CHRONIQUE ALBUM

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 11:54

Secretly Canadian/Differ-Ant/2012

 

Damien Jurado signe avec Maraqopa son dixième album et le deuxième en compagnie de Richard Swift. De cette collaboration était né Saint Bartlett, magnifique album paru en 2010. Revue titre par titre de Maraqopa, avant sa sortie officielle le 20 février prochain.


Nothing Is The Newsun titre introductif qui révèle déjà les nouvelles couleurs de ce disque enregistré au studio National Freedom de l'ami Richard Swift. Le guitariste de Vetiver est invité pour délivrer un solo de guitare électrique complètement psychédélique qui surfe sur une rythmique façon "desert blues". D'entrée, on sait que ce nouveau cru Jurado va en imposer. Ce qui en impose surtout c'est la voix, une voix pleine de reverb'.

 

Life Away From The Garden : après un solo de guitare, une autre nouveauté, le songwriter invite une chorale d'enfants. Leurs voix font écho à la sienne. Si les couplets peuvent sembler un tout petit peu monotones, le refrain qui clôt le morceau est magnifique. 

 

Maraqopa : ce morceau précédemment intitulé Three To Be Seen, est présent sur Our Turn To Shine (EP qui accompagna la sortie de Saint Bartlett en 2010). Il est réarrangé pour l'album, Richard Swift, l'âme fantomatique du disque y apporte ses choeurs noyés dans la reverb'. 

 

This Time Next Year : cette chanson que l'on peut entendre depuis quelques temps sur l'une des pages Soundcloud de Damien Jurado (ici) se retrouve totalement arrangée sur Maraqopa. Une guitare pleine de delay et une rythmique assez exotique, le morceau a presque ce côté "tropicalia".

 

Reel To Reel : assez étonnant dans la discographie de Jurado, Reel To Reel et un titre très planant qui bénéficie d'une production psychédélique, avec des samples et des nappes de claviers ça et là.

 

Working Titles : un titre vraiment réussi. Une rythmique sommaire comme point de départ, puis les choeurs de Jurado et Swift réunis mènent ce morceau vers les sommets.

 

Everyone A StarEveryone A Star est un morceau qui a déjà quelques années, puisqu'il figure également, dans une version alternative, sur Our Turn To Shine. Etrange ballade en apesanteur et hanté par un orgue et des choeurs. Parfait pour danser avec un fantôme.

 

So On, Nevada : Ohio, Yuma, AZ, Denton, TX, Arkansas, Kansas City...Damien Jurado a souvent chanté les Etats Américains et leurs villes. Souvent des lieux qui l'a visités lors de ses tournées. So On, Nevada est l'un de ces morceaux, brillamment interprêté, avec toujours Richard Swift harmonisant et apportant ses gimmicks de guitare 60's. Dommage que Damien n'ait pas invité la pétillante Melodie Knight (Campfire Ok) à chanter avec elle. La demoiselle à la voix cristalline l'a accompagné pour quelques versions live que l'on peut trouver ici et  et qui sont également très belles.

 

Museum Of Flight : Damien Jurado signe ici un très beau morceau qu'il chante en falsetto. Les arrangements sont feutrés et là aussi, le son est très 60's. En grand admirateur de Roy Orbison, le multi-instrumentiste Richard Swift y est pour beaucoup.

 

Mountains Still Asleep : un dernier slow pour conclure l'album. Titre idéal pour danser avec sa belle, Mountains Still Asleep bénéficie des mêmes arrangements feutrées signés Swift. Un régal.

 

Maraqopa continue dans la même lignée que Saint Bartlett, mais apporte plus de consistance au songwriting de Jurado, dont la voix n'a jamais été aussi à l'aise, autant en phase avec la musique. Richard Swift signe là une excellente production délicieusement surannée qui confère à l'ensemeble une atmosphère de nostalgie et une belle cohérence. On ne sait pas vraiment ce que Maraqopa veut dire, mais l'on sait une chose, si c'est un lieu, Damien Jurado et Richard Swift y ont passé du bon temps. Cet album en est la preuve.

 

- S.

 

(c) 2012

 

 

 
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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 18:10

http://www.popnews.com/media/filter/m/pochette/c/calin-black-chinese-ii.jpgL'Amicale Underground/2011

 

Une bande de déglingos sévit et tourne en ridicule la loi du disque d'or. 

A l'écoute du premier titre de Black Chinese II, on se dit : "Ah, tiens un mix entre de la musique de films pour adultes et le générique de K2000 !" Câlin en est là et fait feu de tout bois sur ce premier album, mélangeant electro et rock dans le plus grand irrespect des codes. Un chant sur-aigu déblatère sur le titre Le foot, c'est le pied, titre hilarant pour morceau complètement barré. Du Justice avec encore plus de drogue ! Résolument tourné vers les 80's, Le Club De La Destinée fait également bien sourire avec cette ligne de claviers sur-ringarde. Ils sont tout à fait, ces claviers...!
Voilà vraiment le genre de disque que l'on pourra passer à la fin d'une soirée trop arrosée où l'un des invités au naseaux tout blancs crieraient : "Hé, vas-y, met un truc qui speede !!" 

Bon, tout n'est pas comme ça, kitsch et barzingue à souhaits. L'un des titres pourrait encore pas mal passer, Robot Wigger et son chant R'n'B. De là à faire de Black Chinese II un bon disque... 

 

- Georges.

 

(c) 2012

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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 10:34

http://f0.bcbits.com/z/24/96/2496187175-1.jpgNeuronexion/CD1D/Believe/2011


Ana, duo venu du Mans, c'est une voix et une guitare. 
Secret Garden dévoile leur univers, fait d'accords de guitare soyeux et d'une voix, douce comme un belle brise matinale. Un premier morceau cotonneux, puis un deuxième tout aussi moëlleux, la recette du duo prend plutôt bien (Shelter) et l'on se laisse bercer par cette musique, quelque part entre K's Choice et Katie Melua. Il faut dire que la brune qui interprête les 10 titres de Secret Garden est fort jolie
Parfois, le duo s'emporte vers une pop plus entrainante (Deserve More) ou chante en français (Recipies).

Un disque à savourer à deux sous la couette ?

 

- Jean Flou.

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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 14:06

City Slang/PIAS/2012

 

Neuvième et probable dernier album de la bande à Stuart Staples, The Something Rain fait dans la délicatesse. 

Un titre de plus de neuf minutes débute ce disque et installe l'auditeur dans une ambiance cosy, intimiste et délicieusement mélancolique. Pas très vendeur de mettre un morceau-fleuve en intro d'un disque, un titre qui place l'écoute sous une certaine tension, tout de même. Stuart Staples a laissé le soin à David Boulter de placer son spoken word sur cet envoûtant Chocolate. Le saxophone y a une place de choix. Il est aussi très présent sur Show Me Everything, ainsi que des choeurs soul. Chose assez rare chez les Tindersticks, le tempo de ce second morceau est plutôt rapide. Et Staples est toujours maître dans l'art de "crooner". Sa voix reconnaissable entre mille a toujours ce charisme indéniable et les arrangements cotonneux et rythm 'n' blues la servent à merveille (Slippin' Shoes). Frozen et This Fire Of Autumn vont même jusqu'à se ranger dans le sillage funk-soul de Isaac Hayes et Curtis Mayfield.
Bardé d'ambiances cotonneuses et délicatement surannées, The Something Rain est défintivement un bon cru Tindersticks.

 

- S.

 

(c) 2012

 

 


 

 

 

 


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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 09:41

Nonesuch/Warner/2011

 

Au sein d'une rédaction, même la plus petite qui soit, il arrive que les avis divergent. Le dernier né de Dan Auerbach et de Patrick Carney a donc été objet de débat, mais somme toute très digne, aucune blessure par arme blanche n'est à déplorer. El Camino divisant bien au-delà d'un simple site web, je me devais de donner un avis plus positif que ne l'a fait mon collègue Thomas.
Alors contrairement à lui, je me suis intéressé aux Black Keys très plus tard, et ne me considère donc pas comme un puriste, et je peux donc comprendre que la direction musicale prise par le duo (on pourrait même dire trio en regard de l'influence de Danger Mouse) soit source d'incompréhension. Au revoir le son blues, cradingue de Magic Potion ou Attack & Release, on est ici dans une production très propre, idéale pour la réalisation d'un album tubesque. Car voici le qualificatif de El Camino, chaque piste étant un single en puissance. Et alors, même si on a là un disque plus commercial, que les publicitaires n'ont pas tardé à adopter, il faut voir objectivement la qualité des morceaux. Et puis, chaque groupe peut se laisser aller un instant à la simplicité. The Kills et Midnight Boom, c'était un peu la même philosophie. Mais il ne faut non plus être totalement surpris, les Black Keys avaient déjà pris un virage avec Brothers, certes moins homogène que son petit frère, mais déjà Tighten Up, Howlin' For You ou The Only One était dans le même état d'esprit tubesque. Et puis merde, est-ce grave si on connait par coeur le déhanché de rigueur au son de Lonely Boy, que Gold On The Ceiling reprend un accord de blues mille fois entendu ou que Little Black Submarines deviennent le Stairway To Heaven des Keys ? Les choeurs de Dead And Gone ne font pas ringard, Run Right Back est bien rentre-dedans. Les originaires d'Akron tiennent donc un album tubesque, qui fera bouger dans les festivals cet été et qu'on n'ira pas voir à reculons. Enfin, que les fans puristes se rassurent, le grand public a tendance à vite oublier ce qui a marché l'année précédente (parfois le mois précédent, voyez Lana Del Rey). Et on parie fort que la prochaine mouture des Black Keys retournera au blues garage originel.

 

- F.

 

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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 07:50

http://cookingvinyl.com/wp-content/uploads/2011/12/COOKCD552TheCranberriesRosesHiRes.jpg

Cooking Vinyl/2012

 

L'âge. L'annonce du nouvel album des Cranberries m'a fait le même effet qu'à Kyan Khojandi dans l'épisode "Bref, J'ai 30 ans". Les Simpson ont 23 ans, Jurassic Park a 19 ans et on pourrait ajouter No Need To Argue à 18 ans. Album plein de souvenirs, sur lequel je roulais des patins au son de Dreaming My Dreams ou de Twenty One (mais pas à la même fille). Un album tant réussi que énervant, destin inévitable des mégasuccès. Alors qu'en est-il de se replonger dans une nouvelle production du groupe, la première depuis 10 ans, après les pérégrinations solos de Dolores O'Riordan? Roses est donc le nom de cette mouture, et une seule écoute suffit pour être plutôt séduit. On a un équilibre entre pistes qui seront sans doute aucun les singles du LP (Tomorrow, Show Me The Way, Schizophrenic Playboy) et morceaux plus intimistes. Et on se penchera plus vers ceux-ci, où O'Riordan se laisse moins aller à ses tics vocaux. Ainsi, on aime les arrangements celtiques de Conduct, comme pour ne pas oublier les origines des Cranberries. Des petites innovations comme cette Fire & Soul aérienne au refrain pop léger, ou la ballade folk So Good et le final acoustique Roses. Et le quatuor tient certainement une de ces meilleurs chansons avec Raining My Heart, aux jolis arrangements d'accordéon. Alors même si on a pris un coup de vieux ou bien même si on n'a aucune histoire affective avec eux, Roses est une réussite, moins prétentieuse que n'a pu l'être certains de ces prédecesseurs et qui souligne une maturité nouvelle dans l'écriture, une envie de se faire plaisir plus que d'en mettre plein la vue.

 

- F.

 

© - copyright - 2012

 

 


 
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 15:36

http://www.thelineofbestfit.com/wp-content/media/2012/01/a-place-to-bury-strangers-onwards-to-the-wall.jpgMute/2012

 

Certains fixent les étoiles. D'autres leurs chaussures et jouent de la musique. A Place To Burry Strangers sont de ceux-ci, groupe dans la tradition shoegaze, tout en guitares saturées et vocal plein de réverb. Onwards To The Wall fait suite au LP Exploding Head paru en 2009. Une voix quelque part entre Ride et New Order, qui résonne comme si elle provenait d'une autre dimension autour de nous. On pense à Joy Division quand la compo se fait sombre (I Lost You),  des guitares très noisy confinant une atmosphère pesante (Onwards To The Wall) ou un peu plus new wave à la Killing Joke des débuts (So Far Away). Parfois, le son se fait un peu plus indus, certainement appris lorsque APTBS était en charge des premières parties de Nine Inch Nails. Drill It Up n'est d'ailleurs pas s'en rappeler Gave Up sur Broken du maitre Trent Reznor. Un EP efficace, quelque part anachronique et à écouter l'ampli au maximum.

 

- F.

 

© - copyright - 2012

 

 


 
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 18:00

http://reviews.wruv.org/wp-content/uploads/2012/02/sharon-van-etten-tramp-460.jpgJagjaguwar/2012

 

Un ami qui me connait bien me dit un jour: "toi qui aime PJ Harvey, cela peut t'intéresser". Ayant déjà trouver une alternative à la belle Polly Jean en le non moins belle Anna Calvi, je me dis ok, je vais voir ça, on sait jamais, ça peut me faire patienter en attendant que l'une ou l'autre des demoiselles sus-citées nous reviennent avec du matériel neuf. Sharon Van Etten, New-Yorkaise, Tramp est son troisième album, produit par Aaron Dessner de The National. Voilà pour les crédits. Et qu'en est-il du contenu? Un album indie rock bien ficelé qui contient des morceaux efficaces, singles en puissance (Serpents ou la toute en montée All I Can). La voix de Sharon Van Etten est certes moins puissante que celles des deux autres artistes précitées, mais elle lui permet d'accompagner autant des compos rock que plus posées (Kevin's ou encore la sombre In Line). Tramp n'est pas sans rappeler les premières production de Heather Nova. Des arrangements assez classieux qui font voyager (la celtique Leonard, la ballade folk We Are Fine en duo avec Zach Condon de Beirut). Et on attend parfois des sommets, avec par exemple la sublime Magic Chords finalement simples dans sa construction, principalement faite de percussions, mais qui doit tout à un entremêlement de voix féminine et masculine.

Au final, même si Sharon Van Etten est très éloignée des deux Anglaises citées en début de chronique, je ne saurai remercier mon brave ami de cette découverte, une chanteuse classieuse, inspirée, sincère, qui nous offre une des jolies production de ce début d'année.

 

- F.

 

© - copyright - 2012

 

 

 


 
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 06:01

http://www.vinylemusique.fr/img-news/10059.jpgCinq 7/Wagram/2011

 

Humblement interprêtées, les premières chansons d'un jeune homme à suivre, Alan Corbel.
Après un premier EP produit par Edith Fambuena (ex-Les Valentins et derrière les manettes de pas mal de disques d'Alain Bashung à Etienne Daho en passant par Doriand ou encore Miossec), la réalisation du premier opus de ce Français a cette fois été confiée à Bertrand Belin, fin guitariste, auteur lui-même de quelques bons disques.
De finesse il est d'ailleurs question dans ce disque, tant Corbel trousse avec délicatesse une dizaine de titres soyeux. J'en veux pour preuve le premier morceau de Dead Men Chronicles, intitulé Children Of The Sun, où la voix de Corbel se marie avec une guitare, un piano discret et une batterie feutrée. On sent l'influence anglaise très forte sur Muse ou Time To Lose, deux autre belles chansons aux arrangements que Keren Ann affectionnerait. 

Bref, en une poignée de chansons à l'ambiance crépuculaire, Alan Corbel réussit à nous faire entrer (et rester) dans son univers pop-folk doux-amer.

 

- S.

 

(c) 2011 

 

 
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 11:40

http://fr.aircheology.com/var/emi/storage/images/virgin/air/love-2/actualites/la-pochette-de-l-album-le-voyage-dans-la-lune/695865-1-fre-FR/La-pochette-de-l-album-Le-Voyage-dans-la-lune_home.jpgAircheology/Revolvair/Virgin/EMI/2012

 

Le duo parisien habille de sa pop planante et groovy le film culte de Georges Méliès, Le Voyage Dans La Lune.
On connaissait le talent de Jean-Benoit Dunckel et Nicolas Godin pour ce qui était de composer une musique de film. Sofia Coppola avait fait appel au duo pour son premier film Virgin Suicides et il s'en était tiré avec plus que les honneurs en signant l'une des B.O. les plus réussis du XXè siècle.
Commandée par les studios qui ont retapé ce très vieux court métrage datant de 1902, la bande-son de ce Voyage Dans La Lune est plutôt réussie. On y retrouve la recette qui a fait mouche pour Virgin Suicides, à savoir un mélange de pop avec option groove. Air reprend certes quelques sonorités déjà entendues chez Gainsbourg, période Melody Nelson. Mais on ne se refait pas, Dunckel et Godin musiciens ultra-influencés par le propriétaire du 5 bis de la rue de Verneuil ont bien assimilé ses leçons de musique et cela sert plutôt bien le propos (Astronomic Club, Sonic Armada).
Air utilise également ici et là l'ancêtre du synthé, le mellotron, pour apporter quelques effets typiques du film de science-fiction (Who Am I Now ? interprêté en français et en anglais par Au Revoir Simone). Seven Stars chanté par Victoria Legrand de Beach House et mené par des roulements de batterie est l'un des très beaux morceaux qui figurent sur cette bande-son.
Pour accompagner les images colorisées et restaurées de ce chef d'oeuvre de cinéma, Air a su y intégrer son univers pour coller à celui de Georges Méliès et le résultat est vraiment réussi. 

 

- S.

 

(c) 2012

 

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 14:18

Mute/Naïve/2012

 

Le public français qui connait bien la première chaine de télévision aura peut-être la blague facile à l'évocation du nom de ce duo londonien qui sort un délicieux premier disque, Lights Out. A part ce nom (et encore il y a bien pire), on n'a pas grand chose à leur reprocher.

La jolie Alice Costelloe et KC Underwood ont écrit et composé une dizaine de chansons qui font parfois écho à celles de Mazzy Star ou à leurs compatriotes The Vaselines. Entre pop shoegazante et rock mélancolique et noisy, ce successeur long format du premier EP paru en 2011 alpague l'oreille dès Distant Nighborhood, un titre chanté à deux voix, mené par deux guitares, l'une acoustique et l'autre au son noisy, un son que ne renierait pas non plus Jim et William Reid de The Jesus & Mary Chain. 

L'album, très homogène, est dans la lignée de ce premier single porté par un clip décidément très sensuel. Alice et KC se partage des vocaux désinvoltes et des parties de guitares mêlées. Possible hommage au leader de l'un des plus grands groupes de l'histoire du rock, Cool Like Kurt est une jolie ballade mélancolique. Plus loin, Homework démontre le charme du timbre d'Alice Costelloe. Et quand KC la rejoint au chant, une certaine harmonie se met en palce, comme sur Seraphine.
Si la plupart des titres sont plutôt down-tempo, With The World At My Feet est là pour inverser un peu la tendance. Néanmoins, pas la moindre trace de batterie sur ce disque, ce qui est finalement plutôt bien senti. 

 

- S.

 

(c) 2012

 

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 08:00

Wichita Recordings/PIAS/2012

 

Deux soeurs suèdoises à peine sorties de l'adolescence s'adonnent à un folk qui décidément sille bien aux Scandinaves. Mais de la Scandinavie, rien de se ressent dans leur musique, tant en traverse l'Atlantique pour se retrouver sur les terres du Midwest. The Lion's Roar est un petit joyau folk, qui s'il ne cache pas ses influences et ne rafflerera pas la palme de l'originalité, offre de beaux moments oniriques. Les arrangements sont plutôt bien sentis, par là un glokenspiel, par ici une mandoline, et là encore un harmonium. Les soeurs Söderberg ont assuré la première partie des Fleet Foxes (et ce sont d'ailleurs fait connaitre sur la toile en reprennant Tiger Mountain Peasant Song de façon assez magistrale), c'est peut être là qu'elles se sont inspirées des harmonies vocales (la magnifique To A Poet), harmonies qu'on retrouve sur la 60's song Blue et que n'auraient pas renié les Mamas & Pappas. Mais s'il y a bien quelqu'un avec qui First Aid Kit pourra difficilement éviter le rapprochement, c'est définitivement Alela Diane. Que ce soit dans des passages folk (This Old Routine) ou country (Emmylou), la fine silouhette de la maitresse de Bramble Rose plâne. Mais on ne pourra pas qualifier The Lion's Roar comme une pâle copie de l'auteur du Pirate Gospel, tant l'opus de First Aid Kit posssède son charme et ses douces mélodies (la médiévale Dance To Another Tune). N'oublions pas que Johanna et Klara sont très jeunes, et qu'en gagnant en maturité, un beau futur s'offrira à elles. A suivre, donc.

 

- F.

 

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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 11:39

http://www.losgrilloscollective.com/wp-content/uploads/2012/01/mark-lanegan-band-blues-funeral.jpg4AD/Naïve/2012

 

Ce début d'année 2012 est donc définitivement dédié aux chanteurs à voix d'outre-tombe, usées par l'âge, l'alcool ou le tabac. Après la légende Cohen, c'est au tour d'un autre singer, lui aussi mythique à son échelle, de délivrer une belle production. Mark Lanegan (Screaming Trees, Queens Of The Stone Age) donne finalement une suite à ses aventures solos, sept longues années après Bubblegum. Enfin solo est un grand mot puisque pour Blues Funeral, Lanegan invite des amis de choix à venir à se joindre à lui. Josh Homme, Jack Irons Greg Dulli (Afghan Whigs) sont de la partie. Le premier single qu'on a pu déjà entendre, The Gravedigger's Song, à défaut de blues avait plus un côté stoner. Stoner, c'est aussi le qualificatif qui décrit pour le mieux Quiver Syndrome, du moins avant que la compo ne prenne un tournant pop. Puis plus on se plonge dans l'album, plus on est pris dans des tourbillons de noirceur, appuyés par la voix caverneuse du leader des Screaming Trees. Bleeding Muddy Water est une descente noirâtre, une marche vers les berges du styx. Je parlais de Cohen au début de cette chronique, et on y pense à l'écoute de Gray Goes Black qui nous remémorre The Future, un morceau du début des années 90, encore empreint des arrangements de la décennie précédente. On croit entendre un mix de Bowie et de Neil Diamond avec le très bien nommé Ode To Sad Disco. Lanegan n'oublie pas non plus qu'il fût un des animateurs de la scène de Seattle, en témoigne le grungy Riot In My House. Et le blues dans tout ça. Leviathan sont bon la cave enfûmée. Mais s'il ne se sent pas forcément musicalement, il l'est dans l'atmosphère sombre des pistes, parmi les plus réussies de Blues Funeral comme St Louis Elegy, l'électro Phantasmagoria Blues ou la ballade folk Deep Black Vanishing Train. On passsera sur Harborview Hospital, assez inutile avec son riff de faible chanson de U2.

Marl Lanegan offre ainsi un grand album, qui justifie amplement ces sept dernières années d'attente.

 

- F.

 

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Lire aussi: SCREAMING TREES, Last Words: The Final Recordings

 

 


 

 

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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 12:41

http://24.media.tumblr.com/tumblr_lszaa9ucS51qzweq8_1318465234_cover.jpgWestern Vinyl/Differ-Ant/2012

 

Goldmund est l'un des projets de Keith Kennif et surtout l'un des disques les plus intéressants de cette nouvelle année. Coup de coeur.
Un projet intéressant donc et original qui plus est. Ce All Will Prosper sorti il y a déjà quelques semaines ne fera probablement pas parler de lui dans les pages de grands magazines tant il est un objet rare dans la production musicale contemporaine.

Cet album donne l'occasion à Keith Kennif de réinterprêter de vieilles ritournelles ou morceaux traditionnels entonnées ici et là pendant la sanglante Guerre de Sécession, de 1861 à 1865. Pas de grosse production, ici le but est de retranscrire de manière simple ces mélodies.
Pour la plupart, ces compositions d'époque sont jouées au piano et à la guitare. Dans cette ambiance digne des B.O. signées Nick Cave et Warren Ellis (L'Assassinat De Jesse James Par Le Lâche Robert Ford, La Route...), Kennif y égraine des accords mélancoliques, ceux d'un Dixie, 
d'un Amazing Grace ou d'un Yellow Rose Of Texas que les Confédérés et les soldats de l'Union avaient l'habitude de chanter entre les charges de cavalerie et les tirs de canon.
Un très bel album. Ken Burns ne s'y est pas trompé puisqu'il a utilisé la musique de Goldmund pour agrémenter son documentaire très réussi, The Civil War (Arte Editions).

 

- S.

 

(c) 2012

 

 
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:45

Two Gentlemen/Differ-Ant/2012

 

A voir la vidéo de Sea Monsters où des gens courent, se baignent et dansent nus, on pourrait avoir tendance à se dire que cette jeune femme d'origine suisse est un peu barzingue. 

Cette proche du trompettiste Eric Truffaz - qui joue d'ailleurs sur un titre de Dogs In Spirit -, a su en un mini-album (I'll Dry Your Tears Little Murderers, autoproduit et paru en 2009), et une ribambelle de concerts se faire remarquer par son univers riche que ce premier album met en valeur.
A 26 ans, la jolie Helvète dévoile là une dizaine de morceaux parés de beaux arrangements, à l'instar de Sea Monsters, premier single qui devrait faire parler de son auteur. La mélodie y est sublime, et le chant d'Anna est habité.
Dogs In Spirit a d'ailleurs tout du disque hanté. A l'écoute d'Elijah's Chant, morceau obscur aux voix entremêlées, on est rapidement transporté vers des ambiances fantômatiques. Lykke Li, prend garde !
Sur le magnifique The Drainout, porté par un harmonium et quelques percussions, Eric Truffaz apporte son sens de la mélancolie. Sur Siren, c'est le piano et la voix d'Anna qui mènent la danse. Il en va de même pour King Of The Dogs, autre single en puissance.
En somme, avec des titres rythmées et envoûtants à la fois, un univers très personnel et parfois sombre, 
Dogs In Spirit risque d'être l'un des disques de l'hiver.

 

- S. 

 

(c) 2012

 

 
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