Vendredi 4 novembre 2011
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Nuclear Blast/PIAS/2011 - Century
Media/SPV/2011
Vénéré à travers le monde, le groupe qui porte le nom d'un germe pathogène très prisé par les terroristes a sorti il y a peu
son dernier opus, Worship Music. Iced Earth, autre fer de lance du thrash metal (mais pas que) sort également un nouvel album, Dystopia. Double chronique pour groupe à double pédale.
Ceux qui ont suivi la tournée du Big four (Megadeth + Anthrax + Metallica + Slayer) savent que le combo mené par Scott Ian est revenu
aux affaires. Et en comptant à nouveau de Joey Belladonna, chanteur des débuts, dans ses rangs, le groupe peut à nouveau porter haut ses couleurs (enfin, sa couleur : le noir).
Pour ce dixième album, la parure lyrico-agressive est de mise : à l'écoute, pas de doute, Anthrax est de retour. Pas de grand chamboulement non plus, mais l'énergie est restée presque intacte
(même si ces messieurs ont vieilli). La voix de Belladonna n'a pas perdu de son charisme, l'amateur qui était ado dans les années 80 ou 90 peut se réjouir et apprécier quelques pépites :
I'm Alive et son solo de guitare, Hymn 1 et son violoncelle, In The End, sa rythmique lourde et ses envolées vocales. Il en va de
même pour The Devil You Know, titre speed tout en rupture de
rythme. The Giant prouve également que tout ici fonctionne
parfaitement et ce, dans les règles de l'art. Solo impecs, batterie féroce, basses soutenues et voix de Belladonna et Ian qui se
répondent. De son côté, Crawl, morceau plus moderne dans son
approche presque néo-metal et sa production démontre que les New-Yorkais sont capables de s'adapter à leur époque et ne passent pas pour de vieux ringards.
Même si Anthrax est l'un des combos metal qui a épuisé le plus de chanteurs (huit au total, on ne compte pas le nombre de batteurs, bassistes et guitaristes venus participer à l'histoire de ce
groupe mythique), il est l'un des groupes les plus importants du circuit et Worship Music porte bien son nom tant la vénération de la musique de ce groupe n'est pas prête de s'interrompre.
De son côté, Iced Earth n'est pas en reste avec Dystopia (concept contraire à
l'utopie, l'idée d'un état répressif et d'une société contrôlée, en somme…). Egalement sujet à de nombreux changements de line-up, Iced Earth - ce groupe officie lui aussi depuis plus de vingt
ans - a recruté un nouveau chanteur pour l'enregistement de Dystopia, Stu Block, suite au nouveau départ de Matt Barlow. Vocalement proche de James Hetfield de Metallica, Block déroule
tout son savoir-faire de chanteur métal, le titre éponyme démontre les capacités du type, qui n'a pas pourtant pas une grande expérience mais se démarque par cet inquiétant falsetto qui fait là
penser à Bruce Dickinson d'Iron Maiden. Ce premier titre prouve, à l'instar d'Anthrax, qu'Iced Earth en a encore sous la semelle de Van's.
Après une sorte de ballade tout de même un peu ratée (Anthem), le combo retourne aux affaires – son bourrin, double pédale, chant burné –, Boiling Point et Days Of Rage
en sont l'illustration parfaite. Iced Earth, comme chez Anthrax, paie son petit moment néo-métal : Anguish Of Youth. La production est plus aérée, le chant plus "doux". Pour ne pas
s'enfoncer, la bande à Jon Schaffer revient à ce qu'il sait bien faire : du métal mi-épique, mi-bourrin. V convoque un solo réussi de Troy Seele, Stu Block y va de son chant aigu sur
Dark City, accompagné de chœurs dantesques. Cependant, au moment d'attraper la guitare acousique pour le slow de l'album (End Of Innocence), la sauce ne prend pas forcément,
même si Dystopia est un disque plutôt varié.
Deux albums réussis pour deux groupes – des vieux de la vieille – qui ont su maintenir le cap d'un métal ancestral tout en y apportant
des touches de modernité.
- Georges.
© 2011