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L'ALBUM OUBLIE

Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 13:14

http://fanart.tv/fanart/music/64cdc08f-ba6f-41fe-94be-452dc6d5108e/albumcover/marcy-playground-51234a09b6c24.jpgCapitol Records/1997

Au milieu des années 90, MTV était une vraie chaine musicale, un canal dévoué à la musique et non à des pseudos émissions de télé réalité aux scénari pré-écris, juste bons pour mettre en scène des blondes siliconées synonyme de la déchéance culturelle des moins de 20 ans actuels. Et donc à cette époque, quand MTV avait le coup de coeur pour un artiste, il n'était pas rare de voir son clip tourner en rotation et quand on poussait un peu plus loin pour écouter un album entier, on faisait de belles découvertes.
Marcy Playground fait donc partie de ces groupes qui ont bénéficié de la chaîne musicale pour attirer l'attention sur eux à l'instar de Tripping Daisy ou autres Collective Soul. Fort d'un single pop ultra efficace et désabusé, Sex And Candy, ce premier essai présente alors le chanteur/auteur/guitariste/producteur John Wozniak. C'est lui qui est derrière Marcy Playground, accompagné de Dylan Keefe à la basse et de Jared Kotler à la batterie. Le trio arrive en pleine période post-grunge, une période où on se délasse de la scène de Seattle pour se lancer vers les groupes de néo-métal (koRn, Limp Bizkit, Incubus) ou vers le côté mélodique et pop des groupes de la ville de Starbuck. Wozniak y voit d'ailleurs certaines de ces influences et y fait référence avec The Shadow of Seattle. En 12 titres, Marcy Playground balance des titres pop sucrés très courts, ultra efficaces et  singles en puissance (Saint Joe On The School Bus, Poppies), parfois sombres (One more Suicide).
Le revers du médaillon MTV, c'est qu'on est en déjà en pleine société de consommation à l'époque et qu'on délaisse rapidement les choses pour passer à d'autres. Cela a été le cas avec Marcy Playground qui retombera rapidement dans l'ombre. Pour autant, John Wozniak et les siens continuent leur petite aventure, prenant leur temps mais en publiant régulièrement de nouvelles productions. On a pu également les voir participer au Summerland Tour, un festival intinérant à la gloire des années 90, créé par Mark McGrath de Sugar Ray et de Art Alexakis d'Everclear.

- F.

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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 11:09

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/0/0c/Artist_J_TILLMAN_album_CANCER_AND_DELIRIUM.jpg/220px-Artist_J_TILLMAN_album_CANCER_AND_DELIRIUM.jpgYer Bird Records/2007

On est en 2007. Au milieu de quelques drames survenus cette année (Fred Chichin des Rita Mitsouko est emporté par un cancer, les deux grands cinéastes Bergman et Antonioni meurent le même jour, Mika sort son premier album...), parait Cancer And Delirium de Josh Tillman, songwriter méconnu ayant à son actif trois albums (I Will Return (2005), Long May You Run, J. Tillman (2006) - tous deux au départ autoproduits puis réédités - et Minor Works, paru chez Fargo en 2006). Cancer And Delirium est un album brut, enregistré en quelques jours mais d'une beauté à couper le souffle. 
"La plupart des chansons ont été écrites pendant une semaine où j'étais seul à Paris, et le titre de l'album provient d'une phrase de Tropique Du Cancer (un roman d'Henry Miller, NDR), qui parle essentiellement du fait d'être jeune, pauvre et isolé dans Paris, tout ces idées se sont rassemblées. Cette phrase ne cessait de revenir dans ma tête. Ce disque a aussi été la première occasion pour moi d'expérimenter des accordages différents, qui je pense contribuent à sa beauté". Voilà comment Tillman présente le disque lors d'une interview pour un blog. On a donc à faire à un jeune homme inspiré et sûrement francophile. Pourtant, son label parisien Fargo le lâche après le manque de succès de Minor Works, pourtant l'un de ses disques les plus aboutis et cohérents. Tillman se tourne alors vers les Américains de Yer Bird Records, petite maison hébergeant d'autres artistes/groupes aussi méconnus tels que Small Houses, Hezekiah Jones ou The Great American Desert.
Cancer And Delirium n'est clairement pas le disque à écouter pour découvrir la musique de Josh Tillman. On penserait plutôt à Minor Works pour ça. L'enregistrement de Cancer And Delirium y est parfois assez médiocre (beaucoup de souffle, bruits dans la rue...) mais le son lo-fi confère à cet album un certain charme. Par exemple, au milieu de la lumineuse Under The Sun, on entend la sirène d'une ambulance, un son qui sied plutôt bien à l'ambiance du morceau.
S'il est donc respectivement enregistré et mixé de façon artisanale par ses amis Colin Wolberg et Kory Kruckenberg, Cancer And Delirium est constitué de morceaux qui se tiennent tous entre eux. Des ballades épurées qui font la part belle à la voix de l'Américain (How Much Mystery, Milk White Air, If I Get To The Borderline) et
 évoquent l'une de ses influences, Nick Drake, songwriter anglais disparu et auteur de trois albums majeurs. Quelques titres bénéficient d'arrangements plus conséquents. Ribbons Of Glass est un monument de songwriting, évoluant par paliers : d'abord le banjo, puis l'harmonium, puis la guitare puis la voix, puis la batterie puis tout ensemble. When I Light Your Darkened Door et ses deux batteries mixées chacune d'un côté pour le final du morceau. Evans And Falls, montrant l'harmonie d'un banjo, d'un glockenspiel et d'un piano.
Cancer And Delirium n'est peut-être pas l'album le plus accessible de Josh Tillman mais il fait partie de ces enregistrements sincères, honnêtes que l'on pourrait écouter longtemps tant il recèle de mélodies magiques.

Tracklist :

01. Visions Of A Troubled Minds
02. Milk White Air
03. Evans And Falls
04. A Fine Suit
05. Ribbons Of Glass
06. Under The Sun
07. If I Get To The Borderline
08. When I Light Your Darkened Door
09. How Much Mystery

- S.

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Samedi 23 février 2013 6 23 /02 /Fév /2013 19:22

http://www.aquariumdrunkard.com/wp-content/uploads/2010/07/Tillman.jpgWestern Vinyl/2010

Disponible uniquement en vinyle et téléchargement : westernvinyl.com.

Fear Fun, le premier album de Josh Tillman sous le nom farfelu de Father John Misty aura marqué les esprits dans cette rédaction, dévoilant un songwriter s'affranchissant de ses cheveux longs, de sa barbe et surtout de ses morceaux folk intimistes et mélancoliques au profit d'un registre nettement plus ouvert et accessible, mais pas moins inspiré. En attendant des nouvelles de Father John Misty, 2013 sera l'occasion de revoir la discographie de l'Américain, à travers cette rubrique "l'album oublié". 
Il n'aura fallu que trois jours à Josh Tillman pour enregistrer son septième album, au titre imagé, Singing Ax. En parallèle de sa carrière de batteur chez les fameux Fleet Foxes (on est en 2009-2010 et le groupe de Seattle connait un succès grandissant et personne n'envisage le départ de Tillman), le prolifique songwriter s'est rendu chez Steve Albini et a plié en un tournemain la production d'un très bel ouvrage, quasiment dénué d'arrangements.
En effet, hormis pour quelques titres, dont l'élégiaque Three Sisters, ornés de nappes de mellotron et de quelques percussions, c'est Tillman et sa guitare qui nous accompagnent le temps d'une dizaine de chansons, tel le funambule Nick Drake enregistrant, lui aussi, un mythique Pink Moon, au début des années 70 (Diamondback et Tillman's Rag, deux titres 
fantastiques joué en accords ouverts). Au fil de morceaux proches de la pureté (Love No Less Worthy, Maria, Our Beloved Tyrant...), on voyage entre poésie et mysticisme intemporels, porté par la voix de Josh Tillman, l'un des trésors à demi-enfouis du folk américain s'étant depuis envolé vers de nouveaux paysages.

- S.

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Vendredi 15 février 2013 5 15 /02 /Fév /2013 23:01

http://www.rockmydays.com/wp-content/uploads/2010/05/Visuel-ANAIS-MITCHELL-Hadestown.jpgRighteous Babe Records/2010

Un opéra folk passé inaperçu et sorti sur le label d'Ani Di Franco par une jeune artiste qui sait s'entourer. Disons-le tout net : Anaïs Mitchell n'est pas connue en France et ce disque n'a pas connu le succès ici alors qu'il recèle de très belles chansons.
A commencer par Wedding Song, interprêtée en duo avec Justin Vernon alias Bon Iver. Partant du principe de l'opéra basé sur le mythe d'Orphée transposé après la Grande Dépression des années 30 (Bon Iver est Orphée, Anaïs est Eurydice, Ani DiFranco est Perséphone...), Hadestown est une oeuvre très construite, autour de musiciens chevronnés, de chanteurs talentueux. Pour preuve, Ben "Hermès" Knox Miller, chanteur de The Low Anthem, en compagnie de Bon Iver démontre tout son talent d'interprête (Wait For Me). De son côté, Greg "Hadès" Brown appose son empreinte d'une voix tellement grave qu'elle ferait presque passer Mark Lanegan pour un castrat (Why We Build The Wall, How Long ?). Bon Iver quant à lui fait à nouveau opérer la magie de son album For Emma, Forever Ago sur plusieurs titres majestueux (Epic (Part I), If It's True...).
A mi-chemin entre le jazz bastringue et théâtral de Tom Waits et le meilleur du folk contemporain, Hadestown n'a donc probalement jamais rencontré son public, mais il a mis en exergue le talent d'une jeune femme qui n'a pas dit son dernier mot.

- S.

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Dimanche 10 février 2013 7 10 /02 /Fév /2013 13:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51FaYhNDzML._SL500_AA300_.jpghttp://cdn.7static.com/static/img/sleeveart/00/000/323/0000032372_500.jpgDolores Recordings/Virgin/1999 & 2001

Deux albums majeurs par un artiste finalement méconnu qui sort ses disques de façon artisanale. This Cloud Is Learning et Soul Rush sont les clés de voute d'une discographie déjà bien fournie qui a souvent peiné à trouver une audience depuis le milieu des années 90.
De sa voix nasillarde, avec ses accords de guitare influencés tant par le blues que le jazz, l'ancien footballeur Nicolai Dunger trimballe ses chansons du côté de Pitea, en Suède, d'où il est originaire. Après avoir sorti chez Telegram deux albums au succès très relatif (Songs Wearing Clothes en 1996 et Eventide en 1997), il est signé chez Dolorès Recordings, label affilié à Virgin.
Parait alors This Cloud Is Learning en 1999, le disque qui le fait connaitre auprès d'un public plus large et qui démarre une collaboration avec Ebbot Lundberg, membre de Soundtrack Of Our Lives. Le disque navigue entre folk intimiste, intrumentaux et plages expérimetales. Parmi les réussites - le disque en compte pas mal, il faut dire - on trouve Something In The Way, single countrysant imparable et What Tomorrow qui évoque Van Morrison, l'une des influences majeures du Suédois, par son côté Brown Eyed Girl. A ces chansons entrainantes et accrocheuses, le Suédois mêle des titres plus ramassés mais lumineux (Father, This Town). 

Deux ans plus tard (entre temps, deux autres LP paraissent, Blind Blemished Blues (2000) album orienté jazz enregistré avec Esbjörn Svensson Trio et A Dress Book (2001), tous deux faisant partie d'un futur coffet vinyl à paraitre en 2002, The Vinyl Trilogy), Dunger met sur pied Soul Rush, disque plus ample que This Cloud Is Learning. L'album mélange sonorités country et vélléités jazz. E.S.T. l'accompagne et Jari Haapalainen (Ed Harcourt, Camera Obscura, The Concretes) est aux manettes. Sur la pochette, Dunger porte une chapka et chante les aventures du train de Dr. Jivago (Dr. Zhivago' Train), invite pedal steel, banjo sur des titres magnifiques (I'd Rather Die, Soul Rush). L'ombre de Van Morrison continue de planer (Something New) et les titres aux inflexions jazzy et soul (Return Of Love, Blue From Death, Ballad Of A Relationship), mélancoliques ou romantiques (For That Someone, The Nest) font de ce disque un objet cohérent et chaleureux. 

Malgré une créativité jamais en berne - tout de même 14 albums et une B.O. de film -, le Suédois n'a pas vraiment réussi à se faire une place de choix, ne serait-ce que dans la sphère indé. Il aura beau aller jusqu'au Kentucky enregistrer un superbe disque avec Will "Bonnie 'Prince' Billy" Oldham (Tranquil Isolation, 2003) ou convoquer Mercury Rev pour mettre sur bande Here's My Song You Can Have It... (2004), le public ne suivra jamais vraiment, comme l'indiqueront les faibles ventes de l'un de ses derniers albums pourtant très réussi, Play, et paru chez Fargo en 2009. Mais on l'a plus ou moins toujours senti, Nicolai Dunger, qui reprend régulièrement son activité de jardinier, sort des disques pour le plaisir et ne soucie plus forcément de l'impact que ceux-ci vont avoir.

- S.

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Vendredi 4 janvier 2013 5 04 /01 /Jan /2013 18:19

http://www.chartstats.com/images/artwork/34236.jpgIsland Records/1995

 

Le mouvement Britpop des années 90 aura été un mouvement plutôt masculin, plein de testotérone (à part chez Suede peut-être), entre les batailles d'égos des frères Gallagher, la classe londonienne de Blur et les dandys Pulp.

Cependant, quelques formations menées par des filles sont aussi de la partie comme Elastica (avec à sa tête la copine Albarn de l'époque Justine Frischmann), Echobelly ou Sleeper. Salad vient s'ajouter à la liste. Mené par une VJ de MTV (VJ pour Video Jockey comme on disait à l'époque) Marijne Van Der Vlugt, le groupe aura connu une carrière fugace mais malgré tout avec quelques hits à son actif. On pense à Motorbike To Heaven ou Drink The Elixir, que le combo a joué en live à NPA et où on s'interrogeait sur la façon de manier le synthé de la part de la chanteuse. Ces deux morceaux donc proviennent de l'album Drink Me, paru en 1995, un mauvais timing finalement quand on a en face The Great Escape ou un Whatever annonçant un futur grand album du côté de Manchester. Mais Drink Me ne se résume pas à ces deux titres et les 14 pistes de l'opus sont des exemples de chansons pop efficaces et délicieuses. La voix suave de Marijne accompagne le refrain ultra catchy de Granite Statue ou la plus lancinante Machine Of Menace.  Chaque titre fait mouche et on se questionne même pour savoir pourquoi le groupe n'a pas fait plus parler de lui. Un second opus, Ice Cream, voit le jour deux ans plus tard mais avec un succès encore moindre. On n'est sans nouvelle de Salad depuis. Mais il n'est pas trop tard pour les découvrir et Drink Me se trouve facilement contre quelques euros sur les bourses aux disques ou sur des sites marchands bien connus.

 

- F.

 

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Jeudi 27 septembre 2012 4 27 /09 /Sep /2012 13:32

http://d.yimg.com/ec/image/v1/release/39102;encoding=jpg;size=300;fallback=defaultImageEpic/Sony/1992

 

A film oublié, album oublié. Il y a tout juste vingt ans sortait sur les écrans Singles, film du réalisateur Cameron Crowe, auteur entre autres de Jerry Maguire ou Presque Célèbres. Singles est une comédie romantique dont le scénario prend place à Seattle, bien avant que Dr Mamour ne vienne explorer l'anatomie de Meredith. Nous sommes au début des années 90 et l'histoire se déroule sur fond de la scène musicale de l'époque alors en pleine effervescence grunge. Le personnage joué par Matt Dillon fait d'ailleurs partie d'un groupe dont les membres sont simplement Eddie Vedder, Jeff Ament et Stone Gossard. Même si le titre mis en avant pour promouvoir le long métrage arbore les accents pop rock de Paul Westerberg (Dyslexic Heart), la bande-son du film est surtout composée logiquement des formations du mouvement estampillé "grunge" et autres groupes assimilés. On retrouve des titres déjà présent sur les disques respectifs des combos (Would? sur Dirt d'Alice In Chains ou Crown Of Thorns sur Apple de Mother Love Bone et encore Nearly Lost You du Sweet Oblivion des Screaming Trees). Pour d'autres, c'est l'occasion de mettre en lumière des faces-B ou des inédites comme Breath et State Of Love And Trust de Pearl Jam qui à l'époque avaient été coupées de la tracklist de Ten. Soundgarden et Chris Cornell (le Led Zepplinien Seasons) sont bien sûr de la partie, ce dernier y allant de son caméo dans le film. Et bien entendu, on retrouve l'hommage à un autre grand nom disparu de Seattle, Jimi Hendrix (la présence de Mother Love Bone peut être vue aussi comme une pensée pour Andrew Wood). Mudhoney, The Smashing Pumpkins et The Lovemongers complètent la tracklist.

Même si le film a plus ou moins bien vieilli, il demeure encore selon certains le reflet de l'atmosphère qui règne toujours à l'heure actuelle sur Seattle. En revanche, sa bande-son est un parfait témoignage du son de l'époque et constitue un excellent best of. Depuis, certains groupes continuent leur route, d'autres ont splitté avant de se reformer. Cameron Crowe quant à lui ne s'est jamais affranchi de cette époque. Pour preuve, c'est à lui qu'on doit le documentaire  Twenty paru l'année dernière et qui retrace la carrière des mythiques Pearl Jam.

 

- F.

 

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Lundi 17 septembre 2012 1 17 /09 /Sep /2012 13:00

http://images.artistdirect.com/Images/Sources/AMGCOVERS/music/cover200/drd100/d123/d12392bs98j.jpgColumbia/Sony/1994

 

En 1994, toute l'attention de la scène industrielle se porte sur l'immense The Downward Spiral de Nine Inch Nails, album synonyme du mal-être de Trent Reznor, et sur les premiers méfaits de son protégé Marilyn Manson, qui s'amuse à détruire l'image de la famille américaine. Ce style musical connait alors son âge d'or, avec le succès de disque comme Psalm 69 de Ministry ou les productions de Skinny Puppy, quelque part pionniers du genre. Plus facile d'accès, il existe également des formations comme Stabbing Westward.

Le groupe se forme à Chicago au milieu des années 80 autour de Christopher Hall (chant, guitare, programmation) et Walter Flakus (synthés, programmation), à l'époque du lycée et sous haute perfusion de The Cure. Le duo reçoit alors un coup de pouce de Chris Vrenna, batteur de NIN à l'époque, qui vient taper les fûts pour l'enregistrement d'une démo qui permet à Stabbing Westward de signer chez Columbia. Ungod voit donc le jour. On découvre alors un album très sombre, parfois proche de Nine Inch Nails (Lost), et où la personnalité torturée de Christopher Hall  ressort dans des textes plutôt négatifs. La basse est omniprésente (ACF) et les titres tissent leur ambiance pesante, dépassant parfois les 7 minutes (Ungod qui est le Hey Man, Nice Shot de Filter avant l'heure, Can't Happen Here). Cependant, ce premier album demeure plus abordable que ceux des autres groupes pré-cités grâce à des titres comme Lies ou Nothing qui possèdent un côté FM dans leur production et qui permet de ranger Stabbing Westward avec des formations comme Gravity Kills.

Par la suite, SW sortira deux ans plus tard Whiter Blister Burn + Peel, emmené par le single Shame et l'entêtante I Don't Believe. Avec ce disque, Hall et consors offrent leur album le plus abouti mais qui est aussi le début d'un désintérêt pour le groupe, en dépit de quelques apparitions sur des B.O (Spawn notamment).

Le groupe se sépare en 2002 après un ultime disque éponyme, plus intimiste, et qui mérite aussi qu'on s'y attarde un peu.

 

- F.

 

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Dimanche 24 juin 2012 7 24 /06 /Juin /2012 09:17

http://www.chartstats.com/images/artwork/34168.jpgPolydor/1994

 

1994. Année phare dans l'histoire de la musique anglaise. C'est l'explosion de la Britpop, Oasis et Blur sont sur le devant de la scène, et captent presque toute l'attention, notamment grâce au pseudo combat qui les oppose et qui fait le bonheur des tabloïds. Mais en dehors de ces deux formations, d'autres surfent aussi sur la même vague, connaissant plus ou moins de succès. On pourrait citer Menswear, The Bluetones, Cast et Shed Seven donc. Tous ces groupes mériteraient quelque part de se retrouver dans cette rubrique mais on va s'intéresser aujourd'hui au dernier cité (mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne consacrera pas quelques lignes aux autres à l'avenir).

Shed Seven est originaire du nord de l'Angleterre, comme les frères Gallagher. D'ailleurs leur style est plus à rapprocher tant musicalement que mentalement de celui d'Oasis. On ne sent pas une ouverture d'écriture comme on peut la trouver chez Albarn et Coxon. Change Giver fait dans la pop à tendance rock, avec un chant plein de nonchalance, à la diction trainante de la part de Rick Witter. Un leader qui ne déroge pas à la règle de l'époque : tête à claque, arrogant et qui pour faire original avait proclamé son groupe comme le "plus grand groupe du monde". On n'en est pas là bien entendu même si ce premier album de Shed Seven est un véritable recueil de 11 tubes. Le premier coup de poing était venu du single Dolphin, commençant sur des percussions quasi tribales, il possède un refrain ravageur ("Shame on you, there's something in my head and it's got it's back to me") qui crée une adhésion immédiate. Pour l'anecdote, on aura droit à une performance live sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, une époque où le son des lives de Canal était excellent et où on n'avait pas à se coltiner l'insupportable et pas vraiment utile China Moses (merde, je regretterais presque Tania Bruna-Rosso). Bref. Dirty Soul ouvre ensuite Change Giver. La gratte stridante en intro n'est pas sans rappeler celle du Columbia d'Oasis mais ensuite le morceau devient un titre pop assez influencé 60's. Les pistes se succèdent et font toujours mouche. Sens de la mélodie imparrable et refrains fédérateurs, que ce soit en mode pop rock (Head And Hands, le titre sous haute influence des Stones Roses Mark) ou lorsque que le tempo ralentit (Speakeasy, la formidable Long Time Dead). Le slow est totalement maitrisé avec Ocean Pie. Et Shed Seven démontre tout son savoir faire en offrant en clôture de Change Giver un morceau épique de 8 minutes, qui touche presque au shoegaze et devient un titre plânant (On An Island With You).

Le premier essai de Rick Willer et des siens est une réussite de bout en bout. Mais le véritable succès du groupe viendra deux ans plus tard avec A Maximum High, pourtant en dessous de son ainé, mais qui aura droit cependant à une réédition en 2011. Malheureusement, l'intérêt pour la formation de York retombera avec le courant musical qui les avait vu naitre.

 

- F.

 

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Jeudi 14 juin 2012 4 14 /06 /Juin /2012 09:17

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41SBDCRHFWL._SL500_AA300_.jpgGo Beat Recordings/Universal/2001


On aurait pu prendre n'importe quel disque de Ben & Jason pour agrémenter cette rubrique tant l'oeuvre de ce duo anglais est complètement passée à la trappe. On jette finalement notre dévolu sur Ten Songs About You, le troisième album de Ben Parker et Jason Hazeley, paru en 2001 sur la label de Portishead, Go Beat. Ten Songs About You sort la même année que 10.000 Hz Legend d'Air, Amnesiac de Radiohead ou le Green Album de Weezer, The Optimist LP de Turin Brakes (un prochain "Album Oublié" sera consacré prochainement à cet autre duo anglais), Quiet Is The New Loud de Kings Of Convenience et juste après Emoticons (sorti en 1999 et qui contient leur plus gros hit, Air Guitar) et 07734 (1997) soit Hello lu à l'envers.

Autant le dire tout de suite, en plein boum de la nouvelle scène indie folk et vu les sorties "poids lourds", l'accueil de cet album est mitigé, le succès moyen, les critiques partagées...Pourtant, si on se penche dessus un peu, le disque comporte de belles chansons. Entre les mièvreries pop dont Ben & Jason ont tiré la recette jusqu'à la corde (If All We Had Were Stars, That Film With All The Kisses At The End), on trouve ici un The Wild Things assez imparable qui est le deuxième gros succès du groupe dans les charts, How The Hell Do I Explain. On ne peut pas leur enlever ça, les deux Anglais ont un sens inné de la mélodie pop, tout comme ce goût pour des arrangements et l'intégration d'instruments au son chaleureux tel que l'harmonium ou la contrebasse (présente depuis les débuts). Un duo tire également son épingle du jeu, Another Stupid Song avec Valérie Leulliot d'Autour De Lucie. Les deux voix, en anglais et en français, s'y marient très bien. L'humour à l'Anglaise est aussi de mise sur Ten Songs et c'est aussi l'un des charmes de ce disque (Let's Murder Vivaldi).

Ten Songs pourrait donc être un disque romantique de référence pour tout amateur d'amour horizontal sur peau de bête ou tout nostalgique d'une pop savamment orchestrée.


Pour clore le chapitre Ben & Jason sort en 2003 Goodbye qui est - comme son nom l'indique - l'album des adieux du duo à son public (s'il existe encore...), paru chez Setanta Records, une maison indépendante connue pour avoir sorti les premiers albums de The Divine Comedy.
Depuis la fin du groupe, Jason a accompagné Beth Gibbons et Rustin Man pour leur tournée en 2002-2003 et se consacre depuis à l'écriture d'articles comiques et de comédies. Quant à Ben, après avoir joué dans un groupe, Lux Luther (2004-2006) - et entre deux concerts d'une carrière solo qui n'a pas du tout décollé - est devenu directeur musical et arrangeur sur le biopic sur John Lennon, Nowhere Boy et a composé la B.O. de la série anglaise How Not To Live Your Life. Il a depuis 2009 remonté un groupe, Braxton Hix devenu The Chain avec la jolie Kate Aumonier (ils sont inscrits sur un label participatif) et compose aussi pour d'autres.

 

- S.

 

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 13:20

http://images.uulyrics.com/cover/j/jolie-holland/album-escondida.jpgAnti-/PIAS/2004


Quand, au début des années 2000, Cat Power, grande prêtresse folk, faisait sensation à travers le monde et qu'on n'avait pas encore entendu parler d'une certaine Alela Diane, Jolie Holland, texane d'origine mais installée à San Francisco, sortait son deuxième album, savoureux recueil de folksongs à l'ancienne, aux accents jazz, blues et country.
Membre fondatrice de The Be Good Tanyas, Jolie Holland présente, en 2004 donc, Escondida sur le label Anti- (qui héberge notamment Tom Waits, Grinderman ou Tricky), un disque enregistré au Canada recèlant des chansons ensorcellantes et ayant connu un succès d'estime. Comme Alela Diane, Jolie est allé fouiller dans son grenier pour y dénicher les vieux disques qu'écoutaient ses parents et ses grands-parents. Fade Coat Of Blue et 
Old Fashioned Morphine auraient d'ailleurs pu figurer sur un disque d'Alela sans que cela ne paraisse bizarre.
Sur Escondida, on retrouve l'esprit de la musique traditionnelle américaine dans ce disque, ce même esprit qui influence et nourrit aujourd'hui la musique du groupe Moriarty, par exemple. 
A son écoute, force est de constater que ce disque se fiche bien des modes, Jolie Holland semble s'y amuser follement, pour preuve ce Mad Tom Of Bedlam, morceau au groove implacable, qui fait se rencontrer la voix funambule de Jolie et une batterie décontractée au son jazzy. 
Comme le démontre Sascha, qui ouvre magnifiquement le disque, Jolie Holland est aussi très à l'aise pour composer et interprêter de belles ritournelles de facture classique sur lesquelles ne cracherait pas Norah Jones (Amen, Damn Shame). 
Depuis, Jolie Holland a sorti deux albums (Springtime Can Kill You, 2006 et The Living And The Dead, 2008), dans la lignée de leur prédécesseur, mais qui n'ont pas rencontré le même succès. En tout cas, on pourra considérer Escondida de Jolie Holland comme un classique du genre.

 

- S. 

 

(c) 2012


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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 13:21

http://2.bp.blogspot.com/_YSqKnJvl0Eo/Rx8uuHLMZ5I/AAAAAAAAAVw/BRleQFPdlmo/s400/Boy+Omega+album.jpgGlitterhouse Records/2007

 

Un cheval sur la pochette, un titre poétique, cet album qui éveilla un temps certains fans d'Elliott Smith est un petit bijou de pop-folk. Retour sur Hope On The Horizon, quatrième album du Suédois Boy Omega.
A sa sortie fin 2007, Hope On The Horizon est "album de la semaine" chez pas mal de magazines et de webzines et glâne de bonnes notes ici et là. Martin Henrik Gustafsson signe là son quatrième disque, après I Name You Isolation (2004), The Black Tango (2006), The Grey Rainbow (2006), quelques EP et de nombreuses participations à des compilations.
Parmi les petites perles que Boy Omega sort de son chapeau, on trouve The Blues And The Bee Sting et ses cuivres entrainants, Suffocation Street et ses violons, Tonight I'm Swimming et son tempo lent d'où émane un certain charme. Il y a aussi Change Of Plans ou encore The Good Times. La voix du jeune homme bien que calquée sur celle d'Elliott Smith est somme toute très sincère et confère au disque une atmosphère de velours.

Martin et ses chansons continuent d'exister et ce dans un semi-anonymat, il présentait il y a peu un nouveau recueil de chansons, .

 

- Jean Flou.

 

(c) 2012

 

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 13:11

http://ring.cdandlp.com/pycvinyl/photo_grande/113341502.jpgNoise Product Switzerland/1995

 

Les trentenaires bisontins ont toujours la larme à l'oeil quand on évoque Musique Machine, fameux magasin de disques, d'une époque où il y avait un disquaire à chaque coin de rue (et même parfois au fond d'une cour), époque tristement révolue. C'est donc dans ce magasin que j'étais tombé sur ce CD, alors en écoute. Nous sommes au milieu des années 90, Killing In The Name fait trembler tous les amplis et nombre de groupes étiquettés "fusion/hardcore" font leur apparition. C'est le cas de Eastwood, qui bien que portant le nom d'un célèbre acteur américain, sont originaires de Suisse. Car à l'époque, l'Europe n'était pas en reste pour concurrencer sur leur terrain RATM, Dog Eat Dog ou autres Sugar Ray. Citons H-Blockx, Such A Surge ou Clawfinger. Mais revenons à Behind The Wall. Le groupe cite des influences autant rock que hip-hop (Public Enemy notamment). Sans remporter la palme de l'originalité, les Helvètes ont su tirer leur épingle du jeu pour cette album qui restera leur unique. Medium démarre très fort l'opus, avec un flow pas toujours maitrisé mais à la guitare violente et une section rythmique tranchante. A l'exception de 1984, tous les textes sont en anglais, ce qui évitera au groupe d'être comparé à Silmarils ou Oneyed Jack. Même si en revanche on fera un rapprochement évident avec les copains de Zach De La Rocha (Fire et son break de basse et une construction générale très proche de Freedom), Eastwood propose d'excellents titres purement hardcore (Flavor, Train). L'influence hip-hop se fait particulièrement sentir dans Emergency, avec ce rythme typique de titres rap. Stand est un titre bien heavy dont le son de guitare fait penser à Helmet ou Therapy?, période Troublegum. Behind The Wall n'était donc pas un album des plus originaux mais il en restait très efficace.

Le groupe se sépare donc après cette unique réalisation. Une partie des membres formera ensuite Shovel, formation dans la même veine mais qui elle non plus ne fera pas long feu.

 

- F.

 

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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 16:27

http://2.bp.blogspot.com/_22rBUHUw4NU/S5lBe88bE7I/AAAAAAAAAB8/gFToWdzjWVg/s320/ataxia_automatic-writing.jpgRecord Collection/EMI/2004

 

Balancé comme ça, Ataxia n'évoque peut-être pas grand chose. En revanche, quand on évoque le nom des trois membres du groupe, on se retrouve en terrain connu: John Frusciante (RHCP), Josh Klinghoffer (compère et successeur de Frusciante chez les Peppers) et Joe Lally (Fugazi). Le trio se retrouve en studio pour des séances de jam sans avoir de véritable ligne de conduite. Deux semaines de sessions pour écrire, composer et enregistrer des titres dont l'urgence contestuelle ne se ressent pas. Et le résultat sera donc les deux productions d'Ataxia, groupe quelque part éphémère, navigant dans un rock ambiant et expérimental. Car il sera difficile d'apprivoiser les 5 titres de Automatic Writing, qui ne pourra pas être qualifié de EP car malgré le faible nombre de pistes, il atteint tout de même les 45 minutes. Dust est donc la première piste que nous découvrons, Joe Lally offre une ligne de basse en boucle, qui servira de support à un riff de guitare agressif pour un titre très noise. La basse de Lally est une pièce maitresse de Automatic Writing, comme en témoigne le groove émis par la quatre corde sur Another, étrange titre porté par la voix angélique de Klinghoffer, où quelques bidouilles électro apparaissent par petites touches. The Sides demeure la pièce centrale, tant par sa position sur le disque qu'en tant que morceau le plus abordable. Aérienne, noisy, elle est très proche de ce qu'a proposé Frusciante en solo (notamment sur The Empyrean) mais aussi chez les Peppers quand son solo de guitare se fait entendre.

Le projet se séparera presque aussitôt le premier EP sorti, ne donnant que deux concerts. Le reste des sessions paraitra trois ans plus tard sur un deuxième volet, tout simplement intitulé AW II.

 

- F.

 

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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 20:07

http://img.noiset.com/images/album/cheyenne-mize-and-bonnie-prince-billy-among-the-gold-album-artwork-50688.jpegKarate Body Records/2009

 

Among The Gold signe la rencontre de deux formidables artistes, le temps d'un EP envoûtant. Honneur à la demoiselle: Cheyenne Marie Mize, mutliinstrumentiste, qui après un premier album remarquable, dans une veine folk ( Before Lately) vient de publier un second essai très rock indie, laissant entrevoir de belles choses pour le futur (We Don't Need). Avec elle donc, quelqu'un qu'il n'est plus vraiment nécessaire de présenter, Will Oldham alias Bonnie "Prince" Billy, très souvent chroniqué dans nos pages et qui l'automne dernier nous a offert un  Wolfroy Goes To Town de grande facture. L'homme est très friand des collaborations ponctuelles, comme l'en atteste son récent Bonnie & Mariee, en duo avec Mariee Sioux. Ici, la rencontre est presque naturelle. Cheyenne Mize et Will Oldham sont originaires de la même ville, Louisville (KT). Quand nous avons rencontré Cheyenne, elle nous racontait qu'en gros, ils se croisaient souvent en ville, fréquentant certainement les mêmes cercles musicaux. Et un jour, on traverse la rue et on se fait un boeuf (copyright S.). Leur réunion donne donc naissance à Among The Gold, qui est un recueil de morceaux traditionnels américains, datant de la fin du 19° siècle et du début du vingtième. Cheyenne assure toute la partie instrumentale (guitare, violon et autoharpe) et Oldham se contente d'accompagner la belle au chant (aux champs?). On a l'impression d'entendre des chansons tout droit sorties du gramophone et le pressage vinyl n'en est donc que des plus judicieux. Que ce soit pour la berceuse folk Silver Threads ou la déclaration d'amour Let Me Call You Sweetheart, on est littéralement emporté, surtout quand Cheyenne prend une voix si suave (Kiss Me Again). Elle maitrise tout son répertoire instrumentale et peut se poser en concurrente de PJ Harvey à l'autoharpe (Loves Old Sweet Song). Même s'il n'est là que par sa voix, Bonnie "Prince" Billy fait preuve d'une retenue qui sert à merveille les compos. Alors même si on n'est pas familier des ces chansons, qui parlent certainement plus de l'autre côté de l'Atlantique on n'en est pas moins touchés. Et ici, il restera un EP idéal à écouter à deux, au coin du feu (ou sous la couette ajouterait mon collègue Jean Flou).

 

- F.

 

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