, j'ai participé au concours organisé par Black XS Be A Rock Star en partenariat avec Universal et Mathieu Chedid en envoyant une vidéo où je reprend un de ses morceaux. J'ai été sélectionné pour la région de l'est de la France sur 500 guitaristes. J'ai donc repris à ma sauce le titre Mojo issu de son dernier opus, improvisé un solo et nous avons avec mes partenaires de la Petite Vidéo mis tout ça sur film comme à notre habitude. Une semaine plus tard, je reçois un appel de Mathieu Chedid qui a vraiment accroché à ma vidéo et m'a donc convoqué pour venir jouer avec lui sur scène au Zénith de Strasbourg.

Comment s'est passée cette collaboration ?
Alors la journée marathon du 3 mai 2013 a débuté vers 14h30 dès mon arrivée à Strasbourg. J'ai d'abord enchainé 1H30 d' interview en partenariat avec Universal dont le reportage vidéo sera visible le 1er Juin sur Dailymotion. A 16h30, je suis allé participer aux balances avec Mathieu et ses musiciens dans une entente à la fois très professionnelle mais détendue. Il s'est énormément impliqué à ce que je sois bien entouré et me sente à l'aise. Malgré son statut, c'est une personne vraiment sincère et dotée d'une humanité incroyable. C'est un de mes guitaristes français préférés aussi bien au niveau parolier que musicien. Il a cette façon d'être et de travailler qui me rappelle Prince sur le côté musical et David Bowie sur le point de vue esthétique et mise en scène. Après un moment de repos, je suis monté sur scène vers 22H30 pour accompagner Mathieu et ses musiciens sur Ma Mélodie devant plus de 10 000 personnes en furie totale.

945544 10201135701094254 1671756239 nJustement le fait de ne pas avoir refait de scène depuis la fin de Crossingate et monter sur la scène d'un Zénith plein à craquer ne t'as pas fait l'effet d'un choc ?
Pour être honnête j'ai été plutôt serein car j'ai eu le temps de connaître Mathieu, les musiciens et sa formidable équipe au moment des balances donc le niveau de stress a eu le temps de descendre à ce moment là. Je me suis donc senti à l'aise, presque à ma place à un moment bien précis d'un endroit bien précis...

On voit bien sur des vidéos qui circulent sur le net que le public a l'air enthousiaste.
En effet, lorsque tu fais la première partie d'un géant de la scène tel que -M-, c'est difficile car le public n'est pas là pour toi. Ces groupes ont un mérite énorme et ont la pression de chauffer une foule qui ne te connait pas. A l'inverse j'ai eu la chance de jouer avec Mathieu. Je veux dire il m'a présenté, accueilli comme si l'on se connaissait depuis plusieurs années. Je pense que le public a été touché par cette complicité et donc très réceptif à ma prestation.

Vas-tu garder contact avec Mathieu Chedid par la suite ?
Je pense que oui. De toute manière, nous garderons contact jusqu'au résultat final du concours. Les gens vont devoir voter à partir du 1er juin pour élire la prestation qu'ils ont préféré sur le site Black XS Be  A Rock Star et si j'ai de la chance, je pourrais me reproduire avec lui au Zénith de Paris le 19 juin prochain.

Revenons à ton projet solo: Thomas Monica And The Tangent Universe. Vas-tu conserver le même fonctionnement de composition qui incorpore de la guitare acoustique mêlée à des sonorités plus électroniques ou vas-tu te laisser aller à quelque chose de plus électrique ?
Disons que j'ai 2 modes de fonctionnement. Si je travaille pour un artiste ou un rappeur je privilégie moins la guitare qui est mixée tel un titre radio alors que lorsque je travaille pour moi c'est quelque chose de plus instinctif, quelque chose qui tourne en continue dans ma tête. Prenons l'exemple de Jack White: tu vois ce mec n'est pas forcément le meilleur guitariste au monde mais il a ce quelque chose qui arrive à fédérer les gens. Je pense justement que les personnes sont plus touchées par un univers qui englobe l'instrument sans pour autant faire un album de guitare héro bourré de solos. 

Le concept vidéo clip sera toujours présent ?
Absolument. En ce moment, on a dû ralentir un peu les choses car avec mes collaborateurs de La Petite Vidéo on travaille également pour la publicité. On a tourné il y a 2 mois une vidéo qui devait sortir mais avec les événements actuels et ma préparation pour la scène avec Mathieu Chedid, on a du un peu repousser. Il s'agira d'une nouvelle collaboration avec le rappeur Mr Ice et de son titre Toy Boy. C'était une fois de plus super intéressant de bosser avec lui sachant que ce  mec est bourré de talent et sait bien s'entourer. Tu vois, son collaborateur est Beat-maker aux Etats-Unis et a notamment participé au dernier Wiz Khalifa...Et le plus extra, ce que ces mecs ne se prennent pas la tête. L'idée du partage musical et culturel est quelque chose de primordial.

math and tomPourrais-tu nous faire partager ce que tu écoutes en ce moment. Tes coups de coeurs du moment et découvertes.
Oulà! Question piège ! (rires) J'écoute à fond le dernier Tyler The Creator, un artiste américain et leader de Odd Future, projet hip hop assez classe à l'instar de Pharrell Williams de NERD. Sinon côté français je reviens toujours à ce qu'a pu faire Serge Gainsbourg. Ce mec est une référence universelle et me touche particulièrement. Autrement comme beaucoup de monde j'ai adoré le projet de Yoann Lemoine alias Woodkid ainsi que le dernier album de Phoenix et Biffy Clyro. J'attends avec impatience le nouvel album de Daft Punk qui j’espère sera aussi bon que ce qu'on a pu déjà entendre. Sachant que les mecs se sont produits pour la première fois en studio et non enfermés chez eux en s'entourant de pointures tel que Nile Rodgers de Chic ça à l'air assez prometteur. Sinon j'écoute beaucoup de jazz à la Miles Davis ou encore du piano classique de Rachmaninov mon pianiste préféré. Surtout son concerto n°3 où je pense que je n'en démordrai jamais tellement l'oeuvre est belle techniquement et humainement. Cette référence vient de ma famille où l'on écoute quasiment que de la musique classique mais sinon j'essaye d'être le plus éclectique au possible. je suis par exemple ultra fan de Booba.(rires)

As-tu quelque chose à ajouter à l'attention de nos lecteurs ?
N'oubliez pas de voter du 1er au 16 juin sur Black XS Be A Rock Star via Dailymotion et j’espère que je pourrai vous faire honneur au Zénith de Paris le 19 juin prochain. Merci à Sensation Rock et à tous ceux qui me soutiennent depuis le début.

- Johan.

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Mercredi 13 mars 2013 3 13 /03 /Mars /2013 15:45

De passage à Strasbourg, Sensation Rock a pu intercepter Local Natives, actuellement en pleine bourre pour la promotion de leur second album Hummingbird.

local nativesComment allez-vous vous préparer pour votre concert ce soir ?
Taylor :
En réalité nous n’avons pas le temps de répéter lorsque nous sommes en tournée. En ce moment on travaille sur pleins de choses comme la pochette de notre nouveau single Breakers et sur des nouveaux T-Shirt. Ca demande beaucoup de travaille puisque notre objectif est de faire le plus possible de nos propres mains. On veut vraiment quelque chose de personnel.

Vous venez de sortir votre dernier album Hummingbird en janvier, comment a-t-il été reçu par le public ?
Taylor :
Jusqu’à maintenant nous avons un super retour du public. Je pense que c’est un album qui change beaucoup du premier, et qu’il n’est peut-être pas aussi facile d’accès. Les gens ont besoin de s’immerger dedans pour pouvoir le comprendre. Donc dès la sortie il peut y avoir un peu de confusion, nous avions eu une réaction moins immédiate.

Comment s’est passé l’enregistrement de ce deuxième album ?
Taylor :
Nous avions construit un studio à Silver Lake, Los Angeles, et nous y avons  passé douze heures par jour pendant dix mois. Nous sommes aussi parti dans le désert californien pour enregistrer quelques titres en direct. Cela nous a permis de trouver des éléments clé pour Hummingbird. Nous avions envie de nous couper un peu du monde et de rentrer dans notre bulle, dans le but d’être libre et de pouvoir expérimenter avec pleins de sons et d’instruments. Nous souhaiitons élargir nos limites et essayer d’aller plus loin que notre premier album. Nous avions mis un long moment pour creuser et séparer les bonnes idées des mauvaises. Le désert nous a permis de jouer notre musique de manière plus ouverte et légère. Par exemple, nous avons enlevé beaucoup d’harmonies, remplacé des guitares par un piano. C’est album est plus précieux émotionnellement, c’est un peu le « snapshot » de nos vies pendant ces deux dernières années. Nous avions vécu des moments positifs et négatifs très forts.

Combien de temps avez-vous mis pour créer Hummingbird?
Matt :
En tout, cela nous a pris dix mois pour écrire les chansons et nous sentir prêts pour attaquer le studio. C’est alors que l’on commençait à faire la pré-production et ensuite l’enregistrement qui a duré quatre mois. Nous avions à peu près passé un an et demi dessus.

http://www.cmj.com:8080/wp-content/uploads/2013/01/Local-Natives-Hummingbird.jpgAlors que vous étiez en tournée pour votre premier album Gorilla Manor, aviez–vous déjà des idées en tête pour le prochain ?
Taylor :
Oui, beaucoup des idées de chansons sont nées à cette époque, mais je pense que nous avons beaucoup de mal à finir une chanson en pleine tournée. Chaque membre du groupe apporte sa propre touche à la chanson, donc c’est difficile de finir un titre sur la route. Nous ne pouvons pas à la fois faire des concerts et composer en même temps. Nous devons nous dédier exclusivement à une chose et nous concentrer dessus. Donc aucune chanson n’a été achevée lors de la tournée précédente.

Comment organisez-vous votre set list  pour un concert?
Matt :
En sachant que nous venons de sortir Hummingbird , nous allons jouer une majorité des chansons sur l’album, mais aussi les mélanger avec des titres du premier album. Nous sommes super contents de jouer les nouvelles chansons et de les partager avec le public. Nous sommes très fiers de nos deux albums.

En effet le but principal de la tournée est de jouer le nouvel album. En aviez vous déjà fait une partie aux Etats-Unis ?
Taylor :
Oui, mais juste une semaine, nous sommes principalement restés en Europe pour le moment.

Aviez-vous remarqué une différence entre les réactions des différents pays ?
Taylor :
Il est un peu tôt pour le juger maintenant. Nous sommes passés chez nous, à Los Angeles et ensuite à New York. Mais ce que j’ai remarqué après de nombreuses années, c’est que le plus longtemps un album a été sorti, le plus il a été écouté par le public. Au départ les gens sont plus attentifs à ce que l’on joue de nouveau, et se lâchent sur les anciennes chansons qu’ils connaissent plus. Et après un moment le deuxième album commence à rattraper le premier.

Vous aviez aussi sortit de nombreuses vidéos pour certains de vos titres. Ils ont la particularité d’être assez originaux, comme pour Heavy feet vous faites chanter un sandwich et pour Wide Eyes, vous faites apparaître un requin qui suit un homme partout et qui cherche à emporter sa vie. Pourquoi avez vous choisi de faire des clips tellement originaux et différents de ce que l’on pourrait croire quand on écoute votre musique ?
Taylor :
Chaque clip à sa propre histoire, et j’aime bien le fait qu’on ne se prenne pas trop au sérieux. J’aime bien l’idée d’avoir une vidéo avec un côté comique, qui convient aussi pas mal à nos personnalités. Pour la vidéo avec le requin nous avions de très grandes ambitions, et c’est très dur avec les clips, puisque nous sommes loin d’être des spécialistes d’audio-visuel. L’idée derrière est que Ryan a toujours eu une phobie des requins. Donc nous avions eu cette blague où nous nous sommes dit que si un requin allait sur terre, il serait impuissant puisqu’il aurait peur de tout, donc nous avions prit ce symbole en l’interprétant avec Wide Eyes. Nous avions sorti la vidéo pour Breakers, et c’est un des premiers où nous nous sommes réellement investi dans la direction et sa création. C’est génial à faire, mais très demandant en matière de temps. Pour le clip avec les sandwiches nous avions discuté avec le directeur, et nous souhaitons vraiment intégrer une touche surréaliste à l’histoire.

http://www.welovemusic.fr/img/imgs/article/5986_local_natives___sortira_son_nouvel_album_hummingbird_en_janvier_2013_b5.jpgD’autre part, les festivals d’été commencent à annoncer leur début de programmation, auquel aimeriez vous le plus jouer ?
Taylor :
Mes festivals préférés sont Coachella en Californie, où nous allons d’ailleurs jouer cet été. C’est un festival auquel on tient beaucoup puisque c’est là où nous allions quand nous étions petits. Glastonbury en Angleterre est génial aussi, c’est un festival tellement bizarre et immense, c’est quasiment une ville.

Vous avez aussi participé à une émission américaine, « Late night with Jimmy Fallen » en même temps que Justin Bieber. L’aviez –vous rencontré ?
Matt :
Non, nous ne l’avons pas rencontré. Il avait un très grand entourage. C’était comme on découvrait un tout nouveau monde totalement opposé au notre que l’on ne pourrait même pas essayer de comprendre.

Est-ce que vous aimez sa musique ?
Matt :
Je ne peux pas dire que je suis fan.
Taylor :
J’ai seulement entendu quelques unes de ses chansons. En réalité, je ne connais pas vraiment sa musique, alors je ne peux pas trop juger. Mais je ne pense pas que j’aimerai trop.

Alors lorsque vous êtes en tournée qu’est ce que vous écoutiez comme musique ?
Taylor :
En général je suis obsédé avec Leonard Cohen, Bob Dylan, … Dans le bus, en ce moment on fait passer le nouvel album de Nick Cave qui est génial, je vous le conseil !
Matt :
Portishead est un groupe que quelques uns d’entre nous écoutons en ce moment. Ce groupe est super grand et pas tout récent, donc nous sommes un peu en retard par rapport à cela. Nous avons chacun des gouts différents, mais qui sont très complémentaires.

- Bethany

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 18:39

rbEn plein promo de son excellent quatrième album Off The Map, H-Burns pose sa guitare à Besançon, quelques années après un premier passage à feu Le Cylindre. Sensation Rock a profité de l'opportunité pour s'entretenir avec Renaud Brustlein, heureux de son dernier né enregistré chez Steve Albini. L'occasion pour nous de parler bleu de travail, de Kim Deal, de Bukowski...

Quelles ont été tes inspirations pour Off The Map ?
La cartographie en général. Notamment les liens entre l'art et la cartographie et les livres de José Luis Borges dont j'ai adoré toute la poésie qu'il pouvait mettre dans cette science. Ces notions de déplacements, de limites, de frontières, d'aller d'un point A à un point B et des changements qui accompagnent ce voyage. Le fait de savoir qu'on allait enregistrer avec Steve Albini a également beaucoup influencé l'écriture car je l'ai su très tôt, ce qui a beaucoup joué sur la façon de penser les arrangements.

Justement en parlant de Steve Albini, quelle a été ta première impression quand tu t'es retrouvé en studio avec lui la première fois, connaissant tous les grands disques qu'il a enregistrés ?
En fait, déjà quand tu arrives...Tu vis là-bas pendant trois jours, lui vit là-bas. Tu es chez lui, le mec bosse en bleu de travail qu'il quitte uniquement le soir devant sa télé. Le studio ressemble à un bunker en briques de l'extérieur et à l'intérieur c'est super cosy, t'as des millions de DVD, des mots de tous les groupes qui sont passés. T'as les piaules aussi. Tu as l'impression de rentrer dans une espèce de tanière d'adolescent. C'est un lieu absolument mythique. Sur le frigo par exemple, tu as marqué "Thank You" signé Fugazi. Sur le planning de la chambre où je dormais, la semaine d'après, il y avait Kim Deal des Pixies. Il fallait que je rende la chambre propre pour Kim Deal (rires). C'est un truc assez fou. On a joué sur le matos de Neurosis. Mais à côté de ça, tu n'as pas l'impression de poids, c'est un truc hyper sain, hyper nature. Il ne fait pas de différence entre les groupes, que tu sois Neurosis ou un groupe de la Drôme.

Est-ce que lui t'a amèné des idées de production ou est-ce que toi tu avais déjà ton idée ?
C'est un mélange des deux mais tout se passe naturellement. J'avais une idée précise du disque en tête. Et http://www.dumdum.fr/sites/default/files/styles/300_300/public/pochette/h-burns-off-map.jpgquand tu commences avec Albini, tu parles du disque, tu fais un tableau chanson par chanson et tu décris toutes les ambiances que tu as en tête et à partir de là, et c'est là où réside sa force, c'est qu'il comprend tout de suite où tu veux aller. C'est pile en adéquation avec ce qu'on avait en tête. Le mec c'est un espace de média qui trouve toujours la meilleure façon de sortir ce que tu ressens dans ta tête.

Tes deux premiers albums étaient plutôt folk. Off The Map est résolument rock, chose qu'on avait déjà pu sentir sur We Go Way Back avec des titres comme Half A Man/Half A Freak ou Melting Pot. Est-ce que c'est une évolution que tu avais déjà à l'esprit quand tu as commencé ?
J'ai jamais réfléchi à ça, je fonctionne beaucoup à l'instinct. Et surtout je ne voulais pas faire deux fois le même album. J'ai d'abord commencé dans un groupe de rock qui faisait de la noise/post rock. Et puis j'avais quelques morceaux guitare/voix, avec ce côté folk. Je les ai faits écouter à un mec qui avait petit label. Il m'a dit : "tu les joues comme ça, on les sort comme ça". Je n'ai pas réfléchi. Après je me suis dit "allons plus loin dans le truc folk". Je me suis entouré de cinq/six mecs et on a fait un truc folk un peu plus arrangé. Et là je me dis j'ai fait deux disques folk. Un tout seul, un entouré. Et maintenant ? Je suis un gros fan des groupes des années 90, Pavement, Sebadoh, alors faisons un album nineties de ce que j'aime, de ce qui est une grosse influence dans ma musique. Sur We Go Way Back, on l'a fait mais je pense qu'on était encore un peu entre les deux. J'adore cet album même si avec le recul, j'aurais enlevé deux-trois morceaux acoustiques. Avec Off The Map, j'ai voulu faire les choses jusqu'au bout. Et encore plus avec Albini aux manettes.

Et l'album avec Chris Bailey, a-t-il joué aussi ?
Non, en fait avec Bailey on voulait faire un disque de classic rock, seventies. On avait Creedence en tête. On était dans un gîte avec mon gratteux et son batteur et on a fait un disque de classic rock.

hbbatterieCette collabaration avec Bailey ou celle avec Tony Dekker des Great Lake Swimmers t'ont-elles permis de te faire connaitre en dehors de la France ?
Dekker, que je n'ai jamais rencontré d'ailleurs, c'est les joies de la technologie. En fait, on s'envoyait des mails. Il était OK pour faire un titre ensemble. Je lui ai envoyé les bandes, on a effacé les parties où je chantais (les pistes témoins) et lui a enregistré dessus et voilà ! Mais pour répondre à ta question, pas vraiment. Même si j'ai eu une review dans le Sunday Times ou fait quelques dates au Canada, je ne peux pas dire que ces collaborations m'ont fait connaitre ailleurs.

Justement le fait d'enregistrer avec Steve Albini vont te permettre de te faire connaitre ailleurs, sur le sol U.S. par exemple ?
Aux U.S., je ne pense pas parce que c'est très cher. On jouerait dans des clubs payés 20 dollars et on dormirait dans le camion. Mais c'est très difficile pour un groupe français de s'imposer là-bas car les Américains ne nous considèrent pas comme un pays de Rock'N'Roll. Je considère plus que le fait d'enregistrer avec Albini va m'ouvrir des portes sur l'Europe proche, plus facile d'accès en fait.

Et pour conclure, peux-tu nous dire qu'elle est ta playlist du moment ?
J'écoute beaucoup le dernier Gravenhurst, The Ghost In Daylight, un espèce de truc abyssal, hyper glauque. Et aussi le nouvel album de Mark Kozelek qui s'appelle Like Rats avec des morceaux assez flamenco, guitare/voix, un truc de fou.

Et en livres ?
Le posthume de Bukowski : Shakespeare N'a Jamais Fait Ca. Que des histoires de saoulards dans les trains en France. Mais c'est assez marrant. Par contre, je n'ai pas du tout aimé l'autobio de Neil Young, qui m'a vachement déçu. Je trouve que ça fait un peu trop "Petit Nicolas". Par contre son dernier album Psychedelic Pill est vraiment somptueux...

Interview réalisée par F. & S.

Transcription par F.

Remerciements à La Rodia.

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 15:10

 L'édition 2012 du festival GéNéRiQ vient de prendre fin. 70 groupes se sont succèdés sur les scènes de l'est et parmi eux, une grosse tête d'affiche : The Dandy Warhols. A l'occasion de leur passage à la Rodia, le guitariste Peter Holmström nous a accordé une longue interview.


Dandy-Warhols-2201.JPG

 

Comment se passe votre tournée ?

Très bien pour le moment, on visite des lieux où nous ne sommes jamais allés auparavant. D’ailleurs, c’est notre première fois ici, à Besançon ! Il y a des années et des années, nous étions venus à Strasbourg, et hier soir nous étions à Mulhouse. Mise à part ces villes, c’est notre première fois dans le coin.

 

Alors que je préparais cette interview, je suis allée sur votre site et les premières choses que j’ai découvertes étaient deux chansons de Noël : Silent Night et Little Drummer Boy, êtes-vous déjà dans l’ambiance de Noël ?

Je n’y ai pas vraiment pensé. En tournée c’est toujours bizarre, on est dans notre propre petit monde, alors on oublie où on est. Mais ces deux chansons sont postées tous les ans sur le site gratuitement. Les versions sont assez différentes des originales.

Et je me rends compte que nous sommes déjà le premier décembre et je n’ai toujours pas acheté mes cadeaux !

 

Les Dandy Warhols ont sorti leur dernier album  This Machine  en avril, comment avez-vous trouvé la réaction du public ?

Du point de vue des concerts, la réaction semble être assez bonne, surtout avec la chanson Autumn Carnival, les gens connaissent les paroles, ce qui est assez flatteur. On se rend compte qu’il y a une connexion. Personnellement, je ne fais pas attention au nombre de ventes de disques, cela n’a pas vraiment de sens aujourd’hui. Je n’ai aucune idée de combien on en a vendu, et comment la réception est de ce côté là. Mais en général ça semble assez positif.  

 

Penses-tu que cet album est plus confidentiel, comparé à ceux sortis au début des années 2000 ? 

Tous nos albums sont très personnels, il y a certaines chansons, qui le sont peut-être moins et qui ressemblent plus à une histoire, mais en général, c’est très confidentiel.

 

Vous venez de sortir le clip pour Autumn Carnival il y a quelques semaines. Cette vidéo a été tournée à Blackpool, une ville touristique dans le Nord-Ouest d’Angleterre. Pourquoi avoir choisi ce lieu ?

En réalité, c’est le réalisateur qui l’a choisi, mais je trouve qu’il convient très bien à la chanson. Nous avions vu plusieurs versions du clip, que quelques réalisateurs nous avaient envoyées, et c’est le clip de Thomas Rhazi, qui nous semblait le meilleur. Il a réussi a garder le sens de la chanson en le combinant avec la ville.

 

De plus, Anton Newcombe a fait une remix de la chanson, comment est-ce que ça s’est fait ?

On lui a demandé, ou c’est lui qui nous a proposé, je ne suis plus très sûr. Cela fait tellement longtemps qu’on le connaît et que nous sommes amis, que je suis même surpris que ca ne s’est pas passé avant. Il a déjà contribué par ci par là sur quelques titres, mais c’est la première fois que ce soit lui qui prend le volant et fait son propre remix. Nous lui avons laissé faire ce qu’il voulait, et ça a donné un très bon résultat. C’est Alex James du groupe Blur qui parle des remix en disant « remixer un titre c’est laisser un ami promener ton chien, et qui revient avec un autre chien ».  On ne sait jamais ce qu’il peut se passer. Sur scène, nous n’essayerons même pas de jouer sa version sur scène, nous avions déjà du mal avec nos titres. Je pense que nous aurions besoin de technologie qui ne nous est pas encore connu !

 

Comment allez vous organiser votre set list, avec 7 albums, vous aviez beaucoup de choix ?

Zia, la pianiste et bassiste, s’occupe de ça, je m’en éloigne le plus possible. C’est trop dur, tout le monde a ses chansons préférées, alors enlever des titres du set list est impossible. Je m’écarte de cette décision, comme ça il y a une personne en moins à plaire. Ce n’est pas très grave puisqu’à la fin de la soirée, nous ne nous rappelons plus exactement de quelles chansons nous n’avions pas joué.

 

En mettant de côté The Dandy Warhols, Courtney, le chanteur, travaille sur un autre projet « One Model Nation », peux tu nous en parler un peu ?

Courtney travaillait longtemps sur un script pour un film. Et finalement au lieu d’en faire un film, il a fait un roman graphique. Et puisque One Model Nation était l’histoire d’un groupe, Courtney a choisi de faire une chanson qui accompagnerait le roman. Je crois qu’il essaye d’en faire un film, mais ce processus est tellement long, qui sait ce qui se passera ?!

 

Par ailleurs, vous êtes un groupe qui vient de Portland, aux Etats-Unis, une ville ayant de grosses influences dans la musique alternative et indé depuis les années 70. Est-ce que vous ressentez ça toujours aujourd’hui ?

Oui bien sûr, c’est toujours une ville où l’on peut trouver beaucoup de musique. Tout le monde fait partie d’un groupe, je pense que c’est un bon endroit pour commencer dans la musique, pour ressentir la liberté de la créativité, tu peux faire ce que tu veux. Mais en revanche, c’est difficile d’en sortir. Modest Mouse, The Shins sont de groupes, qui ont réussi à en sortir et qui sont devenus internationaux maintenant.

 

Est-ce que le groupe se sent toujours attaché à cette ville de Portland ?

Oui, nous avions un studio et des racines qui sont là bas. Ca serait très dur pour nous de partir. Mais je pense que si mes parents n’habitaient pas là bas, je déménagerais quelque part comme notre batteur qui habite maintenant en Australie. Je ne sais pas où j’irais, ca fait partie du problème. J’adore Londres, mais c’est très cher, Paris, c’est joli, Barcelone aussi. Je crois que d’être en tournée tout le temps fait que je n’arrive pas à me décider où j’aimerais habiter. J’ai l’occasion d’aller presque partout pour le moment, mais si jamais cet aspect de mon travail prend fin, je penserai peut-être à déménager quelque part.

 

The Dandy Warhols semble avoir une connexion proche avec le public français, d’ailleurs le concert de ce soir est complet ?

Oui c’est incroyable de penser qu’on n’est jamais venus dans ce coin, et qu’on ait cette réaction là. Hier soir à Mulhouse c’était la même chose, Rouen et Paris aussi. Ce sont certains lieux que nous ne connaissions pas du tout, j’aurais pensé devoir faire au début des concerts à un très petit public, mais ce ne semble pas être le cas.

 

Vous êtes amis aussi avec Nicolas Cirkis d’Indochine, comment vous êtes vous rencontrés ? 

Nous l’avions rencontré lors d’un festival il y a quelques années au Luxembourg. Je pense que l’on connaissait le groupe, mais pas ce qu’il faisait. Courtney est le plus proche de Nicolas, mais à chaque fois que l’on est à Paris on le croise.

 

Que penses-tu de la musique française ?

D’après ce que je connais, elle me semble très bien. Bien sûr Daft Punk, Air, sont des groupes étant apparus en même temps que nous, et nous ont influencé sur notre musique et sur ce que l’on a fini par faire. On croise Phoenix partout dans le monde ; d’ailleurs, c’est dommage qu’ils prennent autant de temps pour sortir leur dernier album.

Courtney, lui, est obsédé par la nourriture française et le Bordeaux, donc en général le groupe est très lié à la France.

 

Vous aviez fait un concert complet à l’Olympia de Paris en avril aussi, comment étais-ce pour toi ?

L’Olympia est sans doute, ma salle de concert préférée. C’est super de jouer dans une salle aussi grande, mais d’avoir une intimité avec le public. Je ne sais pas si c’est une des caractéristiques de cette salle, mais c’était vraiment génial.

  

Alors qu’est ce qui vous attend après ce concert à Besançon ?

Nous avions encore quelques dates en France, ensuite nous faisons une tournée de Noël aux Etats-Unis vers Portland. Nous allons commencer à réfléchir sur ce que nous souhaitons faire l’année prochaine, puisque c’est le treizième anniversaire, de Thirteen Tales. Donc on va rejouer l’album du début à la fin exactement comme nous l’avions enregistré. On va avoir deux/trois musiciens de plus, et on se concentrera sur la mise en scène et les lumières. En plus de ça, nous allons ressortir l’album avec des titres bonus. Donc déjà beaucoup de choses qui s’annoncent pour 2013 !

 

 

Interview réalisée par Bethany.

 

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Vendredi 9 novembre 2012 5 09 /11 /Nov /2012 19:01

En octobre dernier, Tom McRae était de passage dans la capitale comtoise pour la promotion de son dernier album From The Lowlands . Un tour en solo et en acoustique qui fit étape à la Rodia et permit de redécouvrir cet artiste finalement trop méconnu. Sensation Rock a pu rencontrer le guitariste, un type simple et drôle et qui a su prendre du recul vis à vis du "music business".

 

Tom-McRae 1916Tu viens de sortir ton dernier album,From the Lowlands, sans label. Pourquoi ce choix de travailler seul ? Est-ce à cause d’un conflit ?

 

Non, j’ai été signé à des label majeurs pour la majorité de ma carrière, et il y a quelques années, en me séparant de mon dernier label, je voulais voir si je pouvais y arriver tout seul. Puisque le monde de la musique d’aujourd’hui évolue dans cette direction. Et ca aurait été assez facile pour moi d’aller vers un label et de leur laisser faire la publicité, mais tu n'auras jamais la garantie qu’il fera le plus pour toi. Je voulais donc tenter de sortir un album, mais cette fois-ci avec un label  non-commercial. Mon album ne passera presque pas à la radio, il aura beaucoup moins de publicité. Je me suis dit « je commence petit et je vois comment ca progresse », j’apprendrai beaucoup pour le prochain album, et je verrai si je souhaite retourner vers un grand label, ou pas. Parce que c’est assez amusant de le faire seul, j’ai plus de contrôle.

 

Personnellement comment te sentais-tu une fois libéré du label ?

 

Ca a été très bien, je dois avouer que j’ai beaucoup apprécié de faire l’album sans inclure d’autres personnes à part moi et mon groupe : cette liberté est géniale. Le monde est en train de changer pour les musiciens si rapidement que c’est presque un désavantage d’être attaché à un label, puisqu’ils ne savent pas comment changer de direction à mi-chemin, ni d’avoir un plan B, C ou D. Ils n’ont qu’une idée en tête. Si tu peux survivre sans un label, je pense qu’il y a plus d’opportunités. Je peux, de sûr, en profiter beaucoup plus, autant du côté de l’enregistrement que du côté business. C’est beaucoup de travail mais, encore une fois, plus amusant.

 

Comment s'est passé l’enregistrement de cet album ?

 

Chaotique je dirais, comme tous mes albums. Puisque la technologie a tellement progressée. Aujourd’hui lorsque je commence à enregistrer je fais des démos, qui souvent terminent par être les albums finis. Alors je travaille sur Pro Tools dans mon propre studio, ensuite je vais dans un plus grand studio avec mon groupe et on s’éclate à essayer plusieurs versions, et à la fin je retourne et mixe le tout dans mon studio. Donc, je ne le justifierais pas d’un processus relaxant, mais plutôt quelque chose de cyclique où j’arrive à avoir le temps de considérer le produit fini en l’enregistrant, en le mixant… Je me sens maintenant moins sous la pression d’avoir le produit fini, à l’inverse de quand j’étais signé à un grand label et que j’avais quelqu’un qui me montrait l’heure et me disait « tu n’as plus de temps ». En commençant cet album je n’avais déjà plus d’argent, donc ça ne changeait rien, chaque chose est venue en son temps et c’était plus amusant. Chaotique, mais bien !http://musicandstreet.com/wp-content/uploads/2012/10/2616736473-1-e1349447916316.jpg

 

Tu sembles lancer un album assez régulièrement, est-ce devenu une habitude ?

 

Je crois que je sors un album lorsque j’ai quelque chose à dire, où d’essayer de me reprendre du dernier album. Alors à chaque fois que je sors un album, je me dis « oh j’ai fait ça de faux », donc j’essaye de me rectifier en faisant un autre album : c’est comme un remède du précédent. Heureusement ou malheureusement, chaque album que je fait ne semble pas me satisfaire ; au final ça me prend un an pour me pardonner, un an pour recommencer, ensuite quelques mois, et je retourne dans le studio.

 

Crois-tu qu'un jour tu seras guéri ?

 

Je ne sais pas, je suppose que chaque artiste, chanteur, musicien, pense que le mieux est encore à venir. Avec tout ce que Paul McCartney a fait, il doit se dire que sa prochaine chanson va être la bonne. A mon avis il faut penser comme ca, même si ce n’est pas juste. Mon meilleur travail sera toujours devant moi. Mon prochain album va être incroyable! [rires].

 

Tu devais lancer From the Lowlands avec ton dernier album Alphabet of the Hurricanes. Est-ce que cette version que tu as préparé il y a deux ans, a changé de celle que tu as lancé en 2012 ?

 

Oui, cette version a changé, j’ai écrit quelques chansons en plus, et j’ai changé de maison. Les mêmes types de thèmes étaient récurrents dans certains titres. J’avais seize, dix-sept chansons, pour ce que je pensais être un double album. Finalement, celles qui n’ont pas fait partie d’Alphabet of a hurricane sont maintenant Tom-McRae 1915dans From the Lowlands. Ensuite j’en ai rajouté quelques unes, et lorsque l’album commençait à prendre forme, et avoir une entité différente que l’album précédent ; j’ai commencé à regrouper le « feeling » de la production entière. Par exemple j’ai rajouté une reprise de Sloop John B de The Beach Boys, qu’on m’avait demandé de faire pour un magasine, et qui semblait aller avec l’album. Je ne suis jamais trop précieux, je veux toujours que l’album soit le mieux possible.

 

Cet album est très intime, il n’y a qu’un piano et une guitare, est-ce que tu voulais créer une rupture avec ton dernier album ?

 

Je ne l’ai pas fait exprès, non. Puisque je pensais, qu’en le mettant avec le dernier album il y aurait des contrastes, alors que le dernier album à lui seul n’en a pas. Donc avec un album très intime, il peut être soit rythmique, soit plutôt lent. En choisissant l’un ou l’autre, une certaine ambiance se créée et prend en charge les quarante minutes de l’album. Je trouve cette unité cool. Je ne pars jamais avec une certaine intention. Je n’essaie jamais d’en faire trop non plus, je fais les choses simplement come elles viennent.

 

Alors l’idée de faire une tournée tout seul pour renforcer cette intimité est survenue ?

 

Oui, depuis que j’ai commencé la promotion de mon premier album il y a quinze ans, je n’ai jamais tourné seul en Europe, seulement aux Etats-Unis. J’avais déjà fait à peu près chaque variété de tournée (duo, trio, groupe…).  Cette fois je voulais me donner un challenge, c’est un vrai test de tourner en solo. Je me suis donc dit lorsque j’arrive à avoir un album qui conviendrait avec une tournée solo, je sauterais sur l’occasion.

 

Ta musique est qualifiée de folk, et en ce moment beaucoup de groupes de ce genre deviennent de plus en plus connus. Comment pourrais-tu expliquer cela ?

 

Je pense que cela arrive de manière cyclique, si tu aimes la musique et que tu ne suis pas la mode, tu te trouve assez isolé en tant que fan de musique. Lorsque des groupes apparaissent en utilisant de vrais instruments, avec de supers arrangements, composant des chansons fantastiques, mais avec de choses simples comme de bons refrains et de bonnes harmonies, les gens y répondent puisque c’est quelque chose d’organique, de naturel, qui n’est pas surfait. La musique laisse parler le chant et les instruments pour eux mêmes. Et si tu es un vrai fan de musique il y a un moment dans ta vie où cela te plait beaucoup, surtout lorsque les palmarès de la musiques, sont remplis de titres commerciaux, et qu’il y a X Factor et Pop Idol à la télé.


Tom-McRae 1927

 

La musique tournera encore une foi, l’électro et le dance tiendront toujours une place aussi importante. Mais pour l’instant les gens apprécient  de la bonne musique naturelle et simple. En plus de cela, l’industrie très fracturée de la musique, attire un public qui aime cette bonne musique. De nos jours, les gens achètent ce qui leur est dit d’écouter comme Dido ou autres… Lorsque les fans s’accrochent sur un groupe ils ne le lâchent pas. Par exemple, Mumford & Sons sont énormes, d’une taille dont je n’aurai jamais pensé qu’un groupe de leur genre aurait pu atteindre. De même que  Ben Howard ; je suis super heureux qu’il se développe autant qu’il le fait ; il y a dix ans, cela n’aurait jamais pu se passer. Le succès inattendu d’un groupe est une des choses les plus positives dans la musique.

 

Est-ce que tu apprécies ces groupes ?

 

En effet oui. Par contre, Mumford & Sons, reçoivent beaucoup de mauvaises critiques de la part de la presse, spécialement en Angleterre, puisqu’ils sont de plus de plus connus, et que la presse anglaise déteste les gens connus. D’accord ils écrivent un certain type de chanson, pour avoir un tel impact en live, mais ce n’est pas mauvais, il y a des choses pires qui sont plus connues. Le mieux c’est qu’ils s’éclatent et en plus leurs chansons tiennent la route. Il y en a peut-être que trois d’entre elles qui sont connues, mais je trouve qu’il les font très bien ; et personnellement je n’ai que trois chansons de connue. Bien sûr Ben Howard est aussi un vrai talent. Ce genre de musique me plait, puisque l’instrumentation est a mon goût.

 

Ecoutes-tu des groupes Américains aussi ?

 

Oui, en effet beaucoup de mes groupes favoris sont du genre americana. J’aime beaucoup Jeff Tweedy, Gillian Welsh… Nombreux compositeurs n’arrivent sûrement pas à percer en Europe, mais aux Etats-Unis ce sont des superstars. Je trouve que je suis de plus en plus attiré vers la musique country, je fais un retour vers mon passé. Cette décennie voit plus de country et peut-être la prochaine ce sera blues, et après ça je ne sais pas ce que j’écouterai. Je crois que l’on a plus tendance à retourner sur ce qu’on écoutait en étant jeune lorsqu’on grandit.

 

Trouves tu que ta musique est reçue différemment selon où elle est jouée ?

 

Pas forcément par les publics. Quand les gens choisissent d’aller voire un concert, ils savent quelle musique ils veulent aller écouter. Mais à cause des médias, il y a des cycles de mode qui se mettent en place.  Par exemple, en Angleterre, puisque c’est un pays tellement petit, les gens se lassent vite d’un groupe et passent à un autre rapidement. De plus, il y a trois journaux et cinq magazines différents qui peuvent se lasser de toi après deux semaines. A l’inverse, aux E-U, il y a des stations de radios indés, de campus, et ça peut te prendre deux ans pour traverser tout le pays, tellement il est vaste. Je trouve que dans certains pays je suis beaucoup plus écouté qu’en Angleterre où je semble être juste ce type qui fait de la musique depuis dix, quinze ans, mais qui est un peu ignoré. Ca ne me gène pas puisque je peux vite aller en France ou aux E-U, et c’est différent là-bas.Tom-McRae 1917

 

Tu as un lieu où tu aimes jouer le plus ?

 

Evidement Besançon est en premier sur ma liste [rires]. En général, j’aime jouer n’importe où je suis, et c’est trop facile de dire qu’un pays est mieux que l’autre , puisque je trouve toujours que les gens sont pareils, ca ne dépends pas du pays d’origine. Tu te sens bien bien lorsque tu es dans un pays qui ne t’es pas familier et que tu es bien accueilli. Lorsque tu y vas en temps que touriste, et que les gens t’accueillent dans leur ville, c’est super, mais quand tu te présentes dans une salle pour faire un concert et  que tu es accueilli par des gens dont l’anglais n’est pas leur langue maternelle,  qui ont du faire beaucoup de recherche pour trouver ta musique et ont surmonté de nombreux obstacles pour être dans la même salle que toi à t’écouter, cela m’honore, et me soulève le moral. Cela me donne envie de faire encore plus pour eux.

 

J’ai entendu que tu aimais Bashung, tu as même fais une reprise d’une de ses chansons, comment t’es tu sentis en apprenant de sa mort ?

 

Je devais probablement être la seule personne en Angleterre à avoir réalisé qu’il était décédé. Je l’avais rencontré quelques années auparavant en faisant sa première partie lors d’un concert à Toulouse. A cette époque là je ne le connaissais pas, même aujourd’hui je ne prétends pas l’avoir connu. Mais son implication dans la musique et la culture française a été très intéressante. On ne doit pas avoir beaucoup de personnes qui pourraient être l’équivalent de lui en Angleterre. Nous n’avons personne pouvant faire de la musique très commerciale, mais tout en ayant des paroles très symboliques. Pour moi il était doté d’un caractère intéressant, mais mieux que ça, ses chansons étaient superbes. Celle que j’ai choisi de reprendre est une dont les paroles sont très importantes, très politiques et très parlantes, mais sous forme de chanson pop à laquelle les gens peuvent chanter. Je trouve ça très intelligent. Il sera très manqué.

 

Propos recueillis par Bethany, Bob & -F.

Traduction Bethany.

 

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Samedi 25 août 2012 6 25 /08 /Août /2012 17:33

The Stars Are Indifferent To Astronomy, sixième album de Nada Surf, est dans les bacs depuis le début de l'année. Le groupe est en plein tournée marathon et Sensation Rock a profité de son passage au Rock Altitude Festival du Locle pour rencontrer Matthew Caws. 45 minutes d'échange avec un mec simple et humble, disquaire à ses heures perdues. C'était l'occasion pour nous de parler de philosophie, de nature, de Bob Dylan... et de Twilight.

 

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Sensation Rock: Quelle est la signification de  « The Stars Are Indifferent To Astronomy”?

Matthew Caws: C’est une expression de mon père. Il est prof de philo. C’est quelque chose qu’il dit en classe de temps en temps pour illustrer le fait que l’homme n’est pas si important qu’il croit. La longue version c’est : « Un oiseau ne sait pas qu’on l’appelle un oiseau. Un chien ne sait pas qu’on l’appelle un chien. Et les étoiles ne savent pas qu’on leur a donné des noms et ça leur est égale ». Pour moi, ça en dit beaucoup sur l’humilité qu’il nous manque fasse à la nature. J’ai vu un titre fantôme caché derrière celui-là : "Le changement de climat est indifférent à notre opinion". Aux Etats-Unis encore récemment beaucoup de gens ne croyaient pas que le climat changeait et que l’homme était impliqué là dedans. Et ces personnes ne vont pas être sauvés par leurs croyances. On est si sûr de nous maintenant avec toutes les technologies qui nous supportent et illustrent notre vie et nous amusent. On perd le rapport avec la réalité.

 

 

http://www.pose-mag.fr/wp-content/uploads/2012/01/Nada-Surf.jpgL’album est résolument rock, à l’image de High/Low ou de The Proximity Effect. Est-ce un retour aux sources ? Une remise en question ? Surtout qu’il a mis 4 ans à venir...

Ce n’est pas une remise en question mais un retour à notre ancienne façon d’enregistrer. On ne pensait pas beaucoup, on jouait les chansons devant les micros et voilà. Les autres albums - dont je suis fier - ont un petit problème. J’écris assez rapidement mais dans le studio on se ralentissait exprès, puisqu’il fallait être mature mais après on tournait, on jouait ces chansons comme je les avais écrites, donc assez rapidement. En fait, on aime quand ça envoie. On voulait avec ce disque enregistrer quelque chose qui serait sur scène comme en studio. Avant, je finissais d’écrire les chansons en studio. Là je me suis dit: "C’est bon, on va être sérieux, on va faire nos devoirs". Et c’est pour ça que l’album a été enregistré rapidement. Les prises basiques guitare-basse-batterie ont été enregistrées en 4-5 jours. C’est pour ça que ça peut te faire un peu penser à notre ancien style.

 

Mais ça dépend aussi de la personne avec qui vous travailler. C’est lui qui vous pousse, le producteur...

Chris Shaw nous a beaucoup aidé. Il est très rapide. Il a fait des disques avec Public Enemy, Wilco, Bob Dylan. Quand tu travailles avec Dylan, il faut que les micros soient allumés, qu’ils sonnent bien, qu’il soit prêts à enregistrer. Si Dylan pose sa guitare et se lève pour aller jouer du piano, tu ne peux pas le faire attendre. Chris travaille comme ça, comme on voulait un disque qui garde l’énergie de la salle de répèt’, le son qu’il trouvait immédiatement était excitant. Et ça frappe dur dès la première prise. Et c’est pour ça que The Stars Are Indifferent To Astronomy sonne si spontané.

 

Depuis vos débuts, l’enfance et l’adolescence sont présents dans vos productions. C’est une source inépuisable d’inspiration pour vous ? Une sorte de nostalgie ?

Je ne sais pas ce que c’est. Pas nécessairement de la nostalgie. D’une certaine manière c’est la seule vie que je connaisse. J’ai été certainement adolescent jusqu’à l’âge de 30 ans (rires). Et puis je suis dans un groupe de rock. Ce n’est pas vraiment une carrière qui te permet de mûrir. C’est un peu aussi la seule vie que je connaisse, mais aussi, s'il y a de la nostalgie, ce n’est pas nouveau. Quand j’avais 25 ans, j’étais nostalgique de mes 22 ans.

 

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Un EP acoustique, The Dulcitone Files, accompagnait la sortie de The Stars Are Indifferent To Astronomy. Envisagez-vous un jour de faire une tournée ou un album complètement acoustique ?

On a fait un petit peu des tournées acoustiques. En Espagne notamment. C’était sympa. Mais j’aime beaucoup jouer comme ça, à la radio ou chez les disquaires. On s’entend mieux chanter. Mais je sais pas si on va faire un disque.

Dans le cas présent, j’ai fait ça car il nous fallait des faces B. J’étais en Angleterre. J’étais tout seul. Je ne  connaissais personne. Il y avait un pub pas loin de chez moi et un flyer qui disait « Wedsneday Night –Cambridge Songwriter Night ». Je ne voulais pas y aller et rester à la maison. J’ai fait un effort. Je suis allé au bar. J’ai parlé au gars qui organisait le concert. Il me dit quel groupe ? Nada Surf ? Je crois qu’on a joué avec vous en Allemagne. Prend ma guitare, tu joues dans 5 minutes. Et le mec avait un lapsteel, un son très western. Il était très bon, ce mec ! On discute encore après et il me dit qu’il a un studio dans une petite église abandonnée à 30 km. Un studio incroyable. On a fait ce Dulcitone Files en quatre après-midi, à l’arrache mais relax.

 

Dans 4 ans, ce sera les 20 ans de High/Low ? Est-ce que vous envisagez de faire quelque chose de spécial, une tournée unplugged, un album acoustique, enfin quelque chose qui serait différent d’une simple réédition d’album ?

C’est pas mal comme idée. L’année prochaine c’est aussi les 10 ans de Let Go. Je réfléchis mais je me dis pourquoi pas 15 ans. On va attendre.

 

La chanson Jules And Jim devait figurer sur la B.O d’un des Twilight. Pourquoi ça ne s’est pas fait ?

On nous l’avait commandé. Je l’ai écrit. L’enregistrement, l’arrangement et le feeling n’était pas aussi bon que celui du disque. Ils n’en ont pas voulu. Et honnêtement, je suis assez content qu’ils ne l’aient pas pris. Car j’aime ce morceau et je voulais l’avoir sur le disque. En plus cette histoire est assez personnelle. J’étais dans un triangle émotionnel, j’avais beaucoup de sympathie pour nous trois, pour ce mec et cette fille et on était tout simplement trop humain, je m’identifiais en eux. D’où le refrain de la chanson « I am Jules and Jim. I am Catherine ».

 

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On parlait de triangle, de trois personnes. Pourtant maintenant sur scène vous êtes cinq. Est-ce uniquement pour la tournée ou va-t-on voir le groupe s’étoffer ?

En fait, on est au moins quatre maintenant. Je n’aime pas jouer sans ces deux gars-là mais au moins Doug Gillard à la guitare. Ce n’est plus comme avant, je ne prend plus autant de plaisir à jouer à trois. J’ai adoré cette époque, ce côté punk, mais maintenant qu’on a pris l’habitude de jouer à deux guitares, je ne me vois pas revenir en arrière. J’ai goûté à un autre repas, je veux l’autre repas maintenant.

 

Vous tournez beaucoup. Où avez-vous ressenti le meilleur accueil ?

C’est souvent dans les pays où on n’est pas joué depuis longtemps. Par exemple, le mois dernier, on était au Brésil, on n’y était pas allé depuis huit ans. Le public était extra, ils avaient des pancartes avec les titres des chansons. L’Irlande, l’Espagne, la France ou la Suisse aussi, c’est incroyablement fort. J’adore jouer au Japon aussi. Mais même aux Etats-Unis, dans des villes qu’on ne visite pas beaucoup, comme Austin aux Texas, c’est génial. En fait, je n’ai pas de réponse.

 

Vous avez maintenant six albums à votre actif. Si tu devais les classer par ordre de préférence?

Ah.. En premier, je dirais Let Go. Ensuite The Stars… Enfin c’est normal de dire que ton dernier disque est un des meilleurs. Mais sincèrement, j'adore le dernier.

 

Let Go est important parce qu’il a fait exploser votre popularité. C’est celui que le public aime le plus...

Oui, c’est celui que le public aime le plus. Mais pour moi c’est aussi synonyme d'une période spéciale où on n’avait plus de carrière, plus de maison de disques et comme The Proximity Effect était bloqué.. J’avais trois ans à ne rien faire, je bossais chez le disquaire du coin et j’écrivais quand ça me parlait, je vivais, c’était une période de luxe et d’exploration musicale qui me tient très à cœur.

 

Et puis High/Low est un album qui n’est connu que pour une chanson. Tu le classes plus vers la fin, tu en a marre de cet album ?

Ce n’est pas ça. Je ne l’aime pas autant que les autres. Il y a certaines chansons que j’aime beaucoup mais c’est à partir de Let Go que je me retrouve plus dans la musique. High/Low est un album où on se cherchait et le groupe n’était pas encore formé. Quand Ira est arrivé, les chansons ont été écrites et arrangés sans lui.

 

Sur tous vos albums, il y a toujours une chanson qui contraste avec les autres. Ici c’est When I Was Young. Sur Lucky, See These Bones. Sur The Proximoty Effect, 80 Windows. C’est un titre sur lequel tu as travaillé beaucoup plus?

C’est vrai sur When I Was Young. J’ai écrit le refrain il y sept ans. Sur Lucky, il y a Are You Lightning? Huit ans pour celle là. C’est une question au début et c’est le temps pour trouver la réponse. Toutes ces chansons sont les plus lentes sur le disque. Pour When I Was Young, Doug m’a aidé pour les arrangements. Mais c’est aussi les chansons les plus lentes. Mais je ne pourrais pas en faire que des comme ça. J’aime quand ça envoie. Sinon, on s’ennuierait  (sourire).

 

Interview par Bob et - F.

Retranscription par - F.

Remerciements à Lucie Courvoisier.

 

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Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Mercredi 11 juillet 2012 3 11 /07 /Juil /2012 18:08

L'été est finalement arrivé (enfin si on veut). Et avec lui, la découverte d'un album pop-folk plein de fraîcheur, idéal pour accompagner les soirées interminables du mois de juillet. Just For Oliver's Fun est donc la première production d'Oli & Sam, un duo qui a su faire entrer dans sa bulle juste les personnes nécessaires à la création d'un premier album réussi. Il fait chaud en cette fin juin. Et ça tombe bien, la clim vient juste d'être allumée, c'est l'happy hour, les engins du chantier du futur tram bisontin sont allés se coucher. C'est parti pour la rencontre avec Charlie et son drôle d'homme Renaud. On se dépêche avant que la bière ne fasse trop d'effet...


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Trois semaines après sa sortie, quels ont été les premiers retours pour Just For Oliver's Fun?

Renaud: Les retours ont été plutôt bons. Même s'il est vrai que pour l'instant, la diffusion de Just For Oliver's Fun est assez restreinte à un cercle autour de nous

Charlie: Sur les 300 disques que nous avons autoproduit, déjà la moitié a été distribuée. Et on est assez content car les ventes en ligne commencent à décoller, ce qui démontre qu'on commence à sortir de ce cercle d'amis et d'amis d'amis. On a également des retours de la part de professionnels, qui même s'ils n'aiment pas l'album nous félicitent pour la production. En revanche, on nous reproche toujours un peu de ne pas chanter en français. Mais notre travail est reconnu et c'est ce qui importe le plus.

 

A quand remonte ce projet?

C: Il y a un peu plus de deux ans, en mai 2010, sur une pelouse de la Gare d'Eau...

R: Le projet initial était de faire des chansons simples, guitare acoustique/voix. 15-16 chansons ont été écrites, puis certaines mises de côté pour arriver en enregistrement avec 10 morceaux. Mais avant ça, il y a eu un long cheminement, je dirais d'à peu près un an, le temps de se poser, de les faire murir, de retravailler les textes. Le temps en studio étant compté, on voulait arriver en sachant ce qu'on voulait.

 

Vous aviez déjà enregistré le disque par vos propres soins avant une deuxième session en Suisse. Cette session a-t-elle beaucoup changé la couleur initiale que vous vouliez donner à l'album?

C: Le projet avait donc commencé par de simples compositions à deux, guitare et voix, puis on a intégré les autres musiciens qui grâce aux apports de la basse et de la batterie ont fait grandir les morceaux, mais tout en gardant un certain côté brut. Il y  avait surtout une appréhension en rentrant en studio de perdre justement ce côté brut.

R: Initialement, nous avions juste demandé à Xavier Dromard de mixer l'album, lui qui en tant qu'ingénieur du son à une autre oreille que nous. Mais celui-ci a proposé d'aller plus loin en réenregistrant complètement l'album mais en y intégrant des arrangements auxquels nous n'aurions jamais pensé.

C: Et surtout il a su garder l'âme du projet. Même si certains titres en ressortent "électrisés", les arrangements servent le projet sans transformer les chansons.

R: L'enregistrement fût une expérience incroyable. On est resté 10 jours à vivre ensemble, enfermés dans notre bulle du studio, sans voir personne, dormant sur place. Et nous avons pu y inviter des amis à venir faire quelques claps et prendre part au projet, le but du groupe ayant toujours été de partager.

 

530297 357082907671151 1587902970 nL'enfance est très présente dans les textes (Exquisite, Rocket Ship Toys). Et aussi une touche de nostalgie (Xmas Song). Vous avez peur de grandir?

C: Je me reconnecte souvent avec mon enfance. Mais non je n'ai pas peur de grandir. Mais il est important de ne pas oublier l'enfance. Et d'ailleurs au fond, jouer de la musique, n'est-ce pas s'amuser?

R: Nos enfances ont été heureuses. Il est donc facile de se reconnecter avec ces moments là. La pochette s'inspire de cette époque. On aime le vieux son des jouets Playschool, ce côté acoustique, simple qu'on a voulu traduire dans notre musique.

C: Les histoires d'enfance sont meilleures que les histoires d'adultes. Et je vois la nostalgie comme quelque chose de positif, à l'opposé de la mélancolie.

R: On se souvient que des bonnes choses. Et on n'a pas peur de grandir avec de bons souvenirs...

 

Je crois savoir que vous voyagez beaucoup. Ces voyages ont-ils été une inspiration pour les compos? Je pense par exemple à Weirdos et son côté flamenco...

R: Les voyages certes forment l'esprit. Mais je ne compose pas pendant mes voyages, mais peut être qu'inconsciemment cela joue après. D'ailleurs les chansons ont été écrites avant que nous commencions à bouger.

C: J'ai beaucoup voyagé toute petite. Cela a certainement permis de me rappeler des ambiances. Mais elles viennent surtout de mon père qui est musicien et qui écoutait énormément de choses différentes à la maison.

R: Par contre, on pourrait dire que nos chansons sont un peu comme des cartes postales.

 

A ce propos, quels artistes vous ont influencé pour l'écriture de Just For Oliver's Fun?

C: Je ne peux pas te dire de nom précis, même si inconciemment il en existe toujours.

R: On a des goûts communs mais aussi beaucoup de différents. Mais il n'y a pas vraiment d'inspirations précises pour ces morceaux. Et quelques part, si quand j'écoute un artiste et que j'écris ensuite un morceau qui y ressemblerait trop, je préfère le mettre de côté.


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Et en ce moment, vous écoutez quoi?

C: Beaucoup de groupes Bisontins et Dijonnais. Je m'intéresse beaucoup à la scène locale. Aussi We Were Evergreen. Et pas mal de filles: Camille, Skunk Anansie...

R: Syd Matters pour le côté poétique. Muse comme toujours. Calvin Russel, Chinese Man pour la recherche de son. Et aussi le Dig Out Your Soul d'Oasis, qui je pense de plus en plus est leur meilleur album.

 

Il est impossible de passer à côté de l'artwork du CD. D'où vous est venue cette volonté de mettre autant d'importance à l'habillage de l'album?

R: On voulait vraiment faire un objet-disque.

C: C'est l'envie d'offrir un bel objet. D'où la petite série éditée car l'objet intéresse maintenant peu de monde. Et je suis graphiste et je pense que l'univers graphique est super important.

R: Quand on s'est engagé dans le projet, dès le début on savait qu'on voulu un objet à offrir, avec un livret à feuilleter.

C: Et on espère un jour pouvoir le sortir en vinyle...

 

Et quels sont vos projets maintenant? Des dates?

R: Une semaine de répétitions est prévu, toujours en mode "bulle", afin de pouvoir bosser les chansons et de pouvoir les jouer live.

C: Tout ce qu'on veut, c'est pouvoir transmettre notre musique et son ambiance, de pouvoir jouer dans des endroits intimistes, un appartement par exemple ou un peu original comme une galerie d'art. On en saura plus à la rentrée...

 

Propos recueillis par F.

 

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Photos propriété d'Oli & Sam.

 

2333162642-1Just For Oliver's Fun est disponible au magasin Chapitre-Forum de Besançon (25) et Cultura ou par simple contact avec Oli & Sam via oliandsam.bandcamp.com

Et bientôt disponible en numérique, à suivre sur la page Facebook du groupe.

Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 19:56

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Au cours des dernières semaines, l'agenda de Joan Shelley a été bien rempli. Un second album solo (Ginko) et une collaboration avec Daniel Martin Moore (Farthest Field) ont successivement rempli les bacs des disquaires. Malgré un emploi du temps chargé, la demoiselle nous a accordé un moment afin de répondre aux questions de Sensation Rock.

  

Ginko est sorti il y a un mois maintenant. Comment a-t-il été reçu?

Ginko a reçu un accueil très positif. Bien sûr, il reste confidentiel à un petit groupe de personnes, ceux qui ont pu me voir en concert ou qui en ont entendu parler à travers les musiciens avec qui j'ai collaboré (Cheyenne Mize, Ben Sollee, Daniel Martin Moore, Joe Manning, Nathan Salsburg ou encore Maiden Radio). Les quelques chroniques que j'ai pu lire ont été positives. Je suis simplement heureuse que les gens puissent avoir une chance d'écouter Ginko.

 

On sent que ce nouvel album est plus mature que son prédécesseur By Dawnlight. L'écriture et l'enregistrement ont-ils été différents?

Les chansons écrites après By Dawnlight sont une progression naturelle qui je crois démontre mon évolution en tant que compositrice. Mais le changement le plus spectaculaire vient de la production et encore plus de Kevin Ratterman, qui a enregistré et mixé Ginko. L'esthétique de Kevin est très organique, il laisse la place pour que tout sonne naturel mais avec juste l'imagination requise pour capturer des moments étranges, presque d'un autre monde. La structure de l'album a été réalisée par Dan Dorff (batterie), Ben Sollee (basse) et moi-même. On s'est retrouvé avant les sessions d'enregistrement pour travailler sur les arrangements et ils ont écrit leurs parties. Nous avons essayé d'être les plus spontanés possible. Une grande vie respire à travers les chansons, qui aurait pu être perdue en multipliant les prises.

 

La musique et les paroles sont parfois sombres et  on ressent une sorte de tristesse et de nostalgie à l'écoute de Ginko. Où puises-tu ton inspiration?

J'aimerais te dire exactement comment ça vient (alors je pourrais vraiment en tirer profit!), mais mes chansonsjoan shelley - ginko viennent sporadiquement et de façon imprévisible.  Je peux dire que je m'inspire du temps et des saisons ici au Kentucky: la saison sauvage des tornades, le long hiver gris, la renaissance et la frénésie du printemps, les étés humides. Je vois beaucoup de relations qui séparent les gens puis les réconcilient. Ces chansons viennent de tous les extrèmes. C'est rare pour moi de composer lors d'une journée tranquille, qui ne provoque aucune émotion.

 

Parle nous de Farthest Field, ton album avec Daniel Martin Moore. Comment le projet est-il né?

Farthest Field a été inspiré par une chanson écrite par Vashti Bunyan et Robert Lewis appelée Trawlerman's Song. On l'a reprise pendant la tournée de Daniel l'année dernière. Daniel chantait la mélodie et j'y  ajoutait une harmonie. On a trouvé que nos voix se mêlaient bien et on a voulu faire un disque dans cette veine: minimaliste, recentrée sur les voix et les paroles. 

 

Deux disques en un mois, tu es plutôt pas mal occupée. Et ton amie Cheyenne Marie Mize - qui joue aussi sur Ginko - est en tournée pour la promotion de  We Don't Need. Maiden Radio est-il entre parenthèses?

Oui, on a du mettre Maiden Radio de côté pour privilégier chacune nos tournées. On fait quelques petits concerts ensemble de temps en temps, et on va essayer d'en faire plus cet été. De plus, on vient juste d'écouler nos derniers albums de Maiden Radio et on ne peut plus rien proposer à la fin des shows en ce moment. Une réédition pour  Lullabies est prévue dans quelques semaines, ce qui changera un peu les choses.

 

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Quels sont tes coups de coeur ciné et livre du moment?

J'ai vu récemment et adoré un film documentaire sur Fleetwood Mac intitulé Classic Albums: Fleetwood Mac -Rumours. Je le recommande fortement. Et aussi je suis en train de lire Ring Of Bright Water de Gavin Maxwell, que Daniel m'a prêté. C'est très beau.

 

Peut-on espérer te voir bientôt en France pour quelques dates?

Daniel et moi planifions de faire une tournée en Europe à l'automne, en espérant faire quelques dates en France. On donnera des nouvelles très bientôt...

 

Interview réalisée par  F.

Traduction : F.

 

© - copyright - 2012

 

Photos utilisées avec l'amicale autorisation de Joan Shelley.


Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 13:26

 

A l'occasion de sa venue au Fri-Son de Fribourg pour la promotion de son dernier bijou Maraqopa, nous avons rencontré Damien Jurado. Ce fût l'occasion pour nous de parler de son album, de sa tournée et de ses amis de Seattle.

 

IMG_1204.JPGNous sommes accueillis à bras ouverts par Damien Jurado, qui en impose de sa grande silouhette, dans les cuisines du Fri-Son. Juste le temps pour lui de finir une petite séance polaroid et c'est à nous. La cuisinère locale affairée à faire sa soupe n'est pas perturbée par notre venue. La légende veut que l'Américain soit un homme peut loquace. Il n'en est rien...

 

Sensation Rock: Damien, tu es en tournée depuis quelques semaines maintenant. Comment ça se passe?

Damien Jurado: Très bien. On a visité de superbes pays, fait de bons concerts. A part en France. Le concert de Paris a été très réussi mais ceux de Rouen et surtout de Bordeaux fûrent horribles. Les gens n'aimaient pas nos chansons, ils s'attendaient à me voir seul avec ma guitare. Ce fût vraiment, vraiment horrible. Ils n'ont rien compris. Ca fait 15 ans que je fais de la musique et je n'ai jamais fait deux albums identiques. Et peu importe ce qu'on peut en penser. Je suis dans mon propre trip, je suis les directions que je veux prendre. Regarde Neil Young: ce mec a toujours fait ce qu'il voulait, a toujours pris des risques. Trans ou Everybody's Rocking. S'il avait fait gaffe à ce que le public voulait entendre, jamais il n'aurait fait ses albums. Mais ce mec est dans son trip. Je suis aussi dans mon trip.

 

La France a donc été ton pire souvenir. Mais quelle est celui où vous avez ressenti le meilleur accueil?

En Hollande, sans hésitation. Un grand public.

 

Parlons un peu de Maraqopa. Ce nouvel album a été réalisé avec Richard Swift. Peux-tu nous parler de son enregistrement?

Richard Swift habite une maison isolée où il a installé un studio d'enregistrement. Tout a été enregistré là-bas en trois jours. On se levait le matin, on entrait dans le studio et les chansons ont été enregistrées très vite. Richard a la capacité de comprendre tout de suite quelle direction je veux donner aux morceaux. Un exemple, pour Working Titles. Je me suis levé un matin avec cette mélodie en tête, je lui ai joué et lui tout de suite a commencé à y induire un rythme. Moi, je suis très nul en tempo, je joue sans métronome. Lui derrière se débrouille. Parfois c'est plutôt difficile. C'est d'ailleurs pour ça que tu peux entendre sur disque quelques décalages.damien_jurado.jpg

 

Maraqopa est un album avec beaucoup d'arrangements. Quels ont été tes inspirations? Comme par exemple Life Away From The Garden ou Working Titles?

Tu veux parler des choeurs? C'est en fait 3 enfants. Après j'ai beaucoup écouté Santana, Grateful Dead...

 

Penses-tu refaire un album avec Jenna Conrad et Eric Fisher?

Non, jamais. (Sourire). Tu sais, ils sont très occupés chacun de leur côté. Jenna avec Avians Alight et Eric a un nouveau projet. Et puis ça se passe tellement bien avec Richard. Franchement, je me vois continuer à faire des albums avec lui pour toujours. C'est un peu comme une femme: quand tu en as trouvé une qui t'apporte tout ce dont tu as besoin, pourquoi aller voir ailleurs?

 

A propos de Other People's Songs. Un Volume 2 est-il prévu?

Oh oui! Il y aura un numéro 2, c'est sûr. Mais je peux pas te dire quand. Richard est maintenant occupé avec The Shins. Et puis ça viendra, il nous faut pas beaucoup de temps. On se pose un jour et on enregistre.

 

C'est un peu une récréation?

Oui, complètement.

 

Quel est le dernier concert que tu aies vu?

Euh... (Il se tourne vers son guitariste): - Hey, c'est quoi le dernier concert que j'ai vu? 

Ah oui, c'est un groupe suédois. Frances. Vraiment super.

 

Et que penses-tu de la nouvelle direction prise par ton ami Josh Tillman et son alter ego Father John Misty?

C'est génial. T'as déjà écouté? Je pense qu'il fait vraiment maintenant une musique qui le représente vraiment. Tu vois, ces premiers disques sont bons mais maintenant, c'est vraiment où il veut aller. Il est dans son trip. Il est maintenant libéré du poids des Fleet Foxes. Tu vois j'ai appris le départ de Josh des Fleets. J'ai un pote qui m'appelle ensuite pour me dire que Robin Pecknold faisait un album solo. Merde, ça veut dire quoi: c'est la fin des Fleet Foxes ? J'appelle Pecknold pour lui demander: hey ! c'est quoi là? C'est fini les Fleet Foxes? Josh qui s'en va, Pecknold et son album solo, Wargo et Wescott qui forment Poor Moon (excellent d'ailleurs). Ouais, je sais pas ce que tout ça veut dire...

 

Propos recueillis par F. & S.

Transcription : F.

 

Remerciements à Gil & David.

 

© - copyright - 2012

 


 


Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 09:00

Run In The South, le second album des bisontins de My Lady's House sortira ce printemps. Pour l'occasion, Sensation Rock a rencontré Guillaume et Simon, guitaristes et chanteurs du groupe. Ils reviennent sur les deux années écoulées depuis leur premier album mais aussi sur l'élaboration de leur nouveau petit bijou folk, enregistré à l'automne dernier au studio Cube.

 

West Of The Sun Stories a désormais deux ans. Comment avez-vous perçu les deux années écoulées? Quels ont été pour vous les évènements marquants? Quels enseignements en avez-vous tirés?

317496_2173974064924_1113970441_31771956_1252450795_n.jpgSimon : Il s'est passé des trucs vraiment cools pour nous pendant ces deux années. Le disque s'est plutôt bien vendu pour un petit objet autoproduit. Il y a quelques festivals mémorables comme Goud'Acoustic dans le sud de la France, et les Eurockéennes, bien sûr. Quelques dates comme la première partie de Cocoon, avec un public très attentif. Même si le disque n'a pas eu un rayonnement national, on est super contents d'avoir pu faire découvrir notre musique aux gens rencontrés ici et là.
Guillaume : Quelques bons papiers à la sortie de West of the Sun (Magic et Rock & Folk pour les plus connus), quelques personnes à qui l'album a fait du bien, c'est pas grand-chose finalement mais bon, c'est déjà pas mal d'avoir réussi à toucher ceux-là.
Et comme autre évènement marquant, on retient le premier (long) passage dans l'émission de France 2, Rendez-vous en Terre Inconnue, qui utilise quelques-uns de nos morceaux pour sa bande-son. 
Pour ce qui est des enseignements : l'autoproduction, c'est bien. C'est formateur. Mais sans accompagnement, difficile pour nous d'aller au-delà de ce que nous avons déjà réalisé. 


La scène a-t-elle eu une importance pour les sessions studio?

S. : Les dates que l'on a faites en 2010-2011 nous ont apporté une énergie plus brute, plus live. Ca a donné la couleur générale du disque, certains titres ont d'ailleurs été enregistrés en live au Studio Cube.
G. : Pendant les sessions d'enregistrement, nous n'avons pas fait de concerts. Les morceaux sont donc Mix-067.JPGd'abord pensés pour rendre le meilleur d'eux-mêmes sur disques. Des adaptations se font ensuite pour le live.


Run In The South est beaucoup plus orchestré que son prédécesseur. Aviez-vous déjà en tête ces arrangements à l'écriture des morceaux?

G. : Ca dépend. Certains morceaux ont très peu d'arrangements, The Story of Sam Brinson par exemple, est un morceau folk épuré, guitare/voix/harmonica. Pour d'autres, les arrangements se sont faits pendant les sessions d'enregistrement, les violons sur Strike day et Daughter par exemple, le mellotron sur Now & There.  Falcon Lake est quasiment né avec ses arrangements définitifs. L'exemple du morceau Run in the South en cela est intéressant. Nous avons choisi d'intégrer au disque - en plus de la version "classique" - la version acoustique de ce titre, sans arrangement aucun, la version originelle pour ainsi dire. L'une comme l'autre reflètent finalement notre schizophrénie musicale. 

S. : Autre exemple, Coast Starlight est un morceau écrit pour le banjo. Certains morceaux sont livrés de manière assez brute, comme Postcard, par exemple, avec juste guitare et batterie. Ils ont été joués comme ça en live, et ont été enregistrés tel quel pour le disque. Yann Morel (Studio Cube) et François Michaud (Wild Horse Studio) ont fait un super travail pour rendre ce côté chaleureux et brut des morceaux.

 

Guillaume, tu écris et composes la majeure partie des morceaux depuis EP#1. Cependant, on sent que l'ensemble du groupe est présent dans la vie de chaque chanson. La dynamique a-t-elle été différente de l'enregistrement précédent?

tumblr_lw9rswHWUi1r8nnrr.jpgG. : Sur Run in the South, Simon a apporté deux morceaux dont Parkside House. Sur le deuxième, Coast Starlight, nous avons travaillé ensemble  et je lui ai demandé d'écrire quelques-unes des paroles de Postcard from a place you're not. Pour la première fois également, Cécile est intervenue en tant qu'auteur puisque le texte de Now & There est écrit à quatre mains sur la base d'une de ses idées. Stéphane a quant à lui été au-delà de l'accompagnement rythmique sur The Devil with it ou Run in the South mais aussi et surtout sur Falcon Lake par l'apport presque mélodique des parties de batterie. Le choix des arrangements et du mixage se fait par contre à quatre, chacun donnant son avis pour arriver à un résultat final qui satisfasse chacun des membres du groupe.

S. : My Lady's House a trouvé sa formule définitive à quatre. Pour ce disque, chacun a pris part à l'élaboration des morceaux d'une manière ou d'une autre. C'est aussi dû au fait que l'enregistrement ait été moins décousu que le précédent, qui lui avait été enregistré en plusieurs fois au cours de l'année 2009. Pour Run In The South, ça s'est joué sur quelques sessions entre fin novembre et fin décembre 2011.

 

 

On sent toujours la présence de Neil Young dans des titres comme Falcon Lake ou Run In The South. D'autres artistes ont-ils de près ou de loin influencé votre travail?

S. : D'une certaine manière, une poignée d'albums fétiches nous reviennnent régulièrement en tête quand 374254_2173987785267_1113970441_31771965_243597111_n.jpgil faut faire référence à un son, un arrangement. Je pense à Cancer & Delirium de J. Tillman, à certains disques de Damien Jurado (Caught In The Trees), aux Two Gallants, Fleet Foxes, Kings Of Convenience. Après, il y a les grands classiques, Beatles, Nick Drake, Elliott Smith et Neil Young.
G. : J'écoute finalement assez peu de choses sinon mes classiques. Alors oui, Neil Young est toujours présent, Noel Gallagher - musicalement incorrect depuis 1996 mais que j'affectionne particulièrement pour son talent de mélodiste - The Beatles, Dylan, Cash & consorts. Pendant l'écriture de RITS j'ai également beaucoup écouté les premiers albums de Dire Straits, du blues (Big Bill Broonzy...) sinon, un morceau d'un artiste de ci-de là (Neil Hannon, The Black Keys, le Lost in the Trees/le Incident at Conklin Creek des Richmond Fontaine.


La plupart des morceaux sont graves ou sombres. Pourtant, vous ne semblez pas si tristes dans la vie…

G. : Pas triste, tourmenté...

S. : Dans la vie, nous sommes même une sacrée bande de gais lurons. C'est vrai qu'on affectionne souvent ces histoires tragiques, ces atmosphères mélancoliques, mais il y a parfois de l'espoir dans les textes.

Comment voyez-vous le futur de My Lady's House?

G. : Tourmenté…

S. : On va essayer de défendre ce nouveau disque, mais sans tourneur ni label, c'est parfois difficile. Après, on est quand même assez fiers de ce nouveau bébé et puis la scène nous démange à nouveau, je crois.

Prochaines actus du groupe?
S. : Run In The South devrait sortir à la fin mars ou début avril, et on va essayer de le promouvoir autant que possible.

G. : Tourmenté... (rires) Une semaine baptisée "américaine". Au programme, un petit concert acoustique à Paris le 28 mars avec Willy Vlautin qui viendra présenter son dernier roman. Trois jours de résidence à la Rodia début avril. Deux concerts avec Vlautin les jeudi 05, vendredi 06 avril à Besançon ; le concert de sortie d'album le samedi 07 avril à la Rodia ; le 17 mai aux Passagers du Zinc.


Pour finir, quels sont vos coups de coeur musicaux du moment?

S. : L'année 2012 a déjà très bien commencé avec un nouveau crû signé Damien Jurado et qui s'intitule Maraqopa. Sinon, le nouveau projet de Josh Tillman alias Father John Misty. J'ai pu écouter quelques titres, c'est excellent. Le disque est produit par Jonathan Wilson, que je suis de près depuis quelques temps. Et aussi les Estoniens Ewert & The Two Dragons, Ghost Town, un disque passé inaperçu signé Owen…

G. : Graveyard (Hisingen Blues), Elvis left the building [sourire].

 

Site officiel de My Lady's House

 


Propos recueillis par Florian.

 

© - copyright - 2012

Photos My Lady's House © - copyright - 2011

 


Par Sensation Rock - Publié dans : INTERVIEW
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 13:50

 


 

IMG 4585 500 L’ex-Headcases désormais en solo (et de temps à autresintervenant dans d’autres formations – Billy Gaz Station, Pegazio…) revient avec un troisième disque sous le bras, produit par John Congleton (Smog, Explosions In The Sky...) et enregistré à Chicago au fameux Electrical Studio de Steve Albini. Pierre-Louis alias Luis Francesco Arena nous parle de son dernier disque dans une interview « track by track ».
Chess In The Abyss sera dans les bacs le 12 avril prochain chez Discograph/Zebralution.

 

Far From The Coast

Un titre assez expérimental, je trouve, et presque noisy…

 

PL : C'est le navire fantôme qui t'emmène dans ce voyage de trois quarts d'heure. C'est un morceau très atmosphérique. C'est Congleton qui m'a suggéré de le mettre en introduction du disque, ce que je pense est une bonne idée. Il y a beaucoup d'expérimentation sur ce titre, j'ai par exemple dû apprendre certaines parties de guitare à l'envers pour ensuite les renverser. Je trouve que ce morceau aide bien à rentrer dans l'atmosphère du disque.

 

Red Handed

Les cordes sont très présentes sur ce titre, très orientales…

 

PL : Tu n'es pas le premier à me le dire. Ce n'est pas voulu au départ, mais ce morceau me fait penser à Kashmir de Led Zep ....

 

Walk And Reveal

Pas mal de guitares électriques sur le disque…l’influence de Steve Albini ou envie personnelle ?

 

Non ce n'est pas l'influence d'Albini, les arrangements étaient déjà prêts à 90 pour cent avant que je rentre en studio. Tous les morceaux ont d'abord été enregistrés à la guitare acoustique comme je l'ai fait pour les deux précédents albums. La différence pour celui-ci c'est qu'il y a beaucoup plus d'arrangements dont les parties de guitare électrique. Elles sont là pour donner une couleur, mais elles ne sont pas à la base des morceaux.

 

Black Lemonade

Un morceau un peu plus ‘pop’…

 

PL : Tu as tout à fait raison. Lorsque cette chanson est venue à moi j'ai même hésité à l'inclure dans le setlist de l'album, n'ayant pas l'habitude de choses aussi poppy. Finalement je me suis dis que la mélodie était évidente et qu'il ne servait à rien d'essayer de la détourner. C'est un morceau pop et c'est comme ça qu'il sonne le mieux. J'aime bien le côté challenge de ce format, je pense qu'au final c'est une chanson efficace et qui reste quand même bien dans mon univers.

 

The Whale’s Womb

A part les cordes, tu as tout joué seul ?

 

PL : François-Pierre Fol qui m'accompagne sur scène est venu avec moi pour l'enregistrement. Il a joué les cordes, et la majorité des parties de piano. Il a joué quelques parties de glockenspiels aussi. Sinon j'ai enregistré tout le reste, la batterie, les chants, les guitares, la basse, etc... C'était le gros challenge pour moi, je m'étais beaucoup préparé donc tout c'est bien passé au final.

 

Blue Nile Slumber

Dans ce disque, il est beaucoup question d’eau (les baleines, la pluie, la côte…)…

 

PL : Je suis d'accord, c'est un constat que je suis en train de faire en même temps que toi ! C'est une chose qui n'était pas préméditée...Je ne sais pas du tout d'où ça vient... Au passage, Josh Bergman du groupe Him joue de la trompette sur ce morceau.

 

Hide From The Wolves

Je trouve le disque plus expérimental, avec des guitares en boucles, quelques bruits, des samples…

 

PL : Oui, on en parlait tout à l'heure pour «Far from the Coast». Les deux précédents albums étaient vraiment acoustiques, épurés au maximum et plus centrés sur les cordes. Pour ce disque j'ai vraiment voulu élargir la palette sonore. Tous les instruments sont complémentaires et s'unissent pour former une texture. j'ai aussi rajouté de la batterie ce qui est la première fois dans mes disques. Il y a aussi beaucoup plus de travail sur les choeurs. Depuis deux ans j'utilise un sampler sur scène, ça m'a ouvert pas mal de pistes au niveau des arrangements.

 

Seven Day Wonder

Comment s’est déroulé l’enregistrement chez Albini ? Quelle était ton idée d’enregistrement avant d’aller à Chicago ?

 

PL : L'enregistrement a été assez intensif puisqu'on a tout enregistré en 6 jours. Je suis sorti une seule fois du studio pour aller acheter un sandwich héhé.... Etant donné que je jouais presque tous les instruments il m'a fallu être efficace et organisé. John Congleton m'a pas mal aidé dans cette voix. Même s'il y avait beaucoup de travail l'atmosphère était plutôt détendue, on a beaucoup ri.... Je garde un souvenir mémorable de ce séjour. Le mixage s'est fait dans la foulée dans le studio de Congleton à Dallas.

 

Into The Rain

PL : Le couplet est une idée qui date de mon ancien groupe Headcases. A l'époque la chanson n'avait jamais aboutie. Je suis retombé dessus et j'ai adapté ce couplet à la guitare acoustique.

C'est un morceau un peu étrange en trois parties, assez loin du format pop. J'aime bien le final assez grinçant...

 

Second Smile

Une ballade avec le violoncelle de François-Pierre…

 

PL : J'ai écrit ce morceau pendant le mixage de l'album précédent au studio Black Box près d'Angers. C'est une comptine assez simple et épurée, un hymne à l'instant présent. C'est sûrement la chanson la plus proche de l'univers des deux premiers albums.

 

Friend To Pretend

PL : Trahison, rupture, manque de perspicacité.

 

Outro

C’est une fausse Outro, en fait ?!! C’est un vrai morceau ! Pourquoi ce titre ?

 

PL : Le véritable titre de ce morceaux c'est «Chess in the abyss» c'est une erreur qu'il y a dans le player que je t'ai envoyé haha!!! Parallèlement au premier morceau, cette chanson c'est le navire fantôme qui vous dépose et qui continue son chemin dans les abysses.

 

Propos recueillis par SG.

 

En écoute, Help, reprise des Beatles, disponible sur Porcelain Tandem, le 2ème album de Luis Francesco Arena.

 

 

 

 



Par sensation-rock.over-blog.com - Publié dans : INTERVIEW
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