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EVENING HYMNS, Spectral Dusk

Kütu Folk Records/Differ-Ant/2012

En 2009, nous découvrions Evening Hymns au travers de Spirit Guides, album folk majestueux, porté par une chanson d’une perfection d’orfèvre, la magnifique Dead Deer. Un moment annoncé pour le début de l’année, le successeur de Spirit Guides nous parvient enfin. Spectral Dusk est donc son nom et démontre que le premier essai de Jonas Bonnetta sous l’entité Evening Hymns n’était pas un simple coup de génie. Car ici, on est une nouvelle fois obligé de se mettre à genou devant le talent de Bonnetta. Le fantôme de son père plâne sur ce disque où la douleur, la perte mais aussi l’espoir ressortent des compositions. Car derrière les nuages qu’on trouve sur la pochette de l’album (c’était déjà le cas pour Spirit Guides), se cache la lumière. Avec la sensiblité d’un Justin Vernon et l’introspection d’un Joshua Tillman ou d’un Damien Jurado époque And Now That I’m In Your Shadow, Bonnetta, accompagné de musiciens de The Wooden Sky et de Timber Timbre offre un recueil de chansons parfaites, un folk lumineux et raffiné. Spectral Dusk s’ouvre et se clôture avec le son de la nature, car Spectral Dusk est une parenthèse, une heure totalement en dehors du monde. On retrouve à son écoute l’atmosphère de For Emma, Forever Ago de Bon Iver, épurée et authentique, où aucun artifice n’est utilisé. Les chansons prennent le temps de s’installer, comme pour nous envelopper doucement. Il n’y a qu’à voir comment les instruments prennent tour à tour place sur Arrows, d’abord une rythmique presque tribale, puis un piano, puis une guitare pour offrir une composition au sommet de l’art. Family Tree reprend le flambeau de Dead Deer. La sincérité de Bonnetta nous touche sur chaque piste, tant dans les passages purement folk (You And Jake, Asleep In The Pews) que par ses courts moments un peu plus indie (Cabin In The Burn). Et même le morceau instrumental Irving Lake Access Road, February 12th 2011 bien que touchant presque à la grandiloquence ne casse pas la magie de Spectral Dusk, ou encore lorsque la compo se fait un peu plus facile (la ballade Moon River). Et la perfection est atteinte quand vient l’obscurité et la mélancolie du morceau éponyme, qui conclût magnifiquement le successeur de Spirit Guides.

Longtemps attendu, ce deuxième essai d’Evening Hymns récompense notre patience. Et il est à coup sûr un des albums de la rentrée et sans aucun doute un de l’année. Chef d’oeuvre.

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